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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 13:45

J'ai longtemps cherché mais c'est sans nul doute le grand moment cinéma de cette année.

 

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Jeudi après midi, en compagnie de mon fils, j’ai eu l’immense plaisir d’assister à la projection du long métrage de Wes Anderson "Fantastic Mr. Fox" d’après le roman "Fantastique Maître Renard" de l’écrivain gallois Roald Dahl.

Pas besoin pour moi de tourner autour du pot pendant 107 ans : ce film est énorme, incroyablement dense, poétique à souhait. C’est l’une des très grandes réussites de 2010.

L’intérêt de ce long métrage est de toucher tous les publics, toutes les générations. Le spectateur entre l’esprit léger dans cette bulle de nostalgie et ressort le sourire aux lèvres tant l’œuvre marque les cœurs et les âmes.

Mr Renard a écumé depuis des lustres tous les poulaillers de sa région. Mais lasse de cette vie d’aventures et de dangers Madame Renard, enceinte, met son mari au pied du mur : il doit changer de vie.

Douze ans plus tard (en années renard) Mr Renard est devenu pigiste pour un journal local. Le couple renard, leur fils Ash et leur neveu Kristofferson déménagent dans un nouveau terrier. Or ce dernier se trouve à proximité de trois grandes exploitations agricoles. Les instincts primaires de Mr Renard se réveillent après plus d’une décennie de vie bucolique et ordinaire.

De nouveau Mr Renard collectionne les proies. Mais Boggis, Bunce et Bean, les trois propriétaires ne l’entendent pas de cette oreille.

Et le prédateur devient proie à son tour.

"Fantastic Mr. Fox" a la pureté des premiers films que nous avons connu toutes et tous durant notre enfance. Wes Anderson se sert de l’animation traditionnelle en stop motion pour nous gratifier d’une œuvre singulière, originale de la première à la dernière seconde. Son œuvre a de la fraîcheur et de l’innocence à revendre.

"Fantastic Mr. Fox" aborde des thèmes universels et fédérateurs. La cellule familiale est au cœur du long métrage. Mr Renard est confronté aux difficultés de la paternité. Il ne comprend pas son propre fils et porte aux nues son neveu.

Wes Anderson ne caricature pas ces schémas de vie. Même si le ton général du film se veut léger, le metteur accorde une place prépondérante à la vie de la famille Renard en proie à des difficultés existentielles. Le couple mâle femelle se voit aussi scruté à la loupe.

L’entraide, la solidarité, l’amitié sont les autres thématiques qui cimentent "Fantastic Mr. Fox". Wes Anderson prend un malin plaisir à mettre à l’épreuve les liens qui unissent les différents personnages. Quand les difficultés surviennent, ces derniers font preuve de ressources insoupçonnées et insoupçonnables. Dans l’adversité l’animal se grandit.

L’histoire apporte constamment son lot de surprises, de rebondissements et de coups de théâtre. Mais l’impression qui transpire en permanence est que le film regorge de vie. L’heure et demie passe à la vitesse de l’éclair tant le mouvement est omniprésent. L’énergie déployée est communicative.

Le long métrage collectionne des dizaines de situations qui nous font rire ou qui nous émeuvent. Chaque moment est unique. Le spectateur passe d’un état à l’autre sans s’en rendre compte. Wes Anderson maîtrise parfaitement ces transitions. Sans avoir l’air d’y toucher le réalisateur nous prend par la main et nous berce tranquillement avec cette douce poésie.

Le long métrage ne serait pas si enjoué s’il n’y avait pas toutes ces séquences décalées, absurdes, poussées à l’extrême propres à l’univers merveilleux de Wes Anderson. Le film regorge de trouvailles, de touches d’originalité qui rendent unique un récit classique dans sa forme.

Les personnages sont hauts en couleur, réellement étonnants. Les fermiers, le notaire, Kristofferson captivent notre attention. Wes Anderson a l’art et la manière de caractériser en quelques secondes chaque membre de cette galerie de protagonistes originale au possible.

Les dialogues sont truculents, enlevés. Les réparties entre les personnages sont admirables, très spirituelles par moments. Les bons mots fusent. Quelques lignes de texte suffisent à installer un climat d’allégresse ou une ambiance carrément barrée.

Techniquement le long métrage est superbe. La stop motion permet au réalisateur toutes les libertés. L’œuvre est un concentré d’originalité et de créativité. Les mouvements de caméra sont amples, précis, soignés. La sensation est que chaque plan est unique et que la moindre image a bénéficié d’un soin identique. La profondeur de champ donne à "Fantastic Mr. Fox" du corps et du relief.

Les visages expriment une quantité incroyable d’émotions, les costumes sont étoffés. Chaque séquence s’enrichit de mille objets d’une finesse qui laisse rêveur. Sur le plan formel le dernier né de Wes Anderson se pose comme une référence du genre.

La bande son d'Alexandre Desplat (tiens encore lui) est envoûtante et les chansons additionnelles sont totalement dingues. Les protagonistes évoluent sur des airs des Beach Boys. Quel pied.

"Fantastic Mr. Fox" est un long métrage touchant, drôle, voire corrosif par moments. La forme tend à la perfection et Wes Anderson passe au crible un microcosme animalier singulier, à défaut du modèle humain que l’on devine en arrière plan. Les plus jeunes seront séduits à coup sur par les formes, les couleurs et les personnages alors que les autres publics trouveront dans le monde de Mr Renard un écho à leur propre existence.

Wes Anderson séduit et questionne à la fois. Son travail est irréprochable. "Fantastic Mr. Fox" est l’un des films majeurs de l’année.

A voir ABSOLUMENT !!!

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 09:30

L'un de mes coups de coeur 2010.

 

 

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Quand les premières images d’un film me plaisent je n’hésite pas à en faire des tonnes, c’est dans ma nature d’être généreux ainsi.


J’attendais "Kick-Ass" comme l’un des événements majeurs de cette année 2010 et je dois vous l’avouez d’emblée : le film de Matthew Vaughn,
d’après les personnages de Mark Millar et John Romita Jr, est une, pardonnez mon langage, une putain de bombe cinématographique, une œuvre jouissive au possible, un ovni du 7ème art.


Quel pied énorme !!! J’ai rarement été autant enthousiasmé.


Dave Lizewski (Aaron Johnson) est très loin d’être un lycéen populaire et charismatique. Il rêve perpétuellement d’aventures incroyables puisées dans l’univers des comics. Il aime en secret la belle Katie Deauxma (Lyndsy Fonseca) qui pense que Dave est gay.


Puis un jour il franchit le pas, s’achète un costume de super héros et devient Kick-Ass, celui qui doit botter les fesses du crime dans New-York. Mais Kick-Ass n’a aucun pouvoir et doit très vite composer avec ce paramètre fondamental.


