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Par Samom

Comment un gouvernement peut-il répondre au crime organisé, à une violence exponentielle et à une corruption de ses services de police ? Le Brésil a choisi la manière forte en créant en 1978, le BOPE (Batalhão de Operações Policiais Especiais, bataillon des opérations spéciales de police), une unité d'élite de la police militaire dans l'état de Rio.
Le film "Tropa de elite", Ours d'Or au dernier festival de Berlin de José Padilha raconte le quotidien de cette unité au travers le destin de trois de ses membres.
Le Capitaine Nascimento (Wagner Moura) est l'un des anciens du BOPE, il dirige l'un des groupes avec poigne et détermination. Sur le point de devenir père de famille, l'homme sombre de plus en plus dans un état quasi dépressionnaire. Son souhait est de passer la main très rapidement. Le Capitaine Nascimento se cherche désespérément un successeur.
Neto (Caio Junqueira) est un jeune homme fougueux qui a envie d'en découdre avec les bandes armées des favelas de Rio. André Matias (André Ramiro) est un être posé, réfléchi, idéaliste qui fait des études et qui côtoie la jeunesse dorée brésilienne à l'Université. Les deux hommes (intègres) appartiennent à la police brésilienne. Leur quotidien est fait de corruption, de petits trafics et d'inaction. A la suite d'une fusillade, ils aspirent à devenir membres du BOPE. La formation, dirigée par le Capitaine Nascimento, est un véritable parcours du combattant.
Cela fait six mois que "Tropa de Elite" fait débat dans l'univers étriqué de la critique cinématographique. Le film a été attaqué de toutes parts. Une presse bien pensante l'a taxé de "pamphlet réactionnaire" ou de film "fasciste". Ces personnes n'ont jamais du entendre des brésiliens évoquer leur quotidien ou voir des reportages sur la vie des favelas.
Le long métrage a une tonalité on ne peut plus juste, met les pieds dans le plat dés les premières secondes et nous met le nez dans la.....
J'ai déjà eu l'occasion de vous dire qu'au-delà du Brésil des cartes postales, il y a un pays gangrené par la violence, l'activité des bandes armées qui règnent en maître au milieu des taudis et la corruption d'une partie de ses forces de police. Il ne sert à rien de se voiler la face. L'ultra violence est le quotidien de gens qui vivent au seuil du tiers monde. Les favelas sont des bombes prêtes à exploser à la moindre étincelle. Même si des ONG font un travail de fond, le crime continue à payer.
José Padilha nous montre ce quotidien inquiétant. Il met en scène les brutales et sanglantes interventions du BOPE, la violence gratuite des gangs, la complaisance de certaines élites bourgeoises estudiantines (on fume quelques joints entre potes et on vent un peu de coco mais ça s'arrête là).
Mais son film n'est pas complaisant envers le BOPE, il n'y a pas de fanatisme outrancier ou de panégyrique stupide. Le BOPE use et abuse de la force, tue mais le réalisateur, en adoptant une forme quasi documentaire ne se fait pas l'avocat de la troupe d'élite.
Le BOPE emploie toute la gamme de pratiques (tortures, intimidations, pressions) qui sont sujets à la polémique.
José Padilha montre la violence de part et d'autre sans pour autant la condamner. Son oeuvre sonne comme un cri d'alarme. La société brésilienne des laissés pour compte est en crise. Il y a urgence.
Dire que le film est fasciste gomme la capacité de jugement du spectateur. J'ai trouvé le film très bon, réaliste. Je ne pense pas que José Padihla soit réactionnaire. Son long métrage dérange à coup sûr car il pointe du doigt les errements d'un pouvoir qui a laissé la situation lui échapper au cours du dernier demi-siècle. Les policiers sont sous payés et les tentations sont grandes. Notre imaginaire nous renvoie à un Brésil de façade. Quand nous pénétrons dans l'arrière boutique, notre dégoût peut être grand.
L'intérêt de "Tropa de Elite" est de nous laisser nous forger notre propre opinion. Le réalisateur brésilien permet à notre intelligence de juger en toute connaissance de cause. Telle une cour de Justice, les différents points de vues, situations, protagonistes nous sont présentés. A notre libre arbitre de faire le reste.
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