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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 09:58




John Dillinger est resté dans la mémoire des américains comme l’un des premiers ennemis publics du 20ème siècle, un personnage hors norme qui a sévi pendant la grande dépression qui a durement frappé les Etats-Unis à la fin des années 20 et durant la première moitié de la décade suivante.

 

Un homme qui a forcé les autorités fédérales à se doter d’un arsenal répressif innovant (lois trans-étatiques) et à moderniser ses structures.

 

John Dillinger, mort sous les balles du FBI, comme bon nombre de ses complices dans les années 1933-1934, était devenu trop gênant pour le directeur du bureau J. Edgar Hoover mais aussi, chose pas si surprenante que cela après tout, pour le syndicat du crime. Ce dernier souhaitait continuer à œuvrer dans l’ombre alors qu’un braqueur de banque, sorte d’électron libre, ne pouvait que lui faire du tort.

 

John Dillinger a fascine le 7ème art depuis un premier long métrage qui date de 1945, soit 11 ans après sa mort, preuve que le gangster a eu de l’impact.

 

Mais il faut noter que le soir de son décès John Dillinger avait assisté à la projection de "L’ennemi public n°1" ("Manhattan Melodrama")  au cinéma "Biograph" près de Lincoln Park à Chicago. Le rôle titre était tenu par Clark Gable.

 

Dés que j’ai appris que Michael Mann s’attachait à mettre en scène un film retraçant les derniers mois du bandit le plus recherché des Etats-Unis, mon cœur a fait des bonds de joie, tant j’ai une confiance aveugle en ce réalisateur. "Heat" fait partie de mes références cinématographiques.


J'avais raison d'être sur le qui vive. "Public Enemies" est l'une des réussites de cette année 2009.

 

1933, John Dillinger (Johnny Depp) est un braqueur de banques qui ridiculise les pouvoirs publics. Le tout puissant Directeur du FBI J. Edgar Hoover (Billy Crudup) décide de nommer l’agent spécial Melvin Purvis (Christian Bale) à la tête du bureau de Chicago. Sa mission est de mettre un terme aux agissements de Dillinger et de ses complices.

 

Entre temps John tombe amoureux de Billie Frechette (Marion Cotillard).


Le temps du Robin des Bois des années 30 est compté…

 

Ce qui séduit d’entrée de jeu est l’ambition du long métrage. Michael Mann a visiblement obtenu les moyens pour voir grand et concrétiser ses rêves. Le film ne se contente pas de nous dire que nous sommes dans les années 30, il nous y plonge carrément. La reconstitution de l’époque est incroyablement belle et réussie. Il y a une multitude de détails qui sautent aux yeux et qui donnent à l’œuvre ce cachet de véracité historique indéniable. J’ai immédiatement pensé à "L’échange" de Clint Eastwood. Les deux longs métrages ont placé l’exactitude au centre de leur démarche respective.

 

Michael Mann nous prend par la main et nous ramène il y a plus de 70 ans pour notre plus grand bonheur. Il ouvre le grand livre d’Histoire de l’Amérique, au temps où les braqueurs de banques sans foi ni loi narguaient encore les autorités.

 

"Public Enemies" est un long métrage qui a du coffre, du souffle, ce petit supplément d’âme qui le distingue d’un ouvrage ordinaire. Le metteur passionne son auditoire avec l’histoire de sales types qui volaient, enlevaient, tuaient sans plus de morale que cela.

 

L’histoire est captivante, entraînante. De la première à la dernière scène du film, le spectateur ressent que le travail d’écriture a du être précis. Chaque image transpire l’exigence et le respect du public. Le seul regret qu’on peut légitimement ressentir est le fait que l’objectif se braque sur les derniers mois de l’existence de Dillinger. L’enfance et l’adolescence du bandit sont évoquées au détour de quelques dialogues, ni plus, ni moins.

 

Mais l’avantage de ce parti pris totalement assumé est d’élever la tension au niveau souhaité, de resserrer le drame. Au fil des minutes on sent que Dillinger marche sur un fil très mince. D’un côté le FBI veut sa peau, de l’autre le syndicat du crime est contrarié par un homme, un bandit de grand chemin devenu le héros des laissés pour compte ("C’est la banque que je voles, pas votre argent").

