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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 13:15
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Quand un long métrage est couvert d’éloges et que le public est au rendez vous, il faut s’attendre à ce que les grands argentiers du cinéma et/ou les initiateurs du projet succombent aux sirènes de la facilité et décident qu’une suite soit envisagée.

Dans le 7ème art il y a des mots ou expressions qui font lever les sourcils et dresser les cheveux sur la tête. "Suite" appartient à cette catégorie. A de très rares et notables exceptions, le terme rime avec désastre, calamité, fourvoiement, hérésie. Les cinéphiles sont impitoyables dans ce cas de figure. 

En avril 2008 "[Rec]" de Jaume Balagueró et Paco Plaza a déboulé dans les salles françaises précédé d’une réputation plus que flatteuse venue d’Espagne.

Je fais partie des milliers d’aficionados (pour faire couleur locale) qui sont tombés sous le charme de ce formidable long métrage d’horreur. J’ai véritablement apprécié l’histoire, la manière de filmer, les personnages et l’arrière plan thématique. "[Rec]" fut l’un des moments forts de mon année 2008 au cinéma.

Moins de 6 mois plus tard son remake américain "En quarantaine" est arrivé dans les salles de l’oncle Sam. Sa sortie française, prévue initialement pour la fin décembre 2008, a été annulée par des distributeurs pour une fois bienheureux dans leurs choix.

J’ai vu le dvd il y a quelques mois et je fus agréablement surpris par le contenu. La version américaine n’est pas une pâle copie de son illustre modèle, bien loin de là.

Quand les deux comparses ibériques ont décidé de remettre le couvert, j’ai pensé que les deux co-réalisateurs étaient sacrément gonflés. Une suite mal ficelée pourrait très bien les enterrer et faire passer leur succès initial pour une expérience sans lendemain (en gros se blairwitchiser)
 
Mais il n’en est rien. A croire que Jaume Balagueró et Paco Plaza ont été bénis par les dieux du cinéma.

Samedi après-midi j’ai vu "[Rec] ²" et je dois dire que je suis sur mon séant. En langage de fan c’est une tuerie. Une étape supplémentaire est franchie dans l’horreur avec une œuvre qui va bien au-delà d’un superbe premier volet déjà incontournable.

La difficulté principale à surmonter était de mettre en scène un long métrage satisfaisant sur le fond et la forme tout en sachant que le sel de l’intrigue, l’élément de surprise avait disparu.

Quand la projection de "[Rec] ²" débute, le spectateur sait qu’un mal mystérieux a zombifié les habitants d’un immeuble cossu de Barcelone et que le tout a été filmé par une équipe d’une télévision locale dirigée par Angela Vidal (la superbe Manuela Velasco).

Les deux metteurs en scène ont franchi l’obstacle avec une aisance qui en dit long sur la capacité du cinéma espagnol à se renouveler. Le théâtre de l’horreur est pourtant le même et nous connaissons ces lieux fermés et oppressants. Mais à chaque seconde les deux compères font preuve d’une inventivité, d’une créativité qui nous fait oublier cette relative aisance de perception d’un environnement (périlleux).

L’histoire se poursuit quelques secondes après la fin du premier opus quand une unité de choc de la police catalane et un "docteur" sont amenés à pénétrer dans l’immeuble.

Cette chronique d'une horreur pas si ordinaire prend véritablement aux tripes. Le climat est étouffant. Les hommes progressent dans une obscurité quasi permanente. Des caméras individuelles fixées aux casques de protection des policiers et une caméra portée filment les événements. Chaque recoin, chaque nouvelle pièce constituent des dangers potentiels., des pièges à éviter ou à surmonter. Le palpitant en prend un coup quand l’inévitable se produit.

Ces instants là sont stressants, rapides. Le spectateur assiste à un déchaînement de fureur, de cris stridents, de mouvements de caméra nerveux et désordonnés. L’œil perd le fil alors que l’objectif froid et impersonnel de la machine enregistre chaque péripétie. On entend la respiration des protagonistes s’accélérer et on ressent la montée d’adrénaline. Avec très peu d’effets, Jaume Balagueró et Paco Plaza nous rivent aux sièges.

Sur le plan formel le film est réussi dans son approche esthétique. L’apport d’autres points de vue (des jeunes ont pénétré eux aussi dans cet immeuble avec un…caméscope) permet au long métrage de rester dynamique pendant une heure et demie. La réalisation garde le rythme sans perte de tonus ici ou là. Les regards à la première personne démultipliés fortifient l’ensemble de bout en bout.

L’essentiel pour le spectateur était de ne pas avoir le désagréable sentiment de tourner en rond. Jaume Balagueró et Paco Plaza entreprennent de nous emmener plus loin dans l’horreur.

Sans verser dans le gore gratuit et grand guignolesque, "[Rec] ²" nous propose des moments truculents, bien juteux diraient certains. Les affrontements entre contaminés et individus sains (pas pour très longtemps d’ailleurs, vous pouvez vous en douter) sont l’occasion de passages intenses et horribles à souhait.

La réalisation des deux metteurs en scène est aussi surprenante car des éléments du premier film sont réintroduits avec un savoir faire qui force le respect.

Je ne vais pas tout vous révéler mais le retour d’un personnage initialement présent et l’écho d’une séquence à une autre renforcent l’impression que "[Rec] ²" est une œuvre sacrément bien foutue.

Sur le fond le spectateur se rend compte très rapidement que les deux metteurs en scène ont procédé à une mutation de leur thématique principale. A l'origine le constat était relativement clair : un virus galopant contaminait les résidents d'une bâtisse ordinaire.

Cependant l’arrivée de Angela Vidal dans la chambre de la jeune Medeiros à la fin du premier film avait remis en cause bien de nos certitudes :  la causalité scientifique semblait s'éloigner.

"[Rec] ²" enfonce le clou. Jaume Balagueró et Paco Plaza nous entraînent sur une voie, pas originale dans l’absolu au cinéma, mais très dépaysante et tonifiante, pour ce long métrage en particulier.

La science, les expérimentations, l'appréciation rationnelle sont reléguées au second plan pour ne pas dire carrément mises au ban, et la thématique de la possession démoniaque s’invite de manière totalement inattendue dans un immeuble bourgeois de Barcelone.

Pas de personnages en lévitation ni de têtes qui tournent à 360°. La sobriété est de mise et quelques effets spéciaux relativement opportuns donnent de la crédibilité aux choix scénaristiques effectués. Ce renversement d’optique donne un souffle nouveau. Des dialogues courts mais percutants renforcent une impression de malaise persistant.

Nous plongeons au cœur d’un mystère qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets. Le final du long métrage est à l’image du reste : surprenant et déstabilisant.

Jaume Balagueró et Paco montrent aussi qu’ils savent clôturer leur travail de façon plus que satisfaisante. Ce qui n’est pas la moindre des réussites, quand on sait que très souvent des mises en scène somptueuses sont fusillées par des chutes totalement ratées.

Le spectateur reste scotché et rêve surtout d’en savoir (encore) plus.

"[Rec] ²" est une suite chronologiquement et formellement parlant mais le film demeurera bien plus que ça. C’est un opus original, bien né et surtout bien mis en scène. Nous avons droit à notre dose de peur et à notre lot de séquences surprenantes.

On en prend plein les yeux et on en redemande.
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 12:46




Dans un passé j’ai eu la dent très dure contre la comédie dite "à la française" Inversement je dois reconnaître que s’il y a un genre où notre 7ème art hexagonal ne se débrouille pas si mal que ça c’est bien dans le thriller politique.  Les longs métrages sont en général solides, dotés d’excellents scénarios et interprétés par le fleuron de nos comédiens.

