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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 19:07
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Le loup-garou ou lycanthrope est une créature qui fascine les hommes depuis plus de deux millénaires. Dans l’antiquité gréco-latine des récits faisaient déjà état d’êtres mi-hommes mi-loups terrorisant les voyageurs égarés. Depuis lors, toutes les sociétés, de tradition orale ou écrite, ont rapporté des légendes similaires.

La littérature, la peinture, les chants ont prolongé les peurs associées au mythique loup-garou.

Il était normal qu’à notre époque le cinéma puise dans cette culture populaire un sujet aussi passionnant.

L’image cinématographique classique du loup-garou est fixée dans nos esprits depuis "The Wolf Man" mis en scène en 1941 par George Waggner avec dans le rôle titre le cultissime Lon Chaney Jr.

Mais la figure du loup-garou dans le 7ème art a bien évoluée au cours du demi-siècle écoulé. Le tournant décisif, basé sur une révolution technologique, a été pris, à mon sens, en 1981 avec la sortie de "Le loup-garou de Londres" et de "Hurlements".

Des productions plus récentes comme "Wolf", la saga "Underworld", "Dog Soldiers" nous prouvent que le lycanthrope figure toujours au centre des préoccupations de bon nombre d’artistes.

Le cinéma prend parfois des chemins tortueux et le goût des fans ne se commande pas. Après bien des expériences, et parfois certaines exagérations, la thématique de la lycanthropie devait absolument opérer un retour aux sources, à des valeurs traditionnelles. Histoire de fixer de nouveau la créature dans l’imaginaire du commun des mortels.

Il va sans dire que l’angle d’attaque choisi par Coppola avec son "Dracula" a fait date.

"Wolfman" de Joe Johnston est un film qui est véritablement né dans la douleur. Sa sortie a été repoussée de nombreuses fois. On a parlé de désaccords artistiques, de re-tournages etc… Finalement le long métrage est arrivé jusqu’à nous et je dois dire que j’en suis pleinement satisfait. J’ai pris un pied énorme ce matin.

"Wolfman" de 2010 est inspiré par son illustre modèle de 1941.

Lawrence Talbot (Benicio Del Toro) a quitté le domaine familial il y a bien des années après le décès de sa mère. Il revient sur ses terres à l’instigation de Gwen Conliffe (Emily Blunt) la fiancé de son frère récemment disparu sans laisser de traces. Il retrouve son père (Anthony Hopkins) et commence à mener ses investigations.

Son enquête l’amène à suivre la trace d’une créature démoniaque qui sème la mort autour d’elle les soirs de pleine lune.

Le long métrage de Joe Johnston est plus que satisfaisant car il réussit le tour de force d’opérer un compromis artistique. En réintroduisant un cadre champêtre de l’Angleterre de la fin du 19ème siècle et des personnages victoriens (le châtelain, l’inspecteur de Scotland Yard), nous plongeons au cœur d’un univers classique et traditionnel.

Inversement (et complémentairement) l’utilisation de techniques modernes donne à l’œuvre un cachet résolument contemporain.

Le rythme du film a une importance capitale. Après avoir entre aperçu la créature d’entrée de jeu pendant quelques instants, l’horreur pure fait place a une intrigue qui monte en puissance de manière  crescendo. Le réalisateur a le temps de nous présenter les personnages, les nœuds d'une histoire extraordinaire. Le canevas est fixé une bonne fois pour toute.

L’éclatement de violence n’en est que plus réussi. La rage phénoménale qui se déchaîne à des moments bien précis prend racine et rebondit même sur des séquences de comédie où les acteurs donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Joe Johnston alterne les séquences d’action avec des scènes où les face à face sont légion. L’étrange relation qui unît Lawrence à son père ou la romance qui se développe entre Lawrence et Gwen sont parmi les fils conducteurs les plus remarquables du film.

Car il ne faudrait pas croire que "Wolfman" est uniquement un film d’horreur. L’œuvre voit se développer une histoire d’amour passionnée et passionnante. "Wolfman" a plusieurs niveaux le lecture et d’analyse. La violence n’est qu’un de ces angles d’attaque. Il ne faudrait donc pas sous estimer la puissance dramatique de ce long métrage et les émotions qui s’en dégagent.

Lawrence Talbot prend une importance considérable au fil des minutes. La lycanthropie qui le touche rend le personnage attachant à biens des égards. La malédiction le rend on ne peut plus humain. Malgré la bestialité de son comportement qui explose quand l’humain cesse d’exister, le spectateur est touché par cette infamante destinée.

"Wolfman" bénéficie également d’un travail d’ambiance énorme. Les lieux choisis (une demeure à la campagne baignée la plupart du temps par une obscurité envahissante, une forêt impressionnante à souhait), le cadre nocturne donnent à l’œuvre une ambiance pesante. A mesure que le film avance on ressent comme une impression d’étouffement.

Le terrain est bien préparé. Quand la bête surgit la terreur est à son comble.

"Wolfman" comporte son lot de scènes sacrément impressionnantes. Les caméras tressautent, le rythme s’emballe. Joe Johnston illustre son propos avec des angles de caméras et des plans originaux. Son découpage est plus serré. La bête bondit, tranche des membres, blesse et tue dans une explosion de fureur et de sang.

L’attaque du camp des gitans et la séquence de l’Académie de Médecine sont remarquables. On touche du doigt la perfection. Quand l’intrigue quitte la campagne profonde et se transporte dans la grande ville de Londres, l’œuvre prend une dimension supplémentaire.

Mais "Wolfman" ne serait pas un long métrage réussi sans une technologie remarquable. Les phases de mutation sont uniques. Au lieu de nous asséner une séquence entière d’un seul tenant pendant une à deux minutes, Joe Johnston prend le pari de morceler ces moments là. Il en résulte des instants magiques où les différentes parties du corps de Lawrence Talbot, jamais les mêmes, muent.

Sur le plan technique le long métrage s'appuie sur les superbes maquillages de Monsieur Rick Baker. La transformation de Benicio Del Toro en loup et les prothèses ne sont pas sans rappeler les procédés utilisés il y a pratiquement 30 ans avec David Naughton dans "Le loup garou de Londres". La filiation m’a paru évidente.

Chaque masque fourmille de détails, et bonheur suprême, permet à Benicio Del Toro de jouer à sa guise.

"Wolfman" a une bande son très travaillée. Les ambiances musicales nimbent chaque séquence d’une signature originale et recherchée. Il faut aussi remarquer que le cri du loup-garou a fait l’objet en amont d’un labeur de longue haleine. La production a fait appel aux services d’un chanteur d’opéra baryton basse.

Les jeux de lumières sont d'une densité absolument remarquable. La photographie est lêchée.

Mon éternelle maxime est nul long métrage captivant sans interprètes au sommet de leur art.

Benicio Del Toro est remarquable. Son jeu est plein de force. Sa prestation nous touche. Son regard sombre est une abîme sans fond.

Anthony Hopkins fait encore une fois une nouvelle fois étalage de sa classe légendaire. L’allure de son personnage nous rappelle le Van Helsing interprété chez Coppola.

Je dois dire que j’ai un faible pour Emily Blunt que je trouve divinement belle. L’actrice anglaise illumine la pellicule de sa présence. Son charisme est incroyable.

Autre ancrage dans la tradition avec le personnage de l’inspecteur Abberline interprété par l’excellent Hugo Weaving.

Abberline est lié depuis plus d’un siècle aux meurtres de Jack l’Eventreur. Au cinéma Michael Caine en 1988 ("Jack The Ripper") et Johnny Depp en 2001 ("From Hell") ont livré des prestations plus que convaincantes.

Mon seul regret concernant "Wolfman" : sa longueur. Le déroulement du long métrage laisse parfois l’impression de trous narratifs. Des séquences s’ébauchent et hop on passe aux suivantes. Encore une fois la rentabilité a du damer le pion à la créativité artistique du metteur en scène.