 

Michael Mann est également un alchimiste hors pair. Il a su trouver le parfait équilibre entre des scènes de comédie pure qui mettent face à face criminels et bandits. Les dialogues, d’une justesse incroyable, sans aucune fioriture, permettent aux acteurs de faire passer toute une batterie d’émotions et de sentiments.

 

A ces moments tragiques, drôles parfois, où la tension nerveuse est à son comble, s’ajoutent des séquences d’action pure qui sont d’une qualité assez rare. Les fusillades sont brèves, racées et techniquement mises en valeur. J’ai vu le long métrage dans une salle de taille moyenne mais les détonations rendaient très bien, preuve que dans ce domaine la technique a été mise en valeur.

 

Michael Mann va à l’essentiel dans son travail. La mort est rapide, brutale. Un regard suffit et c’est déjà la fin. Certains personnages secondaires font leur entrée en scène mais disparaissent rapidement dans l’ombre. Le choix du metteur en scène a été de braquer son objectifs sur un trio de figures emblématiques (Dillinger/Frechette/Purvis) quitte à laisser de côté ou carrément à se débarrasser de personnages de moindre importance.

 

Le metteur attache aussi une importance particulière au traitement de ses personnages. et aux relations que ces derniers nouent. Dillinger sort grandi de "Public Enemies". Le bandit n'abandonne jamais personne. L'héroïsation est poussée à son paroxysme. Certains pourraient dire que Michael Mann exagère. Mais nous sommes au cinéma après tout.


La relation amoureuse Dillinger/Frechette est abordée avec beaucoup de pudeur et de délicatesse.

 

"Public Enemies" est aussi un film de contrastes. Michael Mann filme avec du matériel HD l’Amérique des années 30, tout un programme. Les images ont une netteté extraordinaire. Les éclairages semblent tout ce qu’il y a de naturel. Visuellement certaines séquences d’obscurité sont énormes. Sur le plan du jeu d’acteurs, nous avons l’impression d’être au plus près des comédiens. Cette proximité rime avec la véracité qui s’en dégage.

 

Johnny Depp est génial. Il campe un John Dillinger plus vrai que nature. L’homme est attachant, charmeur, joueur (à peine arrêté il répond aux questions de la presse sans détours), le bandit est efficace et décidé. Sorti de l’univers de Tim Burton ou de son costume de pirate, l’acteur prouve, enfin pas à ses fans, qu’il sait faire autre chose.

 

Christian Bale est charismatique à souhait. Son rôle d’agent fédéral comporte également un certain nombre de nuances. L’agent du FBI est énergique dans son dur labeur mais sait se montrer humain dans certains circonstances (quand il met fin à l’interrogatoire "musclé" de Billie Frechette)

 

Marion Cotillard a su trouver le ton juste. Elle joue sans détour, sans en rajouter. Personnellement je pensais que Billie Frechette était une sorte de Bonnie Parker mais j’ai découvert que la jeune femme a plus suivi John Dillinger qu’autre chose. La beauté toute naturelle de l’actrice française s’impose à l’écran sans conteste.

 

Même si le long métrage bénéficie de la présence de ce trio vedette, il ne faudrait surtout pas oublier les Billy Crudup, Channing Tatum, Giovanni Ribisi, Stephen Dorff, Jason Clarke, Stephen Graham, James Russo ou David Wenham qui apportent tous un petit quelque chose à un moment ou à un autre.


"Public Enemies" est un long métrage très réussi, un film incontournable qui va se bonifier avec les années. Michael Mann a, comme à son habitude, frappé un grand coup. Techniquement l’œuvre revêt un formalisme d’une pureté inégalée. Le jeu d’acteur est sûr, l’histoire ensorcelante.

 

A voir.

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 10:00



Nicolas Winding Refn s’est fait mondialement connaître en mettant en scène la trilogie "Pusher" il y a quelques temps. De nouveau Il frappe un énorme coup avec "Bronson", un biopic consacré à Michael Peterson, considéré comme le prisonnier le plus violent d’Angleterre de ces trente dernières années, qui en 1987 prit comme "nom de guerre" le patronyme du comédien et en référence à l’un de ses plus grands succès, à savoir "Death Wish" ("Un Justicier dans la Ville").