Dans le même temps Big Daddy (Nicolas Cage) et sa fille Hit Girl (Chloë Grace Moretz) tentent de se venger du parrain local Frank D’Amico (Mark Strong).


Kick-Ass devient un vrai phénomène et commence à gêner les affaires de la famille D’Amico. Le fils du parrain, Chris (Christopher Mintz-Plasse) créé à son tour un nouveau super héros, Red Mist, pour attirer Kick-Ass dans un redoutable piège.


Kick-Ass, Big Daddy et Hit Girl créent une alliance de circonstance pour en finir avec le vice et le crime.


"Kick-Ass" est bien la bombe tant attendue. Un véritable truc de malades. Un film qui met véritablement des coups de pieds au cul pendant deux heures.


Le film est dynamique, déroutant, enlevé. Un pur divertissement de deux heures où le spectateur est happé par un film qui ne ressemble à aucun autre. On en prend plein la tronche et les images nous exposent les mirettes. Une œuvre inclassable c’est sûr.


L’histoire est très prenante. On adhère pleinement tant la magie opère dès que les lumières de la salle s’éteignent. A aucun moment le spectateur se dit que le moindre élément est exagéré tant le scénario est précis et méticuleux. Chaque situation est amenée naturellement et chaque personnage (qu’il soit de premier ou de second plan) trouve sa place idéale dans cet immense puzzle. Matthew Vaughn fait preuve d’un talent incroyable de conteur.


"Kick-Ass" est un film qui fait beaucoup rire. Les moments drôles sont légion. Une réplique, une scène, un regard suffisent à nous dérider. J’ai eu véritablement le sentiment de m’immerger dans une bulle de bonheur.


Sur le fond le film n’hésite pas à adresser quelques coups de griffes bien sentis. Le voyeurisme moderne (au moyen de téléphones portables et caméscopes de tout poil) est vilipendé alors que la création d’idoles éphémères, de phénomènes de foire buzzés par des connexions Internet est au cœur du parcours personnel de Dave devenu Kick-Ass.


Les dialogues sont très crus parfois. Le langage employé n’est pas à mettre à la portée de toutes les oreilles. Au niveau du plaisir je vous recommande de voir "Kick-Ass" en version originale. Certaines répliques de Chloë Grace Moretz (11 ans) valent plus que le détour. Je suis sûr que dans la version française, certaines répliques ont du faire l’objet de coupes (je n’ai pas dit "censure").


Les échanges entre les personnages fonctionnent à merveille. On sent que Matthew Vaughn a du lourdement insister en amont sur cet aspect du film.


"Kick-Ass" fourmille de références. Le long métrage puise sa thématique première dans l’univers des Super Héros ("Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités") mais rend hommage à celles et ceux qui sont passionnés par leurs aventures, les fans ou pour faire plus modernes : les geeks. Matthew Vaughn ne caricature pas ce monde si particulier qui étonne parfois le commun des mortels. Il y a un énorme respect dans son traitement du sujet.


L’intérêt du film est de nous confronter au destin ordinaire d’un type transparent qui suit la route, semée d’embûches, de la starisation.


"Kick-Ass" est un long métrage d’action qui virevolte sans cesse. Les séquences incroyablement dynamiques s’enchaînent sans nous laisser le temps de respirer une seule seconde. Des moments jubilatoires soulignés par une bande originale (dont je vous reparlerai à coup sûr) décapante. Le thème de Hit Girl est sensationnel.


Matthew Vaugh a vraiment osé dans le domaine de l’action. Les angles de caméra sont hardis. Aucun plan ne ressemble au précédent. Le metteur en scène fait preuve ici d’un savoir faire évident car la tonicité et parfois même l’excentricité de passages bien précis ne débordent pas sur la fluidité du récit en lui-même. L’alchimie du long métrage est parfaite.


Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, "Kick-Ass" n’est pas un film violent. La violence est certes présente mais à des moments bien précis qui servent, et non pas desservent, les intrigues. Les gunfight sont nerveux et graphiquement jubilatoires. Quand l’heure est venue de trancher les nœuds de certaines rancunes du passé au beau milieu de l’arène, nous avons le droit à un déluge de balles et à des morceaux de bravoure stylisés au possible. Sur ce plan là c’est l’éclate totale.


Aaron Johnson assure en héros improvisé. Son interprétation est crédible de bout en bout. Une vraie réussite.


Cela plusieurs longs métrages que le grand Nicolas Cage s’était quelque peu dispersé. Dans "Kick-Ass" la sobriété et l’efficacité de son jeu font que le bonhomme retrouve du crédit à mes yeux. Son Big Daddy est très impressionnant.


Mark Strong devient au fil des ans l’une des valeurs sûres du cinéma anglo saxon. En big boss de la mafia il assure grave. Ses relations avec ses hommes de main sont tordantes.


Mais l’énorme révélation de "Kick-Ass" est l’extraordinaire Chloë Grace Moretz dans le rôle de Hit Girl. Une composition détonante, ahurissante. A la base c’est déjà très surprenant de retrouver une gamine dans une production de ce genre mais le plus ahurissant encore est qu’elle incarne un personnage aussi phénoménal qu’une Lady Vengeance en culottes courtes. Le rôle lui va comme un gant. Elle joue du flingue comme pas deux. La jeune comédienne vole clairement la vedette à tous ses partenaires adultes. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Deux ou trois acrobaties de cette combattante de choc, un sourire enjôleur et une réplique qui tue et le tour est joué : Hit Girl est dans nos têtes.


"Kick-Ass" est un long métrage d’une fraîcheur absolue, un film original, une œuvre sacrément bien construite. Un long métrage servi par des comédiens crédibles, des séquences étonnantes de virtuosité et une intrigue plus que plaisante à suivre.


Un coup de pied à nos certitudes cinématographiques.


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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 13:00

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C’est l’occasion qui fait le larron. Un cinéphile, et je me répète souvent sur ce sujet, a des besoins différents à des moments bien précis.


En ce moment j’ai envie de me vider la tête. Sur ce plan les longs métrages utiles sont nombreux. Après un jouissif "Machete", j’ai vu quelques jours plus tard le dynamique "Red" de Robert Schwentke.


Pas besoin de tourner autour du pot pendant 107 ans. "Red", adapté d’une bande dessinée imaginée par Warren Ellis et illustrée par Cully Hamner, est un pur divertissement calibré remplissant parfaitement son rôle du début à la fin.

 

"Red" est un produit, n’ayons pas peur des mots, qui empiète sur plusieurs genres cinématographiques. Outre l’action nous sommes plongés au cœur d’une comédie d’espionnage extrêmement bien ficelée. La machine hollywoodienne a l’art et la manière de mettre en chantier ce genre de films depuis des décennies. Ça marche à tous les coups.