Cependant le long métrage est l’une des très bonnes surprises de cette année 2010. Qu plaisir pur, unique, celui du cinéphile passionnée.

A voir sans modération.

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 18:30
Au moment où cette chronique reparaît, je suis retourné voir le long métrage en version française.

Edit : J'ai véritablement honte. Je sais que je ne peux pas être exhaustif mais en lisant la chronique de Perchman je me suis rendu compte que je n'avais absolument pas rendu hommage au travail de reconstitution historique réalisé sur ce long métrage.

On retrouve l'atmosphère de la fin du 19ème siècle au travers d'une multitude de détails (costumes d'époque d'une très grande finesse et objets divers placés à bon escient). Les scènes de foule sont parfaitement maîtrisées.

Le choix de certains lieux emblématiques de la capitale londienne permet de nous immerger pleinement dans un monde étrange aux frontières du paranormal. Le cadre urbain est l'un des facteurs clés de "Sherlock Holmes".


Le spectateur se rend compte que la crédibilté a été l'une des thématiques centrales du projet.



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Cela fait pratiquement un quart de siècle que je suis tombé dans la marmite des écrits de Sir Arthur Conan Doyle.

Ses héros emblématiques, Sherlock Holmes, le très grand détective du 221b Baker Street, et son fidèle ami le Docteur John Watson accompagnent mes lectures depuis lors.

J’ai vu un grand nombre de versions télévisées et cinématographiques et la palme de l’interprétation revient indiscutablement à Basil Rathbone et Jeremy Brett.

L’annonce d’une nouvelle version mise en chantier par le très remarquable Guy Ritchie (mise à part son étrange "Revolver") ne pouvait que me combler de joie. L’attente fut longue au cours de ces derniers mois.

Hier matin j’ai eu le très grand plaisir de découvrir le "Sherlock Holmes" et je suis vraiment comblé. Le long métrage de Guy Ritchie est incontestablement une réussite.

Basée sur le comic book de Lionel Wigram, le film tranche par son originalité dès les premiers instants. Le dépoussiérage tant redouté par les puristes ne prend pas la forme d’une remise en cause générale du dogme holmésien. Guy Ritchie et ses scénaristes ont trouvé la formule idéale, le juste équilibre entre une modernité assumée et un respect de valeurs et de canons séculaires. Il faudrait être fort malhonnête pour ne pas reconnaître les formidables efforts réalisés par les initiateurs de ce projet. Nous sommes aux antipodes d’une caricature.

Du coup le Holmes de Ritchie n’est pas un ersatz du célèbre détective mais un vrai personnage Doylien qui aurait certainement plu à son géniteur. L’angle d’attaque choisi prend forme et surtout se tient d’un bout à l’autre du long métrage. Je suis persuadé que ce genre d’entreprise est salutaire.

Notre vision d’un personnage n’est pas une, indivisible et surtout figée. Nous avons besoin que notre imaginaire soit nourri sans cesse par de nouvelles approches. La marge de manœuvre est peut être plus limitée pour des personnages historiques alors que pour des êtres de fiction la latitude d’action est phénoménale.

"Sherlock Holmes" est un thriller policier passionnant et dynamique. L’histoire brasse assez large et intègre sans trop de difficultés un arrière plan et des éléments empruntés à l’occultisme, au satanisme et à l’ésotérisme. Le spectateur n’est cependant pas dérouté. Ce mysticisme ambiant est amené avec beaucoup d’efficacité. Guy Ritchie ne charge pas la note. Les séquences où nous côtoyons le côté sombre de l’âme humaine sont visuellement impeccables. Quel plaisir de croiser des personnages aussi énigmatiques, d’assister à la pratique de rites pluriséculaires.

"Sherlock Holmes" est aussi un film d’ambiance. Une chape de plomb semble recouvrir certains passages entiers du film. Le climat est lourd et le spectateur sent le piège se refermer sur lui inexorablement.

Si le long métrage est aussi réussi il le doit pour beaucoup, comme je l’ai dit plus haut, au traitement réservé au personnage de Holmes lui-même.

Guy Ritchie respecte l’esprit de l’œuvre de Conan Doyle, les traits de caractère et les pratiques du grand détective. Sherlock Holmes aime à se déguiser pour se fondre dans la masse pour observer ses ennemis. L’homme est doué pour nous livrer des déductions " logiques" de génie qui impressionnent son auditoire. Guy Ritchie fait subtilement référence à la toxicomanie de son personnage sans plomber l’ambiance car le ton du long métrage est résolument tourné vers le divertissement populaire.

Le côté misogyne de Holmes est plus que gommé. Sa relation avec Irène Adler, la femme dans la mythologie Holmésienne, n’en pâtît absolument pas. Le duel à fleuret moucheté entre le détective et l’intrigante, qui travaille en sous main pour l’un des pires adversaires de Holmes, est l’un des moteurs du film.

L’antre de Baker Street ressemble à un capharnaüm où l’atmosphère viciée (fumées d’opiacés divers et variés) stimule, comme le veut la tradition, la réflexion et la concentration.

"Sherlock Holmes" est aussi un film d’action. Guy Ritchie fait des choix et tient bon la barre pendant 120 minutes sans dévier d’un iota. On retrouve l’esprit de ses précédents longs métrages et la folle frénésie qui anime l’enchaînement des situations.

Car le metteur en scène n’y va pas avec le dos de la cuillère. Nous en prenons plein les yeux. La succession des séquences vertigineuses est on ne peut plus jouissive. Le réalisateur place la barre très haut. Le spectateur n’a pas le temps de se reposer sur ses lauriers.

Le Holmes de 2009 n’hésite pas à descendre dans l’arène pour se battre. Les scènes de combat, avantageusement placées dans les bandes annonces, ont certainement du effrayer les gardiens du temple de l’œuvre de Conan Doyle. Mais au final le constat est clair : le Holmes qui joue des pieds et des poings n’est que l’un des aspects de la personnalité très complexe du détective. L’une des plus grandes réussites de Guy Ritchie est d’avoir su mettre en valeur cette diversité.

Guy Ritchie impose aussi sa marque et son style dans sa manière de filmer. Le rendu des combats (avec un déroulement en deux temps, une phase au ralenti et un "live" survitaminé), l’utilisation de courts flash back didactiques sont autant d’éléments qui témoignent de l’approche originale d’un héros qui fait partie de notre quotidien depuis des lustres (qui ne connaît pas le chapeau, la pipe ou les célèbres répliques de Holmes sans avoir lu la moindre de ses aventures).

Le réalisateur use sans abuser de plans de caméra et d’angles qui donnent de la consistance à l’œuvre.

Le long métrage bénéficie d’un habillage plus que léché. Les visuels du Londres de la fin du 19ème siècle sont vraiment superbes. Les plans où nous voyons surgir le Tower Bridge en construction valent réellement le détour.

Nous assistons à l’alternance de séquences où la lumière du jour a ce petit côté rassurant et protecteur alors que l’obscurité dans laquelle se déchaînent les forces du mal nous enveloppe de son noir manteau. Les jeux de lumière remplissent à merveille leur fonction.

Le long métrage tire un grand bénéfice des relations entre les personnages. L’attache principale unit bien sûr Sherlock Holmes à son fidèle Watson. Dans le film de Guy Ritchie, l’illustre second retrouve un rang qui lui est du alors que par le passé le médecin n’avait qu’un emploi de simple faire valoir. Les dialogues sont d’une finesse incroyable. On sourit beaucoup car les réparties de Holmes et de Watson touchent leur cible à chaque fois.

Robert Downey Jr est énorme en Holmes version 2009. L’acteur américain impose sa présence, son charisme à chaque seconde. Un vrai rôle de composition. Tout en campant le protagoniste avec une réserve toute britannique, on sent en même temps que le bonhomme a un grain de folie au fond des yeux.

