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"The dead girl"

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Pour finir en beauté cette journée, j’ai eu la chance, que dis je ?, le privilège d’assister à la projection de "
The Dead girl" réalisé par Karen Moncrieff.

En ce moment j’ai un faible pour les films qui déstructurent le sacro saint récit linéaire. En France nous avons eu déjà l’occasion de voir des longs métrages tels que "
Irreversible" de Gaspard Noé et "5X2" de François Ozon qui ont adopté une construction à rebours. Outre atlantique la référence restera à jamais "Memento" de Christopher Nolan qui s’ouvrait par la dernière scène du film et qui s’achevait par la première. "The Dead Girl" innove à son tour dans cette veine là.

L’intrigue de "The Dead girl" tourne autour de l’assassinat d’une jeune femme. Le parti pris du film n’est pas de nous montrer la brutalité d’un tueur en série en action ou des investigations policières mais de nous narrer, au moyen de 5 petites histoires, 5 scènes de vie, comment l’événement bouleverse la vie de 5 femmes. En fait je devrais dire plutôt 4 femmes car l’histoire qui clôture nous amène sur les traces de la jeune femme assassinée.

L’œil de la caméra nous fait pénétrer dans la vie de ces femmes avec une extrême pudeur. Nous marchons aux côtés de l‘étrangère qui a découvert le corps, nous espérons aux côtés d’une sœur qui souhaite que le corps retrouvée soit celui de sa sœur disparue et qui entend faire son deuil, nous assistons avec effroi et colère aux agissements d’une femme qui pense que son mari est le tueur, nous sommes transis de douleur par la recherche effrénée d’une mère qui s’interroge sur la vie de sa fille et enfin nous voguons avec une jeune femme vers son funeste destin.

Pour l’étrangère (
Toni Collette), celle qui découvre le cadavre, la mort devient vie. Elle peut s’arracher aux griffes d’une mère possessive et méchante. La scène d’amour glauque lui prouve que sa vie est ratée jusque là. Elle agit et réagit comme une esclave soumis. La découverte du corps, triste évènement mais évènement tout de même lui offre l’opportunité de (re)naître et de s'affranchir.

La seconde petite histoire nous plonge dans le quotidien d’une famille qui fait semblant de vivre depuis 16 ans, obnubilée par le souvenir d’une fille cadette disparue. La sœur aînée (
Rose Byrne) ne veut plus vivre dans le souvenir et souhaite aller de l’avant. Quand le cadavre de la jeune femme morte lui est amenée (elle travaille dans une morgue), elle s’auto suggère qu’il s’agit bien de sa sœur. La mort lui apporte aussi la vie. Le deuil clôt un chapitre douloureux de son existence et l’ouvre au monde des autres. Mais le cadavre n’est pas celui de sa sœur. Le précipice s’ouvre à nouveau sous ses pieds.

Le troisième temps du film nous fait côtoyer une femme (
Stéphanie Mace) délaissée par son mari. Une femme hantée par la solitude du domicile conjugal. Une femme qui découvre par hasard que son mari est un tueur en série. Elle fait un choix draconien : elle détruit les objets accumulés par son monstre d’époux au cours de ses périples nocturnes, pour que ce dernier reste à la maison et faire comme si de rien n’était. Au désert de son quotidien, elle préfère un horrible voisinage (le plateau télé apporté à son mari).

Le quatrième moment du film est peut être le plus dur à suivre car nous entrons dans la vie de la mère de la défunte (
Marcia Gay Harden) . Le lien mère fille est ici direct mais a été rompu depuis longtemps. La fille s’est enfuie, la faute à un beau-père pédophile agissant en secret d’une mère ignorante. Cette femme cherche à savoir qui était sa fille et que faisait-elle depuis tant d’années.

Enfin, le dernier chapitre du film nous présente de manière brève ce que fut la vie de la défunte (
Brittany murphy). Une existence d’errance, de drogue et de prostitution. Malgré la débauche, la jeune femme était aussi une personne attachée à sa fille et rêvait d’une vie meilleure. Son seul tort est d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment

"The Dead Girl" ne donne pas franchement de l’espoir de prime abord. Le ton du film est très sombre. Il confronte en permanence la vie et la mort. Le décès d’une jeune femme agit de manière radicalement différente sur le destin de ces femmes. La mort affranchit ou détruit. Cependant on peut se rendre compte au final qu’un nouveau lien se tisse entre la mère et la fille de la défunte. Ce nouveau trait d’union permet à des êtres de continuer à avancer. La mort est là, présente au quotidien mais la vie arrive à prendre des détours insoupçonnés.

J’ai trouvé ce film émouvant, poignant même mais il ne verse pas dans le sentimentalisme à outrance. Le long métrage nous offre la possibilité de véritablement sonder les âmes. Point de caricature ni d’excès. Les portraits de ces femmes sont justes, mesurés.

La mise en scène est sobre et laisse les comédiennes s’exprimer. Ces dernières nous offrent une large palette de sentiments et d’émotions. Les hommes restent des silhouettes au pire, des faire-valoir au mieux.

Le casting est d’une incroyable homogénéité. Le jeu de ces actrices est sûr, dépouillé, prenant. Personnellement j’ai apprécié les performances de Rose Byrne et de Marcia Gay Harden, même si toutes méritent des lauriers.

N’allez pas voir ce film si vous espérez vous du sang, des effets spéciaux ou de l’action. "The Dead Girl" est avant tout un drame humain où le quotidien de femmes, toutes différentes, est bouleversé par l’intrusion brutale de la mort.

Un film qui vous touchera à coup sûr. Dommage qu’il n’est pas bénéficié d’une exposition médiatique plus conséquente.
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S
et merci pour le complimenthier j'ai oublié de te le dire
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S
vraiment très réussi l'un des coups de coeur de l'année....
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T
Salut Samom, cool que tu puisses réécrire tes articles. J'aimerais bien voir ce film, il avait attiré ma curiosité mais malheureusement, il n'est pas passé dans ma ville.Peut-être qu'il passera plus tard, en tout cas je l'espère.Article très interresant.
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