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Mes films cultes


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Vendredi 16 mai 2008




Ces derniers mois j'ai perdu patience avec des longs métrages adaptés de la littérature pour enfants. "Le secret de Terabithia" et "A la croisée des mondes : la boussole d'or" m'ont consterné. Je me suis rendu à la projection des "Chroniques de Spiderwick" avec prudence et circonspection.

Heureusement le film est très réussi. La magie opère de nouveau.

Adapté de l'oeuvre d'
Holly Black et de Tony Di Terlizzi, "Les chroniques de Spiderwick", le film nous replonge dans un monde d'elfes, de fées et de gobelins. Rien de neuf il est vrai. Mais la principale réussite du réalisateur Mark Waters est d'avoir avant tout fait un film à lui, en s'appropriant le matériau de base. Sa réalisation est dynamique, rythmée, avec des moments épiques qui raviront petits et grands.

Les aventures de ses trois enfants (
Freddie Highmore interprétant des jumeaux et Sarah Bolger) sont passionnantes. Leurs incursions dans un monde féerique nous donnent l'occasion de raviver certains souvenirs d'enfance. Qui n'a jamais rêvé de vivre dans un monde enchanté peuplé de créatures étranges. La nostalgie est assurément de mise.

Le film a tous les ingrédients pour nous séduire. Dans "Les chroniques de Spiderwick", l'émotion, le mystère, le combat entre le bien et le mal sont au rendez-vous. Tous ces éléments sont dosés avec sagacité et modération.

J'ai plongé avec délice dans cet univers de féerie. La crédibilité des créatures est l'un des axes forts du film. Le travail des magiciens d'
ILM est admirable. De la précision, de la finesse, de l'inventivité. Les êtres imaginaires de Spiderwick ne ressemblent à ce que nous avons déjà vu par le passé.

Nos héros luttent avec détermination contre des gobelins hideux dans des scènes d'action très bien maîtrisées qui nous donnent leur lot de sensations fortes. Les valeurs d'abnégation et de courage sont ici exaltées.

Au rayon acteur Freddie Highmore fait une nouvelle fois preuve de son indéniable talent d'enfant star. La dualité d'interprétation lui permet de développer des émotions et des jeux bien différents. Son côté enfant rebelle est agréable à regarder. Sarah Bolger, qui joue sa grande soeur, apporte de la pondération et le recul nécessaire face à ce tourbillon magique.

"Les chroniques de Spiderwich" sont visuellement très réussies. L'action est constante et la bravoure est remise au goût du jour. Un long métrage qui tient la route. Une adaptation qui a su garder l'esprit de l'oeuvre originelle tout en dégageant sa propre originalité.

Un long métrage qui divertit notre âme d'enfant.
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Vendredi 16 mai 2008



Joy (
Cameron Diaz) est une tradeuse qui vient de connaître un grave échec sentimental. Jack (Ashton Kutcher) a du mal à s'investir sérieusement dans sa vie privée et professionnelle au point que son propre père le met à la porte de l'entreprise familiale.

Pour oublier leurs soucis, ils se rendent, sans se connaître, à Las Vegas. Après une nuit arrosée et mouvementée, ils se retrouvent mariés. Décidés à en rester là ils souhaitent divorcer rapidement mais la chance tourne pour Jack : il gagne 3 millions de dollars à une machine à sous avec une pièce prêtée par Joy. Un juge de New-York les condamne à vivre en couple pour une durée de 6 mois. Les deux tourtereaux sont décidés à utiliser les pires coups bas pour se rendre la vie impossible et garder le Jackpot.

L'enfer commence...

Je voulais me détendre ce matin. J'en ai eu pour mon argent. La bande annonce de "
Jackpot" mettait l'accent sur quelques gags à la limite de la ceinture. Le film est bien plus que cela, nettement. "Jackpot" est une très bonne comédie sentimentale. Un long métrage qui obéit à des stéréotypes bien précis, à des règles immuables mais qui fait rire avant tout.

Le tout déborde tout naturellement de bons sentiments mais face aux horreurs de notre temps, il faut parfois se laisser aller avec le courant sans trop se poser de questions. Le long métrage est juste, équilibré. La virée à Las Vegas est drôle et réserve quelques moments assez délirants. Il n'y a pas d'éléments outranciers ou exagérés. La bonne humeur est de mise.

Le long métrage s'appuit sur le duo Cameron Diaz/Ashton Kutcher qui fait des merveilles. Les deux acteurs s'en donnent à coeur joie pendant 1h40. Leur interprétation réserve d'excellents moments de comédie.