Jude Law interprète un Watson élancé, aérien qui donne sa pleine mesure dans sa confrontation/amitié avec Holmes.

Rachel McAdams est la touche de grâce du long métrage. Son rôle d’héroïne calculatrice et manipulatrice lui sied à merveille.

Mais la vraie révélation du film est le phénoménal Mark Strong qui campe un Lord Blackwood séduisant et magnétique à souhait. Du personnage émerge une force de caractère incroyable.

A leurs côtés Guy Ritchie nous propose comme à son habitude une galerie de seconds rôles hauts en couleurs. A noter la performance d’Eddie Marsan en inspecteur Lestrade.

Le film de Guy Ritchie est un pur divertissement qui comblera les fans de l’univers de Sherlock Holmes et les autres. Le réalisateur écossais a su concilier modernité et tradition pour capter tous les publics. Son film est frais, dynamique et l’histoire passionne.

Nul doute qu’une suite s’impose.

Je vois déjà se dresser l’imposante stature du Napoléon du Crime, j’ai nommé le redoutable Professeur Moriarty.

(A suivre)…
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 13:35
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J’ai vu quelques films en salles depuis une dizaine de jours mais pour des raisons professionnelles je n’ai pas eu l’occasion de me consacrer à la rédaction de mes petits comptes rendus.

La question qui me tourmentait est désormais derrière moi et je vais pouvoir reprendre mon rythme de croisière.

"Où sont passés les Morgan ?" mis en scène par Mark Lawrence correspond au type de comédies américaines, que certains qualifieraient de formatées, qui remplit une mission unique : nous divertir.

Meryl (Sarah Jessica Parker) et Paul Morgan (Hugh Grant) est un couple new-yorkais en pleine déconfiture. Suite à l’infidélité du mari, les époux sont séparés depuis plusieurs mois.

Un soir Meryl et Paul assistent à un meurtre d’un individu aux liens mafieux avérés. Le FBI place les Morgan sous la coupe du programme de protection des témoins…et se retrouvent en plein cœur du Wyoming au milieu des taureaux et des cow-boys.

"Où sont passés les Morgan" n’est pas le chef d’œuvre de l’année ou du siècle mais je n’ai pas honte de vous dire que j’ai pris un énorme plaisir à voir ce long métrage.

L’histoire se déroule selon un formalisme entendu. Les différentes phases s’enchaînement tout naturellement sans fioritures (on s’est quittés, une difficulté majeure survient, on se retrouve). Le scénario ne va pas plus loin. Mais cela ne veut pas dire que le récit est plat et sans saveur.

Le film a du rythme d’un bout à l’autre. Nous n’avons pas le temps de nous endormir sur nos lauriers. On rit énormément. L’un des ressorts comiques s’appuie sur le décalage permanent et même le déphasage complet de ces purs citadins propulsés à la campagne manu militari.

Les rebondissements sont nombreux. L’habilité du réalisateur est de ne pas forcer la note. La bonne humeur qui irradie ce long métrage ne nous entraîne pas vers la gaudriole.

La franche comédie se double d’un sentimentalisme de bon aloi. Les âmes romantiques y trouveront leur compte. L’alchimie du couple et de ses interprètes fonctionne admirablement bien. Sans être originales, les relations entre des deux époux ont du caractère et un certain cachet.

Sarah Jessica Parker, dont on connaît l’attachement à la cité New-yorkaise, campe une jeune femme survoltée avec une prestance de tous les instants. Hugh Grant est toujours aussi smart. Leurs engueulades nous dérident les zygomatiques. Les dialogues sont acérés.

Mary Steenburgen et Sam Elliott complètent avantageusement le duo en tête d’affiche.

"Où sont passés les Morgan ?" est une comédie réussie qui ne révolutionne pas le genre mais qui met en relief l’efficacité de ce genre de productions.

Le cinéma est fait de ces moments où le spectateur passe un bon moment.

Que demande le peuple ?
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 12:52
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Qu’on soit sportif ou pas, que le rugby nous passionne ou non il y a forcément des images qui s’enracinent profondément dans notre imaginaire collectif.

En ce 24 juin 1995 à Ellis Park de Johannesburg, l’Afrique du Sud remporte par 15 à 12 sa Coupe du Monde de Rugby. Le pays signe ainsi un retour fracassant sur la scène internationale du sport après des décennies de bannissement dues à l’Apartheid. Le pays redevenant par la même occasion, et les années suivantes confirmeront la tendance, l’une des nations phares du rugby mondial.

Et le milliard et quelque de téléspectateurs n’oublieront jamais la silhouette de Nelson Mandela déambulant sur la pelouse du stade revêtu de la casquette et de la tunique des Springboks. Le symbole était on ne peut plus fort. L’équipe sud-africaine était considérée de tout temps comme l’un des bastions de la nation blanche.

La victoire de l’Afrique du Sud à domicile intervenait un moins d’un an après les premières élections non raciales qui avaient porté Nelson Mandela au pouvoir.

"Invictus" (du nom d’un court poème de l’écrivain William Ernest Henley, l’un des préférés de Nelson Mandela) de Clint Eastwood s’inscrit dans ce contexte historique des années de réconciliation nationale et de transition politique.

Nous sommes dans la période de 1994-1995 (après une courte évocation de la sortie de prison de Nelson Mandela le 11 février 1990), Nelson Mandela (Morgan Freeman) sait pertinemment que l’Afrique du Sud est encore profondément divisé sur le plan racial et économique. Le Président sud-africain voit dans l’organisation de la 3ème Coupe du Monde de rugby une formidable opportunité pour unir des communautés qui se sont détestées depuis des lustres.

Mais un problème majeur demeure : l’équipe d’Afrique du Sud est au fond du trou après deux décennies de quasi isolement. Les Springboks ont un an pour retrouver l’excellence qui fut la leur. Nelson Mandela rencontre le capitaine de Boks, François Pienaar (Matt Damon).

"Invictus" est tiré du livre "Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation" de l’écrivain John Carlin.

Il est clair que le long métrage de Clint Eastwood est une réussite même si l’un des aspects est loin de me satisfaire mais j’y reviendrai.

Clint Eastwood a l’art de mêler les destinées individuelles à la grande Histoire. Nous connaissons la figure de proue, l’emblème qu’est Nelson Mandela pour un peuple, une nation ou la communauté internationale. Avec "Invictus" nous découvrons un Mandela intime, bienveillant avec ses proches, attentif à son entourage et fin calculateur politique (le rugby érigé en vecteur de réconciliation nationale dans un pays où la minorité blanche entretient un lien très fort avec le sport).

Le spectateur est pris par cette plongée dans la coulisse. Nous sommes au cœur d’un pouvoir politique qui a comme mission de mettre fin à l’inégalité raciale, au chômage qui augmente de manière exponentielle et à une criminalité qui pourrait plonger le pays à nouveau dans une guerre civile terrible.

Le réalisateur américain réussit le tour de force de combler le fossé entre les quidams anonymes que nous sommes et l’imposante stature d’une figure de l’Histoire. En quelques minutes, Nelson Mandela devient un être familier animé de compassion et de chaleur humaine.

L’histoire passionne car Clint Eastwood a l’art et la manière de nous narrer les faits avec une évidence désarmante. Les situations s’enchaînent selon une mécanique bien huilée. Nous suivons en fait plusieurs récits qui s’entremêlent naturellement. Nelson Mandela est bien sûr la pierre angulaire de ce film mais les développements secondaires prennent une place prépondérante. Les rapports entre le Président d’une nation de 44 millions d’habitants et le Capitaine d’une sélection nationale de rugby brillent par leur originalité, leur traitement.