Autant vous dire que "Bronson" va certainement diviser les foules. On s'immerge totalement ou on n’adhère pas du tout. C’est une œuvre originale, atypique, inclassable qui n’accepte pas la demie mesure. En guise d’accroche publicitaire, le parallèle a été volontairement fait avec "Orange Mécanique" de Stanley Kubrick. Sur la forme les deux films sont différents même si sur le fond ils se rejoignent : ce sont des entreprises qui récusent toute idée de compromis.

Personnellement je me suis immédiatement passionné car le cinéaste s’est aboli de tout un tas de contraintes. Son film respecte les grandes lignes de la vie de Michael Petersen mais le cinéaste danois a imposé sa vision du personnage et n’a pas été l’esclave d’un studio.

Son travail n’est pas une commande comme le sont parfois certains produits finis. En langage trivial on dirait que le réalisateur a fait "sa sauce" avec les repères biographiques de la vie de ce détenu qui a connu 4 mois de liberté en 35 ans dont 27 à l’isolement total, avec les marques spatiaux temporelles. Nous savons que Bronson a été ballotté de prison en prison, qu’il a même séjourné dans des hôpitaux psychiatriques mais Nicolas Winding Refn en dit peu sur ces lieux d’internement et de détention. Le matériau humain reste son seul centre d’intérêt.

"Bronson" apparaît comme un long métrage volontairement déstructuré. Le film n’a pas ce petit côté rassurant qu’on peut trouver dans 99% des productions qui ne prennent aucun risque. Nous sommes aux antipodes d’un long métrage qui cherche à nous prouver quelque chose. "Bronson" n’est pas un film militant qui délivrerait un message.

Nicolas WindingRefn ne cherche pas la réhabilitation d’un prisonnier au destin exceptionnel ou d’un pauvre type assez bête pour se faire broyer par le système, c’est selon.

Son but n’est absolument pas de faire le procès de l’univers carcéral britannique, d’autres s’en sont chargés avant lui. D’ailleurs la prison reste dans "Bronson" une scène de théâtre, un décor, un arrière plan où s’épanouit Michael Peterson.

Le metteur en scène est aussi intelligent pour ne pas nous donner des clés de lecture sur la psychologie de l’homme et du détenu. Son film n’a pas de valeur explicative comme je l’ai dis plus haut. L’intellect de Bronson restera à jamais un mystère. A chaque de spectateur de se forger sa propre opinion d’une vie qui a tout d’extraordinaire.

Nous suivons la carrière de carcérale de Peterson/Bronson qui use et abuse de violence pour se faire respecter. La plupart de ces déchaînements de violence extrême sont totalement gratuits. L’homme a une terrible bête qui sommeille en lui. Certains appelleraient cela de la folie, d’autres de l’inadaptation aux lois qui règnent à l’extérieur et à l’intérieur de l’univers carcéral.

Mais une chose est claire dès le début du long métrage : Bronson se plaît en prison. C’est son monde et tout s’articule de cet axiome. La force du long métrage est de dépasser les idées reçues. Bronson apparaît après maintes aventures et séjour en isolement comme un homme doué pour les arts.

En me renseignant sur ce sacré personnage j’ai appris que certains de ces poèmes avaient été publiés et primés. Bronson n’est donc pas qu’une machine à cogner, doté certes d’un physique exceptionnel mais un être humain armé d’un potentiel artistique qui ne demandait qu’à éclore en d’autres lieux ou à une autre époque.

On peut même se poser la question si la violence n’est pas l’un des prolongements, l’une des manières de s’exprimer de ce don pour l'art.

Techniquement Nicolas Winding Refn use d’artifices pour créer un décalage, une distorsion entre le récit brut (les faits, les actes) et les sentiments qui s’en dégagent. Parfois, à des moments charnières, Bronson a une sorte d’alter ego clownesque qui s’adresse à un public (nous ? la société ?) en permanence dans l’ombre. Ces apartés ont une valeur symbolique très forte et au final demeurent indispensables. Le temps suspend son vol et c’est un double charmeur qui braque les projecteurs sur le prisonnier pas du tout modèle.

Là où nous pouvons établir un parallèle avec "Orange Mécanique" concerne l’utilisation de la musique classique. Des thèmes musicaux d’une beauté incroyable et d’une douceur angélique illustrent les pires moments du film : les combats carcéraux de Bronson. Des instants violents, racés, brutaux rythmés par des sons gracieux. L’écart surgit également de cet emploi d’une bande son en perpétuel décalage.