Dans un premier temps leur affrontement est génial. Les coups bas sont grandioses. Aucune bassesse n'est épargnée. Les limites sont repoussées. Puis le vernis craque. Dans la seconde partie du film, les adversaires se rapprochent et le miracle éternel de l'amour opère à nouveau. La tendresse prend le pas sur l'hostilité.

Les premiers rôles sont secondés admirablement par
Lake Bell qui interprète la meilleure amie de Joy et par Rob Corddry qui l'ami/l'avocat, un rien minable, de Jack. Quand le duo se transforme en Quatuor, le rire du spectateur est spontané, frais.

"Jackpot" est un film léger, une comédie agréable à regarder. Une bande son vivifiante. Soyez assurez que vous passerez une bonne après midi de cinéma.

A vous de décrochez le gros lot.
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Jeudi 8 mai 2008


Depuis 1965 l'ETA (Euskadi Ta Askatasuna) terrorise l'Espagne et le sud de la France au moyen d'actions violentes et sanglantes. Leurs attentats ont fait des dizaines de morts et de blessés.

En 1983 le gouvernement espagnol crée secrètement les
G.A.L (Groupes Antiterroristes de Libération) avec des hommes recrutés en partie dans les forces de police ibériques pour lutter "oeil pour oeil, dent pour dent" contre les autonomistes basques.

On peut parler de contre-terrorisme d'état puisqu'à l'époque le Ministre de l'intérieur espagnol et le Premier Ministre socialiste
Felipe Gonzalez furent associés personnellement à la naissance de ce groupuscule. Les G.A.L commirent une quarantaine d'attentats et tuèrent 27 personnes dont un certain nombre d'innocents totalement étrangers au terrorisme basque.

Le long métrage "
G.A.L" de Miguel Courtois s'attache à suivre les investigations de deux journalistes du quotidien "Diaro 16", Manuel Mallo (José Garcia) et Marta Castillo (Natalia Verbeke), qui tentent de prouver les relations entre deux policiers dont l'inspecteur Ariza (Jordi Molla) et le pouvoir politique. L'inspecteur Ariza est accusé d'être le recruteur et le pourvoyeur des tueurs du G.A.L.

Un long métrage vraiment passionnant qui lève en partie le voile sur l'une des plus sombres pages de notre histoire contemporaine. Gamin je me souviens avoir entendu parlé de cette histoire. A l'époque j'avais eu du mal à saisir la portée de tels événements. Je me demandais comment un État, sorti à peine de 40 ans de dictature franquiste, pouvait créer une structure dont les méthodes étaient aussi condamnables que celles de son ennemi juré.

Aux enquêtes classiques, certains ont du penser qu'il fallait franchir un palier supplémentaire pour lutter avec efficacité contre le terrorisme aveugle. Le temps était venu de porter le feu dans le camps ennemi.

Le film baigne dans une ambiance très spéciale. Un climat de suspicion générale. Ces deux journalistes, qui ont des convictions et des certitudes, nagent en eaux troubles. Pressions psychologiques, menaces et agressions physiques sont leur quotidien. Ils sont comme des victimes expiatoires dans une arène car leur travail gène aussi l'ETA qui ne manque pas de leur faire savoir.

Pris entre deux feux, leur seule arme restent les mots.

"G.A.L" est un excellent thriller politique, efficace qui adopte un ton neutre, celui de renvoyer dos à dos les terroristes de tout bord. Les dénonciations sont nettes, claires et précises. Un gouvernement dit "démocratique" a employé des procédés fascistes en créant une milice autonome, une force parallèle faisant fi de toutes les procédures légales et de toute morale.

On pourrait même dire que le long métrage ressemble à un reportage ou à un docu-fiction. Nous sommes au coeur des arcanes du pouvoir où la tromperie et la corruption sont légions. Nous accompagnons ces deux journalistes au beau milieu de ce Watergate espagnol. Leur travail est colossal mais la récompense est au bout : le scandale G.A.L est rendu public. Le 4ème pouvoir a mis fin à de sombres agissements.

La réalisation de Miguel Courtois est d'une rare sobriété. Son remarquable travail est de nous proposer non pas une version possible des faits mais une lecture des événements très proche de la réalité.

José Garcia fait son travail avec professionnalisme et conscience. Il incarne un journaliste décidé, consciencieux dont la seule faiblesse est son amour platonique pour sa collègue de travail.

Natalia Verbeke impressionne par l'émotion qu'elle arrive à faire passer à l'écran. Et Jordi Molla est la révélation du film. Son interprétation de cheville ouvrière des G.A.L est impressionnante. Un policier, bras armé du pouvoir, qui jusqu'au bout est persuadé d'être un patriote. Un rôle entier.

