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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 09:40

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Dans la foulée d’un Adèle Blanc-Sec très décevant j’ai assisté à la projection du second volet des aventures cinématographiques du milliardaire Tony Stark et de son alter ego Iron Man.


Et je ne vais pas jouer les fausses pudeurs : j’ai adoré. Littéralement.


"Iron Man 2" est à prendre pour ce qu’il est avant tout : un pur divertissement destiné à nous coller au fond de notre fauteuil. Le plaisir procuré est le seul baromètre à prendre en considération. Le reste n’est que du show business.


Ce second opus s’inscrit dans le vaste plan conçu par Marvel et ses partenaires commerciaux pour nous amener tranquillement à une réunion de nos (super) héros d’ici deux ou trois ans dans "The Avengers". J’en piaffe d’impatience.


Dans ce genre de situation j’oublie que les productions américaines sont des mécaniques bien huilées dont le but est de faire un maximum de fric. Pas la peine de se prendre la tête avec ce genre de considérations. Les faits sont là.


Et comme je le dis souvent notre mental a parfois besoin de s’abandonner à l’accessoire et à la légèreté. La vie en général et le cinéma en particulier sont assez vastes pour que notre esprit critique s’exerce de manière plus affûtée.


"Iron Man 2" est comme son prédécesseur un produit destiné au grand public, à la famille. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il s’agit d’une œuvre bâclée. Quand les studios donnent les moyens financiers à un réalisateur, en l’occurrence Jon Favreau, le résultat est à la hauteur. Sans aucun doute possible.


L’intrigue peut se scinder en deux parties bien distinctes. Dans un premier temps le metteur en scène pose les principaux enjeux : l’indépendance de Tony Stark/Iron Man (Robert Downey Jr) par rapport au Gouvernement et au Congrès Américains, la mort qui guette le milliardaire, l’émergence d’un concurrent (Sam Rockwell), la thématique de la vengeance par le biais d'Ivan Vanko (Mickey Rourke). Dans un second temps, les nœuds des péripéties sont tranchés dans le vif.


"Iron Man 2" est un long métrage entraînant, nerveux. L’ensemble est tonique et ne laisse pas sommeiller le spectateur. Un tempo soutenu par une bande originale vigoureuse. Même si nous connaissons toutes et tous les légendaires chansons d’AC/DC, l’honnêteté commande d’avouer que les différents morceaux s’insèrent parfaitement dans "Iron Man 2".


Les séquences d’action sont jouissives à plus d’un titre. Des morceaux de bravoure attendus et indispensables. Un vrai régal pour les yeux. J’étais comme un gamin devant un magasin de jouets : l’apparition des différentes armures est plus qu’euphorisant. L’adrénaline est à son comble car les combats sont parfaitement orchestrés. Leur cadence est réglée comme du papier à musique.


Mais il ne faudrait pas réduire le film à une collection de séquences d’actions même si ces dernières sont présentes.


L’un des centres d’intérêt de ce second épisode est la volonté de faire évoluer les personnages. Les relations entre Tony Stark et Pepper Potts (Gwyneth Paltrow) sont creusées et apparaissent plus fines dans leur exposition.


Le milliardaire doit aussi composer avec un Nick Fury (Samuel L. Jackson) de plus en plus présent. La complicité et l’amitié du Colonel Rhodes (Don Cheadle) sont mises à l’épreuve alors que l’arrivée d’une secrétaire énigmatique (Scarlett Johansson) trouble la donne.


Au risque de déstabiliser certains spectateurs, la multiplication des intrigues ne nuit pas à la progression du récit. Le film y gagne en épaisseur mais décevra peut être les partisans de la pyrotechnie à outrance. Mais il faut se souvenir que le premier opus était construit un peu de la même manière. Jon Favreau a certainement cherché longtemps la formule idéale et il ne doit pas en être loin.


Sans aller aussi loin que les scénaristes de "The Dark Knight", les auteurs du scénario de ce second chapitre ont quand même plongé Tony Stark dans une abyme d’incertitudes. Le côté sombre du héros apparaît dans une nette montée en puissance d’une tendance à l’auto destruction. L’armure se fendille. L’éclatante dernière demie heure n’en est que plus spectaculaire.


Le long métrage a quand même un côté léger. Les dialogues sont piquants et l’humour se présente sous la forme de touches plutôt efficaces.


"Iron Man 2" se définit comme un opus grand public mais aussi destiné aux fans, aux geeks. Les clins d’œil sont légion. Les procédés utilisés sur le premier film et sur le reboot d’Hulk sont parfaitement maîtrisés. La curiosité des fans est aiguisée. On participe à cette chasse à l’œuf de bonne grâce.


Robert Downey Jr cabotine à fond et le plus formidable et que le tout fonctionne. On en redemande. La beauté de Gwyneth Paltrow éclate à l’écran. Je sais que cela n’a rien à voir avec son talent de comédienne mais l’actrice américaine brûle la pellicule à chacune de ses apparitions. 


Don Cheadle et Samuel L. Jackson jouent leurs partitions avec le professionnalisme qu’on leur connaît.


Scarlett Johnasson arrive dans la galaxie Marvel sur la pointe des pieds mais il serait étonnant que son personnage, l’agent Romanoff alias la Veuve Noire, ne fasse pas l’objet d’un ou de développement(s) ultérieur(s). Le potentiel est là.


Sam Rockwell est le seul personnage qui apparaît sur la réserve. L’image de rival sérieux de Tony Stark s’étiole au fil des minutes.


Mickey Rourke est excellent. Après interminable traversée du désert, l’acteur semble connaître un automne cinématographique plus que plaisant. Le costume de vilain de service lui va comme un gant.


"Iron Man 2" est le pivot central d’une trilogie. Normal que le long métrage fasse évoluer les situations et les protagonistes au détriment du tout action. Les bases de déploiements ultérieurs sont déjà posées.


Il n’en demeure pas moins que "Iron Man 2" est un film très réussi qui nous en donne pour notre argent.


Et par pitié : attendez la toute fin du générique (c'est devenu une habitude).

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 09:56

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Quelle claque…de déception.


Les teasers étaient plutôt sympathiques et la bande annonce intéressante mais en assistant à la projection du film de Luc Besson "Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec" je me suis senti trahi moi le passionné de l’œuvre de Jacques Tardi depuis bientôt 20 ans.


Le dernier né de Luc Besson est un produit creux sans âme qui tombera rapidement dans l'oubli. L’ambition de créer un personnage d’aventurière à la française ne dépasse pas le stade des bonnes intentions.


Quel ennui.


Ma première pensée a été de me demander si Luc Besson avait bien lu au moins un album des aventures de l’intrépide journaliste.


Le long métrage, à la croisée de "Adèle et la Bête" et "Momies en folie", respectivement 1er et 4ème ouvrages de la série, ressemble à un patchwork informe et indigeste.


J’étais enthousiaste à la base quand le projet a commencé à prendre forme et je me suis même dit que Louise Bourgoin pourrait faire une Adèle Blanc-Sec plus qu’honorable (même si mon choix initial est et restera Sylvie Testud qui à le charisme et la gouaille nécessaires).


Je sais qu’il n’est pas toujours judicieux de comparer une œuvre de papier et sa transposition sur grand écran car beaucoup de données sont à prendre en compte (la densité du matériau, le nombre de personnages, les unités de temps, lieu et action) mais dans le cas d’une bande dessinée, une mise en perspective est plus que nécessaire. De même prétendre qu’une bonne adaptation consisterait à adapter planche par planche un opus serait parfaitement stupide.