"Red" est un buddy movie d’un genre particulier puisqu’il met en relief des retraités, ex-agents de la CIA, qui se retrouvent pour une dernière mission où une nouvelle fois leurs vies seront en danger.


Le scénario accumule les invraisemblances et les lieux communs mais au diable ces détails. La crédibilité n’a jamais été le fort de telles œuvres. Seul compte le plaisir basique du passionné. Si le cinéma était aussi sérieux et pontifiant que la vie (je ne parle pas du 7ème art français !!!), jamais nous n’irions dans une salle obscure.


L’histoire est prenante car passée les premiers réflexes de "J’y crois, j’y crois pas" nous sombrons au cœur d’un océan de cascades, de situations risquées et de flingages en tout genre. Robert Schwentke met la barre très haut. "Red" est mené tambour battant. Le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer une seule seconde.

 

Souvent c’est le défaut de nombreuses productions : laisser retomber le soufflet après une entame prometteuse. Dans "Red" c’est plutôt l’inverse. La montée se fait crescendo. Les nombreux rebondissements préservent une flamme qui ne s’éteint jamais.


Le film accumule les moments explosifs. Même si le tout se révèle prévisible, le spectateur se prend immédiatement au jeu.


Le long métrage ne fait pas dans la finesse mais je serais tenté de répliquer :


- "Et alors".


La manière de filmer met en valeur les situations périlleuses. Rien de novateur sur le fond mais les savoirs faire utilisés depuis des lustres (les gun fights, les cascades) servent "Red" dans son intégralité.


Le film ménage aussi des moments forts intéressants entre les personnages. Les séquences de pure comédie permettent aux interprètes de faire étalage de leur professionnalisme et leur talent. On ne sait jamais comment les comédiens se comportent sur un tournage (les making of genre "c’est le plus grand réalisateur avec lequel j’ai travaillé" sont illusoires) mais parfois le spectateur ressent que l’ambiance a du être excellente. Là c’est le cas.


"Red" est servi par une poignée de comédiens chevronnés et appliqués. Bruce Willis arrive à nous faire du John McCLane en plus détendu. John Malkovitch incarne un doux dingue paranoïaque du meilleur cru.


Quel bonheur de voir une nouvelle fois à l’écran Helen Mirren. A chaque fois son charme so british fonctionne à merveille.


Mon seul regret concerne Morgan Freeman que je trouve sous employé ici.


Mary-Louise Parker et Karl Urban, la "jeune garde", complète à merveille ce casting de stars.


Quel bonheur aussi que de croiser dans le long métrage un géant du cinéma américain tel qu' Ernest Borgnine (plus de 200 références sur IMDB, la bible du cinéma). Notons aussi les compositions de Brian Cox et Richard Dreyfus.


"Red" n’a certainement pas révolutionné le cinéma contemporain mais il aura fait passer un très bon moment de cinéma à celles et ceux qui ont pris le temps de s’y intéresser.


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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 10:00

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On peut parler d’événement manqué en France.


"Scott Pilgrim" ("Scott Pilgrim vs The World" en VO) aurait du être l’un des joyaux de cette fin d’année.


Mais une sortie confidentielle, une distribution on ne peut plus frileuse et une absence totale (ou quasi-totale) de publicité dans les médias "établis" auront envoyé ce monument cinématographique dans les limbes du 7ème art.


Et comme je le disais encore hier, nous sommes abreuvés pendant ce temps là de produits consommables sans queue ni tête.


Désolant.


Mais je dis bienheureux les cinéphiles qui, comme moi, auront eu la chance d’assister à la projection du nouveau long métrage d’Edgar Wright ("Shaun of the Dead" et "Hot Fuzz" tout de même) car "Scott Pilgrim" restera la Palme d’Or, l’Oscar des fans de 2010.


Assurément.

 

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J’ai longtemps mûri cette chronique car j’avais l’impression qu’il s’agissait d’un Saint Graal rédactionnel. Une entreprise périlleuse. La tâche me paraissait insurmontable mais j’ai quand même décidé de me lancer.


"Scott Pilgrim" est à la base un comics book créé par Bryan Lee O'Malley. Le film d’Edgar Wright fait la synthèse du matériau originel et passe haut la main l’épreuve de l’adaptation cinématographique.


Le film en lui-même est un spectacle complètement barré, débridé, hallucinant en tous points. Un ovni cinématographique, un truc de dingues de presque deux heures. Il nous faudrait un temps fou pour énumérer les moments cultissimes tant Edgar Wright place la barre haut.


Un vrai divertissement de cinéma.

 

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Je récuse fortement l’idée qu’il s’agit d’un long métrage destiné uniquement aux fans même si la multiplication des références et des sources d’inspiration peut en freiner la compréhension globale. A chacun de voir son propre "Scott Pilgrim" avec ses lacunes, ses manques. C’est ainsi.


"Scott Pilgrim" est une comédie romantique touchante à plus d’un titre mais les affres de l’amour (les duos ou triangles amoureux) servent avant tout le propos général et la trame n’est jamais freinée par Cupidon. Edgar Wright touche son cœur de cible avec une approche sacrément intelligente des sentiments amoureux qui animent ses protagonistes. On passe du rire au larmes, de la détresse au bonheur absolu d'un claquement de doigts sans clichés ni poncifs.


Le tissu narratif est tellement éclaté que le monde des séries télévisées (ahhhh les rires enregistrés) s’invite au beau milieu de "Scott Pilgrim" à l’occasion d’une saynète extrêmement drôle entre Scott et son ami Wallace Wells (Kieran Culkin).


La bande dessinée n’est pas non plus en reste avec l’insertion à l’écran de renseignements sur les caractéristiques des différents personnages. Le procédé surprend mais enthousiasme. On y adhère pleinement.

 

Et que dire de la comédie musicale façon Bollywood ? Splendide.


La culture rock donne au film un cachet nerveux, déjanté. La musique construit aussi "Scott Pilgrim". "Sex bob-omb", le groupe de Scott, a une importance capitale dans le déroulement de l’œuvre.

 

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Sur le plan formel les morceaux du groupe transmettent une énergie incroyable au film, une pêche d’enfer. Si le rythme du long métrage est aussi intense, il le doit pour beaucoup à une bande originale d’une originalité si j’ose dire à souligner.


Sur le fond, Scott Pilgrim entretient des relations contrastées avec chacun des membres du groupe. La franche amitié, l’indifférence totale ou la béate admiration sont les sentiments qui animent les membres du "band".


