total ciné : un espace de liberté pour les fans de cinéma et les autres. Venez nombreux pour partager ma passion.
Par Samom

Et ensuite j'ai vu "Star Wars : The Clone Wars" réalisé par Dave Filoni.
Ce long métrage d'animation et la série télévisée qui vont suivre sont censés être le trait d'union entre "L'attaque des Clones" et "La revanche des Siths", soit les deux derniers volets de la nouvelle trilogie mise en chantier pas George Lucas à la fin des années 90.
"Star Wars : The Clone Wars" est très agréable à suivre. Passée la surprise des premiers instants, l'ensemble se regarde avec un plaisir évident. Je n'ai pas senti que les initiateurs de la saga trahissaient l'esprit "Star Wars". Mais il est vrai aussi qu'on peut se demander pourquoi un tel projet a été lancé alors qu'un long métrage de plus semblait plus évident.
Je me met à la place des détracteurs de George Lucas qui critiquent assez vertement son travail quasi obsessionnel qui consiste à revenir sans cesse sur sa première trilogie avec des ajouts technologiques successifs (et parfois franchement inutiles, cf. Jabba dans "Star Wars IV, un nouvel espoir") et sur l'esprit de la seconde trilogie bien inégale. Le choix formel d'un dessin animé fait débat indiscutablement.
Le plus cruel défaut de "Star Wars : The Clone Wars" est son manque de scénario développé. L'histoire, très minimaliste, s'adresse avant tout aux fans et les personnages sont sans épaisseur, sans passé. L'oeuvre sous entend un nombre incalculable de références et de sous entendus.
Toi l'ami qui découvre cet univers, passe ton chemin ou impose toi une méga séance de rattrapage.
Nous débarquons en plein milieu d'un conflit entre la République en danger et les séparatistes agissants à la botte du Comte Dokuu. Lui-même exécute les instructions d'un mystérieux Seigneur Sith.
Les scènes spectaculaires s'enchaînent à la vitesse de l'éclair et le rythme est très soutenu. C'est là d'ailleurs que le bas blesse. Le long métrage se résume a une heure trente de duels aux sabres laser, à des affrontement répétitifs entre l'armée des clones et celle des droïdes et des combats dans l'espace.
Si le seul critère de jugement est le spectacle alors "Star Wars : The Clone Wars" serait une réussite à coup sûr. Mais nous les fans, nous attendions un récit élaboré, fouillé, nuancé. Avec des personnages entiers, finement ciselés et non pas sortis du lycée au coin de la rue comme la jeune Padawan Ahsoka Tano.
Visuellement le rendu est étonnant. Certes le physique des personnages surprend et leurs visages taillés à la serpe dérangent franchement. Mais le long métrage reste une merveille de technologie. Un ensemble de sons, d'images éclatantes, de couleurs riches. On retrouve les références de la nouvelle trilogie qui font débat depuis près de dix ans. Loin de s'inscrire dans la rupture, ce nouvel opus se positionne dans la tradition des nouveaux canons édictés par le Maître Lucas.
Les absences de Ben Burtt et de John Williams, oh sacrilèges, la mise au second plan de personnages comme Yoda ou Mace Windu sont pour moi de véritables erreurs. Le spectateur a besoin de constantes, de repères pour baliser son chemin. En deux mots : se rassurer.
"Star Wars : The Clone Wars" est esthétiquement et technologiquement parlant une réussite. Mais la trame et le traitement des personnages font cruellement défaut. Le fond est sacrifié sur l'autel de l'esthétisme. A l'ère du tout spectaculaire, le spectateur n'est pas forcément gagnant dans ce genre d'entreprise.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog