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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:00

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Le cinéma est bizarre (bis).

 

Parfois je n’attends rien de particulier d’un long métrage et je suis très agréablement surpris par son contenu. A l’inverse je place souvent d’énormes espoirs dans une production annoncée à grands renforts de publicité et je me retrouve horriblement déçu.

 

C’est l’impression que m’a laissée récemment "The Green Hornet" de Michel Gondry.

 

Je ne jouerai pas avec vous le jeu des comparaisons entre le film et la série des années 60. Mes souvenirs sont trop vagues.

 

"The Green Hornet" (c’est vrai que "Le Frelon vert" ça fait moins vendeur, surtout en France) est à la croisée d’un véritable film d’action mettant en scène un type ordinaire qui s’improvise héros et une comédie carrément barrée. Du coup le film oscille de l’un à l’autre des genres sans jamais clairement marquer son enracinement.

 

Le long métrage apparaît comme une œuvre de commande tant le style si fouillé, si excentrique  de Michel Gondry se retrouve dilué dans une production hollywoodienne formatée et calibrée. Quel dommage que le metteur en scène français n’apporte pas sa touche personnelle, le brin de poésie et la touche de folie qui le caractérisent.

 

Michel Gondry semble avoir été dépassé par ce projet né sous l’impulsion d’un Seth Rodgen à la fois co-scénariste et acteur. A se demander si le metteur en scène n’a pas été ici qu’un simple exécutant.

 

L’ensemble est convenu d’avance. Le scénario est ampoulé à souhait. L’histoire traîne en longueur. Le choix du héros Brit Reid (Seth Rodgen) de se faire justicier prend des heures. J’ai carrément décroché à plusieurs reprises.

 

Le film manque de tonus. Il aurait certainement gagné en punch avec le retrait d’une vingtaine de minutes. Les discussions avec Kato (Jay Chou) sont interminables et n’apportent rien au rendu final.

 

Ce qui m’a horripilé au plus haut point est le tour pris par certaines séquences. L’œuvre pataugeait parfois dans un comique lourdingue mal à propos. J’espérais voir un vrai super héros, pas un clown à la petite semaine.

 

Le choix de Seth Rodgen comme star d’une production de ce type pose problème. L’acteur américain est à l’aise dans bon  nombre de comédies qui tapent au dessous de la ceinture mais a-t-il les épaules, et surtout l’honnêteté pour déclarer forfait ici ?

 

A mon sens non. Le personnage du Frelon Vert manque de charisme et d’épaisseur. Cette crédibilité proche du zéro a eu un impact énorme sur ma vision du film.

 

A cela vous ajoutez un Christoph Waltz très mal utilisé. Son potentiel de méchant de service est noyé dans un ensemble mal équilibré et pompeux. Cameron Diaz incarne à merveille la potiche. Elle mériterait l’Oscar de la plante verte tant sa prestation marquera les cinéphiles.

 

"The Green Hornet" a des séquences d’action très efficaces menées tambour battant. Les poursuites sont agréables et les effets pyrotechniques très bien filmés.

 

Le long métrage bénéficie aussi de l’apport d’une technologie omniprésente dans la lutte de Brit Reid contre le crime organisé. La présence à l’écran de The Black Beauty est l’une des principales satisfactions du film. Quelles lignes.

 

Sur le plan de l’interprétation, seul Jay Chou (que je connais depuis bien des années moi l’amoureux du cinéma asiatique, regardez juste "Initial D") tire son épingle du jeu. Son Kato déborde de vie et d’énergie. Sa présence à l’écran éclipse celle de son "maître". Il vole la vedette à Seth Rodgen. Un pur régal.

 

Ces éléments sauvent le long métrage d’un naufrage intégral.

 

Le film ne m’a même pas diverti alors que je ne demandais que ça à la limite. C’est une pure machine de combat, un produit manufacturé impersonnel. Si vous désirez voir une œuvre authentique et racée de Michel Gondry, passez votre chemin.

 


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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 10:00

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10 longues semaines à attendre, à trépigner avant d’assister à la projection de "Harry Potter et les Reliques de la Mort-1ère partie" mis en scène par David Yates.

 

Mon intention était double : j’ai pris le temps pour revoir en dvd les 6 premiers volets de la saga du petit sorcier à lunettes, histoire de me replonger à corps perdu dans un univers qui me passionne, et j’ai voulu aussi raccourcir au maximum l’écart avec la sortie de la seconde partie de ce diptyque.

 

Je dois avouer en toute simplicité que le monde d’Harry Potter me fascine au plus haut point. J’attends avec impatience la clôture de la franchise pour me jeter sur les ouvrages de J.K. Rowling.

 

Ce 7ème long métrage est clairement une réussite. L’histoire captive son auditoire sans difficulté et la technologie apporte un souffle nouveau à l’ensemble.

 

Sur le plan scénaristique le virage amorcé à la fin du 5ème film se confirme dés l’entame du long métrage.