Clint Eastwood bâtît son film sur les liens qu’entretiennent ces deux hommes pleins d’estime mutuelle. On oscille entre admiration, respect, confiance voire euphorie dans le dernier quart d’heure.

Le spectateur prend aussi du plaisir à suivre les rapports de prime abord conflictuels entre les blancs et les noirs au sein des services de sécurité du Président nouvellement élu. Ces hommes ne parlent pas la même langue, ont des valeurs différentes et une approche de leur profession radicalement dissemblable mais pourtant ils apprennent à cohabiter, à vivre et à travailler ensemble. De la proximité quotidienne naît le respect.

"Invictus" est un long métrage profondément humaniste. Le film nous réserve de vrais moments d’émotion. Clint Eastwood ne verse pas dans le larmoyant mais sait mettre en valeur certaines séquences plus que d’autres.

Le passage où les Springboks donnent une leçon de rugby aux gamins des Townships est l’une des scènes les plus réussies du film. Clint Eastwood touche son public droit au cœur. Le rugby, sport élitiste en Afrique du Sud car réservé aux blancs alors que les gamins des bidonvilles lui préfèrent le football, devient bien plus qu’un sport. L’œuvre bascule à ce moment là. Les rugbymen de l’équipe d’Afrique du Sud n’appartiennent plus seulement  aux afrikaners mais à la nation toute entière.

Et le rugby dans tout cela. Malgré quelques manquements à certaines règles basiques du rugby, Clint Eastwood s’en tire plutôt avec les honneurs. Les matches sont bien filmés mais la seule chose qu’on peut reprocher aux rencontres est le manque de dramatisation et de tension. On ne retrouve pas l’intensité qui caractérise le rugby, sport de contacts et de défi physique permanant par excellence.

Mais "Invictus" ne fera pas partie de mon panthéon cinématographique personnel. Malgré d’indéniables et de très nombreuses qualités, le film souffre d'une vision une peu trop hollywoodienne.

Clint Eastwood qui nous habitué par le passé à nous présenter des personnages torturés, des hommes et des femmes présentant des aspérités et des zones d’ombres, met en images un Mandela un peu trop lisse. La vision du personnage est à mon sens trop politiquement correct.

J’ai trouvé qu’il forçait la note dans son approche du personnage. Mandela incarne un peu trop la voix du peuple, le sauveur et le réconciliateur des communautés. Quid des oppositions qui devaient certainement régner au sein de son propre parti (l’ANC). La figure quasi Christique du grand homme illumine la pellicule mais ce n’est pas assez à mon goût. Clint Eastwood n’aurait-il pas pu introduire plus de nuances, de mises en perspective ?

Mais le vrai problème est ailleurs. "Invictus" dans une espèce de happy end merveilleuse nous laisse à penser que la victoire de l’équipe des Springboks en Coupe du Monde de Rugby a mis fin à la pauvreté, au racisme, aux inégalités sociales et culturelles entre blancs, noirs et autres communautés, à la délinquance d’une extrême violence.

La Coupe du Monde de rugby de 1995 a permis de pérenniser la "Rainbow Nation" ("La Nation arc en ciel") vendue par les médias comme une solution clé en mains aux multiples problèmes sud-africains. Sur ce plan là, la France "Black, blanc, beur" de juillet 1998 s’inscrit dans la continuité : c’est l’une des plus grosses arnaques du 20ème siècle.

Vous allez peut être dire que j’exagère mais je n’ai pas aimé du tout cet optimisme de rigueur. Certes l’Afrique du Sud de 1995 a évolué de manière radicale mais dire que trois semaines de compétition ont mis fin à des décennies de mépris, de violence et d’inégalités serait pour le moins hasardeux.

Cependant tout cela ne doit rien enlever à la puissance du récit et aux intrigues mises en place par Clint Eastwood.

En 2007, Dennis Haysbert avait déjà incarné Nelson Mandela dans "Goodbye Bafana". Sa prestation était déjà convaincante mais Morgan Freeman campant un Mandela à l’automne de son existence est tout simplement phénoménal. On dit même que l’ex-Président sud-africain a validé ce choix et je comprends mieux pourquoi après avoir vu "Invictus".

Au bout de trente secondes le spectateur oublie les photos et les images d’archives et mentalement la figure du Mandela "historique" est remplacée par les traits de l’acteur américain. Le timbre de voix est juste, les mimiques, le fin sourire sont autant d’éléments qui participent à cette caractérisation quasi parfaite.

Matt Damon est une fois de plus dans le bon rythme. De son personnage émane une force de conviction qui renverse bien des barrières.

Les comédiens sud africains ou britanniques (anglais, gallois) incarnent une galerie de protagonistes pour le moins intéressante. La palme revient aux quatre acteurs secondaires (deux noirs, deux blancs) qui interprètent la garde rapprochée de Nelson Mandela.

Même si j’ai émis des réserves, je pense que "Invictus" est à voir. Clint Eastwood se fait plaisir et cela se voit à l’écran.

Quand au reste, à vous de juger.
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 18:15
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Alejandro Amenábar est un cinéaste qui me touche tout particulièrement et je crois que j’irai voir ses œuvres les yeux fermés. "Tesis" est un film d’une force incroyable, "Les autres" est surprenant à bien des égards et "Ouvre les yeux" n’a rien de comparable à son pâle remake américain "Vanilla sky".

Hier j’ai vu son tout dernier long métrage, "Agora", et une nouvelle fois la magie a pleinement opérée. Le réalisateur chilien donne sa pleine mesure avec une œuvre esthétiquement belle et de surcroît pleine de sens. C’est si rare.

En ce IVe siècle après JC l’Empire Romain domine l’Egypte. A Alexandrie l’heure est aux querelles religieuses entre les Chrétiens, les Juifs et les adorateurs des divinités païennes (les Dieux et Déesses de l’ancienne Egypte polythéiste). Le conflit est sur le point d’éclater entre toutes ces communautés.

Dans la grande bibliothèque, seules les sciences arrivent à transcender les divergences d’opinion. Hypatie (Rachel Weisz), philosophe et astronome, tente de maintenir d’unité au sein de ses étudiants et de préserver les connaissances accumulées au cours des siècles passés.

Davus l’esclave (Max Minghella) et Oreste l’étudiant (Oscar Isaac) se disputent l’amour de la dame.

Les Chrétiens menés par Cyril (Sami Samir), futur évêque, secondé par des prédicateurs des rues tels qu’Ammonius (Ashraf Barhom) sentent leur pouvoir grandir.

Hypatie souhaite quant à elle de percer les mystères de l’univers.

"Agora" est un long métrage historique qui capte l’intérêt du spectateur dès les premières secondes. Le sujet semble ardu de prime abord mais ce qui prend la forme d’une leçon d’histoire n’est pas alourdie par une accumulation exhaustive de faits ou de dates. Alejandro Amenábar va à l’essentiel dans sa démarche.

Son style est d’une simplicité absolue. Sa manière de mettre en scène devrait être enseignée dans toutes les écoles de cinéma du monde entier. La présentation des événements, l’enchaînement des péripéties, l’évolution des protagonistes sont amenés de façon naturelle.

Sa fresque historique est pleine de force et de finesse à la fois. Le réalisateur met en scène l’Alexandrie d’hier mais son film est étonnamment moderne. Nous plongeons en plein coeur d’une violente guerre de religions. Toutes les confessions religieuses sont égratignées. Chrétiens, juif et païens sont renvoyés dos à dos si j’ose dire. Les extrémismes et les extrémistes appartiennent à chaque "camp".

Les uns et les autres sont capables des pires exactions et ignominies. Tour à tour victimes ou auteurs, ces hommes et ces femmes mettent en relief ce qu’il y a de pire dans l’être humain.

La violence des comportements se traduit à l’écran par quatre à cinq séquences extrêmement dures. Ces moments sont intenses, émotionnellement très durs.

La lapidation prend une bonne place au panthéon de la cruauté.