Un long métrage aux nombreuses qualités qui nous prouve encore une fois de plus que la réalité dépasse plus souvent la fiction que le contraire. L'Espagne a connu une telle situation il y a peine 25 ans.
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Jeudi 8 mai 2008



Ce matin j'ai ENFIN pu voir "Iron Man" le nouveau film de Jon Favreau. On a presque tout vu, lu ou écrit sur les aventures cinématographiques de l'homme a l'armure futuriste aux couleurs rouge et or. "Iron Man" était attendu par un nombre conséquent de fans qui se disaient tous : "à quand une adaptation fidèle d'un comics avec un vrai héros".

Cela fait dix ans que les super-héros sont revenus sur le devant de la scène. Ces "adaptations" sont devenues en quelques années une véritable mine d'or pour des producteurs en mal d'inspiration. Les résultats ont oscillé entre le très bon (à mon sens uniquement) avec la franchise "
Spiderman", le passable ("Hulk") et le pitoyablement exécrable "Catwoman".

Avec "Iron Man" un nouveau virage s'est opéré. La firme
Marvel a décidé de prendre les choses en mains et d'adapter elle-même l'une de ses prestigieuses icônes. Et le résultat est vraiment au-delà de les espérances les plus folles. Un long métrage vraiment réussi.

Tony Stark est l'un des hommes les plus riches du monde. Doué pour les affaires et la technologie, collectionneur de conquêtes féminines, l'homme tire sa puissance financière de la principale activité de son empire industriel : la vente d'armes. Ses détracteurs considèrent qu'il est un marchand de mort.

L'homme d'affaires est enlevé en Afghanistan après la présentation à l'armée du dernier joyau sorti des industries Stark, le missile "Jericho". Ces ravisseurs, un groupe terroriste extrêmement décidé, lui demande fabriquer un missile identique.

En secret Tony Stark, affaibli par une grave blessure, décide de s'échapper en construisant une armure de protection métallique. Tony Stark s'évade et rentre aux Etats-Unis. Le playboy insouciant et cynique a changé pendant sa captivité. L'industriel s'est "humanisé". Il souhaite changer les choses. Ses dons et sa maîtrise de la technologie le lui permettent.

"Iron Man" est né.

La première réussite du film est de prendre son temps. Pas d'Iron Man balancé comme ça au bout de dix minutes de film. L'arrivée du personnage se fait progressivement. On fait d'abord connaissance avec la personnalité extravagante du golden boy Tony Stark. Sa démesure nous ravit, son potentiel de séduction aussi. Quand le magnat des armes enfile son armure pour la première fois, nous assistons à la naissance d'un super-héros et à la renaissance d'un homme.

Car "Iron Man" n'est pas un film qui mise tout sur le pari technologique. C'est avant tout un long métrage qui permet aux acteurs de jouer leur partition à merveille, mais j'y reviendrai par la suite. L'aspect technologique n'écrase pas l'humanité des personnages.

On sent que le travail d'écriture a du être important pour nous proposer un Tony Stark tout en nuances et non pas monolithique. L'industriel est revenu troublé de sa captivité. Il est assaillit par de sérieux doutes quant à la finalité de son existence qui se résume jusqu'à présent à n'être qu'un vendeur de chaos, un semeur de mort. Ce travail en amont rend crédible le long métrage. Le spectateur sent que le concept de "fidélité" à l'oeuvre a du être l'un des maîtres mots de la production.

Je lisais des comics quand j'étais plus jeune, j'ai eu la très nette impression de retrouver un vrai super-héros, un personnage entier et non plus une coquille vide.

"Iron Man" est aussi un film d'action qui en met plein les yeux. Le rythme est échevelé. C'est du grand spectacle. La réalisation de Jon Favreau est sobre, maîtrisée.

Les scènes d'action sont remarquablement bien mises en scène. Il n'y a pas de surenchère pyrotechnique forcément superflue et lassante. Il y a juste ce qu'il faut pour nous donner le grand  frisson.

Les effets spéciaux sont admirables. Le travail d'
ILM (Industrial Light and Magic) et autres sociétés est prodigieux. Un souffle épique parcourt le long métrage. La finesse de certains procédés est incroyable. Quand Tony Stark enfile sa troisième armure, celle aux couleurs rouge et or, le spectacle visuel est un bonheur total pour le spectateur.

Sous l'armure il y a l'homme, sous l'homme il y a le comédien. Et
Robert Downey Jr Junior port une partie du film sur ces épaules. Nul autre qu lui ne pouvait être est prodigieux. Son interprétation est phénoménale. Son jeu est sûr. Il donne du volume et de l'épaisseur au super-héros. Parfois cynique et blasé, souvent drôle, Robert Downey en TonyStark/Iron Man nous étonne encore une fois.