 

"Harry Potter et les Reliques de la Mort-1ère partie" est une œuvre très sombre, d’une noirceur incroyable qui laisse peu d’espoir aux combattants de la lumière opposés aux mangemorts menés par Lord Voldemort.

 

Le public a grandi en même temps que le jeune Harry Potter. Il est clair que les différents chapitres de la saga cinématographique visent désormais un public plus large, plus adulte avec cette nouvelle tonalité.

 

L’enfance et l’innocence qui en découle semblent bien loin. Poudlard, refuge par excellence, est à des années lumière de nos jeunes héros.

 

Pour Harry (Daniel Radcliffe), Ron (Rupert Grint) et Hermione (Emma Watson) est venu le temps de l’errance et de la fuite en avant. Toutes les certitudes ont volé en éclats. Le mal gagne du terrain de jour en jour et les trois jeunes sorciers ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes.

 

"Harry Potter et les Reliques de la Mort-1ère partie" dure aussi longtemps que ses devanciers. L’intérêt d’avoir scindé le 7ème roman saute aux yeux dès les premières secondes du film, et n’entre pas vraiment dans une logique commerciale au grand dam de ceux qui prétendent le contraire.

 

Ce choix judicieux permet au metteur en scène de poser sa trame principale d’une manière absolument admirable. Les enjeux sont clairement dessinés. Les intrigues secondaires ont du corps. David Yates trouve ici l’occasion de prouver son savoir faire, bien aidé bien sûr par un scénario pointu.

 

Nos jeunes héros sont confrontés à la fois aux périls de la mort, au mal qui gagne du terrain  mais aussi aux affres de leur âge. Les tourments amoureux s’insèrent admirablement bien dans une œuvre qui n’a rien se sentimentaliste. Harry, Ron et Hermione sont des jeunes gens qui se cherchent.

 

Chaque personnage trouve son heure de gloire à un moment ou à un autre du film.

 

Je l’ai déjà dis mais ce qui prédomine est ce sentiment de désolation, de déshumanisation qui habitent le monde des jeunes sorciers. Les remparts face à Voldemort tombe les uns après les autres. A l’écran ce sentiment ce traduit par la traversée de lieux vides de la moindre étincelle de vie. La photographie est terne. Le silence glace les sens.

 

Dans ce 7ème film la fidélité et l’amitié sont aussi mis à rude épreuve. La peur, l’hésitation, le doute et la colère parasitent l’indéfectible union de notre trio de sorciers.

 

"Harry Potter et les Reliques de la Mort-1ère partie" laisse une place relativement importante aux émotions pures et à la souffrance. La mort de Dobby, l’elfe de maison, est l’un des plus poignants et émouvants décès qu’il m’ait été donné de voir en 35 ans de cinéma.

 

Mais il ne faudrait pas croire que le long métrage est contemplatif. Les séquences d’action sont très nombreuses et parfaitement agencées. David Yates s’emploie à nous en donner pour notre argent. L’entame du film est vertigineuse et le rythme par la suite ne faiblit jamais.

 

Les instants intenses (la poursuite dans Londres par exemple) nous collent au fond de notre fauteuil car la technologie employée, maîtrisée de bout en bout, permet des audaces incroyables.

 

Le film déborde de moments savoureux (l’introduction au Ministère de la Magie) voire carrément jouissifs (l’histoire des Reliques de la Mort en dessin animé, absolument génial). L’univers magique du monde d’Harry Potter est souligné par mille et une trouvailles visuelles qui ponctuent le film.

 

Daniel Radcliffe incarne un Harry Potter tourmenté, attaqué, affaibli avec une maturité déconcertante.

 

Rupert Grint trimballe sa bobine de rouquin de film en film avec ce mélange d’humour, de maladresse et de courage insoupçonné et insoupçonnable qui le caractérisent. Sa prestation est mémorable.

 

Mais la très grande révélation du film est Emma Watson. Son charme opère à chacune de ses apparitions. Son jeu, mélange d’audace et de retenue, aimante l’auditoire.

 

L'occasion est donnée à maintes reprises aux trois compères, au détour de nombreuses scènes de dialogues, de faire étalage de leurs talents de comédiens avec des échanges plein de finesse et d'un certain humour.

 

A leurs côtés, Ralph Fiennes, Brendan Gleeson, Alan Rickman et Helena Bonham Carter sont au rendez vous et campent exactement ce que l’on attend d’eux : des personnages hauts en couleur, un rien baroque, qui apportent leur pierre à l’édifice avec talent et professionnalisme.

 

La musique d'Alexandre Desplat trouve naturellement sa place ici. Des mélodies cristallines et des thèmes appuyés accentuent tel ou tel moment du film.

 

Dans "Harry Potter et les Reliques de la Mort-1ère partie" nos héros semblent arrivés au bout de leur quête et leur perte semble très proche. 