Malheureusement la sauce n’a pas pris. Depuis toujours l’univers d’Adèle Blanc-Sec représente le summum de l’étrange, du mystère, de l’horreur parfois. Les épreuves traversées par la demoiselle de la belle époque sont non conventionnelles. Luc Besson a transformé ce monde si particulier où des thèmes où l’onirisme ou l’ésotérisme sont légions en une vaste farce bouffonne ponctuée à des intervalles réguliers (et même chronométrés pour dire au spectateur où ce dernier doit rire) de gags lourdingues.


Je considère que Luc Besson a manqué de respect à l’œuvre de Tardi en envoyant ad patres l’esprit si particulier, le ton si impertinent des exploits d’Adèle Blanc-Sec. Le cinéaste français n’a retenu qu’une infime partie (et encore) de la sève originelle, de ce qui faisait le charme désuet (dans une acceptation non péjorative) du Paris et de la France de l’entre deux guerres pour nous servir, et c’est devenu une habitude chez le bonhomme, un divertissement grand public passe-partout.


Rassurez vous : pas de choses horribles dans le film de Mossieur Besson. Point de scènes choquantes.


Il y a forcément des spectateurs que le film va à coup sûr intéresser car Luc Besson connaît son cœur de cible à la perfection mais Adèle Blanc-Sec ce n’est pas ce truc !!!


Traiter moi de naïf si vous le souhaitez mais je m’attendais à être plongé au cœur d’un mystère prenant et passionné, une ambiance étouffante qui serait fidèle à une bande dessinée étonnante, variée et décousue (Tardi a construit un puzzle sur près de trente dans lequel les différents albums se complètent et se répondent en permanence). Au lieu de ça, nous avons le droit à du tout venant, du pré mâché.


Dés le commencement le film prend une mauvaise direction. Besson nous sert la pâle copie d’un long métrage de Jean-Pierre Jeunet. Le sempiternel narrateur, par ailleurs si important et tant attendu, tombe ici à plat.


L’histoire du ptérodactyle se trouve bien vite reléguée au second plan et Luc Besson laisse Adèle fait son show sans filet. Nous assistons incrédules à une succession de pauvres situations soi-disant comiques. L’artifice des déguisements à la prison de la Santé en devient presque gênant tant la répétition épuise le mince crédit accordé au long métrage.


J’ai trouvé le scénario poussif et les transitions assez mal ficelées. Les rebondissements sont quasiment inexistants. Le tout semble très convenu et gratuit. Mais c’est la dernière partie au Louvre qui m’a particulièrement choqué. La conclusion est on ne peut plus risible.


L’intrigue de la sœur handicapée suite à un horrible accident vient parasiter ce qui aurait du être le pivot du film, à savoir un mélange de mystère, d’investigations policières et des situations étranges qui constituent le sel des bandes dessinées (où nous cotoyons des savants fous, des sectes, des assassins de tous bords etc...)


Nous avons toutes et tous notre propre lecture d’un matériau originel mais je crois que les passionné(e)s d’Adèle Blanc-Sec seront d’accord avec moi : on ne retrouve pas chez le personnage vu par Besson l’effronterie, la liberté de ton, l’espièglerie de la jeune aventurière (et surtout l'art de se fourrer dans la m.... toute seule).


L'Adèle à la sauce Europacorp est une petite rigolote qui a fini par m'éxaspérer.


Les dialogues sont insipides. Certaines phrases sont énoncées sans enthousiasme apparent.


L’un des éléments qui sauvent le film du naufrage intégral est la reconstitution historique qui donne quand même au long métrage un cachet d’authenticité.


Les effets visuels ne sont pas vraiment fameux. Seul le ptérodactyle a du style et sort du lot mais c’est bien pauvre.


La musique d’Eric Serra, fidèle parmi les fidèles de Luc Besson, est sans saveur. Par le passé les bandes originales du sieur étaient comme des signatures, des marques de fabrique. La partition du film "Les aventures extraordinaires d‘AdèleBlanc-Sec" se gomme de nos mémoires aussi vite qu’elle y était apparue.


Louise Bourgoin tire quand même son épingle du jeu dans le registre qui lui est proposé mais elle est à mille lieues d’une Adèle Blanc-Sec digne de ce nom. A part quelques fulgurances, elle subit un scénario essoufflé et une ligne de conduite pas vraiment opportune. Mais la comédienne a du potentiel.


Gilles Lellouche est parfaitement ridicule en inspecteur Caponi et Gilles Giraud joue trop sur la réserve en Andrej Zborowski.


Matthieu Amalric est météoriquement présent en dans le rôle de Dieuleveult.


Jean-Paul Rouve est carrément grotesque en Justin de Saint-Hubert.


Seul Philippe Nahon (une fois de plus) en Professeur Ménard et Jacky Nercessian en Espérandieu sont crédibles dans leurs interprétations respectives. Un bon point pour eux.


Luc Besson est un réalisateur qui s’est embourgeoisé. Il n’a plus le mors aux dents comme il y a 25 ans.


A l’époque il voulait mettre un grand coup de pied aux fesses d’une industrie cinématographique française détenue par des oligarques du 7ème art. Aujourd’hui il appartient à leur cercle et la donne a changé. Evolution "naturelle".


Le Luc Besson des années 2000 ne ressemble en rien au brillant cinéaste des années 80 et 90. Les "Léon" et "Nikita" sont bien loin. "Adèle Blanc-Sec" sera à coup sûr un succès au box office et lui fera gagner plein de pognon mais je crains que le metteur en scène se coupe d’une partie de son public.


Des personnes comme moi qui rêvent d’exubérance, de projets gonflés et pas d’une succession d’étrons sans nom produits par son usine à conneries.



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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 18:29

 

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La chevelure d’Harry Hamlin, le hibou mécanique, l’horrible Calibos, le superbe duel avec Méduse, Pégase, Le Kraken, les effets de Ray Harryhausen, la prestance d’un Laurence Olivier charismatique à souhait ne sont qu’une infime partie des ces dizaines d’images qui m’assaillent quand je repense au long métrage "Le Choc des Titans" mis en scène par Demond Davis en 1981. Un long métrage qui fait partie de notre imaginaire collectif depuis près de 30 ans.


Son petit côté désuet nous charme. "Le Choc des Titans" est assurément un classique, une référence.


L’annonce d’un remake a fait dresser plus d’un sourcil. Certains ont parlé de véritable sacrilège.


La version de Louis Leterrier ne réconciliera pas les avant-gardistes et les gardiens du temple. Même si son long métrage est une réussite esthétique la variante 2010 souffre de défauts et de partis pris qui gâchent quelque peu le plaisir du spectateur.


Je dois dire que j’ai apprécié le film dans sa globalité même si j’en attendais plus. Il manque à mon sens des éléments qui font franchir à une production l’invisible frontière qui sépare un travail honnête d’une œuvre mythique.


J’ai vu "Le Choc des Titans" en 2D car il ressortait de vos commentaires que la 3D était un simple rajout, inutile dans le cas présent.


"Le Choc des Titans" est un long métrage d’action bourré de séquences chocs. La mythologie n’est qu’un prétexte à un enchaînement de scènes énergiques soulignées par une bande son ultra vitaminée (parfois envahissante). Sur ce plan l’œuvre remplit pleinement sa mission première. Le spectateur en prend plein la tronche et se défoule avec cette débauche d’effets en tout genre.