J'ai toujours adoré cet acteur. Pendant un certain nombre d'années il est parti dans des chemins de traverse. J'espère qu'il en a fini avec les paradis artificiels. Une performance vraiment remarquable.

A ses côtés
Gwyneth Paltrow impose une présence discrète mais efficace dans le rôle de Pepper Potts la fidèle assistante-secrétaire-nounou-confidente de Tony Stark. Leurs échanges sont savoureux, intenses. Tony Stak se rend compte qu'elle est la seule constante dans son univers si variable et troublé. Sa seule amie aussi.

Jeff Bridges incarne Obadia Stane l'associé du défunt père de Tony Stark. Sa véritable nature ne se révèle qu'à la fin du film mais l'homme nous apparaît retors et manipulateur à souhait.

Un véritable bonheur cinématographique. Un long métrage très plaisant à voir. Une oeuvre qui a valeur de scène d'exposition et qui préfigure le développement d'une nouvelle franchise.

Ne voyez pas "Iron Man" comme un super-héros de plus mais comme une tentative pour revenir aux racines des comics. Le souhait était de s'appuyer sur un esprit qui a presque un demi siècle. Je pense que le but est largement atteint.

Je ne vais pas être original en conclusion mais restez jusqu'à la fin du générique.
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Samedi 26 avril 2008



Ce matin j'ai vu "
Funny Games U.S" de Michael Haneke, huit jours après avoir regardé l'original déjà réalisé par le cinéaste autrichien.

"
Funny Games" fut il y a dix ans un choc pour la planète cinéma. Un long métrage dérangeant, surprenant où la violence physique et la torture psychologique étaient totalement assumées.

Se pose bien sûr la question de l'intérêt de cette nouvelle version. Par le passé des cinéastes ont prouvé que l'on pouvait mettre en scène des remakes de manière originale. De nouveaux personnages, une intrigue remaniée ou tout simplement une approche ou un angle d'attaque différent.

La version U.S se contente d'être l'exacte copie de son devancier. Cependant, permettez moi d'envisager deux hypothèses :

1)  Le spectateur qui découvre le film pour la première fois ressortira forcément troublé, ému ou choqué.

Une pauvre famille dont le père George (
Tim Roth) et la mère Anna (Naomi Watts) tombent sous le joug de deux psychopathes (Michael Pitt et Brady Corbet). Ces derniers prennent du plaisir à jouer avec ce couple et leur enfant. Leur jeu est cruel, pervers.

Le jeu redoutable a des règles qui changent tout le temps. On se rend compte que la hiérarchie entre les deux tueurs, terme que j'employais il y a 8 jours, est aussi illusoire. Tous leurs actes apparaissent comme de la simple poudre aux yeux. Leurs échanges avec des prénoms et des surnoms font penser à des personnages de théâtre. Une comedia del arte morbide.

Je suis persuadé que le film est "violent" même si les actes les plus crus (le meurtre du petit garçon ou l'élimination du chien) n'apparaissent pas à l'écran. La violence est mentale aussi. L'intrusion de ces deux jeunes gens dans la vie d'une famille sans histoires peut être assimilé à un "viol" de la vie privée, une pénétration au coeur de la cellule familiale et de l'univers domestique basique que représente la maison.

Pour ces "nouveaux" spectateurs "Funny Games U.S" provoquera sans nul doute le malaise ou la polémique. Un long métrage qui dérange les consciences. Le cinéphile peut être aussi surpris par le manque de réaction ou la passivité tout au long de ce triste épisode. En voyant cette version je me suis dit que cette famille américaine typique ressemblait à un animal aveuglé et paralysé la nuit par les phares d'une automobile sur une route de campagne. Un couple complètement amorphe. Seul le petit garçon tente de s'en sortir.

Mensonge, tout est mensonge. Aucune explication n'est donnée au spectateur concernant les agissements de ces psychopathes. Les pistes données par l'un des tueurs sur l'enfance de son compagnon sont également illusoires. Tout fait partie de ce jeu de dupes.

Du long métrage se dégagent les interprétations de Michael Pitt qui interprète un dangereux criminel, un être au coeur bien sombre mais à la figure angélique et Naomi Watts qui range son costume d'or et paillettes pour se donner à fond dans cette version américaine de "Funny Games".

Pour les néophytes, "Funny Games" est une oeuvre forcément incisive qui frappe là où ça fait mal...

2)  Pour celles et ceux qui comme moi ont déjà vu le film de 1998, le présent long métrage est forcément moins séduisant. Nous connaissons les règles du jeu, les procédés employés et la tragique conclusion.