 

Nouvel exemple avec "Une affaire d’Etat" mis en scène par Eric Valette à partir du roman "Nos fantastiques années fric" de Dominique Manotti. Un long métrage que j’ai pris énormément de plaisir à regarder après "La route" qui m’a plus que laissé sur ma faim.

 

Victor Bornand (André Dussolier) agit dans la coulisse. Son rôle consiste à opérer diverses négociations officieuses pour l’Etat français. L’une de ses opérations échoue quand un avion transportant des armes pour les rebelles congolais est abattu au dessus du golfe de Guinée.

 

Des rumeurs filtrent dans la presse. Bornand charge Michel Fernandez (Thierry Frémont), son homme de main, de remonter à la source de ces indiscrétions. L'ancien barbouze tue une escort girl appartenant au réseau de l’influente Mado (Christine Boisson), amie des hommes politiques et des industriels, protégée par Macquart (Jean-Marie Winling), Commissaire de Police à la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur).

 

Le capitaine Bonfils (Gérald Laroche) et la jeune officier Nora Chahyd (Rachida Brakni) de la Police Judiciaire parisienne mènent les investigations sur cet homicide mais s’approchent de trop près des sphères gouvernementales.

 

"Une affaire d’Etat" est un thriller politique très bien construit. Les différentes intrigues se croisent sans que le spectateur ne perde le fil une seule seconde. Les faits nous sont proposés de manière simple, didactique même. Les intrigues passionnent, divertissent et permettent de nous interroger quelque peu sur la société  d’aujourd’hui. La mécanique est très bien huilée.

 

Il est clair que l’œuvre d’Eric Valette s'inscrit dans une certaine tradition et a une filiation directe avec les meilleurs films du genre des années 70. "Une affaire d’Etat"  nous fait penser à "I comme Icare" d’Henri Verneuil.

 

Manipulations de l’opinion publique, chantage, pressions politiques, coups bas, trahisons, mensonges divers et variés, assassinats sont le lot quotidien des hommes et des femmes d’un univers bien glauque. L’ amitié, la confiance ne résistent pas à des charognards qui rodent en permanence.

 

Seuls quelques policiers honnêtes se dressent pour résoudre une enquête aux multiples ramifications et parvenir à entrevoir la vérité, si moche soit elle.

 

"Une affaire d’Etat" est une œuvre au rythme élevé. Eric Valette ne nous laisse pas le temps de nous endormir sur nos lauriers avec un rendu nerveux, stressant par moments. Les situations s’enchaînent avec une fluidité étonnante.


Les esprits chagrins parleraient d’exagération ou d’invraisemblance quant à la rapidité de l’enquête policière mais je leur rappelle que nous sommes au cinéma et que l’art permet ce genre de raccourcis ou d’ellipses. Je pense qu’il n’y a aucune limite aux procédés usités. Le spectateur est présent pour nous divertir. Point.

 

Le long métrage connaît beaucoup de moments très forts et de rebondissements. Nous naviguons en eaux troubles constamment, aux frontières du vice, du crime et de la raison d’Etat. Nous plongeons au cœur d’un Paris qui n’a rien d’une carte postale. Nos côtoyons les puissants et les malfrats.

 

Le long métrage aligne les scènes chocs sans jamais nous lasser. Les morts sont légion mais on ne peut pas vraiment parler d’un film violent. Quand la politique, les affaires, la corruption et la raison d’Etat sont mêlées, on doit s’attendre à ce genre de thriller où tous les coups sont permis.

 

Les différentes ambiances sont très restituées. La politique apparaît sous un jour on ne peut plus sombre. La vision du metteur en scène oscille entre un réalisme cru et un cynisme pertinent.

 

Les relations entre la France et l’Afrique en prennent aussi pour leur grade. Les coulisses d’une livraison d’armes servant de monnaie d’échange à des soldats français enlevés  tendent à nous démontrer qu'un pays est prêt à tout pour arriver à ses fins.

 

Par des voies détournées bien sûr.


Sans longueur inutile, ni circonvolutions superflues, le metteur en scène mène une cadence d’enfer et va droit à l’essentiel.  

 

Le spectateur n’est pourtant pas dupe : il sait très bien que certains de ces événements se passent depuis des lustres. Des hommes sans titre officiel  agissent dans la coulisse.


Le cinéaste, qui s'appuie lui-même sur un matériau écrit, n'a certainement pas la prétention de pointer du doigt les errances des gouvernants d'un pays tel que la France mais la fiction lui permet de cerner un lot de possibilités et de probabilités.

 

"Une affaire d’Etat" propose, ce qui se fait de plus en plus rare de nos jours, une galerie de personnages solide, racée. Les protagonistes sont froids, durs, intransigeants dans leurs agissements. Il est agréable de constater qu’il y a encore dans notre pays des scénaristes et des metteurs qui savent brosser en quelques traits des êtres de fiction crédibles et entiers.

 

André Dussolier joue sur du velours. Son interprétation d’homme de la coulisse lui va tellement comme un gant que je regrette de ne pas l’avoir vu plus souvent dans des rôles plus sombres. Il émane de Rachida Brakni une sorte de rage froide, un désir de vengeance quasi animale. Ses actes mais surtout ses regards donnent à son personnage une épaisseur hors du commun.

 

Mais la très grande satisfaction concerne Thierry Frémont qui se fond dans la peau d’un tueur toxicomane avec une étonnante facilité. Son personnage se retrouve au carrefour de toutes les intrigues et de ses actes découlent bon nombre de rebondissements. L'acteur français est plus que brillant.

 

Les seconds rôles prennent leur mesure à chaque scène de l’œuvre. Il n’y a pas une séquence qui ne bénéficie pas d’une parole opportune, d’un geste savamment calculé.

 

Eric Valette rend hommage à un genre cinématographique très difficile à mettre en scène et trace son propre chemin avec un long métrage passionnant, une réalisation nerveuse et un casting de choix.

 

Du bon et beau cinéma.

 

A voir.  

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 13:00



Je ne dois pas avoir trop de chance avec l’auteur Cormac McCarthy. Je dois être l’un des rares humanoïdes sur terre qui s’est franchement emm… devant l’adaptation de son livre "No country for old men" réalisée par les frères Coen.

 

J’ai remis le couvert avec "La route" de John Hillcoat et le résultat n’est pas à la hauteur de les espoirs initiaux. Je suis souvent enthousiaste (parfois trop quand un long métrage me plaît) mais inversement j’ai occasionnellement du mal à cacher mon immense déception. La bande annonce était pourtant sacrément bien foutue et alléchante.

 

L’humanité a périclité après qu’un mystérieux fléau ait touché la planète. La végétation et le règne animal ont été réduits à néant. Seule une poignée d’êtres humains survie tant bien que mal au milieu d’un paysage apocalyptique. Un homme (Viggo Mortensen) et son fils (Kodi Smit-McPhee) se déplacent constamment sur une route en direction du sud à la recherche d’un ordinaire plus clément.

 

Je sais très bien qu’un film n’est qu’une œuvre de fiction et qu’elle ne doit pas s’immiscer dans notre quotidien mais "La route" n’est pas le long métrage que vous devez voir si en ce moment votre moral est au plus bas ou que vous connaissez des difficultés existentielles.

 

Il se dégage de l’œuvre un pessimisme de tous les instants, une noirceur profonde, une impression de malaise permanent. Ce sentiment nous colle à la peau, nous submerge, nous étouffe littéralement.

 

Le monde de "La route" est totalement dévasté. L’étrange apocalypse (au sens populaire du terme et non littéraire) a réduit la planète terre à un immense cimetières de friches industrielles et de paysages dévastés. C’est à mon sens la seule vraie réussite du long métrage. L’écrin où évoluent les personnages est très bien rendu.