 

Mais parfois quand le fond du gouffre est atteint, il subsiste une lueur d'espoir capable de redonner de la force et du courage à des âmes pures.

 

A suivre...

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 10:00

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Avis à la population : l'esprit Disney n’est pas mort du tout.

 

C’est une évidence.

 

"Raiponce", 50ème long métrage de la firme sur grand écran, mis en scène par Byron Howard et Nathan Greno marque un retour fracassant de Disney sur le devant de la scène.

 

Le long métrage se montre à la fois fidèle à la légende, aux traditions et se voit doté d’une âme capable de drainer les nouvelles générations. Une véritable réussite.

 

Quel délice que de se replonger dans une œuvre où se mêlent poésie, entrain et humour. Un cocktail parfaitement dosé.

 

Nous avons toutes et tous grandis avec les princes, les princesses et les méchants de la firme aux grandes oreilles. Ces (anti-) héros furent nos compagnons de jeunesse.

 

"Raiponce" opère un habille retour aux sources. L’histoire nous captive dès les premières secondes par sa thématique certes classique mais dynamisée par une mise en scène plus que brillante.

 

Le récit est simple, pas simpliste, fluide, rythmé. Les personnages sont entiers, attachants.

 

La Princesse Raiponce est espiègle, aimante. Sa candeur fait fondre les cœurs. Sa protectrice, une méchante digne de ce nom, est parfaitement crédible. Ni plus, ni moins.

 

La narration se trouve stimulée par une enchaînements de péripéties qui nous scotchent à notre fauteuil. Le mouvement, omniprésent, donne à "Raiponce" un peps incroyable.

 

Le film déborde de bons sentiments, de fraîcheur et d’une touche nostalgique qui sied à l’ensemble. L’une des caractéristiques essentielles du film est qu’il respire la vie d’un bout à l’autre. "Raiponce" est un véritable bol d’air frais.  

 

"Raiponce" est une ode féerique à la pureté des sentiments, un hymne à l’amour aussi.

 

L’art de Disney est de proposer aux spectateurs des situations pour le moins improbables. Les séquences entre Flynn Rider, voleur au grand cœur, et son canasson sont l’occasion d’effets absolument cocasses.

 

Car dans "Raiponce" nous rions énormément. Cela faisait des lustres que je n’avais pas autant ri dans un long métrage d’animation. Disney a sacrifié une certaine rigidité sur l’autel du bon plaisir. Chapeau bas.

 

Les sympathiques interventions du caméléon sont carrément jouissives. En revenant à l’essentiel, Disney s’est mis au diapason des autres firmes et de l’air du temps. Le rire se veut franc. C’est indiscutable.

 

Du coup le long métrage se retrouve moins guindé, moins empesé. L’apport d’un esprit novateur, de gags décalés et quelque peu irrévérencieux ancre le film dans notre société.

 

Sur le plan technique "Raiponce" est une merveille. L’utilisation des nouvelles technologies permet au film d’être en perpétuel mouvement, jusqu’à l’étourdissement même.

 

Certains passages sont d’une beauté incroyable (l’envol des lampes) et resteront dans les mémoires. La modernité permet à la trame d’exploser dans tous les sens. Toutes les audaces sont permisses. Disney a pris un risque énorme avec "Raiponce ".

 

Et pourtant le pari est gagné haut la main.

 

Petite précision : j’ai vu le film en 2D. D’après ce que j’ai pu lire ici ou là l’apport de la 3D se montre enfin décisif. Le mouvement semble surgir de l’écran pour nous exploser les mirettes. A confirmer.

 

L’autre élément quasi indispensable est la bande son de "Raiponce". Les chansons (en VF) sont intelligibles, les thématiques fédératrices.

 

"Raiponce" se révèle être une très agréable surprise. Un long métrage au carrefour entre tradition et innovation. Un concentré de bonheur qui plaît à toutes et à tous.

 

A voir.

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 10:00

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Le cinéma adore les justiciers solitaires qui appliquent la loi du Talion en s’affranchissant des barrières telles que la loi et la morale.

 

Bien souvent le 7ème art a montré, expliqué sans pour autant condamner de tels actes. La fiction permet aux créateurs bien des libertés éthiques.

 

Les exemples sont nombreux mais les prestations de Charles Bronson dans les deux premiers volets de la saga "Un Justicier dans la ville" (les autres épisodes sont pour le moins gratuits et répétitifs voire grotesques) ont marquées les esprits à plus d’un titre.

 

L’acteur américain a établi les canons du genre (un type ordinaire confronté à une cruelle injustice qui décide de se comporter en vengeur, palliant ainsi les carences d’une justice laxiste).

 

"Harry Brown" mis en scène par Daniel Barber est un long métrage qui nous plonge dans l’existence d’un homme (Michael Caine) brisé par le chagrin et la perte de la femme aimée. Un anti-héros par essence dont la vie touche une profondeur abyssale quand son meilleur ami est massacré par des dealers sans foi ni loi.