Le choix de Tom Hardy (photos ci-dessous) pour incarner Bronson s’avère extrêmement judicieux. Bronson l’habite intégralement. Sa performance est prodigieuse, novatrice, hors des sentiers battus. Sa liberté de ce créer son propre Bronson est d’autant plus à saluer qu’il a du se contenter que de documents et de témoignages indirects. Personne de l’équipe technique ou artistique n’a pu à ce jour rencontrer le prisonnier qui purge une peine de prison à vie à l’isolement total.

L’acteur anglais compose un personnage entier, excessif dans son comportement et sa démarche. Physiquement l’acteur s’est astreint à des mois de culture physique pour ressembler au vrai Bronson, connu aussi pour être capable de faire 2500 pompes par jour. Tom Hardy éclate avec ce physique de Titan et agresse littéralement la caméra avecune sihouette de bête de combat.

Sur le plan du jeu d’acteur Tom Hardy-Michael Petersen-Bronson accapare tout. Les autres personnages restent des faire-valoir. L’objectif est braqué sur ce colosse, le reste n’est pratiquement rien.


Depuis des semaines j’attendais "Bronson" et je ne suis pas déçu. J’espérais un long métrage original et Nicolas Winding Refn a su aller au bout de ces idées et me combier. J’ai aussi fait le choix de voir l’œuvre en version originale. Je vous bassine souvent avec cela mais la voix fait partie du jeu d’un acteur. Dans "Bronson" Tom Hardy module sa voix et ses intonations sont parfois chaleureuses, très souvent tranchantes comme de l’acier.

Un long métrage vraiment différend.
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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 09:39



"Jeux de pouvoir" de Kevin Macdonald ("Le Dernier Roi d’Ecosse") est l’adaptation de la série anglaise éponyme de 6 épisodes de 2002. L’intrigue londonienne a été délocalisée à Washington D.C pour la transposition sur grand écran.

En règle générale je suis très friand des thrillers politiques qui nous proposent le combat de personnes ou groupes de personnes qui enquêtent contre la gouvernance d’une élite et l’ordre établi, ce que les américains nomment "l’establishment".

L’une de mes références cinématographique reste "Les hommes du Président" d’Alan J. Pakula qui met en scène le dur labeur de deux journalistes, Bob Woodward (Robert Redford) et Carl Bernstein (Dustin Hoffman), qui dénoncèrent les agissements du Président Nixon et le scandale du Watergate.

"Jeux de pouvoir" est un long métrage qui s’inscrit exactement dans cette veine et peut légitimement être considéré comme l’une des réussites cinématographiques de l’année.

Stephen Collins (Ben Affleck) est l’étoile montante de son parti. En tant que membre du congrès il est chargé de surveiller les dépenses de la Défense. Sa crainte est que le secteur privé s’approprie la gestion de la sécurité des ressortissants américains sur le territoire national et sur les différents théâtres d’opération (Irak, Afghanistan).

Sa jeune assistante est tuée mystérieusement dans le métro. Les circonstances de ce décès mettent Stephen Collins sous le feu des projecteurs quand on apprend que ce dernier trompait sa femme Anne (Robin Wright Penn) avec sa collaboratrice.

Call McCaffrey (Russell Crowe) brillant et chevronné journaliste du "Washington Globe", et l’un des meilleurs amis de Stephen Collins, est chargé par Cameron Lynne, sa rédactrice en chef (Helen Mirren) de mener les investigations en compagnie d’une jeune journaliste, Della Frye (Rachel McAdams).

Autant vous le dire tout de suite : je n’ai pas vu la série anglaise et je le regrette énormément tant le film est passionnant. Ma première pensée a été que les scénaristes du film ont du forcément resserrer l’intrigue.

De 6 heures nous sommes passés à 2 heures de durée et des choix ont certainement été faits (personnages secondaires ou intrigues annexes supprimés) pour rendre l’ensemble plus nerveux, plus cinématographique. Une série télévisée laisse plus de temps pour que les différents nœuds de l’intrigue se mettent en place. Le réalisateur a du aller à l’essentiel. Mais le résultat est plus qu'une réussite.