 

Nous sommes au beau milieu d’un hiver éternel où les teintes grisées résonnent comme autant de stigmates d’un monde où l’éclat de la vie a disparu. La nature hostile est l’un des personnages de ce film. Les chutes d’arbres, les tremblements de terre ne sont des exemples parmi tant d’autres des catastrophes qui touchent une humanité qui court à sa perte. Un univers qui n’offre plus de cadre salvateur ou nourricier aux personnages.

 

Visuellement ce monde glauque bénéficie d’une photographie très travaillée, d’un cadrage plus qu’intéressant.  La bande son nous enveloppe d’un linceul de désolation et de mort.

 

Au-delà du contenant j’ai du mal à me passionner pour le contenu. Ce road movie apocalyptique qui érige en valeur universelle la simple survie d’un homme et de son fils s’étire en longueur sans vraiment changer de rythme.

 

Sérieusement je ne m’attendais pas à assister à la projection d’un long métrage d’action mais un film un peu plu nerveux m’aurait indéniablement plu. J’ai eu la sensation d’assister à la répétition de certaines scènes (la fouille des décombres de maisons à la recherche de nourriture, la possibilité de se suicider pour en finir avec tout ça). J'ai regardé ma montre quatre ou cinq fois en espérant que le film change de tempo. Et bien non.

 

Le seul moment vraiment poignant où l’œuvre s’envisage tout d’un coup sous un jour nouveau concerne la découverte par l’homme et son fils d’un cave où sont entreposés hommes, femmes et enfants tels des denrées alimentaires d’un garde manger. Mais la séquence est trop brève, voire inachevée.

 

J’ai un esprit cartésien comme bon nombre d’entre vous je suppose et je veux savoir le pourquoi du comment. John Hillcoat nous replonge dans le passé de l’homme et de son fils au moyen de courts flashes back. Ce genre de procédé est généralement employé pour nous donner des indices, des pistes sur une situation passée, un état donné. Quid des raisons du fléau qui a ravagé la planète ?

 

Le metteur en scène s’en sert uniquement pour introduire le personnage de la mère (Charlize Theron) et charger la note dramatique (le renoncement à la vie par le suicide, la fuite face au péril).

 

Le long métrage a quand même un arrière plan intéressant. Le film dénonce la folie des hommes qui sacrifient la nature sur l’autel de la rentabilité économique. A l’heure où nous parlons toutes et tous d’écologie, sans parfois savoir de quoi il en retourne exactement, le propos est assurément louable.  

 

Le metteur en scène pointe du doigt la bestialité de l’Homme. Affranchi de toute règle ou de toute convention sociale, l’individu a retrouvé des instincts primaires séculaires. Le cannibalisme (jamais montré mais évoqué par nos "héros") est l’un des affres que connaît ce monde post apocalyptique où tout est permis.

 

Le constat du metteur en scène est clair, sans fioritures et sans espoir.

 

L’un des pôles du film est la relation père fils que j’ai trouvé émouvant par moments, mais trop linéaire sans réelles surprises pendant une bonne partie de l’œuvre.

 

Viggo Mortesen est on ne peut plus crédible comme à son habitude. La saleté lui comme à la peau comme une seconde enveloppe charnelle. La transformation physique est plus qu’étonnante. Le jeune Kodi Smit-McPhee impose une présence à l’écran assurément probante. La présence de Charlize Theron est à la limite de l’anecdote.

 

J’ai l’impression d’être resté au milieu du guet. "La route" est un film doté d’une forme irréprochable mais dont l’histoire ne m’a vraiment pas emballé. Je n'ai pas lu le livre mais j'ai entendu dire que l'histoire était difficilement adaptable. 

 

Nous pouvons y voir le reflet de notre propre devenir, la cristallisation de nos pires craintes mais cette intention, si louable soit elle, suffit elle pour faire un bon film ?

 

Pas vraiment pour le cas présent. 

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 12:30



Samedi dernier après avoir vu "Bienvenue à Zombieland" j’ai aussi assisté à la projection de l’ovni cinématographique du moment j’ai nommé "Paranormal Activity" de l’américain Oren Peli.

 

Une caméra, une poignée d’acteurs, un budget ridicule (on parle de 12000 à 15000 $) et un succès planétaire évident en terme de communication et de bénéfices, cela ne vous rappelle rien ?

 

Il est évident que le parcours de "Paranormal Activity" ressemble en tout point à celui du film "The Blair Witch Project" mis en scène en 1999 par Daniel Myrick et Eduardo Sanchez (espérons seulement qu’Oren Peli ne se repose pas sur ses lauriers comme ces deux-là).

 

"Paranormal Activity" a évolué pendant près de deux ans dans les méandres des festivals parallèles avant de trouver la lumière. C’est à ce moment là que la légende commence. Le long métrage a séduit semble-t-il les pontes de Dreamworks et Steven Spielberg en personne.

 

Le film a évolué dans se forme avant de trouver sa mouture définitive (il existe trois fins distinctes, une que j'ai vu dans la salle et deux qui seront surement sur le dvd, ou sur le net mais je n'ai pas encore cherché).  

 

La machine était lancée. Il fallait juste que le buzz fasse son office. Les images distillées avec parcimonie ont indéniablement suscité l’attente des fans et les plus folles interrogations. Et je dois dire, ayant participé moi-même au phénomène, que le procédé a été en tout point remarquable. Ici ou là le film a engendré des profits records.

 

Samedi dans la plus grande salle de l’UGC des Halles, il y avait des spectateurs sur les strapontins et sur les marches d’escaliers. Incroyable !!!

 

Tout héros légendaire a forcément une figure humaine tapie en dessous. Après le buzz, après la rumeur, après le phénomène (de foire ?), il me fallait découvrir l’objet de toutes les conversations sur la toile et dans les médias.

 

A quoi ressemble donc "Paranormal Activity" ?

 

A rien diraient ses détracteurs. Mais je me dois d’aller au-delà.

 

Katie (Katie Featherston) et Micah (Micah Sloat) vivent dans une maison où se produisent d’étranges phénomènes. Katie pense qu’un esprit démoniaque hante les lieux. Micah décide de filmer leur chambre à coucher pour identifier la source de leurs maux.

 

"Paranormal Activity" n’est pas un film d’horreur au sens classique du terme.

 

Si vous pensez que "Paranormal Activity" est un long métrage qui regorge d’effets mécaniques démesurés, de sang qui gicle à profusion et de membres, ami cinéphile passe ton chemin.

 

Il est vrai qu’on peut se poser des questions légitimes sur le succès incroyable du long métrage tant prédomine pendant les deux tiers de l’œuvre l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose. Nous assistons à des discussions sans fin entre Micah et Katie. La jeune femme apparaît de plus en plus énervée par les agissements de son vidéaste de compagnon.

 

Le jeune homme nous insupporte réellement quand il filme les moments de détresse de la jeune femme.

 

Sur le plan technique il faut distinguer deux procédés bien distincts, c’est là que "Paranormal Activity" prend de la distance avec "Blair Witch" : Un plan fixe de la chambre (pendant les 21 nuits que dure l’expérience) et la fameuse caméra subjective très à la mode depuis quelque temps avec "[Rec]" et "Cloverfield". Cette dernière est portée presque exclusivement par Micah. Le plan fixe est froid, impersonnel, sans concession alors que la subjectivité traduit toutes sortes d’émotions.

 

Mais ce manque de péripéties et de rythme permet à Oren Peli d’installer son ambiance comme bon lui semble. La tension se fait jour bien après la moitié du long métrage quand les choses semblent s’accélérer.