 

"Harry Brown" est un thriller sombre dont la lourdeur s’insinue par chaque pore de notre peau. Le climat est déprimant à souhait. C’est un vrai film d’ambiance car nous côtoyons l’Angleterre des banlieues, du chômage et le dénuement total. Les habitations sont tristes, le gris domine. La misère sociale teinte l’œuvre d’un bout à l’autre.

 

Ces espaces confinés, inquiétants sont le terrain d’exercice des bandes et de leurs trafics en tout genre. La peur règne en maîtresse. La police semble avoir baissé les bras.

 

En plein cœur de ces zones de marasme la violence gratuite touche les plus faibles.

 

Daniel Barber brosse avec brio un tableau sans concession. Sa réussite est de créer un panorama crédible.

 

Le film collectionne les séquences chocs où les hommes agissent sans fioriture. La mise en scène joue la carte du réalisme. Point de discussions parasites. Quand  Harry Brown prend le taureau par les cornes, la violence devient exponentielle, les tabous et les inhibitions obsolètes.

 

Le réalisateur met en images le sentiment qui nous anime tous et toutes un jour ou l’autre dans notre existence : la soif de vengeance.

 

"Harry Brown" est le portrait d’un homme que rien ne prédispose à tant de férocité dans les actes. Ancien militaire ayant servi en Irlande du Nord, le citoyen Brown est devenu un paisible retraité. La perte de sa femme le fragilise. Les moments d’émotion à fleur de peau sont très émouvants. Ils nous touchent car les larmes, les regards vident de la moindre étincelle de vie sont plus évocateurs que tous les plus longs discours du monde.

 

L’intérêt du film est de ne pas transformer les actes du principal protagoniste en une croisade fondée sur des principes idéologiques. Harry Brown n’obéit pas à des préceptes politiques, religieux ou moraux. Il agît simplement pour se défendre et faire payer la note à de petites frappes qui terrorisent un quartier. Son implication dans la violence est directe, primale diraient certains.

 

Daniel Barber ne juge pas Harry Brown. Sans concession il montre la violence de manière presque basique. Son film prend parfois l’apparence d’un reportage. La teinte sociale semble évidente.

 

Sur le plan technique la photographie, où les tonalités sont résolument ternes, traduit admirablement ce climat social de désolation et de misère.

 

Le film glace le sang car il laisse peu de lueurs d’espoir. Oeuvre de fiction certes mais extrêmement réaliste et efficace. L’Angleterre de la City, des mariages princiers et des milliardaires propriétaires de clubs sportifs semble à des années lumière. Dans "Harry Brown" nous avons l’impression de nous retrouver il y a trente dans la Grande-Bretagne en crise (les mineurs, les dockers) des années Thatcher.   

 

Un cadre où Michael Caine fait preuve une fois de plus de ses dons exceptionnels de comédien. Il porte le film sur ses épaules et c’est lui qui insuffle de la vie à son personnage avec brio. Son implication est totale. Un coup de maître.

 

Difficile de soutenir la comparaison ?

 

Et pourtant Emily Mortimer, l’une des comédiennes britanniques les plus douées de sa génération, donne la réplique avec une très grande classe. C’est une actrice que j’admire depuis des années. Elle n’a pas une beauté qui va faire lever les foules (merci aux standards érigés par les magazines !!!) mais possède du charme à en revendre et une présence à l’écran d’une intensité phénoménale. Emily Mortimer appartient la catégorie de ces artistes qui remplissent l’espace qui leur est alloué le temps d’une séquence ou d’un film en entier. Son jeu est sûr et sans fausse note. Un vrai plaisir de cinéphile.

 

"Harry Brown" est l’une des très bonnes surprises de ce début d’année 2011. Un long métrage qui nous touche par la dureté de son propos et l’impression faite aux spectateurs.

 

A voir sans hésiter.

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 10:00

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Les enfants que nous sommes restés adorent les belles histoires, les héros intemporels. Depuis près d’un quart de siècle, avec les progrès de la technologie, les canevas du passé ont été dynamités. Toutes les audaces et expériences sont désormais possibles. Le puit d’inspiration est sans fond.

 

"Megamind" de Tom McGrath appartient à la catégorie de longs métrages où les risques pris sont nombreux. Sur la forme (couleurs, animation) l’œuvre reste accessible aux plus jeunes mais l’irrévérence du ton employé, le parti pris de donner la vedette au méchant de service témoigne de la volonté de parler aux adultes et de confronter ces derniers à des situations étonnamment modernes.

 

"Megamind" est un dessin animé très drôle, émouvant, percutant, dynamique. On ne s’ennuie pas une seule seconde.

 

Le film commence très fort et maintient le rythme élevé tout du long. Les nombreux gags témoignent d’une créativité sans limites. L’ensemble bénéficie d’un déroulement maîtrisé à la perfection.