Bien sûr la question du suspense ne se pose même pas. Nous attendons l'enchaînement des événements sans réel espoir de voir des éléments changer. Ici ou là de subtiles nuances permettent d'enfoncer le clou. L'original laissait quelque peu en suspend le sort des voisins de cette famille, dans la version U.S Michael Haneke nous montre leurs cadavres.

Alors se pose la question de la pertinence d'un tel film. La démarche de Michael Haneke est surprenante voire dérangeante à plus d'un titre. A-t-il voulu couper l'herbe sous les pieds de cinéastes américains en mal de sensation en réalisant son propre remake ?

La leçon de 1998 n'avait peut pas eu la portée espérée. Les américains, nous le savons toutes et tous sont des imbéciles qui ont du mal à voir des films étrangers avec des sous-titres. Bon je plaisantes bien sûr. J'ai lu cette phrase dans bon nombre d'écrits  "officiels" du film et vraiment je trouve qu'il y là un manque de respect envers le jugement critique et la capacité d'appréciation des spectateurs américains.

Michael Haneke voulait sans doute donner plus d'ampleur à son propos en choisissant de porter de transposer l'histoire originelle en terre américaine. De nouveau le réalisateur a pointé du doigt une société violente. Avec un "Funny Games U.S" il s'attaque aussi à l'industrie cinématographique qui produit de longs métrages pour satisfaire un public qui en demande toujours un peu plus.

s'attaque aussi de En choisissant de désacraliser une actrice en vogue outre atlantique, Michael Hanekemanière évidente à l'une des valeurs sûre de la société américaine : la cellule familiale. Sous les coups du réalisateur, la structure de base implose en 90 minutes.

Avoir vu les deux films en moins de dix jours n'est absolument pas une gêne. Ils s'apprécient à des niveaux d'exigence différents.

ps : merci à Pénélope pour ses remarques bien instructives.
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Jeudi 24 avril 2008



Enfant le film "Les égouts du paradis" de José Giovanni m'a fasciné. J'avais 9 ans. Le long métrage revenait sur "le casse du siècle" réalisé par Albert Spaggiari le week end du 16, 17, 18 juillet 1976. "Ni arme, ni violence et sans haine" fut le seul mot qu'Albert Spaggiari laissa en évidence dans la salle des coffres de la Société Générale à Nice.

Tout naturellement je suis allé voir "
Sans arme, ni haine, ni violence" de et avec Jean-Paul Rouve.

Nous partons à la rencontre du malfaiteur en Amérique du Sud. Albert Spaggiari (Jean-Paul Rouve) a fuit la France après sa spectaculaire évasion du Palais de Justice de Nice. Depuis sa retraite dorée, l'homme nargue la police française et jouit d'une existence tranquille en compagnie de sa femme Julia (
Alice Taglioni). Mais l'homme est blessé dans son amour propre. Il est en manque de reconnaissance médiatique. Vincent (Gilles Lellouche) un jeune reporter travaillant en freelance pour "Paris Match" vient le rencontrer pour réaliser une interview exclusive.

"Sans arme, ni haine, ni violence" est une très bonne comédie qui prend parfois un ton moins enjoué. J'ai passé un excellent moment. Un film d'une grande fraîcheur.

Le parti pris est de mettre en relief l'homme qui se cache sous la figure hors norme. Albert Spaggiari était un personnage au destin extraordinaire, un être qui s'est mué en voleur par désir de célébrité. Les événements en eux-mêmes ne sont qu'une toile de fond.
Dans ce long métrage Albert Spaggiari est un individu charmeur, excessif, dépensier, généreux. Il se veut l'ami des stars. Il développe une passion (mimétisme ?) pour Alain Delon.

Sa manie d'adopter des déguisements foireux tient du grand guignol. Son apparence prête au rire.

Mais le voleur est aussi provocateur, malicieux, ingénieux (son élaboration du "casse du siècle" est d'une simplicité enfantine).

Le personnage mis en scène et interprété par Jean-Paul Rouve nous touche par cette générosité affichée. De lui se dégage une certaine humanité. Il donne beaucoup et accorde sa confiance. L'interprétation de Jean-Paul Rouve est de qualité. On s'en fout à la limite si son personnage ressemble au vrai Spaggiari, le sien est haut en couleur et déborde d'énergie.

La réalisation est fluide, légère. Les retours vers le passé sont distillés avec soin. La relation d'amitié avec le journaliste de "Match" est l'un des points forts du film. La symbiose des deux personnages est orchestrée avec soin. Le jeu de Gilles Lellouche est sûr et impeccable. La présence de la charmante Alice Taglioni nous rappelle que le voleur de grands chemins avait aussi du charisme et a vécu une grande et belle histoire d'amour avec sa dernière compagne.