"Jeux de pouvoir" est un excellent thriller politique haletant qui nous plonge au cœur des arcanes du pouvoir américain et du contre pouvoir qu’est la presse institutionnelle. On se passionne dés les premiers instants pour ce film rythmé et efficace qui ne ressemble pas à ce que l’on nous propose en général.

L’histoire mêle à la fois une enquête journalistique classique et un jeu de dupes, de mensonges et de faux semblants qui se déroule en plein cœur du "système". Le scénario est précis. Rien n’est laissé au hasard. La mécanique est finement huilée et le tout fonctionne à merveille.

Le spectateur a l’impression de mener les investigations aux côtés du duo formé par Russell Crowe et Rachel McAdams. Chaque révélation lève un peu plus le voile sur la cruelle vérité qui est au centre du film. Quand les masques tombent, la chute n’en est que plus dure.

Mais je me dois d’ajouter que la célèbre maxime de Sherlock Holmes : "Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, même si c'est improbable, doit être la vérité" (A. Conan Doyle, "Le signe des quatre") s’applique parfaitement au twist final. L’identité du méchant de l’histoire se devine à l'avance.

Cependant l’intérêt pour le long métrage n’est en rien entaché pas cet infime détail. Le puzzle est constitué avec savoir faire. Chaque détail de l’intrigue prend peu à peu sa place. L’intérêt de "Jeu de pouvoir" est double. Le monde de la politique est montré sans fard même si on se rend compte qu’il y a des hommes et des femmes qui se préoccupent du bien public et des agissements des lobbies privés.

Le travail journalistique sort grandi. Kevin Mac Donald n’est pas avare dans ce domaine. Il insiste lourdement sur les étapes successives qui mènent à la vérité. Ses héros sont des fauves qui traquent la vérité sans jamais baisser les bras et qui persistent jusqu’à mettre leur vie en danger.

La mise en scène est un savant dosages entre juste ce qu’il faut de séquences d’action et des scènes de comédie où les dialogues tiennent une place énorme. "Jeu de pouvoir" constitue aussi une énorme prise de risques dans ce domaine : passionner l’auditoire avec des acteurs et actrices qui passent une bonne partie de leur temps à communiquer. KevinMacDonald remporte haut la main son pari. Les dialogues sont finement ciselés, toujours percutants, jamais lassants.

Ce qui passionne aussi le spectateur est cette manière particulière de nous présenter les principaux personnages. Les auteurs et le metteur en scène ne se sont permis ici aucune facilité, aucun choix désastreux. Chaque protagoniste a sa propre part d’ombre et une certaine complexité.

Russell Crowe est véritablement au sommet de son art et enchaîne de film en film les prestations hallucinantes. Ben Affleck joue à fond la carte du magnétisme de l’homme politique et ça marche. Parfois décrié l’acteur étonne par une sobriété de son jeu.

Rachel McAdams et Robin Wright Penn illuminent l’écran par leur présence charismatique. Helen Mirren, volontairement effacé, est plus que convaincante dans son rôle de rédactrice en chef obstinée.

A cela vous ajoutez Jeff Daniels, machiavélique à souhait et Jason Bateman, et vous obtenez l’un des castings les plus homogènes, les plus réussis de ces dernières années.

Kevin MacDonald confirme avec ce long métrage le formidable talent qu’on sentait poindre auparavant. Son "Jeu de pouvoir" répond à toutes les attentes. Le réalisateur mène sa barque avec assurance et maîtrise.

Ce long métrage qui fera je l’espère son petit bonhomme de chemin sans tambour ni trompettes et je suis très satisfait d’avoir pu assister à sa projection.

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 18:00


 


Hier j’ai vu "L’Âge de glace 3 : le Temps des Dinosaures" avec mon fils de 7 ans et nous avons passé un agréable moment. Je sais que le film passe mal chez certains mais je ne vais pas bouder mon plaisir, j’ai apprécié ce troisième opus.

 

L’histoire est classique et joue à fond le schéma de l’intrigue attendue. Mais ce long métrage est calibré pour être un divertissement familial, un produit estival d’un haut savoir faire technologique et d’une universalité de rigueur. Ne cherchons pas plus loin.

