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"Mesrine : l'ennemi public n°1"




Revenu marqué par la guerre d'Algérie, Jacques Mesrine (Vincent Cassel) est devenu au milieu des années 60 un petit truand de Pigalle qui souhaite vivre une existence hors du commun. C'est sa "carrière" nord-américaine qui fait basculer le truand dans la grande criminalité. La presse hexagonale ne tarde pas à le surnommer l'ennemi public n°1.

Toutes les polices de France menées par le commissaire Broussard (Olivier Gourmet) le traquent sans relâche. Une lutte à mort s'engage alors.

"Mesrine : l'ennemi public n°1", réalisé par Jean-François Richet, est la seconde partie du diptyque initié par  "Mesrine : l'instinct de mort".

J'ai attendu pour voir ce second volet, le temps de bien assimiler "l'instinct de mort" et que les vaines polémiques s'apaisent d'elles-mêmes. Les circonstances de la mort de Mesrine m'importent peu en l'état. Chacun campera sur ses positions ad vitam eternam. Jacques Mesrine a vécu par le feu toute sa vie de gangster comme un funambule sur son fil et il est mort par le feu.

Dès les premiers instants du long métrage, qui couvre les six dernières années de la vie du gangster, on sent que Jacques Mesrine a acquis une dimension supplémentaire. Grâce à l’aide de Michel Ardouin (Samuel Le Bihan) Il s’évade de manière spectaculaire du tribunal de Compiègne, en raillant avec éloquence l’Avocat Général et le Président de la Chambre. Il perpètre les coups de plus en plus audacieux (attaque du Crédit Lyonnais à Paris).

 

Arrêté une première fois par le Commissaire Broussard, Mesrine est incarcéré à la Maison d’Arrêt de la Santé pour une peine de 20 ans. Après cinq années de QHS (Quartier de Haute Sécurité) où il a fait la connaissance de François Besse (Mathieu Amalric), Mesrine s’évade encore une fois grâce à la complicité de son avocate (Anne Consigny).

 

Après le braquage du Casino de Deauville, les chemins des deux hommes se séparent. François Besse voulait profiter du système de l’intérieur pour "le rançonner" alors que Jacques Mesrine entendait le détruire. L’ennemi public n°1 est séduit par les idées politiques de l’ultra gauche révolutionnaire

 

Nous suivons Jacques Mesrine dans l’ultime étape de son existence. Il rencontre Sylvia (Ludivine Sagnier) sa dernière compagne et Charlie Bauer (Gérard Lanvin), enlève un riche propriétaire (George Wilson) et torture Jacques Tillier (Alain Fromager), un journaliste de "Minute"

 

Le 2 novembre 1979 Mesrine meurt Porte de Clignancourt à Paris.

 

Le ton de ce second long métrage est bien plus dramatique que dans le premier film. Le spectateur ressent que l’existence de l’ennemi public n°1 est une éternelle fuite en avant. La mort plane sur les épaules du truand. L’homme repousse l’échéance que lui-même admet comme inéluctable.

 

Mesrine est frappé par une certaine forme de mégalomanie quand il se rend compte que le coup d’Etat au Chili l’a fait disparaître de la une des journaux. Le spectateur sourit malgré tout.

 

Mesrine, qui a pris un certain embonpoint, est toujours aussi charmeur. Son côté "homme à femmes" lui colle à la peau.

 

Mais la brutalité se fait jour quand la situation l’exige. Il tire, il enlève, il torture. Le truand méprise les lois et le conformisme de la société. A la question  "Pourquoi tout cela", il répond "je ne veux pas être l’esclave toute ma vie de mon réveil matin".

 

La réussite de Jean-François Richet est de nous proposer un Mesrine entier, un homme, un gangster aux nombreuses facettes mais de ne pas en faire un héros en gommant ce qui arrangerait la dramaturgie du second opus.

 

Le metteur est assez astucieux dans la "radiographie" de conscience du truand. Mesrine le bandit devient Mesrine le politique quand il menace d’importer en France la violence ultra gauchiste de la F.A.R (Fraction Armée Rouge) et des Brigades Rouges. Mais on peut se demander si les déclarations de Jacques Mesrine ne relèvent pas plutôt de son éternel goût pour le sensationnalisme médiatique. On est dans le grand guignol.

 

La réalisation de Jean-François Richet s’adapte au rythme de vie de Jacques Mesrine. Dans le premier film, les mouvements de caméras étaient plus posés, plus lents. Dans "L’ennemi public n°1", le rythme s’emballe, les, images trépignent, la course à mort est lancée. La mise en scène est efficace et va droit à l’essentiel.

 

Comme je le disais auparavant le portrait n’est absolument pas hagiographique mais vrai. Même s’il y a deux films avec des angles d’attaque différents, il existe une certaine forme d’unicité.

 

Vincent Cassel est phénoménal dans "L’ennemi public n°1", sa performance est de premier ordre. Son ton est juste. "Son" Mesrine tient la route de la première à la dernière image. On ne sera jamais si le vrai Mesrine était ainsi mais l’art d’un acteur est de composer en toute indépendance un personnage en mettant à distance l’original. Vincent Cassel y réussit amplement.

 

Les interprétations de Mathieu Amalric et Samuel Le Bihan sont à remarquer tandis que Ludivine Sagnier nous charme par ses formes et nous touche par une certaine sensibilité à fleur de peau. Dommage qu’Olivier Gourmet n’est pas un peu plus de matière.

 

"L’ennemi public n°1" est excellent long métrage qui complète à merveille le premier opus. Un film qui nous réserve des moments émouvants (l’entrevue avec sa fille au parloir de la Maison d’Arrêt de la Santé), des moments éprouvants (la torture du journaliste de "Minute"). Mesrine apparaît comme un individu pétri de contradictions, un être capable du pire comme du meilleur.


 

Loin d’être un héros des temps modernes, Mesrine restera comme l’un des plus grands truands de l’histoire criminelle de France. Un individu qui a joué son existence au poker de la vie mais qui a perdu.

 

Un long métrage à voir sans aucune retenue ni a priori.

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S
en effetsalut à toibienvenue 
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M
il est très bien Mesrine : l'ennemi public n°1, j'ai adorée et je le connseil a tout le monde<br /> <br /> voir le film en streaming sur http://www.bynik.net <br /> lien directe: http://www.bynik-2.net/L-Ennemi_public.html
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S
maintenant je rêve de voir les deux à la suite ou director's cut de l'ensemble.....
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M
J'ai préféré ce deuxième volet au premier (qui était déjà très bien). Moins de temps morts, plus de tension jusqu'à ce final très contreversé...
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