Aujourd'hui j'ai vu : "Letters from Iwo Jima", le second volet du diptyque consacré à la bataille d'Iwo Jima. Ce film est le pendant à "Flag of ours fathers" également réalisé par Clint Eastwood.
Les deux films résultent d'une démarche intellectuelle originale : donner deux points de vue différents sur un même événement. Par souci de véracité historique, Clint Eastwood donne la parole dans "Letters From Iwo Jima" aux soldats japonnais par l'intermédiaire de lettres retrouvées de nos jours par des chercheurs japonais.
Et c'est une réussite.
Le film est magnifique. Certains moments sont même trés poignants (la lecture d'une lettre d'une mère américaine à son fils GI ou l'écoute d'une chanson d'enfants japonais à la radio de Tokyo notamment). L'émotion prend le pas sur l'action.
Le tout est magnifiquement filmé, Clint Eastwood maîtrise à la perfection son sujet. Les effets spéciaux sont d'une rare sobriété. Les flash-back nourrissent l'histoire et nous permettent de reprendre notre souffle.
Le film est en langue nippone (à part deux séquences en anglais). Le pari est osé mais donne un charme et de la force à l'oeuvre. Les intonations de voix si caractèristiques traduisent les émotions ressenties par les personnages.
L'interprétation de Ken Watanabe en Général Kuribayashi est formidable. Il campe un homme sûr de ses convictions envers son pays, un soldat dévoué, un chef de guerre imaginatif mais aussi un être humain avec ses moments de faiblesse et ses doutes.
Le principal atout du film est d'humaniser les soldats "ennemis" : tous n'étaient pas des fanatiques avides de sang. Il y avait des pères de famille arrachés à leur vie tranquille et jetés en plein milieu d'un conflit stupide et meurtrier.
Grâce à "Letters from Iwo Jima", les combattants nippons ne sont plus des "silhouettes" ou des caricatures stupides, ils existent enfin dans leurs diversités, leurs déchirements et leurs existences.