Et je ne vais pas non plus cracher dans la soupe. Je savais que la tonalité du film serait ainsi en entrant dans la salle de projection.


Mais le long métrage pâtît d’un vide scénaristique évident. Le film de Leterrier ressemble à un défouloir ludique et laisse de côté une trame narrative qui aurait du être plus dense. Certes nous sommes au cœur d’un divertissement mais l'amusement du spectateur prend le pas sur la consistance de l’histoire. L’intrigue est posée en quelques minutes et le reste du long métrage ressemble à une succession d’épreuves, à une sorte de jeu vidéo qui voit le héros affronter un méchant différent dans chaque nouveau tableau.


Il manque une dimension poétique, une approche bien plus humaine. La transformation de Persée (Sam Worthington au demeurant irréprochable de bout en bout) en héros légendaire est bien trop rapide et illusoire.


Le long métrage peut s'assimiler à une mécanique bien huilée parfaitement rodée. L’ensemble de souffre à aucun moment d’une baisse de rythme. Leterrier insuffle une vitalité incroyable à son dernier né. Tout va très vite.


Le réalisateur français multiplie les personnages et le spectateur a du mal à s’attacher à l’un ou à l’autre. Seuls Persée, Io (Gemma Atherton) et Draco (Mads Mikkelsen) retiennent suffisamment notre attention. Zeus (Liam Neeson) et Hadès (Raph Fiennes) surnagent tant bien que mal dans ce fatras de Dieux et Déesses réduits au rang d’utilité. Et que dire du personnage d’Andromède qui était l’un des piliers du film de 1981 et qui dans "Le choc des Titans" de 2010 a vraiment du mal à exister. Pauvre Alexa Davalos.


Par contre le côté spectaculaire du long métrage marque immanquablement les esprits. Le duel entre nos héros et Méduse vaut plus que le détour alors que la séquence finale avec le Kraken est carrément jouissive.


Sur la question de la révélation de la morphologie du Kraken aux cinéphiles au moyen des différentes bandes annonces je rejoins pleinement la position de Louis Leterrier : le Kraken aurait du être nimbé d’un voile mystérieux au lieu d’apparaître de manière si évidente plusieurs mois à l’avance. Son apparition dans "Le Choc des Titans" est tout sauf une surprise. Mais notre frenchie a du céder à la pression du studio, seul vrai décisionnaire en la matière. Regrettable mais inéluctable.


Les effets visuels sont particulièrement efficaces. Les bébêtes en tout genre témoignent d’une générosité et d’une créativité de tous les instants. Mais comme je l’ai dit plus haut, leur omniprésence participe à la suprématie prise par la technologie sur le matériau purement humain.


L’angle d’attaque choisi n’est pourtant pas une surprise. Nous sommes plongés dans une ère cinématographique qui privilégie le tout spectacle et la vitesse. "Le Choc des Titans" 2010 aurait gagné en profondeur avec une présentation sous forme de diptyque. Le long métrage manque de densité et d’audace malgré des qualités qui en font un honnête divertissement.


Un film à voir mais qui laisse un arrière goût d’inachevé.


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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 18:45

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Je reprends enfin la plume après de très longs jours sans véritable inspiration. Hier matin j’ai assisté à la projection de "Green Zone "réalisé par Paul Greengrass avec dans le rôle titre Matt Damon. Et j’ai pris mon pied.


Avant de vous faire part de mes impressions j’évacue d’entrée une énormité que j’ai eu l’occasion de lire ici ou là ou qui est peut être née de la première bande annonce diffusée il y a quelques mois : "Green Zone" ne ressemble ni de près ni de loin à une 4ème aventure cinématographique de Jason Bourne. Il est vrai que Paul Greengrass a mis en scène "La mort dans la peau" et "La vengeance dans la peau" et que l’acteur fétiche de la saga était justement Matt Damon, mais l’air de famille s’arrête là.


A Cela vous rajoutez une affiche racoleuse au possible essayant d’établir un lien artificiel entre deux univers cinématographiques et un faux semblent était créé.


Irak, 2003 : Le Commandant Roy Miller (Matt Damon) à la tête d’une équipe des MET D (Mobile Exploitation Team Delta) cherche en vain des ADM (Armes de Destructions Massives) dont la présence supposée a servi de prétexte déclencheur à l’invasion américaine, soutenue par la coalition alliée, de l’Irak.


Lassé d’être mené en bateau par des informations erronées provenant d’une mystérieuse source dont le crédit semble pourtant considérable auprès des autorités gouvernementales américaines, le Commandant Miller s’attribue une nouvelle mission : débusquer le Général Al Rawi (Ygal Naor) fidèle parmi les fidèles de Saddam Hussein, grâce aux précieuses informations fournies par un jeune irakien dénommé "Freddy" (Khalid Abdalla).


La traque, qui a l’aval de Martin Brown (Brendan Gleeson) représentant local de la CIA, gêne pourtant Clark Poundstone (Greg Kinnear) dont la mission est d’installer coûte que coûte un dirigeant irakien favorable aux américains au mépris des coutumes locales et des irakiens eux-mêmes.


De prime abord le film de Paul Greengrass s’apparente à un thriller d’action hyper efficace et racé. On est dans l’exaltation testostéronnée pure et dure. Certains reprocheront au metteur en scène les mouvements de caméra incessants et étourdissants mais le parti pris artistico technique colle parfaitement à cette atmosphère enfiévrée. Le film déborde de vitalité et de frénésie. On en prend plein les yeux. C’est carrément jouissif.


L’intérêt premier du long métrage est de placer le spectateur, qui justement ne l’est plus vraiment, en plein cœur des événements. Nous partageons le stress des militaires américains, la peur des irakiens et sommes immergés au beau milieu d’un conflit détonnant.


Visuellement la poudrière irakienne, reconstituée en Espagne et au Maroc, est crédible de bout en bout.


Le réalisateur sait où il met les pieds. La mayonnaise prend des les premières secondes. Le rythme ne faiblit jamais. Il y a toujours ce petit plus qui permet à l’intrigue de rebondir. Les séquences chocs se succèdent mais le spectateur ne décroche jamais car le film ne se résume pas à une simple accumulation de morceaux de bravoure, d’explosions et de poursuites.


L’intérêt de "Green Zone" est de taper avec force sur l’administration Bush. Paul Greengrass nous démontre en deux heures avec des images simples, nettes, précises et des faits incontestables que les dirigeants américains ont menti au monde pour créer une guerre de toute pièce et annexer un pays souverain, un régime dictatorial certes, et imposer un régime vassal fantoche. Les manipulations de l’opinion publique sont dénoncées de manière énergique. L’image de l’administration Bush en sort fortement écornée. La charge politique est réalisée sans demie mesure.


La presse en prend également pour son grade. Les journalistes se contentant de mettre en forme des informations dont la véracité est plus que douteuse, au lieu d’exercer une analyse critique, sont cloués au pilori avec vigueur.


Le film est impressionnant car le portrait de ce soldat américain frappe les esprits. Ses doutes sur la viabilité des sources de renseignements, les agissements de son propre gouvernement et l’intérêt de sa mission marquent le spectateur. Paul Greengrass a doté son personnage emblématique d’une conscience salvatrice qui nous éclaire.


Le long métrage y gagne assurément de la profondeur de champ. La critique porte car elle prend racine en plein cœur de l’un des fers de lance du modèle américain : sa propre armée.


