Je ne suis pas spécialement fanatique des hommages à postériori pour célébrer l'anniversaire de la mort d'un artiste. Mais pour ce soir je vais faire quand même une exception.
Lino Ventura est mort il y a 20 ans, c'était un dimanche soir il me semble. Je me souviens que l'adolescent que j'étais (snif) a ressenti une immense tristesse à l'époque.
J'ai toujours apprécié le talent immense de cet acteur hors normes, son jeu, sa rudesse, sa bonhomie. Un grand acteur doublé d'un père au grand coeur. Un homme simple touché par un drame personnel : comme des milliers de familles en France, le couple Ventura avait une fille "différente".
Un acteur qui était venu à la comédie presque par hasard. Catcheur professionnel, celui qui s'appelait encore Angiolino Ventura avait vu sa carrière sportive brisée par l'un de ses meilleurs amis, Henri Cogan, acteur lui aussi par la suite.
C'est l'immense Jacques Becker qui lui mit le pied à l'étrier dans "Touchez pas au grisbi", un long métrage devenu un classique. Lino Ventura a eu le bonheur de faire d'incroyables rencontres. Jean Gabin le prit sous son aile et une très forte amitié les lia pendant près d'un quart de siècle.
Un acteur qui manque énormément au cinéma français. Un caractère bien trempé. Une figure qui méritait un hommage télévisuel plus éloquent.
Mais heureusement Monsieur Ventura vous vivez encore dans l'esprit et le coeur des cinéphiles qui aiment le cinéma français qui a son âge d'or dérrière lui...
Pour répondre à lari-lino ventura était très fidèle en amitié. Aux dires de ses proches, l'un des signes de cette relation privilégiée était d'être invité à une boustifaille le dimanche en famille. Et lino ventura était LE chef. En bon italien d'origine il préparait "la pasta" comme nul autre pareilEtre convié à sa table signifiait une appartenance à un cercle restreint d'ami(e)s-Lino ventura était un homme pudique (éducation, religion ?) et ne voulait pas embrasser de femme à l'écran (sauf exception signalé par lari).Un exemple similaire. Dans "Germinal" de Claude Berri, le chanteur Renaud apparaît nu (de trois-quart) dans l'une des scènes du film. Or Renaud, de confession protestante, a eu les pires difficultés avec cette scène. Ayant eu le scénario (la partie le concernant avec le découpage des scènes) en mains (comme les autres acteurs) plusieurs mois à l'avance, il a eu un véritable cas de conscience. Faisant un effort ultime, il a pu tourner mais a été marqué par l'effort que lui demandait le réalisateur. Renaud déclara à l'époque qu'il vécut là peut-être le pire moment de sa carrière artistique.
D'ailleurs, dans son 1er film "touchez pas au grisbi" qui fut le 1er succès vraiment populaire de Gabin un peu "oublié" après son retour en 1945, il y a une scène - pratiquement surréaliste, du moins dans ce cadre "film de gangsters" : la bouffe entre les deux vieux, j'allais dire les "deux petits rentiers" (Jean Gabin et René Dary) avec leurs biscottes. Une trouvaille !!! Fut-ce un déclic ? Un "Porte-bonheur" subsconscient ? Quoi qu'il en soit, vous ne verrez aucun film suivant (pochades et films "sérieux") de Gabin sans une scène de ... mangeaille ! Je suppose qu'il imposait une telle séquence aux scénaristes.De même pour les films de Lino Ventura : Aucun film sans bouffe .... Qu'en déduire ? Coup de chapeau au "vieux" et à ce qui devait devenir sinon une manie du moins une marque ? Par contre, ce qui différencié Lino de Jean (du moins J. Gabin plus jeune) c'est qu'il n'existe aucune séquence où l'on peut voir Lino, non pas rouler une "pelle" mais, même, effleurer les lèvres d'une partenaire ....Excepté dans "l'homme en colère" de Claude Pinoteau (1978) où on peut voir un baiser - subrepticement ? - appliqué par Angie Dickinson.... Bravo (Rio) dirais-je pour ne pas déroger à mes plaisanteries que connaît bien l'ami Samom !
C'est sympa que vous rendiez hommage à Lino Ventura qui nous manque effectivement. Il avait , paraît-il, très peur de la mort. Ayant revu récemment "L'armée des ombres", son rôle de résistant m'a marquée. Et puis les Tontons flingueurs, et Le clan des siciliens, etc. Une grande figure du cinéma français.