 

L’œuvre multiplie les clins d’œil, les références cinématographiques. Notre plaisir de cinéphile se trouve décuplé par les appels du pied entre autres au "Superman" de Richard Donner. On rit de bon cœur.

 

Les dialogues sont savoureux à plus d’un titre. Les échanges entre Megamind, Métro man, Roxanne Ritchi et Titan sont plus que cocasses. On sent que le travail d’écriture a du être pointu dans ce domaine tant certaines répliques font mouche sans coup férir.

 

Quel bonheur qu’un anti héros tienne la vedette. Cette liberté s’apprécie à sa juste mesure. Les carcans de la morale bien pensante ont volé en éclats. Mais les initiateurs de ce projet savent aussi retomber sur leurs pieds car un anti héros sait aussi s’amender.

 

Visuellement le film est très agréable. L’animation est d’une fluidité incroyable. "Megamind" est en perpétuel mouvement. Tout va très vite. Le spectateur s’en décroche la mâchoire de ravissement. La palette des couleurs est saturée. Nous en prenons plein les yeux.

 

Les oreilles ne sont pas non plus en reste avec une bande son percutante. Des standards rock accentuent les instants toniques et renforcent l’impression que "Megamind" est un long métrage coup de poing. Le rendu se révèle ébouriffant et surprenant.

 

"Megamind" est un film à l’histoire simple, pas simpliste, dans laquelle le spectateur s’identifie sans problème. L’adulte apprécie un propos osé et le garnement qui sommeille en nous tombe sous le charme d’un méchant finalement au grand cœur.

 

L’intérêt de ce film est la volonté clairement affichée de ne pas nous asséner une conclusion moralisante. Le film passionne et marque nos esprits sans être didactique.

 

Jamais les super héros n’avaient été aussi drôles.

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 10:00

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"Bébé mode d’emploi" de Greg Berlanti est le parfait exemple de la comédie américaine sans originalité, parfaitement formatée mais très agréable à regarder.

 

Pourquoi bouder son plaisir dans ce cas de figure alors ?

 

Nous sommes plongés au cœur d’une œuvre où les bons sentiments affleurent à chaque seconde. Nous avons le droit au sempiternel couplet sur la famille américaine type. Les clichés sont nombreux et le tout convenu. Le trait est peu forcé mais le spectateur est libre est de dépasser le propos quelque peu asséné de force et de se concentrer sur l’essentiel : le plaisir basique du cinéphile.

 

La mécanique obéit à de sacro saintes règles établies depuis des lustres. Le schéma est linéaire. La trame connue d’avance. Nul besoin de choquer son auditoire. Nous restons sans le royaume du convenu.

 

Les deux têtes d’affiche (Katherine Heigl et Josh Duhamel) sont entraînées malgré eux dans les affres de la vie de famille et de l’adoption. Mais l’amour renverse toutes les montagnes et les barrières imaginables. Cul cul ?

 

Pas vraiment. Tout spectateur a besoin de rêver, de rencontrer (le cinéma est après tout une affaire de rencontres) des situations surprenantes. Je dis souvent que si le 7ème art se contentait de copier la vie, l’art serait bien triste et terne.

 

Même si le film peut paraître improbable sur le fond et la forme, la magie opère quand même.

 

"Bébé mode d’emploi" (titre français au demeurant stupide) est un long métrage agréable à suivre. D’une scène à l’autre nous passons du rire aux larmes sans coup férir. Si le film demeure une comédie à la base, le drame n’est jamais loin. Le ton du film est léger, une œuvre familiale, mais les accents plus graves ponctuent l’ensemble ici ou là.

 

Le tout est frais, pas indispensable, mais parfaitement orchestrée. On ne s’y ennuie pas un seul instant. Le long métrage est relativement long et laisse donc le temps à l’intrigue principale d’être exposée dans des conditions plus que satisfaisantes.

 

Katherine Heigl nage comme un poisson dans l’eau. "Bébé mode d’emploi" est taillé à sa mesure. Elle devient l’une des reines de la comédie américaine. Josh Duhamel lui donne le la en brute épaisse au cœur tendre.

 

"Bébé mode d’emploi" déborde de vitalité. L’entrain des comédiens est communicatif. L’art du film est aussi d’aller d’un point A à un point B sans laisser à l’auditoire le temps de se poser des questions trop existentielles. Le cadre, la famille américaine, n’est certes pas le même mais le tour de force est que le spectateur lambda s’identifie aux protagonistes.

 

J’ai passé un très agréable moment.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 10:00

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"Mon beau-père et nous" est le troisième volet des aventures des familles Furniker-Byrnes, toujours mis en scène par Paul Weitz.

 

Ce genre de productions parfaitement huilées n’obéit qu’à une seule logique : la rentabilité économique. Le scénario, l’histoire en elle-même ne sont que des variables peu ou prou essentielles. Le billet vert est le maître étalon.