Les inquiétudes, les hésitations, la volonté du peuple irakien nouvellement libéré du joug Hussenien se cristallisent au travers d’un protagoniste certes secondaire mais emblématique : Freddy l’unijambiste. Lui qui autrefois a défendu son pays lors de la guerre Iran/Irak souhaite ardemment que son pays s'auto-détermine et que la nation irakienne règle sa destinée en toute indépendance de manière souveraine. L’établissement d’une démocratie de paille occidentalisée va à l'encontre de son plus profond désir d'émancipation.


Matt Damon est parfaitement crédible dans ce rôle de militaire américain à la conscience en éveil. Sa composition est sans faille.


Le duo Brendan Gleeson/Greg Kinnear se livre à duel à distance savoureux. Les deux acteurs se glissent avec aisance et professionnalisme dans la peau de deux décideurs, deux exécutants totalement immergés dans le bourbier irakien.


Khalid Abdalla ("Freddy") connu pour son rôle de Ziad Jarrah, le chef des terroristes, dans "Vol 93" de Paul Greengrass fait preuve d’un savoir faire évident. Le spectateur s’attache à ce personnage au fil des minutes. Il représente la voix d’un Irak affranchi de la tutelle occidentale.


"Green Zone" est un film hybride. Une œuvre où l’action et les rebondissements ont la part belle mais qui gagne de l’épaisseur avec un arrière plan (qui prend souvent le pas sur le formalisme des images) plus qu’efficace et intéressant. Paul Greengrass nous divertit et nous offre un moment de réflexion.


A voir.


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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 13:07

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"Alice au pays des merveilles" de Tim Burton était l’un des longs métrages que j’attendais le plus en cette année 2010. Je l’ai vu avant-hier (en 2D) et j’ai pris une énorme claque de déception dans la figure.


Je suis venu, j’ai vu et je n’ai pas vaincu le mortel ennui qui s’est installé au fil des minutes.


Tim Burton est pourtant un cinéaste qui m’a toujours enchanté. Même sa relecture simiesque avait quand même d’indéniables qualités malgré un mauvais accueil de la critique et du public.


Certains diront que son "Sweeney Todd" a donné quelques signaux d’alertes.

 

J’étais confiant en imaginant une vision baroque de l’univers de Lewis Carroll revu et corrigé à la sauce Burtonienne. Et bien je me suis lourdement trompé.


Le film se trouve au croisement de deux livres : "Les aventures d’Alice au pays des merveilles" et "De l'autre côté du miroir et ce qu'Alice y trouva".


Alice (Mia Wasikowska) a 19 ans et retourne au pays des merveilles qu’elle a connu enfant mais dont tout souvenir s’est effacé de sa mémoire.


Je n’ai pas lu les œuvres originales mais le début du long métrage de Tim Burton m’a surtout fait penser à l’univers de Jane Austen ("Orgeuil et préjugés") avec la thématique du mariage comme vecteur d’élévation sociale dans une société anglaise étriquée de principes et de conventions.


J’ai trouvé le temps long, très long. La bienséance m’interdit de dire plus franchement mon sentiment. A part quelques fulgurances bien timides et certaines bonnes idées, le film s’étire en longueur et paraît durer des heures. Le film où les changements de rythme font défaut. Pas d’envolée lyrique ni de brusques élans de génie


L’ensemble manque de souffle épique, de folie douce propre à Tim Burton. On a l’impression que le cinéaste a décidé de mettre au placard ses touches d’inspiration qui caractérisaient son travail de metteur en scène.


Son "Alice au pays des merveilles" semble formaté, académique. Le rendu semble trop lisse et correspond si peu au monde de Tim Burton. Il n’apporte rien de plus au célébrissime dessin animé de Walt Disney.


Le film comporte trois parties distinctes : une introduction et une conclusion se déroulant dans la ""réalité" qui encadrent l’immersion au pays des merveilles. Je me suis surpris à véritablement apprécier la séquence d’ouverture et la conclusion du film Des moments de très bonne facture dans lesquels les comédiens sont plus que convaincants. Un comble.


La plongée au pays des merveilles n’a pas été merveilleuse du tout.


Je pense tout simplement que ce film manque d’âme et d’identité propres à créer un chef d’œuvre en 120 minutes. Tim Burton n’arrive visiblement pas à s’affranchir de certaines contraintes. Son champ d’action et sa liberté créatrice ont-elles été totales ?


Pourtant j’ai longtemps espéré plonger à corps perdu dans une ambiance gothique, démesurée mais il n’en fut rien. Ce qui caractérisait les premiers longs métrages de Tim Burton étaient ces touches de personnalité qui transcendaient la moindre situation. On ressentait la patte burtonienne. Dans "Alice au pays des merveilles" le talent du Monsieur semble s’être dilué dans un résultat si apathique.


Mais la plus grosse déception concerne les effets spéciaux. Malgré des éléments assurément réussis, la facture d’ensemble m’a paru bien laide, voire bâclée. Je me suis dit que le film aurait pu s’appeler "Alice au pays des fonds verts" tant certains procédés dénaturent le long métrage. L’univers visuel mis en place ressemble à un assemblage bordélique d’images tape à l’œil.


La partition musicale de Danny Elfman ne restera pas dans les mémoires. Calamiteux à entendre.


Mia Wasikowska est une Alice crédible à défaut de séduire. Helena Bonham Carter incarne une Reine Rouge fascinante et cruelle à souhait. La comédienne anglaise est vraiment à l’aise.


A l’inverse Johnny Depp m’a horripilé en chapelier fou. J’ai trouvé qu’il surjouait. Sur le fond je me demande si Tim Burton et l’acteur américain ne devraient pas couper le cordon ombilical une bonne fois pour toutes. L’omniprésence de Johnny Depp dans la filmographie de Tim Burton me lasse au plus haut point et en devient presque gênante. .

 

Quant à la présence de Anne Hathaway en Reine Blanche, un mot suffit à décrire sa prestation : ridicule.


Vous allez peut être trouver que je suis dur mais je ne peux pas croire qu’il s’agit du même cinéaste ayant mis en scène des longs métrages d’anthologie, des pépites du 7ème art, et cet "Alice au pays des merveilles" si aseptisé et si sage.


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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 13:07
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En général j’ai la dent très dure avec les comédies dites "à la française". Je suis persuadé que l’âge d’or du genre est derrière nous. De nos jours la quantité prévaut sur la qualité. Je pense qu’il y a là un constat d’échec. Le cinéma français semble avoir perdu les recettes d’un genre cinématographique divertissant, familial et fédérateur.

Mais quand un long métrage sort du lot et qu’il me plaît énormément, j’ai envie de vous en faire profiter pleinement.

"L'Arnacoeur" appartient à cette race de longs métrages qui marquent les esprits et qui donne du plaisir de la première à la dernière seconde.

Au départ j’avais trouvé la bande annonce originale et attrayante. Le film n’a fait que confirmer la bonne impression initiale.

Alex (Romain Duris) est briseur de couples professionnel. Son travail l’amène à s’occuper de femmes malheureuses en ménage ou sur le point de le devenir. Avec Mélanie (Julie Ferrier) et son beau-frère Marc (François Damiens), il a monté une PME de la séduction. Mais l’affaire d’Alex est criblée de dettes.

Sous la pression il accepte ainsi son plus gros challenge : empêcher le mariage de Juliette (Vanessa Paradis) avec Jonathan (Andrew Lincoln) à la demande du père de cette dernière (Jacques Frantz). Le problème s’annonce très compliqué car les deux tourtereaux filent le parfait amour.