Sur le plan de la réalisation ces scènes permettent au film de maintenir un tempo efficace. Aux nombreuses mais très passionnantes discussions entre les personnages (dotées de dialogues finement ciselés), succèdent des moments où les événements se précipitent quand le rythme de l’action s’emballe.

Mais ce qu’il y a de sûr est le bonhomme fustige la méconnaissance, l’intolérance, le mépris, l’irrespect dans une film où nous sommes pourtant au cœur d’une cité qui fut, au propre comme au figuré, un phare de connaissances et d’universalisme. La mise en perspective est plus que brillante.

Heureusement dans "Agora" le fait religieux ne se manifeste pas seulement sous son aspect le plus vil.

Pour certains la Foi demeure le ciment des hommes et des âmes.

Seul rempart à l’ignorance et aux intransigeants de tout bord : la science. Hypatie est la figure de proue d’une société qui cherche à percer les mystères de l’univers. La femme scientifique s’interroge sur le positionnement des astres et sur la course de la terre par rapport au soleil.

Ces essais de compréhension du monde environnant sont débarrassés d’arrières plans métaphysiques ou idéologiques. Hypatie s’appuie uniquement sur une base mathématique et astronomique. Ses démonstrations (la courbe de la terre est elliptique entre autres) sont en avance sur leur temps. Il faudra plus de dix siècles pour que d’autres scientifiques (dont Kepler) confirment les vérités avancées par une femme en avance sur son temps.

Au-delà de la science, Hypatie enseigne la tolérance, la fraternité, et surtout une certaine liberté de penser et de se comporter à l’heure où ses concitoyens doivent se déterminer absolument par rapport à une religion. A l’alternative se soumettre ou périr, la jeune femme…

Dans "Agora" nous plongeons au cœur d’un triangle amoureux original, touchant. Ces relations sont pleines de pudeur et de fougue à la fois. Alejandro Amenábar arrive à nous émouvoir sans jamais caricaturer les choses. Entre Oreste, étudiant et futur Préfet d’Alexandrie, Davus, ancien esclave devenu prédicateur chrétien, et Hypatie se tisse un nœud de tensions, de passions d’une incroyable beauté. Alejandro Amenábar fait preuve de maestria et d’un talent rare de conteur.

Visuellement le film brille par son originalité. La reconstitution historique (faite à Malte) est saisissante de véracité. L’Alexandrie d’hier prend forme sous nos yeux émerveillés sans jamais paraître factice. Il y a de la minutie, de la précision dans chaque costume, chaque élément d’architecture.

Alejandro Amenábar utilise des plans aériens de caméra qui sont à tomber à la renverse. C’est véritablement la cerise sur le gâteau. D’autant que le procédé technique sert le propos du long métrage sur la place de la Terre dans l’univers.

Sur le fond on a l’impression que le réalisateur semble nous inviter à prendre de la hauteur avec les querelles religieuses. Son Homme idéal, ou plutôt son égérie dans "Agora", Hypatie est une femme passionnée assumant ses convictions jusqu’au bout et une scientifique qui dissèque l’univers avec une détermination sans failles.

Rachel Weisz est une actrice surprenante. Elle se glisse dans le costume d’Hypatie avec une aisance qui force le respect. Son jeu est étincelant et l’actrice illumine l’écran. Max Minghella nous étonne par la justesse de son interprétation. Son personnage est animé par une Foi de tous les instants et une froide détermination. Oscar Isaac donne sa pleine mesure dès qu’il apparaît à l’écran.

Michael Lonsdale est une nouvelle fois impeccable dans une courte prestation. Ashraf Barhom captive l’attention du spectateur dans son rôle de prédicateur des rues. Sami Samir (l’évêque Cyril) campe un personnage central bien inquiétant.

"Agora" ne fera certainement pas la une de l’actualité bien longtemps mais il aura ravi à coup sûr les spectateurs qui ont eu la chance d’assister à sa projection. Alejandro Amenábar a réussi le tour de force de nous distraire et de nous donner une leçon d’histoire dans le même temps.

Une démonstration jamais rébarbative pour un film passionnant.

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 12:30
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Passer derrière la caméra n’est pas une mince affaire. Et surtout lorsqu’on est comédien ou comédienne. Le métier ne fait pas de cadeaux. Les exemples abondent d’échecs retentissants et d’expériences sans lendemains.

Drew Barrymore est une artiste un peu hors normes. Enfant star, elle a ensuite sombré dans la facilité des paradis artificiels. Sa traversée du désert a duré un bon bout de temps. Mais depuis une dizaine d’années la jeune femme est reconnue comme une valeur sûre par la profession même si son côté déjanté peut en agacer plus d’un.

L’actrice a franchi le rubicon en mettant en scène "Bliss" ("Whip it" en VO) d’après le roman éponyme de Shauna Cross.La vedette de ce premier film est Ellen Page, LA star montante du cinéma nord-américain (elle est canadienne).

Et je dois dire que le résultat est bluffant. "Bliss" est un véritable régal, un ensemble plus qu’abouti qui donne le sourire pendant près de deux heures.

Petite aparté : pour illustrer ma chronique j’ai choisi l’affiche originale car le visuel français est vraiment immonde, dégueulasse même de banalité. C’est vraiment agaçant.

Bliss Cavendar (Ellen Page) s’ennuie dans sa ville paumée du Texas. Elle subit les moqueries de ses camarades de lycée et travaille au snack bar du coin pour arrondir ses fins de mois. Sa mère Brooke (Marcia Gay Harden) rêve que sa fille remporte des concours de beauté.

L’adolescente un peu perdue découvre le "Roller derby" à Austin et se prend de passion pour ce sport très physique. Sans en informer ses parents, Bliss devient Barbie Destroy, l’un des bolides de la piste.

"Bliss" est un film extrêmement frais, dynamique, entraînant. Pendant deux heures le spectateur est happé par ce tourbillon de nanas déchaînées sur des rollers.

Constamment l’histoire rebondit. Les péripéties sont nombreuses. Le rythme ne faiblit à aucun moment. Un vrai divertissement, pas forcément familial, mais diablement convainquant.

Même si l’histoire est on ne peut plus classique dans son propos, la sempiternelle rengaine de l’accomplissement par tel ou tel vecteur, la forme suffit largement à nous distraire. Drew Barrymore (qui s’est en plus réservée un rôle secondaire sacrément couillu) dynamise son film par une espèce de bonne humeur générale qui transperce l’œuvre de part en part.

Elle sait alterner les moments sacrément drôles et les instants où l’émotion est à fleur de peau. Nous avons le droit à quelques bribes de bons sentiments hollywoodiens et à un poil de morale mais le film n’est absolument pas pollué. "Bliss" garde son identité. Le long métrage nous touche et ne ressemble à aucun autre. Rien que pour ça, la première réalisation de Drew Barrymore est à ranger au rayon des très grandes satisfactions de cet hiver (rigoureux).

"Bliss" est un film qui nous touche à plusieurs niveaux. Les relations compliquées entre une mère et sa fille sont abordées de front. Même si nous restons dans le ton de la comédie, Drew Barrymore évite de nombreux clichés dans ce domaine. Les mots font parfois mal et certaines répliques sont assez cinglantes.

D’autres thématiques aussi fédératrices se retrouvent au cœur de "Bliss". L’amitié complice qui unit Barbie Destroy à Pash (Alia Shawkat) est l’un des moteurs du film.

Certains parleraient d’ironie quand Drew Barrymore aborde la question des concours de beauté mais moi je parlerais plutôt de regard attendri teinté d'une certaine nostalgie.

Les dialogues sont fins, travaillés et le spectateur prend du plaisir à suivre des échanges toujours cocasses.

"Bliss" bénéficie d’une bande son entraînante aux morceaux variés. L’un des moments forts du film est superbement valorisé par le sublime "No surprises" de Radiohead.