Un premier film réussi, un portrait peut être un peu trop idyllique mais qui se laisser voir avec un plaisir certain.
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Jeudi 24 avril 2008


Le cinéma espagnol aura toujours le don de me surprendre et de ne jamais me lasser. Après "Souvenirs mortels", "Tesis" et "Abre los ojos" il y a quelques années, et plus recemment avec "L'orphelinat", j'ai connu aujourd'hui une nouvelle fois l'extase du cinéphile avec le long métrage "[Rec]" co-réalisé par Paco Plaza et Jaume Balaguero.

"[Rec]" raconte l'histoire d'Angéla, jeune journaliste d'une télévision locale de Barcelone. Elle anime une émission qui s'intitule "Pendant que vous dormez". Elle suit le quotidien de personnes qui travaillent la nuit. Son nouveau reportage l'amène à suivre, accompagné par un cameraman, les pas d'une équipe de Pompiers durant leurs interventions. La première mission nocturne des soldats du feu s'annonce comme un banal secours à victime en détresse.

Dans un immeuble de la cité Catalane, Angéla, la Police et les pompiers, pénètrent dans l'appartement d'une femme âgée.

(ellipse narrative volontaire : aller voir ce film)

Craignant qu'une infection se déclenche, les autorités sanitaires condamnent provisoirement l'immeuble. Les personnes qui sont à l'intérieur se retrouvent donc enfermées.

Le cauchemar peut alors commencer...

"[Rec]" est un film qui a un rythme qui monte crescendo. Le spectateur a tout le temps de prendre ses repères, de s'habituer au parti pris du film. Les premières minutes sont plutôt rassurantes. Le départ en mission nous fait basculer dans un univers de tumulte et d'indécision.

A la manière du camescope de "
Cloverfield", la caméra de "[Rec]" est l'oeil omniscient qui va partout. Point de plans fixes, de contre-plongées ou de travellings. Les images sont saccadées. Tout bouge, tout va vite, trop vite. La caméra filme tout. La télé-réalité est poussée à son paroxysme. Nous allons jusqu'au bout de l'horreur. Comme dans "Le projet Blair Witch", la sanction tombe à l'ultime image.

"[Rec]" ressemble à notre cauchemar le plus horrible. Les espaces sont constamment réduits, le nombre de victimes augmente, l'électricité vient à manquer. Toutes les constantes qui nous rassurent ordinairement font ici défaut.

Et il y a surtout une mystérieuse affection. La contagion se fait par la salive. Les personnes qui sont mordues se transforment en de redoutables semeurs de mort. Les quelques scènes gore sont surprenantes, juteuses, placées à bon escient. Quand ces créatures passent à l'attaque, le spectateur a la peur vissée aux tripes. Comme les héros du long métrage, on a envie de prendre la fuite en hurlant.

J'ai rarement eu peur au cinéma ces derniers temps mais "[Rec]" a comblé ce désir d'être bousculé, impressionné. Dans le septième art les trucs les plus horribles ne me dégoûtent pas. Mais avec ce film, comme je le disais plus haut, on joue sur un registre psychologiques (la nuit, les espaces confinés) et la recette fonctionne.

A trois ou quatre reprises j'ai vraiment eu un pincement au coeur et j'ai sursauté quand la petite fille est passé à l'attaque, même si je voyais le coup venir. Nous avons beau anticiper, quand l'angoisse nous pénètre, l'humain se contente de réagir.

Jaume Balaguero et Paco Plaza font preuve d'une véritable maestria. Sans nous donner les clés du problème qui touche les habitants de cet immeuble (seulement des pistes et uniquement à la fin du long métrage) les deux réalisateurs nous conduisent là où ils le veulent. Leur petit jeu de terreur est machiavélique, parfaitement au point. La mécanique du film est quasi parfaite.

A la manière d'un journal télévisé, nous avons l'impression que l'horreur se déroule en "live" sous nos yeux. Le cinéma par le biais de la télévision créent l'illusion que ce qui se déroule devant nous est vrai.

Un film brillant servi par le charisme de l'actrice
Manuela Velasco. Sa jolie frimousse, sa bonne humeur nous séduisent de prime abord. Son professionnalisme jusqu'au boutiste peut nous écoeurer et elle finit par nous communiquer son trouble et son angoisse. Une interprétation très convaincante. Les autres acteurs (le jeune flic stressé, le pompier aguerri, la mère de famille paniquée etc...) sont aussi très crédibles.

Mais la véritable star du film est peut être la caméra. Un objet qui voit tout, qui entend tout, qui filme tout, même quand l'horreur est à l'état brut.

N'hésitez à courir voir "[Rec]". Un long métrage qui vous surprendra dans sa forme, son contenu et son dénouement. Un vrai malaise pendant 90 minutes.