La pierre angulaire du film est bien sûr l’univers des jeux vidéo. Scott Pilgrim (Michael Cera) est un Roméo du 21ème siècle dont la tâche est le charmer sa nouvelle Juliette, la mystérieuse Ramona Flowers (Mary Elizabeth Winstead). Pour se faire le jeune homme de Toronto va devoir affronter "La Ligue des Ex Maléfiques" composé des 7 ex-petits amis de la belle.

 

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Ces affrontements prennent graphiquement la forme de duels qui nous rappellent les jeux de baston et de plateforme de notre enfance. Edgar Wright respecte tous les codes du genre et truffe son film d’innombrables inserts (pas "coin"). Le spectateur progresse en terrain connu.


On a fait mieux depuis en termes de qualité et de définition mais les trentenaires et les quadragénaires seront heureux de retrouver certains des plus grands succès que les plus jeunes appelleraient certainement la préhistoire ludique.


Des combats intenses, démesurés, surprenants, ébouriffants, tous différents. Nous plongeons au cœur d’une série d’instants intenses et jouissifs.


La débauche créative est le maître mot des batailles que mènent Scott Pilgrim. Le jeune homme doit faire appel à bon nombre de savoirs faire. Edgar Wright ne lésine par sur les moyens employés. Aucune séquence ne ressemble à la précédente.


Ces univers sont mêlés de manière frénétique. Le spectateur est béat d’admiration et jubile à chaque seconde. Le film n’arrête pas de nous surprendre. Edgar Wright a visiblement décidé de se lâcher et d’aller au bout de ses idées.


Et le spectacle est phénoménal, intense, ahurissant, prodigieux. Je manque de superlatifs mais "Scott Pilgrim" est une adaptation folle et furieuse qui fera date dans l’histoire du cinéma. On en prend plein les yeux et les oreilles.

 

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Edgar Wright n’y va pas non plus avec le dos de la cuillère. Sa manière de filmer privilégie l’efficacité. Visuellement nous passons d’un endroit à un autre en moins d’une seconde. Chaque plan est unique. Le long métrage fourmille de trouvailles percutantes. Le cinéphile n’est jamais lassé. La technique fait sans cesse exploser la narration. A chaque séquence son innovation. Le film est tellement riche qu’un seul visionnage est un peu juste à mon sens.


"Scott Pilgrim" est un film qui fait beaucoup rire aussi. Mais pas un rire gras et gratuit. Les bons mots sont nombreux, les subtilités omniprésentes. A certains moments l’éclate est carrément totale (quand Scott se jette au travers d'une vitre pour échapper à Knives Chau).


Si le charme de "Scott Pigrilm" opère tant c'est qu’il nous propose une galerie de personnages réellement intéressante et extrêmement contrastée. Le travail scénaristique dessine chaque protagoniste avantageusement. Chacun a son moment de gloire à un moment ou un autre.


"Scott Pilgrim" est servi par des comédiens à la pointe de leur art.


Michael Cera (très crédible déjà dans "Juno") trouve à coup sûr ici son meilleur rôle en fighter improvisé.

 

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Mary Elizabeth Winstead est à coup sûr l’une des étoiles montantes du cinéma nord américain. Son minois si craquant fait sensation. Personnellement j’adore.


Dans la famille Culkin, il n’y pas que…, et le prénommé Kieran pose ses jalons avec assurance en gay et fier de l’être. Sa manière de communiquer avec Stacey, la sœur de Scott, (Anna Kendrick) nous comble de bonheur.


Parmi "La Ligue des Ex Maléfiques" notons la présence remarquable de Chris Evans dans une parodie absolument savoureuse des stars de films d’action (avec l’utilisation de doublures comme cerise sur la gâteau), Brandon Routh ("Superman Returns") en héros végétalien aux super pouvoirs et Jason Schwartzman en boss ultime que doit combattre Scott.


Stephen (Mark Webber) et de "Young" Neil (Johnny Simmons) membres du groupe décrochent aussi des lauriers mérités. 


Outre Mary Elizabeth et Anna Kendrick, "Scott Pilgrim" doit beaucoup à la gent féminine.


Knives Chau (Ellen Wong) la première fiancée de Scott, Julie Powers (Aubrey Plaza) la boulimique de jobs en tout genre et Kimberly Pine (Alison Pill) la batteuse du groupe "Sex bob-omb" se rangent au rayon des éléments incontournables du film.


"Scott Pilgrim" est une œuvre culottée, sacrément bien foutue. Un film qui fera son bonhomme de chemin parmi les fans de la première heure et des autres à défaut d’avoir reçu traitement digne de son rang.


Edgar Wright confirme qu’il est un très grand metteur en scène.


Un long métrage à voir et à revoir.


Tout simplement.

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 09:31

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Parfois il suffit de peu. Une bande annonce fictive, parmi tant d’autres, créée à l’occasion de la sortie du diptyque "Grindhouse" aux Etats-Unis et le tour est joué. Robert Rodriguez a aiguisé l’appétit des fans et suscité un intérêt croissant au fil des mois avec ses trois minutes de "Machete".


Les retours ont tellement été positifs que Robert Rodriguez a mis en chantier, secondé par Ethan Maniquis, un long métrage reprenant les grandes lignes de la bande annonce.


"Machete" se range dans la catégorie des longs métrages qui ne demandent pas d’efforts intellectuels conséquents. Le spectateur prend place, met au rencard des notions telles que la crédibilité, la morale et assiste à un spectacle jouissif et sanguinolent.


Le scénario en est réduit à une peau de chagrin mais on s’en fout. Carrément même. "Machete" est un divertissement, une folie visuelle qui rend hommage aux films de genre bien bourrins des années 70. Avec brio.


"Machete" est un film d’action sévèrement burné. Pas de discours inutiles ni de fioritures. Tout est dans la démesure, l’excès permanent. On en prend plein la poire. Le duo de réalisateur met en scène un spectacle de près de deux heures. Le film assume son côté décalé et nostalgique avec panache. Le second degré omniprésent empêche de film de s’enliser dans les méandres de la bienséance et du politiquement correct.


Le rythme est élevé. On frôle parfois l’emballement. Les séquences chocs s’enchaînent sans coup férir. Quel bonheur. Les moments d’anthologie sont légions.


Je ne vais pas nier que "Machete" est une œuvre violente mais le spectateur est conscient à la base qu’il va assister à une orgie visuelle. Jouer les veuves effarouchées après confinerait à la mauvaise foi pure et simple.


Le sang gicle de la première à la dernière seconde du film. Les têtes volent, les membres sont coupés allégrement et des cascades de sang sont déversées sur nous. La barre est mise très haut. Du gore du plus bel effet.