 

Cela ne veut pourtant pas dire que le résultat soit catastrophique. Le spectateur sait parfaitement où il met les pieds et exiger plus serait parfaitement hypocrite.

 

Nous sommes plongés au cœur d’une comédie familiale où les tenants et les aboutissants sont connus à l’avance. Nous louvoyons au royaume du politiquement correct.

 

Et alors diraient certains.

 

"Mon beau-père" est un film rythmé et enjoué. On se laisse facilement prendre par le tout. Les péripéties sont nombreuses. Les quiproquos sont légions. Notre rire est franc car notre seuil d’exigence est abaissé au minimum.

 

On peut certes critiquer l’industrie américaine du cinéma mais la capacité des majors de la production à pérenniser des franchises est phénoménale. Les décideurs  connaissent parfaitement leurs cœurs de cible.

 

J’appartiens à la catégorie dite du "bon public" et je n’ai pas de fausse pudeur à apprécier des situations pour le moins exagérées et une histoire décousue. Un film typiquement américain et pourtant la mayonnaise prend.

 

Les dialogues ne volent pas toujours haut, le spectateur anticipe les ressorts comiques et pourtant on ressort de la salle ravi. Etrange non ?

 

Le film est bâti sur l’opposition entre Robert de Niro et Ben Stiller. L’alchimie entre les deux comédiens est optimale. Leurs échanges fonctionnent à merveille tout du long.

 

La seule chose que l’on peut regretter dans "Mon beau-père et moi" est l’omniprésence des deux têtes d’affiche car les autres acteurs sont souvent réduits à de simples ornements même si Owen Wilson s’en tire une nouvelle fois à merveille.

 

La trame principale scénaristique est privilégiée alors que les histoires secondaires sont expédiées ad patres. La présence de Jessica Alba est carrément sous exploitée. L’apport de Barbra Streisand et Dustin Hoffman (dont la présence dans le film est apparemment liée à des prises de vue additionnelles postérieures au tournage principal) est quasi négligeable.

 

Cependant le spectateur ne s’ennuie pas une seconde.

 

Ben Stiller est toujours efficace dans son rôle de gendre gaffeur. Robert de Niro fait du Robert de Niro en beau-père paranoïaque. Blythe Danner et Teri Polo se contentent de leur donner la réplique mais s’en sortent à merveille.

 

Attention cependant. Avec ce troisième volet un cycle semble s’achever (la rencontre des beaux-parents puis la vie de couple dans les deux premiers opus). Prolonger l’expérience semble pour le moins une aventure périlleuse et gratuite.

 

L’avenir nous dira si la raison l’emportera ou pas.

 

Mais à Hollywood il n’y a qu’un seul juge de paix et vous le connaissez si bien…

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 10:00

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Le cinéma est bizarre.

 

J’ai lu des tonnes d’éloges sur "Le nom des gens"  de Michel Leclerc et pourtant je me suis emmerdé royalement.

 

Je dois être une exception mais je n’ai pas du tout accroché à cette comédie qui se veut politique. Trivialement je dirais que je suis resté sur le bord de la route mais j’assume pleinement.

 

Le problème est peut être que je n’ai pas compris ce long métrage alors qu’il n’y avait peut être pas grand-chose à comprendre.

 

J’ai trouvé le scénario poussif, l’histoire plate. Le rythme est lent. Les dialogues sont d’une lourdeur incroyable. Un long métrage incroyablement français dans son approche. Ça parle et ça parle et au final il n’en ressort pas grand-chose.

 

Je ne remets pas en cause l’avis de mes camarades mais je n’ai pas trouvé la bulle de fraîcheur et d’optimisme tant attendue.

 

Le film est bourré de clichés et de stéréotypes. J’étais incroyablement de bonne humeur ce jour là et je m’attendais à rire franchement et pourtant j’ai à peine esquissé un sourire.

 

Des longs métrages marquent nos esprits et nos cœurs à jamais mais « Le nom des gens » fait désormais partie de la catégorie "vu et si vite oublié".

 

Jacques Gamblin linéaire et plat dans son jeu. Que dire de Sare Forestier ?

 

Sa prestation a renforcé l’idée que je me faisais d’elle auparavant : je ne l’aime absolument pas. Je la trouve vulgaire et horripilante. Sa nudité dans le film n’apporte rien. Le procédé est gratuit.

 

Je ne vais pas en faire des tonnes. Ma première grosse déception de 2011 (oui j’ai attendu des semaines avant de le voir).

 

Souvent le cinéma est une histoire d’une rencontre entre un projet et un public. Je ne faisais visiblement pas partie de celles et ceux que "Le nom des gens" a ému et touché mais je vous laisse juge.

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 10:00

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Je reprends la plume après bien des semaines de silence.

 

J’ai déjà vu un certain nombre de longs métrages en 2011 mais je n’ai pas trouvé le temps pour vous en parler.

