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Par Samom

Aujourd'hui j'ai fait ma rentrée du cinéma après avoir assuré une bonne rentrée des classes.
J'ai repris le chemin des salles obscures avec "Mirrors" le troisième film d'Alexandre Aja.
Comme bon nombre de jeunes metteurs en scène français qui ont franchi l'Atlantique, avec plus ou moins de réussite, Alexandre Aja signe ici son deuxième film estampillé "US", son 2ème remake aussi, celui du long métrage coréen "Into the mirror" mis en scène par Kim Seong-Ho
J'ai passé un bon moment mais il y a quand même des choses qui ne me plaisent pas du tout quant à l'esprit et la forme du film.
Ben Carlson (Kiefer Sutherland) est un ancien flic qui a connu un drame lors d'une mission. Séparé de sa femme (Paula Patton), il survit tant qu'il le peut, aidé par de puissants médicaments. Pour remonter la pente et stabiliser sa vie, il accepte un modeste emploi de gardien de nuit dans un ancien immeuble qui a brûlé et qui accueillait autrefois un grand magasin.
Très rapidement d'étranges phénomènes se produisent. Des miroirs semblent être en cause. Ben Carlson décide de mener l'enquête.
Le film commence de la plus plaisante des manières pour les amateurs de sensations fortes. J'ai eu l'occasion de vous proposer cette séquence dans les semaines passées et il est vrai que cette débauche de sang initiale laisse augurer de moments ultérieurs bien savoureux.
Malheureusement le long métrage s'enfonce ensuite dans un vrai faux rythme plutôt lent. Alexandre Aja ne nous épargne pas les clichés sur le héros déchu (des regards, des paroles, les éternels médicaments).
Heureusement que le réalisateur français met en place un climat plutôt prenant. L'ambiance est lourde. L'oeuvre nous prend aux tripes à certains moments. Mais les lieux communs du cinéma dit fantastique s'empilent au détriment de notre seuil de tolérance. Alexandre Aja accumule les situations classiques, académiques et se contente d'exploiter à minima le potentiel offert par ce sujet.
L'introduction progressive de l'élément surnaturel fonctionne assez bien. Les miroirs sont maléfiques et notre héros perd d'abord pied. Puis son sens policier refait surface.
Les effets spéciaux de miroirs sont d'un très bon niveau.
Hormis la séquence d'introduction du long métrage, la scène où le reflet de la comédienne Amy Smart s'arrache la mâchoire est l'un des meilleurs moments du long métrage. Une spectatrice à mes côtés a quitté la salle à ce moment là. Du gore bien juteux, miam miam.
Mais le défaut le plus flagrant de "Mirrors" est son manque de personnalité. Visiblement notre compatriote voulait montrer aux américains qu'il connaissait ses classiques et les leurs. Le film d'Aja ne sort pas des sentiers battus, il se contente de piocher ici ou là des éléments pris ici ou là.
Le twist final (merci Fabrice) sous la forme d'un faux happy end ressemble au "6ème sens" de M.Night Shyamalan et l'intrigue de "Mirrors" nous rappelle la trame de la saga "Ring" et "Le cercle-The Ring". Et que dire de la créature finale qui a des airs de Linda Blair dans "L'exorciste". Pas folichon tout ça.
Côté interprétation Kiefer Sutherland s'en tire avec les honneurs. Son désarroi nous touche. Le reste du casting fait pâle figure.
J'aurai aimé qu'Alexandre Aja impose sa marque avec plus de force. Son "Mirrors" est trop linéaire. A l'inverse "La colline a des yeux" m'a vraiment impressionné.
Mais je me répète, j'ai passé un agréable moment même si j'estime que le metteur en scène aurait pu aborder la question sous un autre angle. J'aurai aimé voir Kiefer Sutherland tomber plus avant dans les méandres de la folie (paranoïa et schizophrénie) et assister à la projection d'un long métrage plus sombre.
Alexandre Aja a-t-il eu toutes les cartes en main ?
Pas sûr....
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