 

Les effets spéciaux traduisant l’activité paranormale sont choisis avec efficacité. Même si ces derniers ont provoqué des rires idiots dans la salle (eh oui c’est comme ça. Mais si un film ne vous plaît pas Mesdames, Mesdemoiselles ou Messieurs : QUITTEZ LA SALLE, au lieu de nous casser les……), je dois avouer que des procédés aussi basiques qu’une porte qui bouge ou une couverture qui se soulève se sont révélés très prenants et efficients.

 

Nous sommes plongés au cœur de phénomènes qui sont plus suggérés qui détaillés. C’est à ce moment là qu’Oren Peli marque des points et réussit son entreprise. Dans la dernière partie de l’œuvre nous sombrons dans un film qui fout quand même la trouille. Les scènes sont courtes, nerveuses mais intenses. L’alternance entre des journées où il ne se passe rien et les nuits où "quelque chose" se produit revient avec plus de fréquence. La pression augmente et la peur étreint les protagonistes.

 

La dernière séquence, aussi surprenante qu’efficace, justifie à elle seule la longue et pénible montée en puissance. L’ultime plan de caméra est vraiment flippant. Parfois nous aimons un album de chansons pour un titre, je crois que nous pouvons aussi adorer un long métrage pour trente secondes d’images.


 


Katie Featherston et Micah Sloat, comédiens en herbe, adhèrent pleinement au projet d’Oren Peli et cela se voit à l’écran.

 

"Paranormal Activity" n’est pas LE long métrage qui va révolutionner le 7ème art mais le l’ampleur du phénomène est plus qu’intéressant. C’est aussi un formidable encouragement pour les jeunes créateurs à ne jamais désespérer.

 

"Paranormal Activity" sur ce plan mérite son succès même si la sauce met un certain temps à prendre. Je suis intimement persuadé que le metteur en scène a trouvé le juste équilibre entre des actes quotidiens (se laver, manger, se brosser les dents) et des signes d’une présence visiblement hostile.

 

Oren Peli a su construire un réel univers cinématographique avec peu de moyens. Son travail est crédible, inégal diraient certains, et diablement surprenant. Il est rare que de jeunes cinéastes aient une vision globale d'un projet et un rendu abouti. A chaque fois qu'on me posera la question je dirai que la dernière demie heure intense, surprenante ne prend tout son sens qu'avec la lente montée en puissance de l'heure qui la précède. 

Bravo et merci.

 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 18:36



Dans mon esprit les choses sont claires : le film d’horreur est un genre cinématographique à part entière, une branche de la famille cinéma dotée d’un public connaisseur et exigeant.

 

Chez nos voisins anglo-saxons les longs métrages bénéficient d’un traitement juste, d’une réelle vie en salles. En France on oscille entre la condescendance et le mépris. J’ai souvent dit ici qu’il faut parfois organiser de véritables expéditions pour trouver LA salle où passe l’objet de nos désirs.

 

Une certaine bouffée d’oxygène se fait jour depuis quelques temps avec un phénomène à la fois original et salutaire : le mélange des genres.

 

La comédie horrifique a permis à ce type de cinéma de sortir de l’ornière de la distribution famélique. A public plus large, rentrées d’argents plus conséquentes.

 

Je ne vais pas vous refaire l’historique complet de ce genre cinématographique mais il est clair que le long métrage "Shaun of the dead" de Edgar Wright a montré aux gens qu’on pouvait s’amuser, rire même parfois aux éclats, avec des zombies cavalant après des types ordinaires propulsés au rang de héros d’un jour.

 

"Bienvenue à Zombieland" (le titre anglais "Zombieland" aurait largement suffi, crétins de distributeurs) s’inscrit dans cette filiation de manière évidente.

 

Il s’agit du premier long métrage du cinéaste américain Reuben Fleischer et le bonhomme s’en tire avec plus que des honneurs tant son œuvre est jouissive.

 

Un virus mortel a ravagé l’humanité. L’Homme est devenu Zombie.

 

Columbus (Jesse Eisenberg), adolescent un peu coincé, est demeuré vivant en instaurant des règles de survie draconiennes. Un jour il fait la connaissance de Tallahassee (Woody Harrelson) un redoutable et efficace chasseur de zombies. Ils partent à la recherche d’un Eden salvateur mais ont la malchance de tomber sur deux soeurs, Wichita (Emma Stone) et Little Rock (Abigail Breslin), arnaqueuses de génie.

 

Franchement cela faisait un bout de temps que je n’avais pas autant rigolé au cinéma. J’ai pris un pied d’enfer tellement le long métrage regorge de moments sacrément bien foutus.

 

Bien souvent au cinéma la mayonnaise prend ou ne prend pas dès les premières secondes. Dans "Bienvenue à Zombieland" l’introduction est brillante mais surtout hilarante. La succession de petites séquences, les "Survival rules", donne le la au long métrage. Le reste est du même acabit.

 

"Bienvenue à Zombieland"  prend les allures d’un road movie loufoque extrêmement dynamique, rythmé où les situations cocasses s’enchaînent sans temps véritables morts (même pas fait exprès). C'est un long métrage d'aventures très particulier doté de nombreuses péripéties.

 

Nos héros estourbissent à grand renfort d’originalité (le parc d’attraction) et de sanglants moments absolument étonnants.

 

Le long métrage n’empiète pas sur ses devanciers et s’affranchit de toute référence tant l’originalité se fait jour dans sa construction et son déroulement. Le metteur en scène utilise par exemple les flashes back avec modération et justesse.


Columbus est un adolescent complexé, un brin peureux dont la seule esquisse de rencontre galante se déroule quand le jeune homme croise la route de "406" (Amber Heard).

 

L’utilisation du ralenti donne l’occasion à Reuben Fleischer d’enfoncer le clou ça et là de avec brio.

 

Le choix de certains cadrages et angles de caméra quand humains et zombies sont confrontés se révèle pour le moins efficaces et sobres.

 

Le spectateur a la banane quand les règles de survie lui sont rappelées à intervalles réguliers, au détour de rencontres zombiesques. Les inserts graphiques sont opportuns.

 

La seule incursion dans le l’histoire du 7ème art se produit au moment où nos aventuriers font une rencontre pour le moins surprenante : Bill Murray interprétant…Bill Murray. C’est l’un des moments forts du film. Une très longue séquence où nous nous immergeons au cœur de l’univers de "Ghostbusters" (les costumes des chasseurs de fantômes, la chanson titre de Ray Parker Jr). Bill Murray s’auto interprète avec naturel et brio. Une prestation à saluer chapeau bas.

 

Un passage dément, démesurément drôle qui nous réserve cependant une courte scène très émouvante où le passé de Tallahassee nous est révélé.

 

"Bienvenue à Zombieland" est une comédie horrifique qui aligne les moments savoureux mais qui ne va pas au-delà d’une certaine limite. Jamais l’œuvre ne tombe dans le n’importe quoi ou le bordélique.

 

Le réalisateur a su trouver la formule adéquate. Même si nos héros ne font pas les choses à moitié quand il s’agit de buter du zombie, le long métrage reste cohérent et ne vire pas à l’accumulation simpliste de séquences sanglantes. Au-delà du sang qui gicle, des membres tranchés, il y a une réelle histoire, un scénario riche et des personnages finement dessinés.

 

C’est l’une des choses remarquables du film : les personnages sont peu nombreux mais bénéficient d’un traitement en profondeur, d’une approche on ne peut plus juste. Ces derniers ont surtout un fort potentiel en devenir, d’où l’idée que "Bienvenue à Zombieland" n’est peut être que le premier opus. J’aurai un énorme plaisir à retrouver Columbus, Tallahassee, Wichita et Little Rock.