 

"Nous sommes la nuit" de Dennis Gansel (metteur en scène du très remarqué et remarquable "La Vague") fut la très grosse première surprise de l’année.

 

Je suis très heureux d’avoir pu assister à la projection de ce film qui n’a bénéficié d’une exposition maximale (une affiche hideuse aux airs de publicité de parfum pour femmes et une sortie post noël).

 

Les histoires de Vampires au cinéma sont nombreuses et diverses. A chaque fois je suis étonné par le fait que de nouvelles œuvres puissent trouver leur place tout naturellement dans un ensemble aussi hétéroclite.

 

"Nous sommes la nuit" est un long métrage dynamique, intelligent, plein de force et de finesse à la fois.

 

Un long métrage mené tambour battant. Jamais le spectateur n’est lassé. Point de baisse de rythme. Dennis Gansel mène sa barque de main de maître.

 

Une œuvre où sont célébrés la sensualité féminine et l’art (mortel) de la séduction. Les images, très travaillées, mettent en valeur la plastique irréprochable des comédiennes.

 

Nous suivons les pérégrinations de l’héroïne principale, devenue vampire, aux sons de musiques électroniques des nuits berlinoises qui nous transmettent une énergie débordante et un tonus indéniable.

 

Ces prédatrices de la nuit sont d’un genre nouveau. Elles descendent dans les hôtels les plus luxieux du vieux continent, conduisent les bolides des plus grandes marques et vivent à 200 à l’heure une existence fait de dangers.

 

Ces femmes fatales nous entraînent dans leur sillage et le spectateur tombe indéniablement sous le charme de ces beautés fatales.

 

Dennis Gansel apporte du sang neuf (!!!) avec un long métrage élégant dans sa forme et surprenant sur le fond. L’écrin est superbe et le propos nous touche. Qui n’a jamais rêvé de connaître l’éternelle jeunesse et une vie impunie de débauche et de plaisirs ultimes.

 

Le metteur en scène titille nos pensées les plus secrètes. Il saupoudre son film d’une dose d’humour parfaitement distillée. Son travail comporte peu de séquences chocs dans l’absolu mais il n’oublie pas d’insérer des passages assez gore pour que le spectateur ne perde pas de vue que nous sommes confrontés à de redoutables tueuses.

 

Dans  "Nous sommes la nuit" nous sommes mis en présence d’un quatuor d’actrices aussi judicieux que talentueux. Karoline Herfurth incarne avec talent une jeune femme en rupture de ban qui bascule dans le monde de la nuit. Ses guides sont la très sexy Nina Hoss (un vrai canon), Jennifer Ulrich à la beauté diaphane et Anna Fischer la pétillante.

 

Max Riemelt campe un officier de police avec professionnalisme. Je ne connais pas trop les comédiens allemands mais nul doute que ce dernier est l’une des valeurs montantes.

 

Le seul (mais énorme) point noir du long métrage est la décision prise par un abruti (les producteurs, les distributeurs ????) de doubler les dialogues allemands en anglais. La volonté est certainement de vouloir se plier aux règles d’une distribution internationale mais les dégâts sont irrémédiables.

 

Quand j’assiste à la projection d’un film étranger c’est pour avoir l’occasion d’écouter les dialogues dans la langue du pays concerné. Je considère que les intonations de voix, le phrasé, le débit font partie du jeu d’un artiste. Là mon plaisir a été clairement gâché.

 

La post synchronisation manque de souffle et de vie. Le rythme est fadasse. Je n’attends qu’une chose : revoir le film dans des conditions optimales (quid des éditions dvd et BR ?)

 

"Nous sommes la nuit"  est un excellent long métrage qui mélange les éléments traditionnels propres aux mythes des vampires et qui fait entrer ces derniers de plein pied dans la société industrielle et électronique du 21ème siècle. 

 

A voir absolument.

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 13:45

Revu hier soir. Deux ans après j'apprécie tout autant la force de ce long métrage d'une étonnante modernité.






Il y a des blessures qui ne se refermeront jamais. Le Nazisme, son émergence, son impact sur les foules, l’endoctrinement réalisé par un régime totalitaire devant durer mille ans, continuent d’être au centre d’une partie des préoccupations des intellectuels allemands. Le cinéma n’échappe pas à ce questionnement sans cesse renouvelé.

 

Pour la plupart des générations actuelles, le régime Nazi appartient bel et bien au passé. Cela fait 60 ans que les citoyens allemands sont mis en garde, donc impossible d’imaginer qu’une telle aberration politique puisse un jour ressurgir sur le sol allemand.

 

"La Vague" de Dennis Ganser, adapté d’un roman de Todd Strasser, lui-même inspiré par la célèbre expérience de "La Troisième Vague" du professeur Ron Jones dans les années 60 aux Etats-Unis, tend à prouver que le phénomène est possible de nos jours à condition de réunir un certain nombre de conditions.