"L'Arnacoeur" est une comédie romantique d’excellente facture qui séduit par la simplicité de son thème. L’histoire est classique mais accroche immanquablement le spectateur. Nous sommes plongés en plein cœur d’une œuvre fraîche, distrayante et enrichissante.

"L'Arnacoeur" est un réel divertissement généreux et indiscutablement bien né.

Le film ne souffre pas d’un manque d’allant ou d’une baisse de rythme. Avec de petits riens (un regard, un geste, une situation), Pascal Chaumeil, dont c’est le premier long métrage, fait rebondir l’action sans cesse.

Les situations cocasses sont très nombreuses et je me suis surpris à rire franchement très souvent. Mais les gags ne sont pas vulgaires et lourdingues. On est plus dans un comique de situations. La mécanique est très bien huilée car les instants de bonne facture s’enchaînent sans difficultés ou transitions pesantes.

Le film recèle de vrais moments de cinéma comme l’hommage appuyé à "Dirty Dancing" par exemple. Des minutes où le comique prend ses distances et nous tombons alors dans un romantisme de bon aloi et une émotion pure.

L’alchimie entre les personnages fonctionne à merveille. Le duo Romain Duris-Vanessa Paradis est épatant, tonitruant. Les dialogues sont savoureux et piquants même par moments. Les réparties fusent comme des balles de tennis.

Romain Duris ajoute une corde à son arc de comédien déjà confirmé. Il est plus qu’excellent dans la peau de ce "french" séducteur. Ses expressions de visages, les subterfuges employés pour charmer rendent le personnage attachant.

Vanessa Paradis est rayonnante. Le ton de son jeu est juste. Son personnage semble réservé dans la première partie du film alors que sa fougue éclate dans un final haut en couleurs.

Après "Micmacs à tire-larigot" cela fait deux fois que je vois Julie Ferrier en moins d’un an et que je la trouve phénoménale. Son numéro de femme caméléon dans "L'Arnacoeur" est plus que jouissif. On a même le sentiment que le réalisateur a du lui laisser une très grande liberté tant l’impression qu’elle se lâche totalement est évidente.

Mais l’énorme révélation du long métrage est François Damiens qui nous hypnotise avec un talent pur et une bonne humeur communicative. L’acteur belge nous gratifie d’une performance des plus savoureuses. On en redemande.

A noter aussi la sympathique présence de Jacques Frantz, connu dans toute la France pour ses qualités de comédien de doublage (Robert de Niro, Mel Gibson, Nick Nolte ou John Goodman entre autres depuis des lustres). Je suis persuadé que des spectateurs ont du se dire qu’ils avaient déjà entendu cette voix quelque part.

"L'Arnacoeur" est un long métrage très réussi. Une oeuvre qui nous rappelle certains classiques hollywoodiens. Je suis sorti de la salle charmé par ce que je venais de voir. Pascal Chaumeil, autrefois premier assistant réalisateur sûr "Léon" de Luc Besson, fait preuve ici d’une maîtrise évidente et d’un savoir faire de tous les instants.

Certains cinéastes, gavés de fric, seraient bien avisés de s’en inspirer.
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 13:00
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Je dois dire qu’en écrivant ces mots j’ai eu l’impression de m’attaquer à une montagne : vous donner mon avis sur "Shutter Island" de Martin Scorsese sans vous en dire trop. Cela fait des jours que je repousse l’échéance mais il fallait bien que je le lance.

Dennis Lehane est un romancier dont la côte ne cesse de grimper outre atlantique. Deux de ses romans ont déjà donné lieu à de brillantes transpositions sur grand écran.

"Mystic River" de Clint Eastwood a été unanimement salué par la critique et le public alors que "Gone baby Gone" a laissé entrevoir le talent plus que prometteur de Ben Affleck derrière la caméra.

Avec "Shutter Island" nous prenons le large et laissons derrière nous la vénérable cité de Boston, chère au cœur du romancier américano-irlandais, pour nous rendre au beau milieu d’un univers pour le moins glauque qui baigne dans un écrin d’une ouate envahissante.

"Shutter Island" est un film surprenant, intense, entier. C’est un long métrage qui à mon sens s’aime ou se déteste. On ne peut pas transiger ni tolérer la demie mesure.

Le dernier né de Martin Scorsese est une œuvre originale.

La bande annonce pouvait nous donner l’impression que le film se résumerait à une banale enquête policière mais il n’en ait rien. Très rapidement le spectateur se rend compte que "Shutter Island" est un thriller paranoïaque où le héros semble entraîné dans les méandres de sa propre folie.

Le long métrage se présente comme un ensemble où la vérité et le mensonge sont mélangés de la première à le dernière seconde. Chaque séquence se lit à plusieurs niveaux. La subjectivité du héros, l’enchaînement des circonstances et des événements, le regard du spectateur, omniscient par moments, aveugle à d’autres s’empilent comme des strates successives. Le public est assailli par un doute permanent.

L’art du metteur en scène est de nous déboussoler avec quelques séquences opportunément choisies. Tel un rat cherchant un morceau de fromage dans un immense labyrinthe, le spectateur erre dans un dédale de couloirs obscurs et étroits à l'affût d’indices et de choses concrètes, réelles. 

Scorsese sème ici ou là des pièces d’un puzzle diablement compliqué à réaliser. Nous ne sommes pas dans un roman policier où le détective déclare avec solennité  dans le chapitre final : "ceci est la vérité".

"Shutter Island" nous jette à la face des mensonges, des vérités, des bribes de délire, des faux semblants. Bien difficile de tracer une ligne parfaite entre véracité et mensonge.

La seule certitude que l’on a l’esprit est la volonté de vouloir revoir ce film pour aplanir, mettre en perspective un élément, une parole, un sentiment, l'importance d'un vêtement ou d'un objet. Quand les lumières de la salle de projection se sont rallumées, telle a été ma première pensée. La mécanique et le canevas mis en place par Scorsese sont diaboliques.

J’ai eu le temps de parcourir les forums de discussions consacrés au long métrage et c’est véritablement la première fois que je vois autant d’explications avancées, d’arguments, de propositions de solutions énoncées à propos d’une œuvre de ce calibre. Comme n’importe quel spectateur j’ai mon avis et ma vision de "Shutter Island" mais là j’ai l’impression que nous allons plus loin. Chaque individu a sa propre salle de montage mentale et se refait SON "Shutter Island" personnel.

Martin Scorsese dissémine une multitude d’informations, illustrées par des procédés techniques, et laisse son public se faire sa propre opinion. A la limite son meilleur conseil, implicitement sous entendu, est d’opérer un retour aux sources. Le roman de Dennis Lehane est à coup sûr la seule parcelle de vérité disponible, si cette vérité existe justement (et véritablement).

Le film aborde la folie de manière peu conventionnelle. Nous sommes plus dans la suggestion que dans la démonstration. Au début l’histoire semble claire et la solution limpide mais progressivement le sol paraît se dérober sous nos pieds. A mesure que la narration avance un fort sentiment de malaise nous envahit. La paranoïa est pour le moins contagieuse. La bulle de certitudes et de références vole en éclats.

Le trait de génie de Scorsese est de faire des choix décisifs et opportuns assez vite. Le contenu policier, l’enquête proprement dit est relégué au second plan voire carrément envoyé ad patres sans autre forme de procès. Le réalisateur américain s’intéresse plus au parcours intérieur de ses protagonistes, à l’aspect psychologique des connexions entre les personnages qu’aux faits bruts qui n’illustrent plus qu’autre chose.