 

Woody Harrelson est tordant dans son rôle de zombie killer. Son allure de cowboy ultime, obnubilé par la recherche de ses "Twinkies" lui va comme un gant. Sa prestation est diablement convaincante.

 

Jesse Eisenberg est la révélation masculine du long métrage (bon fait dire aussi qu’il n’y a pas tant d’interprètes que cela !!!). Son rôle trouillard de service désireux de respecter à la lettre des sacro saintes règles de survie est inédit et irrésistible.

 

Emma Stone est craquante. Son visage d’ange se marrie fort à propos avec le caractère bien trempé et décidé de son personnage.

 

Abigail Breslin est en train d’opérer une mutation que bien d’acteurs et actrices en herbe n’ont pas souvent réussie avant elle : la jeune comédienne confirme son immense talent. Certains parlent d’un destin à la Jodie Foster. J’en suis intimement persuadé.

 

"Bienvenue à Zombieland" est plus qu’une agréable surprise. C’est un long métrage qui n’est à aucun moment une tentative pour emprunter le sillage d’autres productions. C’est une œuvre dotée d’une réelle originalité.

 

Reuben Fleicher signe un film baroque, drôle et tonique. Son long métrage nous raconte une histoire cohérente. Un vrai régal trashy à souhait.

 

"Bienvenue à Zombieland" m’a véritablement marqué.

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 13:00



J’ai mis un bout de temps avant d’écrire cette chronique. Je ne savais pas trop sur quel pied danser. Le nouveau long métrage de Jean-Pierre Jeunet : "Micmacs à tire-larigot" m’a posé bien des problèmes. Ai-je aimé ou non le nouvel opus de l’un des cinéastes français les plus doués de ce quart de siècle écoulé ?

 

La ou les réponses ne sont pas évidentes à donner. Le film est bon dans l’absolu mais un certain parfum de déjà vu nimbe l’ensemble. Le spectateur a l’impression que Jean-Pierre Jeunet utilise les mêmes recettes et joue sur du velours, sachant qu’il évolue en terrain conquis avec son parterre de fans. Oui mais l’inévitable question se fait jour : et les autres ?

 

Bazil (Dany Boon) a perdu son père par la faute d’une mine antipersonnel et a été lui-même blessé par une balle perdue. Son existence est des plus mornes. Ayant perdu son travail, Bazil se retrouve à la rue.

 

Bazil retrouve par hasard la trace des deux manufacturiers d’armes ayant causé ses malheurs. Il décide de se venger. Il trouve de l’aide en faisant connaissance des habitants de l’univers si particulier de Tire-larigot, une immense décharge où sont récupérés, entassés, triés, recyclés toutes sortes de déchets.

 

D’emblée Jeunet pose les jalons de son long métrage. Nous savons que nous allons évoluer dans un univers qui est unique, onirique, imprévisible, étonnant. C’est là que le bas blesse une première fois. Le schéma narratif ressemble à s’y méprendre à ses autres films. Les personnages sont toujours aussi extraordinaires, ou plutôt des êtres ordinaires à l’origine ont une destinée incroyable qui les rend hors du commun.

 

La marque de fabrique de "l’univers Jeunet" est unique dans un cinéma français si sclérosé par des producteurs attachés à la rentabilité absolue. L’homme est un artisan qui nous propose toujours des tranches de vie incroyables dans un quotidien presque familier. Le cadre urbain de Paris que nous retrouvons ici pour la énième fois aide à nous immerger dans cette quasi familiarité.

 

La ville est à considérer comme un personnage à part entière d’ailleurs. Les ouvrages d’art, les rues, les teintes de couleurs, les jeux de lumières et d’ombres de la grande cité rythment le tempo du film. Le metteur plante et promène ses caméras dans de grands espaces industriels où la vie fourmille, trépigne. Les êtres se croisent et s’entrecroisent dans ce vaste ensemble.  

 

Ce qui me gène en fait est cette impression de continuité et de répétition de film en film, comme si Jeunet écrivait un chapitre à chaque fois d’une œuvre plus vaste. Le spectateur sait que le metteur en scène va nous proposer à nouveau des personnages atypiques, un forme de récit particulier, une galerie originale de protagonistes.

 

Cette galerie de caractères pose elle aussi problème. Les personnages traversent l’œuvre de part en part sans que le spectateur puisse réellement s’y attacher. Chaque entité manque cruellement de passé, d’une certaine épaisseur psychologique. L’impression laissée est qu’on nous présente un éphémère collection d’êtres de pellicule.

 

J’aimerai tant que Jean-Pierre Jeunet puisse enfin passer à d’autres choses, qu’il coupe le cordon ombilical avec "son" monde. Même si ses talents de conteur et de faiseur de rêves ne sont pas en cause, j’ai peur que le procédé finisse par lasser.

 

Techniquement et visuellement les prises de risque sont toujours au rendez vous. Le long métrage foisonne de mille trouvailles, d’inventions qui nous émerveillent et qui nous font sourire. La créativité de Jean-Pierre Jeunet permet à "Micmacs à Tire-larigot"de nous en mettre plein les yeux. Plastiquement le rendu est somptueux.

 

L’histoire est touchante, drôle par moments, pathétique à d’autres. L’ensemble est efficace et se regarde avec un certain plaisir.  Les séquences s’enchaînent naturellement sans coup férir. Les situations rebondissent avec une évidente facilité. Jeunet prouve qu’il est passé maître dans la mise en scène d’incroyables récits. Le tout ressemble à une mécanique bien huilée, parfaitement orchestrée.Trop peut-être.

 

Les seconds rôles sont excellents. Nicolas Marié et André Dussolier sont des capitaines d’industries militaires absolument détestables et cocasses. Dominique Pinon, et Yolande Moreau sont plutôt efficaces. Omar Sy est tordant. Jean-Pierre Marielle est d’une classe folle. Michel Cremades et Marie-Julie Baup sont indispensables.

 


Julie Ferrier est à mon sens la révélation du long métrage. Sa souplesse fait merveille, ses réparties sont bien à propos et il se dégage de sa personne un magnétisme certain, une bonne humeur communicative.

 

Ma seule interrogation consiste à évaluer avec justesse la tête d’affiche. Dany Boon incarne Bazil mais on a l’impression de voir Dany Boon surtout. La fusion avec le rôle est plus qu’imparfaite. Ses attitudes mimesques finissent par lasser les plus tolérents. Sa prestation manque de souffle et d’un poil de vie.


Je n’irai pas jusqu’à parler d’une erreur de casting mais le choix d’un autre comédien aurait été peut être plus judicieux.

 

Sur la forme "Micmacs à tire-larigot" est plus que parfait. Jean-Pierre Jeunet livre l’une de ses meilleures réalisations. C’est le fond qui fait débat et qui animes les controverses. Jean-Pierre Jeunet a l’air de faire plaisir à ses fidèles sans véritablement s’ouvrir à de nouveaux publics. Ces longs métrages ont un rythme bien à eux, une alchimie particulière qui les rend uniques. J’appartiens aux fidèles spectateurs du metteur en scène français.

 

Mais j’imagine le trouble d’un spectateur découvrant l’univers de Jean-Pierre Jeunet avec "Micmacs à tire-larigot". Le long métrage comporte des codes bien à lui et des clés de lecture originales, décalées, propres à un univers bien précis.

 

"Micmacs à tire-larigot" est un long métrage unique. Attention à ce que cela ne rime pas avec hermétique. 

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 13:30




Certains longs métrages luttent pour retenir l’attention du public et des médias, d’autres s’imposent de manière évidente sans coup férir. "Rapt" de Lucas Belvaux appartient à la seconde catégorie.