Le seul élément qui fait franchement tâche est la modernité de certains effets visuels. Un aspect "old school" avec des recettes éculées aurait mieux convenu à un long métrage dont l’ambiance générale et les paysages évoquent la chaleur et la crasse. A force de vouloir trop "post produire" on tombe parfois dans le ridicule.


"Machete" est une formidable collection de tronches de cinéma, de gueules pas catholiques. La réalisation n’y va pas de main morte. Les personnages rivalisent de cruauté et se trahissent les uns les autres.


L’attrait du film est de donner la part belle aux femmes, véritables anges de lmort et de vengeance. De ce côté-là les chevaux sont réellement lâchés. Et cerise sur le gâteau, ces belles qui cognent, flinguent et sèment les cadavres, sont diablement sexy.


L’un des traits de caractère de "Machete" de Rodriguez et de son acolyte est l’humour omniprésent d’un bout à l’autre du film. Le côté décalé et second degré de la plupart des séquences donnent à l’œuvre un cachet totalement déjanté. Les dialogues du Machete sont destinés à devenir culte. Aussi tranchant que la machette elle-même, les phrases assénées par Danny Trejo sont excellentissimes.


Le casting est royal. Danny Trejo, enfin au premier plan, s’en donne à cœur joie. Son aspect monolithique fait sensation. Robert De Niro semble s’éclater. Jeff Fahey intrigue à souhait. Don Johnson incarne une véritable crapule vicieuse avec classe.


Steven Seagal campe le "bad guy" de service pour la première fois de sa carrière et le résultat est plus que concluant. Des idées pour l’avenir ?


Jessica Alba et Lindsay Lohan ont du sex-appeal à revendre. A en baver.


Mais la très bonne surprise du film est la prestation plus que convaincante de Michelle Rodriguez dont le talent éclabousse l'écran à chacune de ses apparitions dans "Machete".


"Machete" est un film qui en donne pour son argent. Il ne s’agit pas d’une œuvre grand public et familiale mais un hommage destiné avant tout aux fans d’un certain cinéma. "Machete" n’a pas vocation à satisfaire les gardiens du temple de la morale bourgeoise mais les cinéphiles.


On ne demande pas autre chose à un film.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 10:00

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Rares sont les cinéphiles qui peuvent garder un œil neuf. La publicité, déclinée sous toutes les formes et imaginables, fabriquée autour d’un long métrage finit par intoxiquer notre manière d’appréhender les choses.


La substance réelle d’une œuvre souffre aussi des légendes, des rumeurs, du bouche à oreilles faits autour d’un long métrage estampillé "événement cinématographique".


"Monsters" a du décevoir plus d’un spectateur. Le premier film de Gareth Edwards a été exposé de façon malhonnête. Un nouveau "District 9" nous disait on. Quelle honte. Établir des passerelles, des similitudes entre deux concepts qui s’avèrent radicalement différents est un crime de lèse cinéma. Si le procédé était exceptionnel un avocat pourrait plaider l’égarement passager ou l’erreur de parcours mais malheureusement la technique pollue le 7ème art contemporain.


A quoi ressemble "Monsters" au final ?


A un long métrage original, iconoclaste, surprenant à bien des égards.


Nous sommes confrontés d’emblée à un sujet qui ferait le bonheur des fanatiques de la science fiction. Une sonde de la NASA envoyée dans l’espace s’écrase aux confins du Mexique en répandant dans l’atmosphère des particules d’une vie extra-terrestre. Plus tard des créatures gigantesques font leur apparition et répandent la mort autour d’elles. Une zone interdite, située à la frontière américano-mexicaine, est contrôlée par les militaires qui y contiennent tant bien que mal cette nouvelle forme de vie.


Au beau milieu de ce chaos nous faisons connaissance avec Andrew Kaulder (Scott McNairy) photographe de son état, employé d’un grand journal, et de Samantha Wynden (Whitney Able) fille du propriétaire dudit journal, obligés d’emprunter la seule route encore disponible pour rejoindre la frontière des Etats-Unis en plein cœur de la zone interdite.


L’entame habile nous amène à penser que le spectateur va être plongé au cœur d’une énième (et utile ?) nouvelle guerre des mondes mais le réalisateur met à peine cinq minutes pour nous renvoyer à nos chères études et à nos certitudes.


Le film prend à virage à 180° et se révèle génial sur le fond et sur la forme.


Les monstres ne sont qu’une toile de fond lointaine et accessoire. A une exception près (une séquence d’une beauté exceptionnelle, mais j’y reviendrai) les créatures ne se dévoilent pas dans leur globalité, leur être, leur puissance destructrice.


Seules les conséquences de leur présence sur terre (la zone neutre, des paysages entièrement ravagés, les zones quadrillées par les armées mexicaines et américaines) constituent une réalité tangible.


Le tour de force du metteur en scène est de provoquer la suggestion plus que de montrer. La part de mystère et les fantasmes demeurent entiers. Le cerveau fabrique ses propres images et ses propres chimères. Mais l’essentiel est ailleurs.


La trouvaille de génie, l’idée lumineuse du long métrage est de bâtir, d’arc bouter un propos sur une relation, celle de deux êtres humains que tout oppose. Ce road movie improvisé par les circonstances est le point de départ à une touchante histoire d’amour qui croit au fil des minutes. A aucun moment Gareth Edwards ne tombe dans la facilité et le pathos gratuit. Le réalisateur évite avec succès bien des écueils et des clichés.


Nous faisons corps avec un homme et une femme qui se découvrent, qui s’apprivoisent comme deux bêtes blessées par la vie. L’incertitude de leurs pérégrinations sur un chemin semé d’embûches fait que leurs destins se retrouvent immanquablement liés. Nous voyageons à leurs côtés dans l’intimité d’une union de circonstance.


La naissance de cette relation originale, entière, vraie donne au film un cachet particulier. Alors que la présence des monstres évoque plutôt le danger, l’urgence, l’amour naissant prive l’œuvre de tout emballement et de toute frénésie forcément mal à propos.


Certains pourraient reprocher au film des longueurs, des passages où le temps semble suspendre son vol mais je pense plutôt que ces scènes contribuent à la réussite de "Monsters". Le réalisateur prend la peine de poser son intrigue, de donner du corps, de la moelle à une relation touchante de véracité plutôt que d’expédier le tout en deux coups de cuillère à pot. 

 

Nous sommes plus dans le domaine de la contemplation que de l'action. Pas de rythme effréné, pas de tension dramatique exacerbée et artificielle, et alors.

 

Même si le parti pris s’avère difficile, la cap est maintenu.


"Monsters" peut être lu aussi sous un angle politique. Le propos général nous parle de frontières, de zones d’exclusion, d’enclos, de forces armées. La répression de l’immigration clandestine est clairement pointée du doigt. Sans en faire des tonnes Gareth Edwards est efficace dans sa démonstration.