"Bliss" n’est pas un long métrage contemplatif. C’est un film électrisant où les moments d’action sont légions. Les matches de Roller Derby sont très bien mis en scène. Le suspense prend aux tripes et la dramaturgie de ce sport, très méconnu en France à l’exception des fans de "Rollerball", nous explose à la figure.

Drew Barrymore a su s’entourer de techniciens sachant mettre en valeur ces moments intenses, nerveux où (tous) les coups sont (presque) permis.

Le film est l’occasion de nous présenter une formidable galerie de personnages. Les hommes y sont peu nombreux mais sympathiquement attachants. Et que dire de ces diablesses de la piste ?

Les roller girls sont captivantes, ensorcelantes, gonflées, solidaires. Elles nous communiquent leur énergie. Drew Barrymore ne tombe pas dans la facilité du "regard de femme" bardé de concessions. Au-delà des sportives, la réalisatrice dresse le portrait de vraies femmes, de protagonistes entiers, jamais caricaturés.

Zoe Bell (doublure d’Uma Thurman sur "Kill Bill" et de Lucy Lawless dans "Xena" mais mondialement reconnue pour son talent de comédienne depuis "Boulevard de la mort"), Kristen Wiig, Drew Barrymore, Juliette Lewis (dans une étonnante composition de peste de service), Eve, Ari Graynor entre autres s’en donnent à cœur joie sur la piste.

Alia Shawkat tire son épingle du jeu. Un visage espiègle, radieux.

Marcia Gay Harden sait nous émouvoir à volonté. Son rôle de mère qui ne comprend pas sa progéniture force le respect une fois de plus. Daniel Stern , trop rare à mon goût sur nos écrans, excelle en père complice.

Mais que serait "Bliss" sans Ellen Page ? Pas grand-chose assurément.

Révélée par "Hard candy", confirmée avec "Juno", la jeune actrice est véritablement étonnante. Son regard, ses mimiques, ses silences, son phrasé, son physique en général font d’elle une phénoménale comédienne.

Le cinéma "produit" ce genre de talent pur une ou deux fois par génération. Bien sûr qu’elle ne pourra pas jouer toute sa vie le rôle titre de gamine perdue mais pour l’instant ses prestations demeurent hallucinantes de vérité et de professionnalisme.

"Bliss" est une œuvre surprenante sur bon nombre de plans. C’est un film attachant. Drew Barrymore nous gratifie d’une mise en scène gonflée. Sa première est remarquable.

Un réel plaisir de cinéphile.

Ps : j'ai vu le film en VO bien sûr. Par la suite j'ai jeté un coup d'oeil à la bande annonce en VF : une horreur.
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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 19:00
J'ai revu pour la troisième fois ce film dimanche soir. J'ai eu envie de vous proposer cette chronique à nouveau. Peut être que certaines et certains d'entre vous ont également été touchés par la grâce de ce long métrage.






Ma journée au cinéma hier est à marquer avec une énorme pierre blanche. Après l’excellent "Vendredi 13" j’ai le bonheur, que dis je l’immense privilège d’assister à la projection de "Morse" réalisé par Tomas Alfredson.

 

"Morse" ne bénéficie pas d’une publicité outrancière dans les médias. Mais le long métrage, après avoir décroché des récompenses à Gérardmer (Grand Prix et Prix de la critique) continue son petit bonhomme de chemin là où il est présenté. Hier matin la salle était pleine et quand je suis sorti il y avait déjà au moins une cinquantaine de spectateurs qui attendaient pour la séance suivante, preuve que le bouche à oreille fonctionne à plein régime.

 

Le long métrage venu de Scandinavie a un argument de poids irréfutable : il est de qualité, d’une race que peu d’œuvres possèdent. A coup sûr un film qui va passionner les cinéphiles les plus exigeants.

 

Oskar est un petit garçon introverti qui est le souffre douleur de certains des élèves de son école. Préférant jouer seul dans la cour de sa résidence dans la banlieue de Stockholm, il voit débarquer sur son pallier Eli, une nouvelle voisine. Le comportement de la jeune fille intrigue Oskar dès les premiers jours. Eli ne sort qu’à la nuit tombée.

 

Des morts sanglantes et des disparitions mystérieuses se produisent dans les environs. 

 

Oskar est bien décidé à découvrir le fin mot de l'histoire. L’horrible vérité va rapidement se faire jour.

 

A chaque fois je me dis que les scénaristes ont fait le tour de la thématique du Vampire et du Vampirisme et immuablement je me retrouve piégé. De part le monde il y a des hommes et des femmes capables d’injecter du sang neuf (très facile !!!) à un genre cinématographique et littéraire qui n’en finit plus de m’émerveiller.

 

L’œuvre du romancier John Ajvide Lindqvist est adaptée de manière brillante par Tomas Alfredson. Amies spectatrices et amis spectateurs : le long métrage ne joue absolument pas la carte du sensationnalisme et des effets spéciaux grandiloquents.

 

"Morse" a au contraire un atout de taille : son réalisme. Les attributs traditionnels du vampirisme sont rangés au placard. Point de gousse d’ail ni de crucifix, point de miroir sans reflet ni de pieu dans le cœur. Seules l’hyper sensibilité à la lumière et la sensation physique de faim liée à l’absence de sang sont évoquées de manière crue mais sans avoir le besoin de s’y appesantir pendant tout le film.

 

Le film baigne dans une vraie ambiance de cinéma. Rien d’artificiel ni de gratuit. Tout fait vrai. Cette banlieue de Stockholm à la limite du sordide et une population aux portes de la sinistrose et de l’ennui, des conditions climatiques draconiennes font que nous nous immergeons dans un univers âpre et rude.


Ce sentiment de réalité nue est accru par une musique fascinante, obsédante qui nous entoure d’un étrange linceul. Par moments on a l’impression  de voir évoluer les personnages entre la banalité d’une réalité ennuyeuse et un univers merveilleux, inquiétant, oppressant, sorte d’entre deux mondes ouateux.

 

La deuxième dominante de ce long métrage est sa capacité à susciter de l’émotion chez le spectateur. La relation qui unit Oskar et Eli est l’une des plus belles du cinéma d’aujourd’hui. De ce lien naît une histoire d’amour absolument touchante. On arriverait presque à être sous le charme permanent si on oubliait que la petite fille de 12 ans (qui les a depuis longtemps selon ses propres dires) est une redoutable et sanguinaire prédatrice. Elle utilise dans un premier temps un mystérieux personnage (son père ?) pour l’abreuver puis quand celui-ci fait défaut, elle s’atèle elle-même à la tâche. 


"Morse" nous narre l'éclosion d'une union platonique entre un humain et une créature de la nuit sans jamais verser dans les lieux communs. Par petites étapes successives Oskar et Eli apprennent à se connaître, envers et contre tous.

 

En toile de fond nous sentons poindre des préoccupations qui pourraient concerner des jeunes gens plus tout à fait des enfants mais pas encore des adolescents. Le thème de la différence traverse le film de part en part de manière subtile.

 

Les scènes gore sont nettes et précises. Pas de sentiment ni de caricature. Quand Eli s’abreuve de sang, l’acte est concis, brutal et nous surprend par l’horreur de la situation. Notre intellect a du mal à se faire à l’idée qu’une gamine de 12 ans puisse être en réalité un monstre de détermination. Mais "l’humanité" du personnage qui prend sa source  dans cette idylle naissante renverse bien des barrières.  

 

L’histoire en elle-même est à la base fantastique mais le metteur en scène a su en tirer la quintessence par une mise en scène rigoureuse et appliquée. Le souci du détail est omniprésent.  Les dialogues sont d’une finesse incroyable même si les échanges sont brefs.