 

L’intrigue est centrée autour de la maternité prochaine d’Ellie, la compagne de Manny le mammouth. La découverte d’un nouveau territoire peuplé de dinosaures est l’élément qui fait rebondir le film. En parallèle nous suivons les péripéties de Scrat l’écureuil engagé dans une énième chasse au gland qui succombe au charme de sa congénère Scratina.

 

Les héros embarqués dans une folle aventure vont rencontrer des créatures bien dangereuses.

 

Le film s’apprécie à sa juste valeur. L’intrigue rebondit sans cesse. C’est une œuvre tonique. Le mouvement est omniprésent. L’apport de la 3D y est certainement pour quelque chose tant on sent que certaines séquences ont été imaginées pour nous en mettre plein les yeux. Les scènes de poursuite donnent le vertige.

 

L’animation est superbe, les décors sont finement dessinés. Le graphisme dans son ensemble est efficace au possible.

 

L’histoire comme toujours dans ce genre de longs métrages fait appel à des valeurs universelles. L’amitié, l’entraide, la solidarité cimentent la destinée des différents protagonistes. Le tout est plein de bons sentiments. La thématique de la paternité est traité avec de la mesure et de l’intelligence.

 

"L’Âge de glace 3 : le Temps des dinosaures" est un long métrage bourré d’humour. On rit beaucoup et par moment nous avons vraiment besoin de ce genre de films pour se détendre. Le délicieux Scrat nous en donne pour notre argent. Son "rôle" est un peu plus étoffé. Sa présence illumine l’écran.

 

Une vraie réussite, un bon moment passé. Un long métrage rafraîchissant.

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 12:47



Le cinéma nous permet à de très rares occasions de débrancher notre cerveau et de nous laisser porter par les événements. Avant-hier j’ai eu l’occasion de le faire en assistant à la projection de "Very Bad Trip" de Todd Phillips. Ces opportunités sont absolument à saisir. J’ai eu l’occasion de prendre mon pied avec un long métrage jouissif, très bien ficelé et qui nous donne du bon temps de la première à la dernière seconde.

 

Doug (Justin Bartha) est sur le point de se marier. Ses amis Phil (Bradley Cooper), Stu (Ed Helms) et son futur beau-frère Alan (Zach Galifianakis) décident de lui offrir un enterrement de vie de garçon à Las Vegas. Le week end s’annonce grandiose.

 

Quelques heures plus tard après une nuit de débauche, Doug a disparu, Stu a une dent cassée et se retrouve marié à une strip-teaseuse (Heather Graham). Dans leur chambre d’hôtel il y a des poules dans le salon, un tigre dans une salle de bain et un bébé dans une penderie.

 

Les trois comparses ont moins de 24 heures pour retrouver Doug et assister à sa noce. Leur mission est de reconstituer le puzzle de leur nuit d’orgie d’alcool et de sexe.

 

Que c’est bon de voir un long métrage qui tape partout où ça fait mal sans retenue. Il y a comme un vent nouveau qui souffle sur la comédie américaine. C’est l’une des excellentes surprises de cette année.

 

L’histoire est classique mais l’ingéniosité du metteur en scène est de construire son film en juxtaposant des moments différents de l’intrigue. Un long flash back est disposé avec soin mais Todd Philips ne nous sert pas toutes les images sur un plateau. Le spectateur passe une partie du long métrage à imaginer ce que fut ce déchaînement orgiaque nocturne. Nos héros complètement lessivés par une nuit de plaisirs mènent une véritable enquête pour reconstituer leur passé immédiat. Leur gueule de bois est mémorable et visuellement très drôle.

 

Nous sommes au beau milieu d’une bonne grosse farce bien tordante. A de nombreuses reprises j’ai eu l’occasion de rire de manière franche. Ce trio fonctionne admirablement bien. Les dialogues fonctionnent très bien et leurs échanges font rebondir le film sans cesse. La bonne humeur est constante.

 

Cet improbable assemblage en proie à l’amnésie éthylique, connaît les pires galères et croise des personnages inquiétants. Cette course contre le temps donne l’occasion à ce trio de pieds nickelés de se mettre dans des situations pas possibles. Certains gags sont tout bonnement irrésistibles. Le générique de fin sonne comme une délivrance. Le spectateur connaît enfin la vérité, toute la vérité.