La peur de l’autre, de celui qui est différent (dans ses traditions, sa langue) semble être un arrière plan plus que véridique.


L’urgence de la situation agît comme un formidable révélateur. Quand l’être humain dans sa globalité est confronté à un péril qui le menace dans son existence même, il est intéressant d’observer les comportements en situation de crise. La cupidité des uns (le prix d’un billet de bateau) voisine avec la générosité des autres (des paysans pauvres qui dotent nos héros de vivres et de vêtements). Les épreuves font tomber les masques.


Au final le spectateur se demande qui sont les véritables monstres dans cette histoire.


Le film est servi par des images à couper leur souffle. Les panoramas des zones de destruction, sont enrichis par un travail admirable sur la photographie et la lumière.


L’une des dernières séquences du film voit les monstres éclater dans leur réalité. Leur essence éclabousse l’écran. La juxtaposition entre la profondeur des tonalités sombres de la nuit et des couleurs d’un éclat phénoménal nous donne l’occasion d’en prendre plein les mirettes. Des minutes enchanteresses d'une rare poésie. Une émotion palpable aussi.


"Monsters" tire sa réussite enfin d’un duo d’acteurs dont l’alchimie fonctionne formidablement bien. Scott McNairy et Whitney Able se donnent à fond et leur investissement trouve un formidable écho pendant près de deux heures.


Pour la petite histoire, les deux comédiens sont mariés depuis peu.


"Monsters" est inclassable. La science fiction n’est qu’une habile mise en bouche. L’amour véritable, entier, sans concession est le réel ciment et sel du film. L’œuvre agit aussi comme un révélateur de vie. L’une des très bonnes surprises de l’année.

 

Sans nul doute.

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 10:00

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Je suis fan de la saga "Saw" depuis les débuts. Je défends les longs métrages bec et ongles contre celles et ceux (le plus souvent des chroniques officielles écrits par des gens dont le métier est de massacrer les autres alors qu’eux n’ont rien produit de substantiel) qui déversent des tonnes d’immondices sur le dernier né de la franchise.


Le procédé est usité et je me demandes même parfois si ces gens là ne font pas que recopier un précédent article (la leçon de journalisme faites à Georges Duroy au début de "Bel-Ami" de Maupassant est plus qu’éloquente). Dans ma diatribe je n’inclus pas vos avis car vous prenez la peine d’assister aux projections de films.


Je ne vais pas nier l’évidence : le nouveau "Saw" intitulé sobrement (mais affublé d’un cachet de modernité plus que douteux) "3D" (afin d’éviter des jeux de mots pourris, enfin des gens intelligents) n’a pas un scénario dont l’innovation est le maître mot. Les auteurs jouent sur du velours et reprennent les recettes qui ont fait le succès commercial (n’en déplaisent aux chagrins) d’une saga depuis près d’une décennie.


Mais simplicité ne rime pas avec simplification. L’idée d’un énorme puzzle tentaculaire est toujours aussi présente dans nos esprits. A chaque fois je me répète mais on peut difficilement prendre le train en marche et "Saw 3D" est destiné aux fans qui peuvent établir des corrélations, des rapprochements, des renvois entre chaque épisode de la franchise. Les ramifications sont énormes. L’utilisation de nombreux flash back est destinée à nous apporter la connaissance tout en nous confrontant à de nouveaux mystères. Au fil des ans la mécanique s’améliore encore.


Chaque séquence est clairement définie. Au royaume de "Saw" le manque de détails n’a pas voix au chapitre. L’à peu près n’est pas la marque de fabrique de l’équipe artistique.


Kevin Greutert a l’art et la manière de rendre son film tonique. Les séquences chocs s’enchaînent sans coup férir. Le rythme est trépident d’un bout à l’autre. Et la tension nerveuse croit au fil des épreuves que rencontrent de pâles héros confrontés à des choix de vie et surtout de mort.


Au passage le réalisateur en profite pour dénoncer une nouvelle fois le voyeurisme (l’un des piliers de la franchise) dans une séquence d’ouverture extrêmement prenante.


Et la cerise sur le gâteau réside une fois de plus dans l’ingéniosité des pièges proposés. La créativité est l’un des arguments majeurs de "Saw 3D". A chaque fois les limites de l’horreur sont repoussées. Les corps sont déchiquetés, le sang gicle à profusion. On en prend plein la poire. Le film demeure avant tout un bon petit film d'horreur qui en donne pour son argent aux spectateurs.


Quel bonheur. J’aime ce déchaînement de violence à l’écran et je n’en ai pas honte. Il faut arrêter de croire que le cinéma en inspire certains ou qu’il y a un quelconque danger à montrer une barbarie exponentielle. La vie se charge de nous rappeler tous les jours qu’elle est bien plus dangereuse que le 7ème art. Arrêtons de nous voiler la face est de penser que le cinéma a une influence néfaste ou à l’inverse une mission éducative voire civilisatrice.

 

La tendance qui veut que des oeuvres soient investies de tel ou tel but m'éxaspère au plus au point. Redevons basiques dans notre approche du cinéma. Prenons notre pied ou détestons un film car c'est notre choix.


Le cinéma reste une forme d’art comme une autre.


Ni plus, ni moins.

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:00

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Après un événement tel que "Buried" il était plus que nécessaire de lâcher les chevaux avec une œuvre visuellement ambitieuse et sacrément culottée.


Avec "Unstoppable" je fus largement servi. Et même au-delà.


J’ai déjà vu un bon nombre de longs métrages d’action dans mon existence mais cela faisait longtemps que je n’avais pas pris autant mon pied.


On peut tout reprocher à Tony Scott mais pas de s’investir à fond dans une production et de nous en donner pour notre argent. Le metteur en scène britannique à l’art et la manière de nous coller au fond de notre fauteuil. Du bonheur à l’état pur pour les fanatiques d’un cinéma d’action que seuls savent mettre en chantier les anglo-saxons. Il s’agit d’un opus de plus d’un cinéma dit commercial.


Et alors.


Un train fou chargé de matières toxiques lancé sans conducteur à pleine vitesse sur le réseau ferré de la Pennsylvanie, un ingénieur fraîchement sorti de l’école et un conducteur chevronné qui s’improvisent héros d’un jour pour éviter un accident majeur, tel est le résumé lapidaire de "Unstoppable".


Il est évident que l’argument fort du long métrage n’est pas son scénario. Les lieux, les situations et les moyens employés changent mais on se retrouve mis en présence d’un film catastrophe dans la plus pure tradition hollywoodienne. Nous savons où nous mettons les pieds avec cette trame usée jusqu’à la corde dans les années 70.