 

La qualité du long métrage tient aussi à la qualité de ces deux jeunes comédiens. Kare Hedebrant (Oskar) nous touche par la fragilité qui se dégage de son personnage. Lina Leandersson (Eli) impose à la fois sa timide réserve de jeune fille et la force de la créature assoiffée de sang qui sommeille en elle. L’osmose est parfaite.

 

"Morse"  est un long métrage original, inventif, hors du commun, plein de finesse et réalisé de manière précise et efficace. J’ai vu ce long métrage en un jour de Saint-Valentin et je trouve que le moment était opportun tant la relation qui unit Oskar et Eli est unique, intemporelle. L’émotion dans sa plus pure et basique expression fut au rendez vous.


Je vais peut arrêter de dire cela trop souvent mais ce fut l’un des moments de l’année. Le cinéma peut distraire avec une histoire sanglante de prime abord, mais empreint d’une certaine poésie universelle.

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 18:00
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On ne peut pas avoir tous les jours du caviar à son repas, c’est comme ça.

Après l’excellent "Esther", je me suis fourvoyé hier après midi avec "Solomon Kane" réalisé par Michael J.Bassett (metteur en scène du très bon "Wilderness") d’après l’œuvre de Robert E. Howard.

J’ai trouvé le long métrage insipide, mal fait, mal joué et manquant incroyablement de moyens.
 
Et surtout d’un souffle de vie.

Je sais que l’adaptation du travail de Robert E. Howard n’est pas chose aisée. L’univers ou plutôt les univers (il n’a pas écrit que sur notre Cimmérien à toutes et à tous) regorgent de subtilités, de profondeurs et de niveaux de lecture différents, d’une créativité de tous les instants.

Dans mon propos j'associe naturellement Robert E. Howard à J.R.R Tolkien. Avec la trilogie de Peter Jackson je me dis que j’ai eu le privilège d’assister à la projection d’œuvres dont on parlera encore dans cent ans.

Mais Peter Jackson a eu le temps, les moyens financiers et humains, les infrastructures mais surtout les coudées franches pour arriver à ses fins.

Sans comparer l’incomparable on sent que "Solomon Kane" est un long métrage de commande au rabais.

J’ai eu le sentiment de me retrouver face à un blockbuster qui n’en était pas un mais qui faisait tout pour en donner l’impression.

La scène inaugurale est habile et a du cachet à l’écran. On se dit que le film est lancé sur de bonnes bases, sur la voie royale puis c’est…le néant.

L’histoire est intéressante. La lutte entre le bien et le mal, le rachat d’une âme sont des arrières plans, souvent exploités au cinéma, mais qui tiennent toujours la route. Cependant leur mise en images ici est pour le moins calamiteuse. Le metteur en scène nous réserve quelques rares bons moments mais ces éclairs de lucidité sont noyés dans un fatras mal amené.

Au point de vue de l’émotion, on a du mal à s’attacher aux protagonistes. On reste à la surface des choses car les personnages sont grossièrement définis. Solomon Kane apparaît comme le nez au milieu de la figure. Il n’a ni passé, ni référent.

Le scénario est cousu de fil blanc et le dénouement n'a pas la saveur de la moindre surprise.

Les dialogues sont basiques. Le vocabulaire sur la lutte entre les forces du mal et celles du bien reste pour le moins générique et pompeux. Et surtout le rythme du film est anéanti par de longues pauses inopportunes. En insistant trop sur la nécessité de vouloir nous expliquer les faits avec des mots plutôt que de nous les montrer avec des images, le metteur en scène a transformé l’esprit de son "Solomon Kane". L’action qui aurait du être le moteur principal, est relégué au rang de simple ornement.

Les séquences d’action sont montées au dépit du bon sens. Les combats sont répétitifs et trop brefs.

Mais la déception majeure du long métrage, qui conforte mon idée que le film a manqué de tout, est la nullité des effets spéciaux. C’est incroyable qu’un film qui se voulait ambitieux (du Robert E. Howard tout de même) ait eu son univers visuel massacré à ce point.

Je ne mets pas en cause les techniciens, les informaticiens qui ont créé ces effets mais plutôt la production. Quand on donne de l’argent à des professionnels, ces derniers s’acquittent en général de leur travail avec brio.

Le rendu de "Solomon Kane" est vraiment hideux et inabouti. Le combat final entre notre "héros" et le monstre décroche le pompon en terme de malfaçon et de lourdeur. On est à la limite du manque de respect vis-à-vis du spectateur.

James Purefoy, habillé à la "Van Helsing", nous sert deux cent fois les mêmes expressions de visage et à l’air de s’emmerder à énonçant des dialogues insipides. Je me demande ce que Pete Postlethwaite et Max Von Sydow sont-ils venus faire dans cette galère ?

Je me suis ennuyé. Les intentions de la production étaient peut être excellentes et partaient d’un bon sentiment mais le long métrage aurait du (oui c’est facile de le dire) avoir plus d’ambition.

Tout simplement.
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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 11:30
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Fini le temps des best of, des flops, des rétrospectives de l’année 2009, le cinéphile que je suis a remis dimanche matin son ouvrage sur le métier.

Le 7ème art m’a particulièrement gâté en ce début du mois de janvier 2010. J’ai eu le privilège d’assister à la projection du long métrage de Jaume Collet-Serra, "Esther".

Moi qui souvent vilipende ce genre de procédé, je trouve que pour une fois le titre français est nettement plus approprié que "Orphan" ("L’orpheline") en version originale, à mon goût trop générique. L’idée était peut être aussi de ne pas créer de confusion dans l’esprit des spectateurs avec "L’orphelinat" de Juan Antonio Bayona.

La bande annonce m’a réellement impressionné et je suis demeuré pendant de longs mois en éveil, guettant la sortie de ce film. Mon attente a été récompensée.

C’est vraiment la très bonne première surprise de l’année.

"Esther" est excellent thriller psychologique, une œuvre dotée d’une identité propre. Un travail atypique dans un 7ème art aseptisé.

Kate Coleman (Vera Farmiga) a accouché d’un enfant mort né. Aidé par son mari John (Peter Sarsgaard), elle tente de reprendre le dessus. Le couple, qui a déjà deux enfants dont une petite fille sourde, entame les démarches pour adopter un enfant. La présence d’un nouvel être devant "combler" le vide laissé par le cruel décès du nouveau-né.

A l’orphelinat Kate et John sont attirés par une petite fille introvertie, Esther (Isabelle Fuhrman). Cette dernière s’installe chez ses nouveaux parents quelques semaines plus tard.

La situation semble idyllique. Mais peu à peu la mystérieuse personnalité d’Esther se fait jour. La jeune fille semble cacher un terrible secret.

Seule Kate semble y voir clair. Elle tente d’avertir son entourage.

Mais Esther veille au grain…

La qualité première de ce film est de nous proposer des situations ordinaires, des tranches de vie on ne peut plus simples qui basculent dans le drame le plus sombre. Car "Esther" n’est pas un long métrage fantastique ou d’horreur mais une œuvre d’ambiance avant tout. Ne vous imaginez pas voir tourner des tables ou entre apercevoir des esprits virevoltants.

L’histoire est saisissante de ces situations rationnelles que l’on ne trouve que très rarement au cinéma. Plutôt que de miser sur une surenchère d’effets spéciaux, le metteur en scène préfère nous plonger au cœur d’un univers quotidien qui va se révéler pour le moins étouffant, pesant.

Dans "Esther", le climat ambiant agit comme un piège infernal sur une famille touchée récemment par le malheur. Au départ le bonheur semble régner. Puis tout ce formidable château de cartes s’écroule. Quand le vernis de bons sentiments craque, la terrible Esther nous apparaît sous un jour terrible.