Et n'oubliez pas que vous êtes au cinéma. Vous devrez rester jusqu'à la fin du film.

La caméra filme et filme sans cesse. Le "Rec" est enclenché...

...impossible d'appuyer sur le bouton "Stop".
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Lundi 14 avril 2008


Ensuite je me suis fais un véritable plaisir, j'ai assisté à la projection de "
L'île de Nim".

Nim (
Abigail Breslin) est une jeune fille de 10 ans qui vit avec son père, un brillant chercheur, sur une île du pacifique sud. Un jour son père (Gerald Butler) part quelques jours en mer pour ses recherches.

Une tempête de la saison des moussons survient et le contact est coupé. De manière naïve Nim appelle à la rescousse sur internet Alex Rover, le héros des romans dont elle est fan. Or derrière ce personnage de fiction se cache la romancière Alexandra Rover (
Jodie Foster), agoraphobe de son état.

La jeune femme décide de tenir ses peurs à distance et entreprend un long périple pour aider Nim.

"L'île de Nim" est une comédie familiale fait pour les petits et les grands selon la formule consacrée. Un long métrage qui déborde de bons sentiments. J'ai pris un plaisir énorme. J'avais besoin de me laisser porter par le courant avec un film plaisant, distrayant et léger, "L'île de Nim" a parfaitement rempli sa mission.

L'histoire est classique mais le rendu a vraiment de l'intérêt. L'enchaînement des événements se déroule de manière agréable. Les deux metteurs en scène (
Jennifer Flackett et Mark Levin) usent de procédés qui ont déjà fait leurs preuves avec talent. Leur travail relève d'une maîtrise évidente.

Nous évoluons parmi des paysages de rêve. La magie opère aussi à ce niveau. Le bol d'air fait du bien. Dans cet Éden des temps modernes, les animaux sont les partenaires des humains. La symbiose est parfaite.

Le film utilise à contre emploi l'immense talent de Jodie Foster. La comédienne se lâche dans ce registre et sa prestation est très agréable à suivre. Ses phobies et le dialogue permanent qu'elle entretient avec son héros de fiction sont parmi les très grandes réussites du long métrage. L'actrice américaine prouve que son jeu a encore un immense potentiel.

Mais encore une fois, c'est Abigail Breslin qui est LE pilier du film. La jeune interprète de "
Little Miss Sunshine" apporte de la fraîcheur et de l'authenticité au film. Son personnage fait preuve d'inventivité, de courage, s'adapte à chaque instant aux situations rencontrées. Sa relation avec les animaux est touchante.

J'ai apprécié "L'île de Nim" pleinement.

Face à ces femmes, Gerald Butler incarne le papa courage qui va au bout de son entreprise pour faire avancer la science. Le cinéma a besoin de ces oeuvres plus légères. J'en ai besoin aussi. Suprême bonheur le long métrage évite avec succès l'écueil de la mièvrerie.

"L'île de Nim" est un divertissement qui s'assume et qui est bien fait. Pas besoin d'y chercher des leçons de morale grandiloquentes, le long métrage donne du bonheur pendant 90 minutes.

Cela me suffit amplement.
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Lundi 14 avril 2008


Ce matin j'ai commencé ma journée cinéma avec "
Crimes à Oxford" le dernier né du cinéaste ibérique Alex de la Iglesia.

Je ne peux pas dire que je suis déçu mais je m'attendais à nettement mieux.

J'adore les romans policiers et les romans à énigme. Si je pouvais, je ne lirais que ça. Au cinéma j'ai rarement eu l'occasion de retrouver les atmosphères découvertes au cours de mes lectures. Le passage d'un support à l'autre est souvent raté.

"Crimes à Oxford" nous plonge au coeur de l'une des plus prestigieuses universités du monde. Une série de meurtres est commis. Un jeune étudiant fougueux (
Elijah Wood) et un professeur de mathématiques et de logique émérite (John Hurt) s'associent pour retrouver la piste du tueur. Ce dernier sème de petits cailloux blanc sur son passage sous la forme de mystérieux symboles censés annoncer d'autres meurtres.

J'ai trouvé la réalisation trop classique, un rien académique. Hormis la séquence d'introduction qui est vraiment superbe et qui a pour but de nous présenter une galerie de suspects possibles, le reste du film manque de tonus, de fougue. Le dénouement reste mesuré alors que j'espérais voir une  conclusion de haute volée

Les mathématiques servent de toile de fond au long métrage. Mais les théories exposées à l'écran manquent de clarté. Elles finissent même par nous embrouiller. Je pensais que le cinéaste ibérique irait plus loin dans son l'élaboration d'une histoire en forme de puzzle. A la manière d'un roman policier, plusieurs pistes nous sont bien proposées, il y a aussi des impasses, des chausses-trappes mais l'ensemble est confus.