Le génie de Tony Scott est de redonner ses lettres de noblesse à un genre cinématographique en perdition avec une œuvre nerveuse et pleine de rythme, interprétée par des comédiens on ne peut plus doués.


Chaque fois que le spectateur moyen est confronté à ce type de productions, la première pensée est que le propos semble énorme, sacrément gonflé voire exagéré. Mais la magie opère immanquablement. La vraisemblance est envoyée dans les limbes. Le train d’enfer de notre plaisir peut alors démarrer sans coup férir. On y croit véritablement.


Nous sommes plongés au cœur d’un divertissement qui respecte son public avant toute chose.


L’entame est habile. En quelques minutes Tony Scott pose plante son décor, brosse un portrait succinct de ses personnages et installe l’intrigue générale. La mécanique est bien huilée. Point de conversations ni d’intrigues secondaires forcément inutiles. L’efficacité est le maître mot du long métrage.


Scénario minimaliste, comportant son lot de clichés et lieux communs nécessaires, certes mais réglé comme du papier à musique. Le metteur en scène connaît parfaitement son cœur de cible. Nous avons besoin de ces sempiternels rebondissements qui pimentent ça et là un tel film. Tony Scott joue la carte de la qualité. A intervalles réguliers, les protagonistes subissent le contrecoup des événements.


Le rythme du film s’accélère au fil des minutes et la tension s’installe au fur et à mesure. Le train accélère, la catastrophe semble inévitable et notre cœur bondit à chaque développement. Le suspense est à son comble. Les moments de bravoure sont légions.


Sur le plan du divertissement "Unstoppable" est une réussite. Pendant 1h45 minutes nous en prenons plein les yeux avec ce concentré d’adrénaline pure.


Le tout est superbement filmé. Les chagrins regretteront les caméras qui tressautent sans arrêt mais comment mettre en scène un long métrage aussi nerveux avec un certain académisme dans la manière de filmer les choses.


Tony Scott utilise parfaitement la technique et les moyens mis à sa disposition. Son style force l’admiration des plus réticents. Cela participe pleinement de notre implication dans "Unstoppable".


L’un des points forts du film est sa photographie éclatante. La luminosité générale magnifie la beauté des décors naturels. Les teintes des constructions, des locomotives, ou des costumes des acteurs bénéficient d’un traitement à la limite de la saturation. Les images claquent à l’écran.


La musique d’Harry Gregson-Williams renforce l’impression croissante d’emballement et de frénésie. Il n’y a pas un thème principal à retenir en particulier comme dans certains longs métrages de légende mais plutôt une ambiance générale qui nous sied.


Pour la quatrième fois Denzel Washington collabore avec Tony Scott et le spectateur ressent que l’entente est parfaite entre les deux artistes. L’acteur américain joue sa partition en toute quiétude. Il mélange sérieux et détente. Il fait tout simplement du Denzel Washington.


Dans l’éternel numéro vieux briscard jeune loup, Chris Pine tire son épingle du jeu avec un naturel désarmant. Il fait partie de la jeune garde montante appelée à prendre les commandes du cinéma hollywoodien et sa prestation est sans fautes.


Rosario Dawson s’impose sans difficulté au beau milieu de cet univers masculin où suinte la testostérone.


"Unstoppable" remplit à merveille l’unique mission qui échoit traditionnellement à ce genre de productions : donner du plaisir aux gens. Basé sur des faits réels le film donne le frisson et s’attache à nous mener d’un point A à un point B sans difficulté. Tony Scott est l’un des maîtres du cinéma d’action et signe avec "Unstoppable" l’un de ses meilleurs films.


Le mot "fin" au générique agît comme une sanction bien injuste.


 

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 10:00

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Malheureusement les événements cinématographiques se font rares de nos jours. Le cinéma moderne est engoncé dans une épaisse enveloppe de conformisme et d’académisme. Les expériences visuelles qui conditionnent un avant et un après sont à compter sur le bout des doigts.


"Buried" de Rodrigo Cortés appartient à cette catégorie d’œuvres qui marquent le public, la critique et les annales du cinéma. Un moment, une parenthèse qui nous change à jamais. Une temporalité autre qui repousse les limites du déjà-vu.


Paul Conroy (Ryan Reynolds) est chauffeur routier en Irak. Kidnappé, il se retrouve prisonnier dans un cercueil de fortune et enterré profondément. Pour survivre tant bien que mal il possède un briquet, une torche électrique et un téléphone portable. Ses minutes semblent comptées.


Rodrigo Cortés réussit un pari monumental : passionner son auditoire pendant 1h35 avec un huit clos intégral. Point de préambule ni de conclusion à l’air libre (l’impact du film aurait été certainement moindre). Le spectateur partage pleinement cette claustrophobie imposée par la force des choses. Nous sommes coincés entre quatre planches au même titre que ce type ordinaire qui ne comprend pas trop ce qu’il lui arrive.


"Buried" est construit sur la présence d’un seul personnage à l’écran. C’est l’une des forces du long métrage et l’un des ses nombreux centres d’intérêts. Seuls des appels téléphoniques et une vidéo reçue sont des fenêtres sur le monde, sur un ailleurs.


Jamais le besoin de respirer ne s’était fait sentir à ce point. Le sentiment d’enfermement nous prend aux tripes dès les premières secondes. L’obscurité initiale et l’étroitesse du lieu installent une impression de malaise permanent qui perdure de bout en bout. L'emprisonnement réveille la pire de nos terreurs nocturnes. Un cauchemar de 95 minutes qui bouscule tout sentiment de bien être et d’assurance. Comme Paul Conroy nous voyageons au cœur de la peur primale.


Le metteur en scène espagnol maintient le cap sans laisser au spectateur le temps de reprendre son souffle. Le rythme est entretenu par une succession d’événements aussi imprévus que détestables. Rodrigo Cortés agît tel un charmeur de serpent. Jamais il ne nous laisse l'opportunité de nous ressaisir et de penser : "après tout c’est du cinéma".


Son décor est tellement bien planté et l’immersion si profonde que le public perd pied. Le suspense, l’abandon, l’angoisse vissée aux tripes grandissent en même temps que les images défilent sous nos yeux. Quand la détresse morale et la douleur physique sont à leur paroxysme, on souhaite que tout se termine au plus vite pour Paul Conroy. Qu'importe la manière.


Homme de son temps, Rodrigo Cortés utilise le téléphone à bon escient comme vecteur pour faire rebondir son long métrage sans cesse. Les coups de fil échangés entre ce chauffeur routier et les autorités américaines, un service d’urgences et son employeur nous font sortir de nos gonds. Lourdeur administrative ou incompréhension chez les uns, cynisme chez les autres, tout y passe.