 

Dans un lycée d’outre-rhin, Rainer Wenger (Jürgen Vogel) a une semaine pour expliquer à ses élèves le concept d’autocratie. Plutôt que de leur présenter cette notion sous la forme d’un cours magistral, l’enseignant décide de mener une expérience concrète sur le fonctionnement d’un régime totalitaire. "La Vague" est créée et rien ne peut plus enrayer le mouvement.

 

Le long métrage de Dennis Ganser fait froid dans le dos à plus d’un titre. Sa démonstration est précise, sans équivoque. Le régime Nazi historique est certes un fait du passé mais le metteur en scène nous prouve que l’idée même de totalitarisme survit quand même et que pour l’étincelle prenne à nouveau, il suffit qu’un mouvement politique soit mené par un chef digne de ce nom.

 

Dans "La Vague" la classe de ce professeur forme un microcosme de notre temps. Ces jeunes sont différents, chaque individu a ses centres d’intérêts, ses préoccupations, ses espoirs ou ses craintes. L’un des premières tâches de ce professeur au début de l’expérience est de gommer ces différences, de leur donner un comportement communautariste. Ils doivent se lever pour s’adresser à leur professeur, lever la main poser une question, se tenir droit sur leur chaise etc… Puis un second pas est franchi quand le groupe se baptise "La Vague", adopte une tenue vestimentaire unique (une chemise blanche) et un signe pour dire bonjour.

 

Nous au cœur d’un endoctrinement totalitaire vécu par des gamins. La recette fonctionne. Ce groupe se soude, s’entraide par le biais de ces principes dignes du totalitarisme. Cette entité érige la discipline et l’action comme des valeurs fondatrices de la nouvelle organisation. Et celles et ceux qui n’adhérent pas à "La Vague" sont forcément marginalisés.

 

Au centre du film se place le rôle et l’influence de ce professeur. Au début l’enseignant agit en digne chef d’un régime totalitaire. Il met en place le système, manipule les masses et érige la nouvelle doctrine. Dans un second temps Rainer Wenger a un sursaut de lucidité pour s’apercevoir que l’expérience, qui n’était au départ qu’une simple mise en situation, a été trop loin. L’émergence et l’affirmation de "La Vague" a donné naissance à de sérieux clivages au sein des élèves, du corps enseignant, des couples d’amoureux.

 

Le personnage de Tim (Frederick Lau) est emblématique à plus d’un titre. Adolescent sans véritables repères familiaux, vivant de petits trafics, le jeune homme voit dans "La Vague" la naissance d’une véritable famille, d’un univers lui permettant de s’épanouir. Mais Tim s’y implique trop et perd pied. L’adolescent ne veut pas que "La Vague" s’arrête en si bon chemin. Le désarroi de ce gamin perdu, en mal de reconnaissance, nous trouble et nous questionne.

 

Jürgen Vogel est excellent dans le rôle titre. Son personnage l’habite littéralement. Les jeunes comédiens allemands apportent tous de la diversité, de la variété. Leur implication fait recette.

 

La tension s’installe progressivement, insidieusement. La mécanique est implacable. La mise en scène est nerveuse. Les coups font mal. Rien ne nous est épargné. Le totalitarisme devient une réalité palpable pour une simple classe. Nous comprenons que l’endoctrinement fonctionne selon des lois immuables. Le spectateur touche du doigt une dure réalité. "La Vague" vaut tous les discours du monde.

 

Dennis Gansel n’a pas besoin d’artifices pour nous démontrer que des individus peuvent se transformer, s’entraider ou s’affronter. Son film résonne comme une leçon de vie et d’histoire. Sans faire de raccourcis on se rend compte que nous avons tous besoin de nous situer, de trouver des repères et de nous intégrer. L’adhésion à un groupe, à une association n’est qu’une des nombreuses manières pour se sentir plus forts, mieux armés dans l’existence.


L’une des réussites de "La Vague" est de mettre en relief la perte des repères de la "normalité". Ces lycéens oublient que "La Vague" n’est qu’une expérience éducative.

 

La forme du long métrage est secondaire car la toile de fond est bien plus importante. Nous sommes au cinéma, l’œuvre est dite de fiction mais le message est clair. Le fascisme où qu’il soit peut renaître de ses cendres en Allemagne ou ailleurs. La tentation est grande et le péril proche.

 

Le long métrage a de la force et fait mouche car il nous présente des situations on ne peut plus banales. La réalité de ce lycée, de ces lycéens nous cause forcément. Nous naviguons à la frontière entre l’univers artificiel de ce long métrage et nos propres souvenirs.

 

Le film est chargé quand même d’un message d’espoir. Le totalitarisme a beau se développer de manière éclatante ou sournoise, il y a toujours une opposition qui se crée parallèlement en son sein. Tout le monde ne va pas dans le même sens et n’est pas submergé par cette vague déferlante.

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