Le long métrage nous réserve un nombre assez incroyable de face à face prenants et éprouvants pour les nerfs. La qualité des dialogues et leur pertinence sont l’un des nombreux centres d’intérêt du film. Des échanges parfois longs mais essentiels et indispensables.

Les êtres apparaissent dans leurs incertitudes et leurs contradictions. Un vrai régal.

Certaines sentences, affûtées comme des silex tranchent dans le vif. Des passages où la brillante mise en scène de Scorsese transpire. Des moments qui ont une dramaturgie particulière, un tempo soutenu.

Scorsese utilise des flash back hallucinatoires pour achever de nous déstabiliser. Parfaitement intégrés au récit, ces séquences hautement stylisées (couleurs, formes, lumières) et techniquement irréprochables donnent l’impression que le temps s’arrête. Les plongées dans le passé du héros prennent la forme de rêves extrêmement perturbants.

"Shutter Island" baigne dans une atmosphère étrange. Et le mot est faible. Scorsese donne au cadre une importance capitale. Cette île dans le brouillard, puis ravagée par une tempête d’une densité incroyable, est à la fois un havre de paix quand les éléments se déchaînement mais aussi une prison, un terminus où une société dissimule ses pires criminels.

La tempête qui se déchaîne se fait aussi l’écho des émotions intenses qui agitent le personnage principal. Le cataclysme climatique est à l’unisson d’un équilibre mental chancelant. Au bout d’une heure le film bascule et un retour en arrière s’avère décidemment impossible.

Leonardo DiCaprio est phénoménal. Son jeu est plein de force puis de faiblesse. L’assurance de son personnage fond comme neige au soleil. Sa descente en enfer est pour le moins réussie. L’acteur américain excelle dans le contraste et l’équivoque.

Mark Ruffalo donne sa pleine mesure dans la modération. Son personnage est forcément en retrait.

Ben Kingsley est comme d’habitude à son avantage. Si je devrais prendre une image je dirais qu’il est une comme une sorte de diapason servant à accorder le jeu des autres comédiens. Impeccable.

Max Von Sydow déploie sa grande carcasse pour notre plus grand plaisir avec une interprétation stylée dont l’acteur suédois a le secret.

Michelle Williams, Emily Mortimer, Patricia Clarckson, Jackie Earle Haley, Ted Levine, Elias Koteas et John Carroll Lynch complètent à merveille ce formidable casting. Scorsese a toujours su choisir l’acteur ou l’actrice pour tel ou tel rôle. Dans "Shutter Island" cette constante est plus qu’éclatante. Chaque personnage est parfaitement intégré à un ensemble d’une prodigieuse densité.

Martin Scorsese réalise un coup de maître. Lui qui a examiné la Mafia sous toutes les coutures sort grandi de cet exercice de style si particulier. Son film pose des questions, quel traitement doit par exemple réserver à la folie ? (L’approche thérapeutique douce ou l’utilisation d’électrochocs) et n’a pas vocation de nous livrer une solution clé en mains.

Je pense qu’avec ce long métrage nous pouvons mettre à distance les notions de raison et de logique tant le metteur en scène se plait à nous perdre en route. Mais paradoxalement Scorsese plante des morceaux de vérité, oui mais quelle vérité, tout au long du film.

A nous d’ouvrir les yeux.
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 09:06
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J’aime le cinéma dans sa diversité. J’apprécie quand un film m’émeut ou m’interroge. Mais j’aime aussi en prendre plein la tronche.

"Démineurs" (quel titre français réducteur comparé à "The Hurt Locker") de Kathryn Bigelow correspond parfaitement à ce concept. C’est un long métrage 100% action qui fait exploser les mirettes du spectateur. L’œuvre de la réalisatrice américaine tranche par son côté réaliste et n’hésite pas à nous montrer la guerre sous un jour nouveau, quitte à choquer.

Le sergent William James (Jeremy Renner), le sergent JT Sanborn (Anthony Mackie) et le soldat Owen Eldridge (Brian Geraghty) appartiennent à une unité de déminage qui procède à un nettoyage méthodique des quartiers populaires de Bagdad et de ses environs. Leur rotation de service sur le théâtre des opérations doit s’achever dans un mois. Leur quotidien est fait de tension, de peur et d’adrénaline.

"Démineurs" n’est pas un film sur la guerre en Irak à proprement parler. Le conflit n’est qu’une toile de fond, un lointain arrière plan. Le long métrage s’attache plutôt à suivre le quotidien d’une unité légère d’intervention qui exécute de très périlleuses missions de déminage. Leur but est de protéger les GI’s et les populations civiles des petits présents laissés par les factions politico-religieuses d’Irak (le mot "terroriste" n'est jamais prononcé).

Le long métrage débute par une séquence diablement gonflée et dopée par une mise en scène remarquablement efficace. Le ton est donné. La suite est à l’image de cette magnifique entame.

"Démineurs" séduit le spectateur par le côté réaliste qui se dégage pendant les 2 heures que durent le film. Les caméras collent littéralement à ces types ordinaires, anonymes qui se comportent comme des héros le temps d’un désamorçage. Les angles de caméra opportunément choisis permettent à Kathryn Bigelow de rendre compte de l’action avec flamboyance.

Les séquences de pyrotechnie ont l’air de sortir du cadre de l’écran de projection. Chaque explosion nous donne l’impression d’être unique. Le travail des artificiers est à souligner car ces moments sont grandioses et la technologie déployée ne bouffe pas le propos du film.

La réalisation de Kathryn Bigelow bénéficie d’un style épuré, simple mais efficace. De superbes ralentis sont placés avec soin. Les séquences nocturnes sont magnifiées par des noirs intenses et des jeux de lumières (feux) absolument magnifiques.

Le long métrage est de la dynamite au propre comme au figuré. L’adrénaline suinte à chaque image. L’action rebondit sans cesse et les situations stressantes se succèdent sans que le rythme du film mollisse.

La réussite de ce film est d’instaurer un climat qui tient la route jusqu’au bout. L’ambiance est pesante. L'atmosphère étouffante du travail de déminage est renforcée par des températures élevées et une nature hostile. Et ce travail de déminage doit surtout s’effectuer en territoire ennemi. Les militaires américains surveillent leurs arrières et prennent garde à chaque seconde aux snipers embusqués ici ou là.

La mayonnaise prend dés les premières secondes. Le spectateur est en arrêt devant le spectacle proposé et vibre à chaque instant. La réalisatrice nous surprend et nous amène là où nous nous sous y attendons le moins.

L’intérêt du film sur le fond est double.

Même si le long métrage est une œuvre de fiction qui mise énormément sur l’action, le défi est de nous montrer les soldats tels qu’ils sont dans leur quotidien.

Loin d’être des va-t-en-guerre, ces hommes sont des pères de familles, des fils, des frères qui risquent leur vie. Kathryn Bigelow ne théorise pas sur l’utilité de décisions politico-militaires prises par les gouvernants du "monde libre" ces 10 dernières années ou sur l’utilité de la présence occidentale (en l’occurrence américaine) en Irak. Les boys y sont. Point final. Elle sait éviter avec brio les démonstrations patriotiques souvent très tentantes pour les cinéastes américains.

Son film nous présente une galerie de portraits incontournables et originaux. Des soldats qui ont tous leurs faiblesses, leurs propres blessures et surtout leurs peurs.

