Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

total ciné : un espace de liberté pour les fans de cinéma et les autres. Venez nombreux pour partager ma passion.

Publicité

"Rec"



Le cinéma espagnol aura toujours le don de me surprendre et de ne jamais me lasser. Après "Souvenirs mortels", "Tesis" et "Abre los ojos" il y a quelques années, et plus recemment avec "L'orphelinat", j'ai connu aujourd'hui une nouvelle fois l'extase du cinéphile avec le long métrage "[Rec]" co-réalisé par Paco Plaza et Jaume Balaguero.

"[Rec]" raconte l'histoire d'Angéla, jeune journaliste d'une télévision locale de Barcelone. Elle anime une émission qui s'intitule "Pendant que vous dormez". Elle suit le quotidien de personnes qui travaillent la nuit. Son nouveau reportage l'amène à suivre, accompagné par un cameraman, les pas d'une équipe de Pompiers durant leurs interventions. La première mission nocturne des soldats du feu s'annonce comme un banal secours à victime en détresse.

Dans un immeuble de la cité Catalane, Angéla, la Police et les pompiers, pénètrent dans l'appartement d'une femme âgée.

(ellipse narrative volontaire : aller voir ce film)

Craignant qu'une infection se déclenche, les autorités sanitaires condamnent provisoirement l'immeuble. Les personnes qui sont à l'intérieur se retrouvent donc enfermées.

Le cauchemar peut alors commencer...

"[Rec]" est un film qui a un rythme qui monte crescendo. Le spectateur a tout le temps de prendre ses repères, de s'habituer au parti pris du film. Les premières minutes sont plutôt rassurantes. Le départ en mission nous fait basculer dans un univers de tumulte et d'indécision.

A la manière du camescope de "
Cloverfield", la caméra de "[Rec]" est l'oeil omniscient qui va partout. Point de plans fixes, de contre-plongées ou de travellings. Les images sont saccadées. Tout bouge, tout va vite, trop vite. La caméra filme tout. La télé-réalité est poussée à son paroxysme. Nous allons jusqu'au bout de l'horreur. Comme dans "Le projet Blair Witch", la sanction tombe à l'ultime image.

"[Rec]" ressemble à notre cauchemar le plus horrible. Les espaces sont constamment réduits, le nombre de victimes augmente, l'électricité vient à manquer. Toutes les constantes qui nous rassurent ordinairement font ici défaut.

Et il y a surtout une mystérieuse affection. La contagion se fait par la salive. Les personnes qui sont mordues se transforment en de redoutables semeurs de mort. Les quelques scènes gore sont surprenantes, juteuses, placées à bon escient. Quand ces créatures passent à l'attaque, le spectateur a la peur vissée aux tripes. Comme les héros du long métrage, on a envie de prendre la fuite en hurlant.

J'ai rarement eu peur au cinéma ces derniers temps mais "[Rec]" a comblé ce désir d'être bousculé, impressionné. Dans le septième art les trucs les plus horribles ne me dégoûtent pas. Mais avec ce film, comme je le disais plus haut, on joue sur un registre psychologiques (la nuit, les espaces confinés) et la recette fonctionne.

A trois ou quatre reprises j'ai vraiment eu un pincement au coeur et j'ai sursauté quand la petite fille est passé à l'attaque, même si je voyais le coup venir. Nous avons beau anticiper, quand l'angoisse nous pénètre, l'humain se contente de réagir.

Jaume Balaguero et Paco Plaza font preuve d'une véritable maestria. Sans nous donner les clés du problème qui touche les habitants de cet immeuble (seulement des pistes et uniquement à la fin du long métrage) les deux réalisateurs nous conduisent là où ils le veulent. Leur petit jeu de terreur est machiavélique, parfaitement au point. La mécanique du film est quasi parfaite.

A la manière d'un journal télévisé, nous avons l'impression que l'horreur se déroule en "live" sous nos yeux. Le cinéma par le biais de la télévision créent l'illusion que ce qui se déroule devant nous est vrai.

Un film brillant servi par le charisme de l'actrice
Manuela Velasco. Sa jolie frimousse, sa bonne humeur nous séduisent de prime abord. Son professionnalisme jusqu'au boutiste peut nous écoeurer et elle finit par nous communiquer son trouble et son angoisse. Une interprétation très convaincante. Les autres acteurs (le jeune flic stressé, le pompier aguerri, la mère de famille paniquée etc...) sont aussi très crédibles.

Mais la véritable star du film est peut être la caméra. Un objet qui voit tout, qui entend tout, qui filme tout, même quand l'horreur est à l'état brut.

N'hésitez à courir voir "[Rec]". Un long métrage qui vous surprendra dans sa forme, son contenu et son dénouement. Un vrai malaise pendant 90 minutes.

Et n'oubliez pas que vous êtes au cinéma. Vous devrez rester jusqu'à la fin du film.

La caméra filme et filme sans cesse. Le "Rec" est enclenché...

...impossible d'appuyer sur le bouton "Stop".
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
Voilà c'est fait.Un peu prévisible, un peu facile, mais la tension, la dynamique et la maîtrise qui ressortent de l'ensemble font mouche : quelques maquillages habiles et des effets sonores efficaces entretiennent une ambiance réussie entre l'Armée des morts et Blair Witch, avec des passages rappelant furieusement the Descent.Le doublage pourri est à proscrire pour ceux qui peuvent. Très bon même si ça fait moins peur que prévu.Pour ceux qui auraient tendance à être blasés à cause de Cloverfield, je crois savoir que [REC] avait été projeté en Espagne depuis un an.
Répondre
S
vos commentaires me font rudement plaisir1h30 pour rédiger cet article et je suis très fier du contenu (parfois  quand je me relis j'apprécie moins mais là je suis comblé)mercips : j'ai vu des chroniques (pas sur des blogs) qui parlaient de stratégie pour "rec". Je crois que certaines personnes "intelectualisent" un peu trop les films au lieu de se laisser porter par la vague du plaisir.
Répondre
O
Je me suis régalée avec cette pure merveille d'horreur !"Rec" a comblé mes espérances, me faire peur d'un bout à l'autre avec intelligence. Pas beaucoup de gore et pourtant on s'attend au pire, on imagine le pire et on finit par voir le pire.Du grand cinéma, viva espana!
Répondre
T
Salut Sammom,<br /> <br /> Déja que j'avais très envie de le voir, ton article me renforce dans l'idée que "REC" est une merveille de peur.<br /> <br /> On dit souvent et à juste raison que las asiatiques sont très forts dans la peur mais j'ai l'impression que le cinéma espagnol est en train de relever le challenge avec beaucoup de réussites.<br /> <br /> Faut que ça dure.<br /> <br /> Thib.
Répondre
S
Vanceva, vit et revientvoilà
Répondre