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Par Samom

En cette période de fêtes le temps est au repos et à la détente cinématographique. Dans cet esprit là je me suis rendu dans mon cinéma favori pour assister à la projection de "L’œil du mal" réalisé par D.J Caruso et j’ai pris un pied énorme.
Jerry (Shia LaBeouf) est un jeune homme qui vit d’expédients. Son jumeau, militaire de carrière, décède subitement à la suite d’un accident de la route. Rachel (Michelle Monaghan) est une célibataire divorcée dont l’unique centre d’intérêt dans l’existence est son fils Sam. Ces deux personnes ne se connaissent et pourtant elles se retrouvent embarquées de force dans une sombre histoire de terrorisme.
Une mystérieuse voix prend le contrôle de leurs existences et les guide dans une course contre la montre des plus périlleuses. La vie des proches de Jerry et Rachel est en jeu. De plus, les deux jeunes gens sont poursuivis par les autorités fédérales et militaires.
Au cœur du pouvoir un vaste complot semble se tramer. Jerry et Rachel ont quelques heures pour identifier les tenants et les aboutissants de ce compte à rebours mortel.
"L’œil du mal" est avant tout un divertissement. Le but d’une telle œuvre est le public s’amuse et pas qu’il se pose des questions philosophiques ou métaphysiques. Cela fait des décennies que les studios américains ont intégré ce principe et qu’ils exploitent à merveille. Et régulièrement on voit fleurir dans la presse (française) des candides nous gratifiant de chroniques qui pinaillent sur le bien fondé de tels longs métrages.
Je suis un spectateur de base qui demandera toujours à voir des longs métrages comme "L’œil du mal". C’est gros, c’est démesuré, le trait est forcé, les producteurs et le metteur en scène vont aux limites de l’acceptable mais le tout fonctionne et le spectateur est béat d’admiration. Quel mal y a t il à se faire plaisir de temps en temps. "Movie" appelle cela "débrancher son cerveau" et je crois qu’il a raison. On en prend plein les mirettes et c’est jouissif à plus d’un titre.
"L’œil du mal" est un long métrage hyper dynamique. Le rythme est dingue. La mise en scène est tonique. Les séquences d’action sont très nombreuse jouent la carte du réalisme à fond. Les effets technologiques sont utilisés à bon escient. Les courses poursuites en automobiles sont criantes de vérité. L’impression est que les cascades ont du être préparées des mois à l’avance tant l’alchimie fonctionne parfaitement.
Le long métrage comporte de nombreux rebondissements. L’histoire est passionnante et les situations ne sont pas figées. Le scénario est d’une lisibilité absolue. Les scénaristes et le metteur en scène ont visiblement adopté une ligne de conduite quasi unique : l’efficacité.
Depuis 2001, avec l’entrée en vigueur du "Patriot Act", les pouvoirs des différentes agences gouvernementales américaines ont été considérablement renforcé. Dans leur lutte contre le terrorisme, des excès sont possibles et parfois commis au nom de la Sécurité Nationale et de la sempiternelle raison d’Etat.
"L’œil du mal" fustige l’un de ces excès, celui de la surveillance technologique à outrance. Une structure informatique va au-delà de sa mission initiale et menace la Démocratie d’un Etat et les hommes qui devraient normalement l’exercer en toute quiétude et indépendance.
Ce n’est pas la première fois qu’une œuvre de fiction nous dresse le portrait d’un régime dans lequel la machine prend le pas sur l’humain mais quand la démonstration est aussi brillante (et inquiétante) que dans "L’œil du mal" on ne peut qu’applaudir des deux mains.
Shia LaBeouf a visiblement épuré son jeu. Au placard les tics et attitudes inutiles. Son jeu y gagne en lisibilité et lui en crédibilité. Est-ce le début de sa période "adulte" de comédien ? L’avenir nous le dira. Michelle Monaghan est splendide. Rosario Dawson et Billy Bob Thorton font le métier comme disent les américains mais ils le font avec talent.
"L’œil du mal" nous colle dans le fauteuil pendant près de deux heures et le plaisir est intégral. Un long métrage qui mise sur le réalisme et l’efficacité pour notre plus grande satisfaction. Même si nous savons qu’une surveillance électronique omniprésente s’exerce tous les jours à nos dépends, espérons que la fiction de "L’œil du mal" ne dépasse pas un jour notre réalité.
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