La peur est au centre de "Démineurs". Soit elle paralyse, soit elle galvanise. Les militaires ont ce baromètre intérieur qui les guide. La peur agit comme un combustible. Le soldat Eldridge est persuadé chaque matin qu’il va mourir dans la journée. C'est quand même assez gonflé de bâtir une partie d'un long métrage avec un sentiment qui fait rarement bon ménage avec les valeurs traditionnelles de tout bon soldat qui se respecte.

Les mentalités sont peut être en train d'évoluer.

La guerre sous l’angle d’approche du déminage nous est présentée de manière simple comme une véritable drogue. Le sergent William James est un personnage emblématique à plus d’un titre. Il se révèle meilleur soldat que mari et père. La guerre finit par lui manquer. Sur le terrain il prend des risques inconsidérés aux yeux de ses camarades et trompe la mort à chaque seconde. Son travail prend parfois des airs de roulette russe à grande échelle. Sa désinvolture créée des tensions au sein de sa propre unité. Le soldat s’accomplit pleinement dans la tâche qui lui incombe : déminer un pays en guerre. Mais l’homme s’humanise dans une relation amicale avec un jeune irakien débrouillard surnommé "Beckam".

Jeremy Renner (remarqué dans "28 semaines plus tard" entre autres) est phénoménal dans ce rôle d’un démineur américain. Son jeu est plein de détachement et de passion à la fois. Son regard profond marque la caméra. Avec Anthony Mackie et Brian Geraghty, ils forment un trio équilibré, complémentaire dont l’osmose est parfaite. Leurs échanges fonctionnent admirablement bien.

La bonne idée de Kathryn Bigelow est d’avoir réduite la présence de trois têtes d’affiches (Guy Pearce, David Morse, et Ralph Fiennes) au minimum syndical.

"Démineurs" est un long métrage tonique, sacrément bien mis en scène qui n’hésite pas sans son propos à nous montrer la peur dans toutes ses dimensions. Loin d’être un long métrage de commande "à la gloire de…", l’œuvre tranche par son réalisme et sa tonalité innovante.

Un cocktail vraiment explosif et frappé du coin du bon sens cinématographique.

A voir.
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 13:00
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J’ai déjà eu l’occasion de vous dire que je n’appréciais pas trop Roman Polanski en tant que personne. Sa manière de fuir les conséquences de ses actes il y a 35 ans, les soutiens artistico gouvernementaux reçus au moment de sa récente interpellation (donnant l’impression qu’il y avait la Justice des puissants et celle du commun des mortels) n’ont pas redoré un blason déjà bien terni.

Mais je sais faire la part des choses et quand une œuvre m’est proposée, c’est l’artiste que j’essaye d’évaluer, pas l’individu. Les faits divers ne m’intéressent pas dans l’absolu.

Et force est de reconnaître que Roman Polanski est un excellent cinéaste, un prodigieux raconteur d’histoires et un directeur d’acteurs hors pair.

Et une nouvelle fois le cinéaste frappe un grand coup avec "The Ghost Writer", adapté du roman "L’homme de l’ombre" de Robert Harris.

Un nègre littéraire (Ewan McGregor) est engagé par l’entourage de l’ancien Premier ministre britannique Robert Lang (Pierce Brosnan) pour terminer les mémoires de ce dernier. Mais le nègre littéraire s’attaque à une tâche bien périlleuse puisque son prédécesseur à ce poste, l’un des collaborateurs directs de Lang, a trouvé la mort mystérieusement quelques jours avant son embauche.

L’écrivain tombe au beau milieu d’un triangle amoureux explosif entre Lang, sa femme Ruth (Olivia Williams) et son assistante personnelle Amelia Bly (Kim Cattrall).

En tant qu’ancien Premier ministre du Royaume Uni, Robert Lang se voit accusé de crimes de guerre à l’occasion d’actions ciblées contre le terrorisme.

"The Ghost Writer" est un thriller politique de haute volée, un modèle du genre. Roman Polanski maîtrise son sujet de A à Z sans jamais donner l’impression que la créature échappe à son démiurge. La leçon de cinéma est brillante. Le cinéaste va droit à l’essentiel sans pour autant négliger les développements annexes.

Nous plongeons avec délice au cœur de jeux de pouvoirs, de luttes d’influences et de sombres histoires d’espionnage. Le réalisateur fait s’entrechoquer l’Histoire et les destinées individuelles avec une étonnante facilité. L’univers dépeint est très loin d’être reluisant. Manipulations, mensonges, coups bas composent le quotidien des personnages du film de Roman Polanski.

Cependant toute ressemblance avec la réalité…

L’histoire de "The Ghost Writer" est passionnante, puissante, pleine de force. Le récit est d’une fluidité admirable. Difficile de rester insensible à un propos étonnamment contemporain. Roman Polanski évite d’accumuler les péripéties et les rebondissements forcément inutiles. Son œuvre bascule à deux ou trois moments charnières extrêmement forts. Ces minutes quand le long métrage s’emballe sont réellement intenses.

Le film a un rythme et un déroulement qui lui sont propres. Roman Polanski impose un style tout ce qu’il y a de personnel.

Le propos politique se double aussi d’une enquête policière qui n’en a pas le nom. Le nègre se retrouve au beau milieu d’une énigme insoluble. La personnalité de l’ancien Premier ministre Robert Lang est au centre d’un jeu de dupes extrêmement inquiétant.

Le spectateur ne peut être que captivé par un film aussi surprenant et haletant. Nous sommes aux antipodes d’un long métrage d’action à la cadence effrénée. L’art de Roman Polanski ressemble au travail d’un écrivain : avec assurance et patience il jette les bases d’intrigue principale et laisse ses personnages occuper l’espace disponible.

Sans jamais dévier de ce fil conducteur, le cinéaste se permet de nous gratifier de scènes assez captivantes entre le nègre et l’homme politique souriant et amical en public, cynique et calculateur en privé.

Roman Polanski se permet d’évoquer sa situation personnelle en deux coups de pinceau si j’ose dire. La solitude du nègre littéraire isolé et enfermé sur l’île où réside Robert Lang et la presse montant la garde à l’extérieur de la propriété de ce dernier sont des paraboles évidentes de l’isolement helvète du metteur en scène.

"The Ghost Writer" est un long métrage où règne une atmosphère vraiment pesante. La nature hostile donne au rendu un aspect singulier. Le climat, au propre comme au figuré, finit par déteindre sur les protagonistes.

Une bonne partie de l’action se déroule dans une maison anguleuse au possible. Le tout prend des airs de geôle de luxe. Le nègre doute de tout et de tout le monde. Son travail devient accessoire et l’homme s’enferme dans une sorte de solitude paranoïaque.

L’un des éléments essentiels du film est la superbe partition musicale signée Alexandre Desplat. Chaque situation est soulignée par une mélodie bien précise.

Roman Polanski n’abuse pas d’effets de caméra vains et préfère se concentrer sur les visages et surtout les regards.

Si le film marque autant les esprits, il le doit pour beaucoup a sa tonalité d’ensemble. Difficile de se montrer très optimiste après avoir vu "The Ghost Writer". Roman Polanski braque son objectif sans concession et sans faux semblants sur une société politique bien malade. Le regard du metteur en scène est lucide et sa caméra est acérée comme un scalpel.

Ewan McGregor interprète ce nègre littéraire avec sobriété. Son jeu est sans tâches.

Pierce Brosnan, qui se construit au fil des ans une filmographie post-007 diablement intéressante, mange littéralement la pellicule dans une interprétation débordante d’énergie d’un homme politique cerné de toutes parts.