 

Sans équivoque c’est l’un des films les plus réussis de 2009. Une œuvre sombre, d’une puissance incroyable. D’un sujet extrêmement sensible, Lucas Belvaux en tire un long métrage racé, précis, intense sans artifices. Un vrai polar noir.

 

Stalislas Graff (Yvan Attal) est un capitaine d’industrie qui a le vent en poupe. Courtisé par les cercles ministériels, adulé par le monde des affaires, mari aimant et père attentionné, le riche industriel a aussi une passion dévorante pour le jeu et des maîtresses d’un jour.

 

Stanislas est enlevé un beau matin. Il subit les affres de la captivité durant plusieurs semaines. Amputé d’une phalange, l’homme vit coupé du monde sans comprendre pourquoi ses proches et son entourage professionnel ne font pas le nécessaire pour qu’il recouvre la liberté.

 

"Rapt" est un vrai film de genre qui s’attache à plonger en plein cœur d’un drame humain. L’événement déclencheur, un enlèvement, sert de prétexte à nous montrer comment implose l’existence en apparence bien rangée d’un homme.

 

Les médias, le monde des affaires, la famille dite modèle croyaient tout connaître de  cet homme. Mais le jardin secret de ce chef d’entreprise est progressivement révélé à tout ce beau monde. L’enlèvement agît comme un révélateur diablement dérangeant.

 

Le vernis craque au fil des jours. "Rapt" de Lucas Belvaux introduit avec subtilité la thématique de l’image et du décalage qu’il peut exister entre une représentation existante et la réalité des faits.

 

Stanislas Graff passe en quelques semaines du statut d’icône du tout Paris au rang de mauvais mari, de joueur invétéré sans morale capable de mettre en danger financier son empire économique. Le portrait de l’industriel prend des allures de descente aux enfers, au propre comme au figuré.

 

C’est aussi un thriller passionnant qui tient en haleine le spectateur pendant près de deux heures. Un climat pesant s’installe dés les premières minutes quand la vie de cet homme bascule dans le cauchemar. Lucas Belvaux n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour nous convaincre. Sa réalisation est sans fioriture et va droit à l’essentiel. Son approche n’est pas caricaturale. Les ravisseurs sont froids, déterminés, sûrs que la famille va payer la colossale rançon exigée.

 

Le monde des affaires n’est pas épargné non plus et nous constatons que les intérêts familiaux et les stratégies de groupe ne font pas toujours bon ménage. Même dans ce domaine le metteur en scène ne charge pas la note.  

 

La cellules familiale apparaît comme complètement déstructurée. Plus généralement "Rapt" raconte aussi l’histoire d’un homme qui a construit son univers comme des entités séparées, des bulles de tranquillité opaques les unes des autres (le poker, la chasse, les affaires, la famille). Quand Stanilas Graff est enlevé, ce joli château de cartes s’effondre de lui-même.

 

"Rapt" nous propose aussi un renversement des rôles. La victime isolée, torturée, affaiblie devient accusée à son tour (mauvais mari, organisateur d’un faux enlèvement pour renflouer des dettes personnelles). Ce processus est plus qu’intéressent. C’est l’un des nombreux points forts du long métrage. 

 

"Rapt" peut être perçu comme une étude assez juste sur les mœurs de notre temps. La psychologie des personnages est très présente, les relations mais surtout les non relations sont les pivots de thriller bien noir. Nous avons le droit à ce qui ressemble à une coupe transversale d’un sale univers.

 

Les scènes sont âpres, dures parfois, empreintes d’un réalisme de bon ton. Le metteur en scène nous bluffe par cette approche juste.

 

Les dialogues sont parfois crus et souvent sans concession. Les échanges avec les ravisseurs sont brefs mais intenses. Dans un second temps l’entrée en scène d’un ravisseur plus "charitable" que les autres nous permet d’entrer dans une seconde phase du rapt. Aux privations initiales succèdent des relations semblent mois désincarnées. .

 

La tirade finale sur le manque d’intérêt éprouvée par la famille à l’égard de la souffrance de Stanislas est l’une des plus réussies de ces dernières années. En quelques phrases Yvan Attal est émouvant. Ses mots sont forts et sont martelés avec l’énergie du désespoir.

 

Le long métrage de Lucas Belvaux a aussi une structure équilibrée. Les scènes de vie intime, les moments de l’enfermement sont admirablement complétés par des séquences plus nerveuses où l’action nous permet de mettre à distance la claustrophobie de la détention.

 

L’enquête policière sur la piste des kidnappeurs est particulièrement réussie et la séquence de la poursuite est ardente et efficace.

 

Le réalisateur évite de nous proposer un final fait de clichés hollywoodiens. Stanislas Graff a recouvert la liberté mais a perdu la confiance des siens et du monde de l’entreprise.

 

La suite des événements reste ouverte et bien mystérieuse. Le cauchemar vécu par Stanislas marquera-t-il le début d’une autre vie ? Rien n’est moins sûr.

 

Yvan Attal est tout simplement énorme. Amaigri (l’acteur a perdu 20 kg pour le rôle), éprouvé dans sa chair, l’acteur livre une prestation pleine de force et de faiblesse à la fois. Un jeu simple et convaincant de la première à la dernière seconde. Son Stanislas Graff version chef d’entreprise arrogeant pourrait énerver le commun des mortels, le Stanislas Graff victime provoque la sympathie et l’adhésion.


L’éternelle figure de la victime nous rapproche de lui.

 

Anne Consigny interprète à merveille l’épouse éplorée mais digne. Dans chaque regard, chaque geste il y a une sorte de réserve qui fait merveille.

 

Les autres comédiens qui participent de près ou de loin à "Rapt" apportent toutes et tous quelque chose à ce long métrage vérité.

 

Le film de Lucas Belvaux, qui évoque pour les trentenaires l’affaire Empain (industriel-play boy belge enlevé à la fin des années 70, jamais vraiment revenu dans le coup après son rapt), est un film d’une maîtrise et d’une justesse incroyables.


Le scénario du long métrage est en béton armé. La construction de l’ensemble permet à Lucas Belvaux d’alterner les moments intenses et les séquences de vie quasi ordinaires où on aimerait pratiquement que l’absent le reste justement.

 

Un portrait au vitriol d’une société bien glauque.

 

Ps : L’un des membres des membres du Conseil d’Administration du groupe Graff est jouée par l’actrice Tania Torrens. Je dois vous avouer que je ne la connaissais pas mais il se trouve que cette dernière est LA voix française de Sigourney Weaver depuis "Alien". C’est toujours amusant de mettre un nom sur une voix.

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 09:33



Notre chère et tendre planète bleue a vécue. Dans trois ans la race humaine sera touchée de plein fouet par un cataclysme universel. Les sociétés gagnées par l’anarchie et le chaos sombreront dans le néant total.

Le 21 décembre 2012, selon une vieille légende Maya, le monde tel que nous le connaissons périclitera.

Cela fait des lustres que la fin du monde a été envisagée par toutes les civilisations. L’entrée encore très récente dans un nouveau millénaire n’a fait qu’attiser les peurs et les scénarios les plus sombres.

Il était donc normal que le cinéma s’engouffre dans une brèche aussi béante. Dans "Deep Impact" de Mimi Leder et "Armageddon" de Michael Bay le danger était de nature spatiale (une comète et un astéroïde).

Roland Emmerich s’est chargé par deux fois de soumettre la Terre à l’épreuve du feu. Une civilisation extra terrestre ("Independance Day") puis le climat (une nouvelle période de glaciation dans "Le Jour d’après") en firent voir de toutes les couleurs à la race humaine.

