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Par Samom

"Le jour où la terre s’arrêta" réalisé en 1951 par Robert Wise est un classique, un must du cinéma de science fiction, une œuvre incontournable qui fait date depuis plus d’un demi siècle.
L’idée d’en faire un remake n’était pas une mauvaise idée, à défaut d’être un concept original, mais il aurait fallut que la remise au goût du jour soit mémorable, ce qui loin d’être le cas.
Une sphère d’énergie arrive sur terre. Klaatu (Keanu Reeves) un extra terrestre, qui prend la forme d’un humain, entend délivrer un message alarmiste à l’humanité : la planète est en danger car l’Homme est le plus grand péril pour son environnement. La mission de Klaatu est de sauvegarder la terre avec ou sans la race humaine.
Dans cet opus dirigé par Scott Derrickson il y a vraiment deux éléments à vraiment distinguer : la forme et le fond. La réussite de l’une contraste avec le ratage total de l’autre.
La production a mis les moyens pour créer un univers visuel probant et cela se voit à l’écran. Dès l’entame du film, le pari technologique est gagné. Les images sont d’une qualité plastique incroyable. Quel bonheur que spectateur puisse s’immerger ainsi dans un long métrage doté d’effets spéciaux d’une qualité graphique aussi extraordinaire. Il y a de la finesse, de la précision, de l’inventivité, de l’audace.
Inversement le long métrage manque cruellement de fond. Le matériau premier était on ne peut plus intéressant mais le metteur en scène a visiblement oublié de s’appuyer sur un scénario digne de ce nom.
L’histoire se révèle trop simpliste, le propos trop manichéen (les méchants militaires et politiques, les gentils scientifiques).
Passées des premières minutes angoissantes et spectaculaires le film s’enfonce dans un faux rythme absolument tuant. Comme les protagonistes de cette histoire, nous tentons en vain de percer les mystères qui entourent Klaatu. J’avais l’impression que le film s’étirait en longueur inutilement comme si le réalisateur comblait un vide scénaristique par des péripéties successives.
Ma première pensée à la sortie de la projection a été de me dire que "Le jour où la terre s’arrêta" était le premier volet d’une nouvelle franchise. J’avais l’impression que certaines pistes nous étaient données, des indices, mais qu’il manquait certaines clés de lecture. L’ensemble m’est apparu incomplet. Et que dire d’un final aussi pauvre et insatisfaisant.
Le long métrage manque de corps, de matière. Le propos écologique est louable mais la manière d’aborder la question laisse vraiment à désirer. L’homme pollue, salit et détruit son milieu, son cadre de vie….oui et alors, il y a rien de neuf sous les tropiques. Le long métrage aligne les clichés, empile les lieux communs et se contente d’enfoncer des portes ouvertes. Nous savons tous que l’Homme est son propre prédateur.
La moralité du film, qui découle d’une absence quasi-totale d’un scénario original, est désespéramment plate et vide de sens. On sent que l’intention y était, le résultat est loin de satisfaire nos espérances.
Heureusement que Keanu Reeves est très convaincant dans le rôle de Klaatu. L’acteur campe avec un justesse un non terrien vide de toutes émotions "humaines". Jennifer Connelly apporte une sensibilité tout ce qu’il y a de féminine et une tonalité juste. Les autres personnages sont bien trop schématiques, mal dégrossis.
"Le jour où la terre s’arrêta" ne laissera pas un souvenir impérissable dans nos mémoires.
Un long métrage insipide malgré une histoire au fort potentiel. Des effets spéciaux saisissants mais un désert scénaristique. Bien dommage.
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