Dans "Buried" le sentiment d’abandon est l’un des constantes du long métrage. Le spectateur lambda dans un éclair de lucidité se rend compte que l’espoir est factice tant les chances de survie de ce pauvre héros semblent bien dérisoires. Cette certitude contrefaite donnée par des correspondants anonymes met en relief le monde dans lequel nous vivons. L’égoïsme de la société transperce de part en part l’œuvre de Rodrigo Cortés.


Techniquement "Buried" est aussi pleinement une réussite. Même si le spectateur se rend parfaitement compte que Rodrigo Cortés triche en quelque sorte avec l’exiguïté supposée du lieu (8 cercueils ont en fait servi lors du tournage), le piège fonctionne à merveille.


Le réalisateur nous offre des dizaines d’angles de caméras qui installent cette claustrophobie communicative. La personne est tantôt cadrée dans sa globalité, tantôt dans ses multiples divisions. Les expressions physiques du corps (la douleur, la sueur) agissent comme un véritable langage corporel.

 

Le film est construit sur l'alternance entre obscurité et clartés artificielles (flamme d'un briquet, torche électrique ou néons flexibles) et des sentiments qui s'y rattachent. La lumière c'est la vie, la pénombre ou le noir total soulignent nos paniques les plus élémentaires. Le travail photographique sur "Buried" est diablement admirable.


Ryan Reynolds porte le film sur ses épaules si j’ose dire. Une performance de premier ordre, une prestation qui fera date dans l’histoire du cinéma. L’acteur américain met en valeur un jeu sûr aux multiples nuances. Jamais il n’avait aussi convainquant.


"Buried" est plus qu’un film parmi tant d’autres. C’est aussi une expérience de vie, un voyage aux frontières de la frayeur la plus basique. Un tour de force de génie d'un réalisateur qui prend place dans la cour des grands.


Une œuvre de fiction qui nous enterre à six pieds sous terre.


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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 10:00

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Un film aux coûts minimes qui rapportent des montagnes de dollars à ses producteurs est une mine d’or. Le phénomène "Paranormal Activity" d’Oren Peli fut l’un des événements cinématographiques de 2009. Qu’importe la qualité du film en lui-même diraient les pontes d’Hollywood, seul compte le dieu billet vert.


Il va de soi qu’une suite était inévitable vu l’ampleur du buzz initial et de ses retombées médiatiques.


La sortie de "Paranormal Activity 2" ne fera pas changer les aficionados et les détracteurs de ce genre de longs métrages, chaque camp restera à coup sûr sur ses positions.


J’ai aimé le premier film et je dois dire que j’ai encore plus apprécié ce second opus que je trouve plus abouti. J’adhère complètement.


Même s’il s’agit d’une suite le film s’attache à se positionner en amont des tragiques événements décrits dans "Paranormal Activity". Mais au final le passé rattrape quand même le présent.


Cependant je ne vous en dis pas trop…


Kristie (Sprague Grayden), sœur de Katie (Katie Featherston) et belle sœur de Micah (Micah Sloat), héros de "Paranormal Activity", revient au domicile familial avec son mari Dan (Tim Clemens), sa belle fille Ally (Molly Ephraim) après la naissance de son bébé Hunter. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où de mystérieux phénomènes commencent à se produire.


Le défi est de taille : passionner avec un canevas qui semble identique. Et pourtant Tod Williams, metteur en scène de ce second film alors qu’Oren Peli en est le producteur, s’en sort avec plus que les honneurs. Même si l’effet initial de surprise ne joue forcément plus, "Paranormal Activity 2" garde en lui-même une fraîcheur inchangée.


Il va de soi que le concept de base reste le même : un caméscope (subjectif) filme tout en permanence. Mais l’installation de caméras de surveillance fixes disséminées dans toutes les pièces de la maison, justifiée par un cambriolage dans les premières minutes du long métrage, démultiplie les angles de vue et les possibilités de surprendre les spectateurs.


Je ne vais pas essayer avec mes mots de convaincre les sceptiques. La première heure du film est résolument lente. Le spectateur a le temps de s’imprégner de tous les lieux qui lui sont proposés. On apprivoise l’espace en quelque sorte. Chaque meuble, chaque objet nous devient familier. Il ne se passe pas grand-chose de capital. Nous suivons la vie de cette famille recomposée dans son quotidien on ne peut plus banal.


Ce faux rythme n’est qu’un prétexte servant à nous rassurer, nous imposer une vision idéale. La présence des personnages de l’opus initial sonne comme une piqûre de rappel.


Mais plus le temps passe, plus cette charmante et cossue résidence finit par ressembler à un piège. L’ambiance légère et heureuse, motivée par le retour à la maison d’une mère et de son nouveau né, se transforme au fil des minutes en un climat très pesant. Le moindre recoin recèle son lot de surprises et de dangers.


Le film bascule et les événements s’accélèrent. Un esprit démoniaque frappe ça et là en s’attachant à désunir une famille si unie. Le pivot de l’histoire semble être le nouveau rejeton. La force qui s’acharne sur cette famille met à mal (!!!) la relation mère fils.


Les attaques sont plus nettes que dans le premier film. La thématique de la possession, maintes et maintes fois traitée au cinéma, donne l’occasion au réalisateur de mettre en place une charte graphique sobre mais particulièrement efficace.


Le calme apparent est secoué par des séquences chocs visuellement agréables. Les ressorts de la surprise sont universellement connus. Un placard ou une porte qui claquent ici ou là, une casserole qui se détache sont utilisés depuis des lustres par des metteurs en scène en mal de sensations pour produire l’effet désiré mais tout est question de tempo et de positionnement. Dans "Paranormal Activity 2" les trucs les plus basiques fonctionnent encore.


Après de longs plans fixes silencieux, dans lesquels le spectateur se demande d’où le diable va-t-il sortir de sa boîte, surviennent d’éphémères fulgurances qui glacent d’effroi. Le réalisateur trouve le juste milieu entre le trop peu et le grand guignolesque tape à l’œil. Les ressorts employés sonnent justes.


Les comédiens sont plus qu’à la hauteur. Je devrais même dire : "Honneur aux femmes". Sprague Grayden porte une partie du film sur ses épaules et elle assure un maximum tandis que la jeune Molly Ephraim impose son joli minois à l’écran et un jeu plein de diversité.


"Paranormal Activity" n’innove pas mais divertit indiscutablement. Sur un chemin balisé, le film passionne avec une lente mais inéluctable montée de la tension nerveuse. La conclusion dramatique du long métrage, quasi identique à "Paranormal Activity" premier du nom, n’occasionne pas le même effroi mais plutôt un sentiment de malaise similaire.


 

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