Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

total ciné : un espace de liberté pour les fans de cinéma et les autres. Venez nombreux pour partager ma passion.

Publicité

"G.A.L"



Depuis 1965 l'ETA (Euskadi Ta Askatasuna) terrorise l'Espagne et le sud de la France au moyen d'actions violentes et sanglantes. Leurs attentats ont fait des dizaines de morts et de blessés.

En 1983 le gouvernement espagnol crée secrètement les
G.A.L (Groupes Antiterroristes de Libération) avec des hommes recrutés en partie dans les forces de police ibériques pour lutter "oeil pour oeil, dent pour dent" contre les autonomistes basques.

On peut parler de contre-terrorisme d'état puisqu'à l'époque le Ministre de l'intérieur espagnol et le Premier Ministre socialiste
Felipe Gonzalez furent associés personnellement à la naissance de ce groupuscule. Les G.A.L commirent une quarantaine d'attentats et tuèrent 27 personnes dont un certain nombre d'innocents totalement étrangers au terrorisme basque.

Le long métrage "
G.A.L" de Miguel Courtois s'attache à suivre les investigations de deux journalistes du quotidien "Diaro 16", Manuel Mallo (José Garcia) et Marta Castillo (Natalia Verbeke), qui tentent de prouver les relations entre deux policiers dont l'inspecteur Ariza (Jordi Molla) et le pouvoir politique. L'inspecteur Ariza est accusé d'être le recruteur et le pourvoyeur des tueurs du G.A.L.

Un long métrage vraiment passionnant qui lève en partie le voile sur l'une des plus sombres pages de notre histoire contemporaine. Gamin je me souviens avoir entendu parlé de cette histoire. A l'époque j'avais eu du mal à saisir la portée de tels événements. Je me demandais comment un État, sorti à peine de 40 ans de dictature franquiste, pouvait créer une structure dont les méthodes étaient aussi condamnables que celles de son ennemi juré.

Aux enquêtes classiques, certains ont du penser qu'il fallait franchir un palier supplémentaire pour lutter avec efficacité contre le terrorisme aveugle. Le temps était venu de porter le feu dans le camps ennemi.

Le film baigne dans une ambiance très spéciale. Un climat de suspicion générale. Ces deux journalistes, qui ont des convictions et des certitudes, nagent en eaux troubles. Pressions psychologiques, menaces et agressions physiques sont leur quotidien. Ils sont comme des victimes expiatoires dans une arène car leur travail gène aussi l'ETA qui ne manque pas de leur faire savoir.

Pris entre deux feux, leur seule arme restent les mots.

"G.A.L" est un excellent thriller politique, efficace qui adopte un ton neutre, celui de renvoyer dos à dos les terroristes de tout bord. Les dénonciations sont nettes, claires et précises. Un gouvernement dit "démocratique" a employé des procédés fascistes en créant une milice autonome, une force parallèle faisant fi de toutes les procédures légales et de toute morale.

On pourrait même dire que le long métrage ressemble à un reportage ou à un docu-fiction. Nous sommes au coeur des arcanes du pouvoir où la tromperie et la corruption sont légions. Nous accompagnons ces deux journalistes au beau milieu de ce Watergate espagnol. Leur travail est colossal mais la récompense est au bout : le scandale G.A.L est rendu public. Le 4ème pouvoir a mis fin à de sombres agissements.

La réalisation de Miguel Courtois est d'une rare sobriété. Son remarquable travail est de nous proposer non pas une version possible des faits mais une lecture des événements très proche de la réalité.

José Garcia fait son travail avec professionnalisme et conscience. Il incarne un journaliste décidé, consciencieux dont la seule faiblesse est son amour platonique pour sa collègue de travail.

Natalia Verbeke impressionne par l'émotion qu'elle arrive à faire passer à l'écran. Et Jordi Molla est la révélation du film. Son interprétation de cheville ouvrière des G.A.L est impressionnante. Un policier, bras armé du pouvoir, qui jusqu'au bout est persuadé d'être un patriote. Un rôle entier.

Un long métrage aux nombreuses qualités qui nous prouve encore une fois de plus que la réalité dépasse plus souvent la fiction que le contraire. L'Espagne a connu une telle situation il y a peine 25 ans.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article