Le réalisateur allemand nous revient avec un nouveau blockbuster démesuré, j’ai nommé le géantissime "2012"

Ayant pleinement participé comme des millions d’autres internautes au buzz fait autour de ce long métrage depuis plusieurs mois, j’assume pleinement et je dois vous avouer que j’ai particulièrement apprécié ce film.

J’ai lu pas mal d’avis et de critiques sur "2012" et je me permets de dénoncer la mauvaise foi de certains journaux. Ces derniers nous bassinent avec leurs éternels "les personnages manquent de psychologie ou le scénario en est réduit à sa plus simple expression…"

Mais à quoi s’attendaient ces gens là ? à un long métrage avec deux personnages qui comparent leurs egos dans une pièce vide ?

Qu’ils se rassurent alors, le cinéma français est là pour ça.

"2012" est comme tous les films catastrophes : c’est une œuvre bâtie à grands renforts d’effets spéciaux, un produit qui nous en met plein les mirettes et dont la vocation est de faire du dollar, encore du dollar et toujours du dollar.

Personnellement je laisse ma conscience au vestiaire et je prend "2012" pour ce qu’il est avant tout : UN SPECTACLE.

Bien évidemment l’histoire est abracadabrantesque, le scénario est bourré certainement d’inexactitudes physiques et d’invraisemblances mais je m’en fous.

Quand le spectateur lambda comme votre serviteur entre dans la salle il sait pourquoi il est là et ce qu’il va voir. Le contrat entre toutes les parties est on ne peut plus clair. J’ai pratiquement envie de dire à chaque fois qu’un défaut est pointé : "et alors".

Le plus fort dans cette situation est que la magie opère pleinement. Le long métrage de Roland Emmerich se révèle passionnant, trépident, démesuré. Le rythme est incroyablement élevé.

Comme les protagonistes, le spectateur est happé par ce tourbillon de destructions à l’échelle planétaire. A aucun moment nous ne pouvons reprendre notre souffle.

Dans "2012" l’action rebondit à chaque seconde. Il y a mille péripéties. L’enchaînement de ces moments est assez extraordinaire. Chaque nouvelle séquence vient surpasser en intensité la précédente. Roland Emmerich met la barre incroyablement haut.

Plus nous avançons vers la funeste date butoir, plus l’angoisse nous étreint. Le compte à rebours mortel cristallise nos pires craintes. L’ingéniosité de Roland Emmerich est de focaliser l’action à la fois sur des personnages ordinaires qui nous sont proches, auxquels on peut s’identifier et sur les grands de ce monde qui tiennent la destinée des hommes entre leurs mains.

Le film comporte son lot d’instant de réelle émotion où les personnages font étalage d’humanité et de sincérité. Quand la fin est proche l’être humain peut se montrer digne face à la mort.

Même si le film n’évite pas de nous présenter des protagonistes aux traits parfois caricaturaux, quelques dialogues maladroits (des silences eussent été préférables), des instants un rien guimauve et l’éternel happy end, cet ensemble apocalyptique prend aux tripes. "2012" est efficace à plus d'un titre.

On ne bâtit pas un long métrage sur des effets spéciaux uniquement mais quand la technologie est aussi travaillée que dans "2012", on peut raisonnablement penser que nous touchons la perfection du bout des doigts.

Les séquences de destruction planétaire sont carrément géniales. Des scènes entières (Le volcan du parc de Yellowstone, Los Angeles, Las Vegas, La Basilique St Pierre à Rome, l’Himalaya) nous touchent par leur réalisme, leur précision du détail.

Je crois qu’on peut reprocher tous les maux de la terre à Roland Emmerich sauf de faire les choses à moitié. Sur le plan technique, son "2012" nous en met plein les yeux. Voire le monde détruit de cette façon confine au ravissement jubilatoire. Le spectateur est collé à son siège plein d'étoiles dans les yeux. Un comble.

John Cusack endosse la cuirasse du héros sans trop de difficulté. Sa prestation est honnête mais sans relief. Chiwetel Ejiofor et Danny Glover font preuve d’un humanisme touchant alors qu’Oliver Platt campe avec brio un cynique de la pire espèce. Thandie Newton et Amanda Peet sont les icônes féminines nécessaires et indispensables au déroulement de l’intrigue.

"2012" n’est pas qu’un jouet technologique, un terrain d’expérimentation mais une vraie œuvre de cinéma avec ses défauts mais aussi ses réussites. Il est pratiquement normal qu’un projet d'un tel gigantisme engendre son lot d’exagérations ou de clichés . C'est un peu le revers nécessaire de la médaille.

Mais heureusement l’essentiel est ailleurs : nous avons le droit à du bon et beau cinéma.

Sur le fond "2012" agît comme une sorte de révélateur et nous montre comment les humains pourraient se comporter face à une menace imminente. Quand la fin est proche, les masques tombent.
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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 18:00




Jonathan Mostow doit vraiment maudire la science fiction. Après avoir fusillé "Terminator 3 : le soulèvement des machines" dans les règles de l’art (scénario poussif, casting peu judicieux, boulimie d’effets spéciaux, dénouement hésitant et un Arnold s’amusant à s’auto parodier), le metteur e scène nous revient avec un nouveau long métrage intitulé "Clones".

 

Les clones ont remplacé les humains dans le monde extérieur et les humains  restent cloîtrés chez eux pour diriger leurs doubles cybernétiques. Certains humains vivent dans des enclos de résistance à l’écart des machines.


Un jour, un clone et son modèle sont assassinés mystérieusement en même temps. Les agents Greer (Bruce Willis) et Peters (Radha Mitchell) du FBI mènent l’enquête.

 

Je dois vous avouer que mon opinion est plus que mitigée.

 

Le premier élément d’importance dont découle pas mal de conséquences concerne tout bêtement la longueur du film. "Clones" dure exactement 90 minutes, pas une seconde de plus. C’est vraiment trop peu. L’impression est que les choses vont beaucoup trop vite. Les situations s’enchaînent selon un schéma narratif trop linéaire.

 

A la base le sujet est très intéressant à défaut d’être original. Il s’agit de l’adaptation du comic book "(The) Surrogates" (titre original de "Clones" imaginé par Robert Venditti et Brett Weldele).  

 

Le sentiment prédominant est que la mise en images de "Clones" ne prend pas le temps de présenter les personnages, de mettre en place l’intrigue avec plus de netteté et de force. Un problème est posé et le moment suivant la solution est trouvée.


L'oeuvre manque de moelle, d’épaisseur. L'ambiance semble artificielle et aucune étrangeté ne plane au dessus des personnages.

 

Le scénario n’a visiblement retenu que les éléments les plus spectaculaires du matériau d’origine. Les personnages n’ont pas une psychologie très développée. Seules quelques pistes sont à peine ébauchées. Je sais que c’est la mode depuis 4-5 ans mais les protagonistes n’ont pas ce petit côté sombre qui sied tant à certains héros.

 

Les intrigues secondaires sont cousues de fil blanc. Le secret de l'enquête se devine au bout de quelques minutes et le happy end final n’arrange pas franchement les choses.

 

Sur le fond l’aliénation de l’homme à la machine reste à l’état de vœu pieu. Très vite l’action prend le pas sur une certaine réflexion philosophique concernant le devenir de l’humanité ou sur la place de la machine. Il y avait là une formidable occasion pour mettre un peu de sens, de la "matière à" dans un produit hollywoodien.


Mais bon je suis un éternel optimiste.

 

Cependant je me répète. "Clones" aurait mérité d’avoir plus de substance.