C’est en ce sens que le scénario est si brillant. Le récit proposé ne ressemble à aucun autre. Pourtant ce n’est pas la première fois que le cinéma nous confronte à des enfants terribles, des meurtriers en puissance, des âmes damnées. L’originalité de ce film est de procurer des sensations fortes aux spectateurs avec des éléments basiques, des moments de vie palpables, vrais et entiers qui dégénèrent pour le plus grand malheur des protagonistes.

On ressent très vite l’ambiguïté des situations, le drame qui se profile dès qu’un personnage se met sur la route de cette petite fille, si innocente en façade, dont le passé est pour le moins trouble.

"Esther" est un long métrage qui se tient du début à la fin. Le tort de certains cinéastes est d’essayer de nous en mettre plein la vue à certains moments et d’opérer des choix contestables dans le décpupage de leur travail.

Le véritable tour de force de Jaume Collet-Serra est de maintenir le rythme de son film pendant deux heures. L’ouverture est absolument admirable, le plat de résistance est consistant et maîtrisé alors que le final se révèle original et fascinant.

De nombreuses péripéties, jamais gratuites, entretiennent un tempo réglé comme du papier à musique. L’action rebondit sans cesse. Le metteur ne se livre pas à mise en images exhaustive de situations inquiétantes mais appuie là où ça fait mal à l’occasion de cinq ou six moments véritablement bien choisis qui nous glacent d’effroi.

La réussite tient aussi au fait que le metteur en scène se joue des codes en vigueur, des sacro saintes conventions et avec nos nerfs de manière perverse. Il nous fait peur à des moments où nous nous y attendons le moins. Le spectacle sursaute, trépigne sans que rien ne l’ait préparé à l’avance.

Jaume Collet-Serra fait rebondir perpétuellement l’intrigue de son film avec des duos, parfois même des trios entre acteurs qui donnent du tonus à l’ensemble. Les rapports de séduction, très bien agencés, entre le père et la fille complètent admirablement bien les relations tendues puis de haine entre la mère et Esther. Les personnages sont traités avec intelligence et profondeur.

L’alcoolisme, la séparation, l’infidélité ne sont pas évoqués de manière anecdotique, histoire de, mais constitue un lourd arrière plan qui pèse sur l’évolution et sur les liens de ce couple.

La thématique du handicap n’est pas introduite de manière gratuite dans "Esther" mais relève d’une vraie démarche pour donner de la consistance à l’un des personnages du film. La plus jeune fille du couple Coleman (interprétée par Aryana Engineer) souffre de surdité. Esther se sert de l’absence de paroles pour bâtir une complicité de circonstance entre les deux jeunes filles.

L’utilisation de la langue des signes nous réserve aussi des instants visuellement magnifiques. Au-delà des paroles, conventionnelles et parfois trop restrictives, se développe une communication parallèle dans laquelle les uns et les autres s’y expriment avec plus de liberté et de franchise.

Mais la plus belle réussite de Jaume Collet-Serra est de nous proposer un protagoniste hors normes, absolument terrifiant, j’ai nommé la terrible Esther. La jeune fille est méchante, manipulatrice, menteuse, diablement intelligente, sans morale ni éthique. Elle n’épargne aucun coup bas à son entourage. Son cœur et son âme sont noirs comme de l’encre. C’est une gamine qui n’hésite pas à verser le premier sang dés que son espace vital semble en péril.

Le metteur en scène n’en fait pas des tonnes dans ce domaine. Cette Esther nous fait parcourir un frisson glacé dans le dos. Cela faisait des lustres que je n’avais pas ressenti de la répulsion pour un être de fiction. Le tour de force est incroyable.

Le personnage d’Esther bénéficie surtout de l’hallucinante composition d’Isabelle Fuhrman. Le rôle est très lourd à porter et la jeune fille est plus que bluffante. En une seule scène l’actrice est capable de nous gratifier d’un sourire angélique et d’avoir sur le plan suivant une dureté de visage terrifiante. Ses regards se montrent pénétrants et persuasifs. Ses crises de folie et la froide détermination dans l’action ne sont que les nombreuse facettes d’un personnage jamais surjoué mais diablement convainquant.

Vera Farmiga et Peter Sarsgaard sont crédibles de bout en bout. Leurs relations de couple puis leurs non relations bénéficient du talent et du professionnalisme des deux acteurs. Leur déchirement est palpable à l’écran quand le doute, introduit pas Esther, remplace l’amour.

"Esther" est un film plus que réussi. Un thriller psychologique où les faits montrés, parfois horribles, voisinent avec des éléments suggérés (le passé d’Esther). La tension ne se relâche jamais. Jaume Collet-Serra évite la facilité et les pièges classiques (la fin heureuse traditionnelle même si cette dernière l’est dans une certaine mesure). Son travail est remarquable.

Un long métrage à voir absolument.
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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 09:00
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Vous commencez à connaître toutes et tous mon enthousiasme légendaire quand un long métrage me plaît (qui se traduit parfois par des chroniques "généreuses"). Par contre quand je m’ennuis au cinéma j’essaye de trouver des éléments pour sauver une œuvre.

Très rarement quand la sauce ne prend pas du tout, je n’ai pas envie de faire le moindre effort.

Hier matin j’ai subi l’une des pires désillusions cinématographiques de l’année 2009. J’ai assisté à la projection du film "Max et les maximonstres" de Spike Jonze et dire que je suis très déçu est un doux euphémisme.

Bon il est vrai aussi que j’ai pris "Avatar" cette semaine en pleine poire et sans comparer l’incomparable, il est très dur de succéder au long métrage de James Cameron.

C’est un film qui m’a vraiment laissé de marbre. Je me suis littéralement fourvoyé dans mon choix.

L’histoire, adaptée d’un livre de Maurice Sendak, est inintéressante au possible. L’idée de départ sur la dureté de l’enfance et ses vicissitudes est pourtant excellente mais la montée en puissance est inexistante. Le rythme est lent et l’ensemble se déroule sans vraiment changer de cadence. Le pire dans tout ça est que je n’ai pas ressenti la moindre émotion, la passion basique du cinéphile émerveillé.

Je ne sais pas où Spike Jonze souhaitait m’entraîner mais il n’y a pas réussi. Je ne suis pas un spectateur hyper exigeant mais j’aime qu’une œuvre me prenne aux tripes. J’ai un besoin vital de ressentir une certaine flamme brûler en moi.

Je m’attendais à ce que les péripéties s’accumulent, les séquences chocs s’enchaînent. Au lieu de cela nous avons le droit à un torrent de dialogues aseptisés, à de longues pauses contemplatives et à une philosophie de bas étage, inutile et pompeuse sur les liens de famille et sur la vie en général. Le tout enrobé de bons sentiments dégoulinants de bêtise.

Vous allez peut être dire que je n’y vais pas avec le dos de la cuillère mais mon sentiment premier est qu’il ne s’est RIEN passé pendant près de 1h45 minutes.

Je ne connaissais pas l’univers de Maurice Sendak et je pensais naïvement que j’allais plonger dans un univers merveilleux où la poésie des images nous enchanterait. Le contenant est pauvre.

Point de magie des images. Un bout de forêt ici, un bout de désert là. Les monstres sont affreusement laids. Le spectateur a le droit au minimum dans ce domaine.

Côté casting le personnage de Max (Max Records) est absolument horripilant. Il passe son temps à brailler. Insupportable. Son interprète nous sert la même expression de visage 36 fois.

La participation de Katherine Keener, excellente comédienne au demeurant, se résume à quatre ou cinq scènes. Trop peu pour en faire quelque chose de consistant et de remarquable. Mark Ruffalo fait un caméo météorique qui dure une minute trente.

Mais comme je dis souvent ce n’est que mon opinion. D’autres spectateurs y trouveront certainement de formidables allégories sur l’existence, sur les aléas de l’enfance. "Max et les maximonstres" ne m’a ni passionné, ni ému.

Je regrette d’avoir fait l’effort de le voir. Du temps réellement perdu.

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