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Par Samom

Aujourd'hui j'ai assisté à la projection de "Hellboy II : les légions d'or maudites" réalisé par le stakhanoviste du cinéma Guillermo Del Toro et j'ai pris un pied intégral, monumental. Le spectacle est total.
"Hellboy" a ravi les cinéphiles et a prouvé que le cinéma pouvait adapter avec méticulosité et passion les comic-books. Ce premier opus était un hors d'oeuvre. Le second volet place la barre très haut. Un long métrage étonnant, incroyablement riche.
Le Prince Nuala (Luke Goss), excédé par la trêve millénaire qui règne entre le genre humain et le royaume invisible des créatures fantastiques, décide de passer à l'offensive en tentant de réveiller une puissante armée en sommeil depuis des temps immémoriaux. L'existence du monde des Hommes est en péril.
Le seul espoir de l'Humanité réside en la personne de Hellboy (Ron Perlman) et ses camarades du Bureau de Recherche et de Défense Paranormal , Liz Sherman (Selma Blair) et Abe Sapien (Doug Jones). L'équipe est rejointe par l'étrange Johann Krauss (James Dodd, John Alexander).
L'heure de l'affrontement est proche. L'heure des choix aussi. Hellboy est confronté au manque de reconnaissance de la race humaine voire même à de l'hostilité de plus en plus marquée. Pour couronner le tout, sa vie "domestique" n'est pas des plus simples avec Liz qui est sur le point de lui annoncer un heureux événement.
"Hellboy II : les légions d'or maudites" est un spectacle intégral de deux heures. Un divertissement dans le sens le plus noble du terme. La scène d'ouverture qui voit le professeur Broom (John Hurt) narrer la légende des légions d'or maudites au jeune Hellboy est magnifique à plus d'un titre et donne sa tonalité au reste du film. On sent que l'oeuvre va être grandiose dès les premières minutes.
L'histoire est passionnante. La thématique de l'affrontement entre le Bien et le Mal, entre le monde du dessous et la réalité n'est pas neuve mais quand le sujet passe entre les mains d'un Guillermo Del Toro et de son scénariste Mike Mignola, on peut raisonnablement crier au génie.
J'ai trouvé que leur scénario était d'une finesse incroyable. Le héros de l'histoire reste l'athlétique "Red" mais chaque personnage bénéficie d'un traitement on ne peut plus juste. Chaque pièce du puzzle trouve la place qui lui revient.
Ce qui plait au spectateur est aussi la simplicité de l'intrigue. Le bien et le mal s'affrontent de manière frontale avec un Hellboy un peu perdu au milieu de cette lutte millénaire mais les initiateurs de ce second opus restent basiques dans leur démarche. Le long métrage avance d'une manière très linéaire et ne se perd pas dans des intrigues secondaires et dans des tonnes d'explications forcément futiles.
Car "Hellboy II : les légions d'or maudites" est un film qui a un rythme échevelé. Il y a de l'action, de l'action et encore de l'action. L'impression de vitesse est omniprésente. Le spectateur peine à reprendre son souffle. L'exaltation est jouissive. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vu un tel déchaînement au cinéma.
Ce second volet se caractérise aussi par une explosion de couleurs et de sons. L'esthétisme du long métrage est originale, soignée et donne une force impressionnante à l'ensemble. Nous baignons avec délice dans un univers fantastique moderne et cohérent. La séquence du marché des trolls est l'un des moments les plus admirables du long métrage. Quel plaisir !
Les effets spéciaux sont d'une fluidité phénoménale. Les duels de monstres sont d'un niveau rarement atteint. L'affrontement entre Hellboy et l'armée est la cerise sur le gâteau, notre récompense suprême.
Souvent les monstres au cinéma manquent de caractéristiques propres. Avec "Hellboy" et surtout "Hellboy II : les légions d'or maudites", nous sommes entrés dans une nouvelle ère : le cinéma nous montre des êtres vraiment inquiétants et répugnants mais les choses se passent le plus naturellement possible du fait de la perfection technique dont bénéficient ces créatures fantastiques.
Les personnages sont fantasques et drôles. Nous sourions aux échanges savoureux entre Liz et Hellboy, nous avons de la peine face à la triste destinée de la Princesse Nuala (Anna Walton).
Le film est bourré d'humour. Les réparties de "Red" font mouche à chaque coup. Les dialogues sont finement ciselés, rien de grossier ni de lourd. Le moment le plus émouvant, le plus magique du film est le duo en chanson entre Hellboy et Abe Sapien.
Ron Perlman est admirable. A chaque fois que je peux le dire je ne m'en prive pas : l'acteur n'est pas qu'un masque mais un comédien au talent immense. Lui seul pouvait interpréter Hellboy. A ses côtés Selma Blair joue avec justesse un personnage qui alterne entre force dévastatrice et douceur féminine. Une vraie réussite. Les autres personnages malgré, eux aussi, leurs masques arrivent à nous émouvoir, nous inquiéter ou tout simplement nous entraîner dans leur sillage.
"Hellboy II : les légions d'or maudites" est le film fantastique le plus réussi de ces dernières années. Guillermo Del Toro réalise avec maîtrise un long métrage qui n'hésite pas à nous en mettre plein les yeux et les oreilles. Du pur bonheur pour les cinéphiles. Un spectacle dont le but est de nous divertir. Le cinéma devrait être comme cela bien plus souvent au lieu de se regarder trop le nombril.
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