Le personnage joué par Olivia Williams est d’une rare complexité et doit donc se lire à au moins deux niveaux. Quand sonne l’heure du coup de théâtre final, il serait plus qu’intéressant de revoir "The Ghost Writer" afin de pouvoir analyser et mettre en perspective chaque pièce du puzzle.

A titre anecdotique j’ai eu l’immense surprise de voir à l’écran le légendaire Eli Wallach.

Tom Wilkinson et Timothy Hutton campent des personnages secondaires si importants dans ce genre de production.

"The Ghost Writer" est un thriller politique efficace parfaitement maîtrisé. La démonstration de Roman Polanski résonne encore et encore tant la modernité du sujet nous éclate au visage. Le spectateur est interpellé par un long métrage qui mise beaucoup sur les interactions entre les protagonistes et qui met de côté des effets de manche inutiles.

Quand la sobriété ne rime pas avec pauvreté, le résultat final ne peut être que brillant.

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 13:32
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La littérature pour enfants et adolescents a toujours été un bon filon pour le 7ème art. Mais depuis que les grandes compagnies américaines ont senti que le phénomène pouvait être de plus en plus juteux, le processus est exponentiel. Les auteurs à succès, qu’ils soient britanniques ou nord américains, voient depuis une décennie leur créations, leurs univers envahir les écrans du monde entier.

Rick Riordan est le dernier en date. D’abord professeur d’histoire enseignant notamment la mythologie à des adolescents de Californie et du Texas, le pédagogue a inventé un protagoniste récurent, Percy Jackson, héros de 5 volumes depuis 2005. Chaque tome de la saga littéraire est un best seller de l’édition outre-atlantique.

Chris Columbus s’est chargé d’adapter pour le cinéma la première partie de l’épopée intitulée "Percy Jackson le voleur de foudre".

S’il doit être question de Dieux et Déesses dans la présente chronique le premier est sans nul doute Chris Columbus en personne. Quand on sait que le bonhomme avait rédigé avant ses 27 ans le scénario des "Gremlins" puis celui des "Goonies", ça laisse franchement rêveur. Derrière la caméra on lui doit un nombre important de comédies familiales très lucratives et jouissives, à défaut de satisfaire les chagrins de la presse dit spécialisée.

Mais Chris Columbus a surtout marqué notre imaginaire en mettant en scène les deux premières aventures cinématographiques d’un jeune sorcier à lunettes dénommé Harry Potter.

Percy Jackson (Logan Lerman) est un demi-Dieu, fils de Poséidon (Kevin McKidd) et d’une mortelle (Catherine Keener). Un jour l’éclair de foudre est volé à Zeus (Sean Bean). Les Dieux de l’Olympe pense que Percy Jackson est l’auteur de ce forfait.

Aidé dans son initiation par Chiron (Pierce Brosnan) et dans ses aventures par Annabeth fille d’Athéna (Alexandra Daddario) et Grover le satyre (Brandon T. Jackson), Percy va devoir éviter de nombreux pièges, retrouver l’éclair de foudre et ainsi empêcher qu’une guerre éclate entre Zeus et Poséidon.

"Percy Jackson le voleur de foudre" n’y va pas avec le dos de la cuillère. La mythologie grecque est revisitée de manière radicale. Nous sommes très éloignés des campagnes de la Grèce antique et des images d'épinal. Dans ce film le cadre est essentiellement urbain, voire high-tech, à l’exception du "Poudlard" forestier où sont instruits les demi-dieux.

La modernisation du thème général peut assurément déstabiliser les puristes. Mais il n’y a absolument pas d’exagération ni un manque de respect dans ce parti pris. Les entités, les créatures, les lieux gardent leur charge symbolique ou leurs attributs. Même les néophytes y retrouveront leur latin…enfin leur grec. En quelques coups de crayons, chaque personnage du Panthéon hellène est clairement identifié et caractérisé.

J’ai deux réserves concernant ce long métrage. La première concerne Percy Jackson lui-même. Je reviendrai par la suite sur la seconde.

Même si le film dure un peu plus de deux heures, je trouve que Chris Columbus n’insiste pas assez sur le changement de statut du personnage principal. Pour moi la mutation de Percy Jackson lycéen moyen et anonyme en héros sauveur de l’Humanité est bien trop violente et rapide.

J’aurai aimé que la phase de transition soit beaucoup plus dense et élaborée. J’ai eu l’impression qu’un moment important du long métrage a été sacrifié sur l’autel du tout action. Ce qui explique sûrement que Percy Jackson manque d’épaisseur psychologique. L’absence d’interrogations métaphysiques, de questionnements divers nuisent à la crédibilité du personnage.

Le déroulement de l’histoire est plutôt linéaire mais il serait injuste de le reprocher au metteur en scène. "Percy Jackson le voleur de foudre" s’adresse avant tout à un public aimant les contes et les légendes. Il est vain et surtout inutile de charger ce genre d’œuvres d’intentions pédagogiques. Si vous souhaitez vous documenter sur les mythes et les légendes de la Grèce Antique, les rayonnages des bibliothèques du monde entier sont surchargés de tels récits merveilleux.

Mais le long métrage est très distrayant. Le spectateur a beaucoup de plaisir à se retrouver plongé en plein cœur d’un univers où les hommes, les demi-dieux et les dieux voisinent. Nous côtoyons des monstres légendaires, des créatures fabuleuses sorties tout droit des Enfers. La mécanique fonctionne parfaitement et la magie opère pleinement. Le souffle épique dépayse totalement.

On en prend plein les mirettes car "Percy Jackson le voleur de foudre" se veut avant tout une œuvre où l’action prime. Une fois le décor planté et les enjeux présentés, le film devient une course contre la montre. Chris Columbus mène sa barque avec maîtrise.

Les rebondissements sont légion. Les péripéties s’enchaînent à une vitesse hallucinante. Nos héros sont confrontés aux pièges, énigmes que nous avons l’habitude de rencontrer dans ce genre de production. Le film navigue en eaux connues.

Visuellement le long métrage est soutenu par des effets spéciaux et des plans de caméra très satisfaisants. Les vues de l’Olympe new-yorkais sont parmi les plus belles images du film. Le cadre général est plutôt agréable. Je n’irai pas jusqu’à parler de féerie mais nous n’en sommes pas loin.

Le second reproche que j’adresserai au film est cette volonté de vouloir nous présenter trop de personnages. L’exhaustivité nuit à la vraisemblance de chaque protagoniste. Sean Bean, Kevin McKidd mais surtout Uma Thurman en Méduse font des apparitions météoriques alors qu’il y avait un potentiel énorme à tirer de chaque entité. Le panel est certes complet mais le spectateur a du mal à s’attacher à l’un ou l’autre de ces dieux. Il en découle une perception réduite des états d’âme des uns et des autres. Bien dommage.

A l’inverse l’un des atouts de ce long métrage est la présence d’une jeune garde qui donne un élan salvateur. Logan Lerman déborde d’énergie, Alexandra Daddario a un sourire charmant et des yeux terribles (bah oui il en faut peu) et Brandon T. Jackson a beaucoup d’humour et ses répliques sont assez drôles.

Les défauts sont sûrement inhérents à ces sagas cinématographiques. Le premier volet a pour vocation de nous proposer un contexte général et il est certain que "Percy Jackson le voleur de foudre" appelle à coup sûr une ou plusieurs suites.

Le long métrage de Chris Columbus est réussi car il remplit sa mission première de divertir mais surtout il conquiert son public au fil des minutes. La principale réussite est que le spectateur se prend au jeu.

C’est là l’essentiel.

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