 

"Clones" n’est pas un navet. Le rythme du film est bon en lui-même. Le fait que le long métrage soit court ne donne pas l’occasion au spectateur de s’ennuyer une seule seconde. Le film s'articule autour de nombreuses péripéties et de rebondissements. L’action est omniprésente et certaines séquences comportent des moments de bravoure.

 

L’univers futuriste des clones est assez bien rendu. Les effets spéciaux sont plus que satisfaisants. Personnellement j’aurai aimé que la technologie soit un peu plus présente dans ce long métrage. Cependant je pense que l’intention de Jonathan Mostow était de ne pas trop en faire de ce côté-là, pour établir une certaine proximité entre le sujet traité et le spectateur d’aujourd’hui.


Un bond dans le temps trop important n’aurait certainement pas permis au réalisateur de stigmatiser l’importance grandissante du vecteur technologique sur l’élément humain.

 

Les acteurs se voient offrir la possibilité de d’interpréter plusieurs personnages (un être de chair, un ou plusieurs clones). Et ils s’en tirent plutôt bien. Radha Mitchell, Rosamund Pike et Bruce Willis en tant que clones ont un certain détachement, une distance et une froideur qui finissent par se révéler efficaces.


Côté "humain", les deux actrices apportent une touche de sensibilité et d’humanité alors que Bruce Willis tire à nouveau son épingle du jeu. L’acteur américain endosse sa sempiternelle panoplie du flic bourru chargé de défendre le monde entier. Son jeu est propre et net. Son impact est indéniable sur le film.

 

"Clones" n’est pas le film du siècle ni le nanard des années 2000. C’est un long métrage honnête qui se regarde sans déplaisir mais qui manque ce que j’ai l’habitude de nommer "le petit supplément d’âme".

 

Le potentiel était là pourtant pour mettre en scène quelque chose de somptueux.


Bien dommage.

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 18:15
L’avantage d’être père de famille en ce 21ème siècle est de pouvoir compter sur les créateurs pour nous proposer de nombreux longs métrages d’animation tout au long de l’année. Le choix est vaste.

Quand j’étais gamin il y a avait le Disney annuel (ou presque), les émissions le mercredi après midi, les dessins animés style "Ulysse 31" ou "Il était une fois l’homme" qui passaient par tranche de 5 minutes chaque soir de la semaine plus l’intégrale le samedi.

A Noël le vénérable Pierre Tchernia nous proposait des bouts de Disney de 2 à 3 minutes. Plus grand j’ai eu le droit aux Tex Avery de Noël ou du nouvel an.

Aujourd’hui mon fils de 7 ans a le choix. En plus des œuvres qui parviennent jusqu’aux salles obscures comme dit précédemment, j’ai au moins 8 ou 9 chaînes sur le satellite qui diffusent des longs métrages et séries d’animation, des émissions destinées à la jeunesse au sens large (ces chaînes ciblent les enfants par tranche d’âge). Et je ne vous parle même pas des supports numériques. Là c’est carrément l’opulence.

Et s’il reste quelques minutes à combler, mon rejeton fait ses devoirs (nan je plaisante, je suis très rigoureux dans ce domaine)

Pendant ces vacances de la toussaint j’ai donc eu toute latitude pour nous concocter un programme d’enfer (madame travaillait hé hé hé)



Lundi dernier nous avons entamé notre petit périple cinématographique avec "Mission G" de Hoyt Yeatman.

Vous savez que ce n’est pas la première fois que nous avons le droit à des animaux parlants au cinéma. La réussite tient souvent à la manière de mettre des éléments en place et surtout à la façon de les réaliser.

"Mission G" se révèle intéressant. Le scénario est cousu de fil blanc même cela n’empêche pas l’histoire d’intéresser son monde et d’être passionnante à plusieurs niveaux. Le rythme est soutenu. Pas de baisse de niveau à craindre de ce côté-là.

L'action est permanente et les péripéties nombreuses. De ce mouvement perpétuel destiné à nous en mettre plein les yeux naît un véritable suspense.

Les comédiens humains jouent leur partition avec suffisamment de professionnalisme pour se montrer convaincants. Mais les vraies stars du film sont les animaux. Qu’ils soient réels ou de synthèse la petite bande de cochons d’Inde se révèlent bien sympathiques.

Les bébêtes sont drôles, dynamiques et réussissent à nous entraîner dans leurs sillages. Rien de vulgaire à l’exception de deux trois blagues lourdingues.

Le point fort du film est indéniablement les effets spéciaux qui sont de premier ordre. La séquence d’ouverture ressemble selon moi à celle de "True Lies". Le ton est donné. Ces créatures prennent vie d’une manière remarquable.

L’animation numérique et les animatronics sont réalisés avec le plus grand soin. On en prend plein les mirettes tant le réalisme est au rendez vous.

Un excellent moment de cinéma. Un film pour toutes et tous. Une technique hors pair et un récit fédérateur. "Mission G" se regarde sans fausse pudeur.



Le mardi nous avons assisté à la projection du film "3 amis mènent l’enquête" des allemands Tony Loeser et Jesper Møller d’après une histoire de Helme Heine.

Là nous sommes plus dans le cadre d’un film pour les plus jeunes. Les dessins sont très épurés et pourtant très beau. L’animation est fluide. Le film met en valeur les thèmes traditionnels de l’amitié, de la fraternité dans l’adversité.

Ces sujets sont traités avec beaucoup d’innocence et de conviction à la fois. Les personnages sont finement caractérisés.

Au départ je me disais que j’étais là simplement pour mon fils mais je me suis vraiment pris au jeu car ces "3 amis mènent l’enquête" est une œuvre pleine de poésie dans les images, de tendresse.

Le tout déborde de bons sentiments et de générosité mais ça n’a pas ce côté rébarbatif qu’on parfois les longs métrages nord américains. La finesse est présente à chaque image.

A l’occasion : accordez une heure vingt minutes de votre temps à ces trois amis, ils en valent le coup.



Mais le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau, la, pièce de choix est assurément "Tempêtes de boulettes géantes" de Phil Lord et Chris Miller d’après un livre de Judi Barrett illustré par Ron Barrett. Nous avons assisté à la projection de ce film samedi (nous aurions du le voir mercredi, c’est pour cela que je l’inclus dans cette période de "vacances")

"Tempête de boulettes géantes" est l’une des très bonnes surprises de 2009 me concernant.

L’histoire est drôle, inventive, attendrissante. A aucun moment le spectateur ne s’ennuie. Ce long métrage ne ressemble à aucun autre tant il sort des sentiers battus. A chaque seconde il y a une bonne idée qui surgit, une image qui nous donne le vertige.

Le scénario est plein de finesse et de trouvailles. Le récit rebondit sans cesse comme une balle insaisissable. Nous sommes entraînés de bon cœur dans mille directions.

Certes les thématiques insufflées dans ce film d’animation sont universelles mais les deux co-metteurs en scène nous en mettent plein les mirettes avec des idées novatrices.

Constamment le mouvement est au rendez vous. L’animation est d’une fluidité incroyable. Quand la technique sert à ce point une œuvre, il n’y a qu’à s’incliner, à saluer chapeau bas.

Les couleurs sont riches, variées, éclatantes. La dernière demie heure est tout simplement géniale. Nous sommes aspirés par un tourbillon de teintes et de formes.

La bande son participe pleinement à ce régal pour les sens. "Tempête de boulettes géantes" fait aussi saliver les gourmets qui sommeillent en nous. On sort de la projection repu et le sourire aux lèvres.

Le film d’une manière subtile adresse un joli coup de griffes à cette société de consommation qui en veut toujours plus.

A voir absolument et à revoir. Un moment de grâce cinématographique plein de charme et d’humanité.

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