L'élément qui fait le plus cruellement défaut à mon sens est l'absence d'ambiance véritable. Le cadre aurait pu être exploité de manière différente. Les lieux auraient pesé, tel un personnage supplémentaire, sur les agissements des uns et des autres. La tonalité générale est plutôt aseptisée. Je m'attendais aussi à voir des meurtres bien juteux, machiavéliques. Bien au contraire.

Le glauque, l'horreur ou le frisson se sont perdus en route. Les crimes se sont "intellectualisés". Dommage

Mais "Crimes à Oxford" se regarde quand même avec plaisir. Le long métrage a d'autres qualités indéniables. Le film propose une galerie de personnages bien intéressante. Comme d'habitude John Hurt est impeccable et Elijah Wood est un brillant alter ego.
Leonor Watling apporte son charme latin et Julie Cox impressionne par la folie douce qui semble l'habiter.

Les joutes verbales entre les deux limiers sont savoureuses et les dialogues sont d'une très grande finesse.

Le travail d'Alex de la Iglésia est plus d'honnête. Sa technique est très élaborée, trop peut être. Je déplore le côté mesuré du film.

Je ne regrettes par mon choix mais l'académisme du long métrage.

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Jeudi 10 avril 2008


L'Histoire créé des personnages de légende à l'aura quasi mystique. Des récits magnifient les exploits de ces hommes et de ces femmes hors du commun.

Mais derrière ces figures emblématiques se cachent souvent des êtres ordinaires pris malgré eux dans le tourbillon de l'Histoire universelle.

Nouvel exemple avec "
Mongol" du russe Sergei Bodrov qui nous narre la vie passionnante de Gengis Khan de son enfance et à son accession au titre de Khan de tous les mongols.

En des temps reculés, le grand homme s'appelait encore encore Temudgin. Il était le fils d'un chef de tribu locale. Sa vie bascula le jour où son père mourut empoisonné par l'un de ses rivaux. Le jeune garçon venait à peine de se choisir une épouse.

Si vous espérez voir deux heures de bataille incessante et sanglantes dans "Mongol", passez votre chemin mes ami(e)s.

Le parti pris de Sergei Bodrov dans "Mongol" est original : son grand Khan n'est pas (encore) la figure de légende que les hommes ont retenu. Il laisse à d'autres l'image du souverain qui a régné sur un empire comparable aux possessions d'Alexandre le Grand.

Son "héros" est d'abord un enfant marqué par les épreuves de la vie, puis un homme qui doit sans cesse choisir entre son bonheur personnel (sa vie familiale, son couple) et sa lutte pour conquérir le pouvoir au prix de luttes fratricides.

Le long métrage est d'ailleurs construit sur une alternance de points de vue. Temudgin/Gengis Khan est un homme d'action, décidé, sûr de sa force mais l'être est aussi un mari passionné, un père de famille. Nous pénétrons de manière intime au coeur de la cellule familiale. La scène où il choisit son épouse est l'un des plus beaux moments du film.

Le procédé, dicté par des usages séculaires, peut paraître choquant ou glauque (avec notre regard forcément européen et anachronique) mais le réalisateur donne à cette union "forcée" (n'y voyez rien de péjoratif) l'aspect d'une très belle et touchante histoire d'amour. Il y a comme de la pudeur et de la réserve dans les images qui nous sont proposées.

Le seul bémol à cette vision intimiste du grand Khan sont les quelques longueurs qui nuisent au déroulement du long métrage.

"Mongol" séduit car le film est avant tout une grande saga romanesque très bien filmée. L'omniprésence de somptueux paysages (lieux de tournage : Chine, Kazakhstan et Mongolie intérieure) attire irrémédiablement l'oeil du spectateur. C'est beau à voir. Le soin apporté à la photographie fait sensation. La forme sert le fond.

"Mongol" est aussi rythmée par une musique enivrante aux accents dramatiques. Les images sont mises en valeur par les sons d'instruments traditionnels et des chants tribaux.

Les scènes d'action pure qui incluent de très nombreux figurants sont très bien mises en scène. Quelques séquences bien sanglantes distillées à bon escient ne provoquent pas l'overdose chez le spectateur.

L'acteur japonais (eh oui)
Tadanobu Asano incarne un Gengis Khan très convainquant. Son jeu est sans fioriture, mesuré. Il donne du crédit à l'homme de légende tout en étant profondément humain.

"Mongol" a de grandes qualités de fond et de forme. Le choix de Sergei Bedrov est risqué mais le pari est pleinement réussi. A voir assurément pour les amateurs de longs métrages au souffle épique.
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