J'ai 36 ans. Depuis près de 20 ans je suis un fan de la série "les brigades du Tigre" narrant les exploits des intrépides Valentin, Terrasson et Pujol. Les 36 histoires (6 saison de 6 épisodes, dont 4 se déroulant avant la première guerre mondiale et 2 après) ont captivé ma jeunesse.
Quand j'ai entendu parlé pour la première fois d'une adaptation sur grand écran il y a environ 3 ans, j'étais rempli d'excitation et d'appréhension. Depuis au moins dix ans les séries télévisées de notre enfance ont un niveau qui navigue entre très médiocre (rappellez vous : "Chapeau Melon et bottes de cuir) et passable (le premier opus de "Charlie's angels")
A la fin de la projection de ces "Brigades du Tigre" j'étais consterné. Comment avec un matériau si riche (le début du XXème siècle, les anarchistes, la rivalité franco-allemande, les différentes alliances politiques) Jérome Cornuau (réalisateur) a pu rendre un film si fade. On voit que l'équipe du film a vraiment entrepris un travail de fond (superbes costumes, décors admirables, reconstitution historique parfaite) mais le film a deux lourds handicaps : son casting (en partie) et son scénario.
Je vais quand même nuancer mon propos quelque peu : les trente premières minutes du film se tiennent sur le plan de l'histoire. En théatre on pourrait dire qu'il s'agit d'une très longue scène d'exposition qui a pour but de planter le décor, présenter les personnages et les intrigues qui seront résolues par la suite. L'entrée en matière est honnête, il y a comme un parfum d'hommage qui flotte. Puis patatra, c'est l'effondrement total. Le scénario explose littéralement dans plusieurs directions. Trop compliqué, trop d'informations données. On y comprend plus rien. La seule chose dont j'étais sûr à la fin du film : j'étais frustré.
Clovis Cornillac est l'acteur à la mode, on le voit partout depuis 4 ou 5 ans. Mais pour moi il campe un commissaire Valentin improbable. Son jeu sonne faux. Cependant ma plus grosse désillusion concerne Edouard Baer (que j'apprécie beaucoup par ailleurs) qui interpréte un Pujol aux antipodes du personnage de la série. Le Pujol d'il y a trente ans était drôle, charmeur, le titi parisien jusqu'au bout des ongles. Dans le film nous voyons évoluer un Pujol sombre, intrigeant, limite maquereau. Les seuls acteurs qui tirent leur épingle du jeu sont Olivier Gourmet (recemment vu dans "mon colonel") en Terrasson et Jacques Gamblin (Bonnot).
Enfin cette déception peut m'être imputée tant j'ai mis d'espoirs dans ce film. Je devrais peut être l'envisager et le considérer autrement que comme une relecture de la série. Un jour je le reverrai tranquillement dans mon salon .Mon point de vue évoluera surement.
Pour information : une suite est en préparation.
Faut voir.