 

"Very Bad Trip" s’ingénie à ne rien nous épargner. Nous sombrons dans la débauche graveleuse, certaines situations sont absurdes.

 

Le long métrage est à prendre au second degré. "Very Bad Trip" est une comédie, un divertissement qui assume tout. Le talent du metteur en scène est de naviguer avec bonheur entre le "trop" et le "pas assez". Il en résulte un film dynamique, entraînant.

 

Les interprètes jouent leur partition avec talent. Bradley Cooper joue les chefs de meute avec brio. Ed Helms interprète avec talent un fiancé qui se libère avec perte et fracas d’un dragon domestique. Zach Galifianakis est la vraie révélation du long métrage dans le rôle du beauf un poil attardé. Irrésistible.


Si vous souhaitez passer un bon moment et vous éclatez, "Very Bad Trip", sinon il vous reste certaines comédies françaises.

 

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 13:30



En 2000 les cinquante minutes de "Blood : The Last Vampire" produit par Mamoru Oshii (réalisateur à ses heures de "Avalon") ont ébloui le monde entier. Le long métrage d’animation mélangeant 2D et 3D a pris place au rang d’œuvre culte.

 

Il fallait vraiment du coffre pour mettre en chantier un long métrage avec des comédiens en chair et en os. Malheureusement le film de Chris Nahon n’est pas réussi même s’il comporte des qualités mal exploitées.

 

Vietnam, 1970. Saya (Gianna Jun) est une combattante de l’ombre qui tue de manière impitoyable les buveurs de sang. La jeune femme a des origines mystérieuses. Elle travaille pour une organisation clandestine dont l’un des représentants est Michael (Liam Cunningham). Saya infiltre une base américaine sous l’apparence d’une jeune lycéenne pour traquer des monstres menés par la redoutable Onigen (Koyuki).

 

Ce qui frappe d’entrée est le parti pris de Chris Nahon : nous plonger immédiatement au cœur de cette histoire comme si le metteur en scène voulait gagner du temps. La durée du long métrage est relativement courte (1heure 25 minutes) et "Blood : The Last Vampire" ressemble à une course contre la montre mal ficelée.

 

Il en résulte une impression de manque. Les situations, les personnages et l’intrigue n’ont pas le temps de se mettre en place. L’action prime et c’est très louable pour ce genre de films mais j’aurai tant aimé que l’ensemble ait plus d’épaisseur, plus de moelle.

 

Les perpétuels affrontements au sabre entre Saye et des créatures hideuses comblent mal un certain vide scénaristique. Sur un plan général le film est à la croisée de deux genres bien particuliers : un film d’arts martiaux et une œuvre qui se veut fantastique. Mais cette union de catégories cinématographiques, opportunes par ailleurs, donne l’impression d’être bancale.

 

La réalisation en elle-même pose problème. On a l’impression de se trouver dans un univers clipesque. Les plans nerveux se succèdent au même titre que d’inutiles ralentis. Chris Nahon hache son film et son travail finit par nous taper sur le système.

 

Sur un plan technique le long métrage aurait pu être réussi mais un certain nombre d’éléments à charge viennent plomber la technologie mise en place ici.

 

Les combats sont plaisants à voir sauf leur rendu est massacré par l’utilisation abusive des câbles. J’avais le sentiment de me trouver dans une production Hong Kongaise de seconde zone qui copierait ses glorieux aînés.

 

Les combats sont très nombreux. De nombreux membres sont tranchés, des têtes sont coupées et le sang coule à flot. Le tout aurait du être plaisant à voir. Sauf que la charte graphique mise en place pour traduite visuellement l’hémoglobine qui gicle ici ou là est très loin d’être réussie. J’ai même eu la sensation que nous étions restés au stade de la prévisualisation (sorte de modélisation intermédiaire un peu plus poussée entre les premières esquisses et le rendu final). Que ce sang est moche.

 

Mais le plus gros défaut technique concerne les créatures que Saya pourchasse. Les monstres sont vraiment ratés. On a presque envie de rire tellement leur aspect est hideux. Dans ce domaine ci, il y avait aussi la possibilité de réussir quelque chose de grandiose. Mais le travail a été massacré (faute de moyens,  de temps ?).

 

Quel dommage. "Blood : The Last Vampire" avait, et continue à avoir, un énorme potentiel. Le sujet recèle un nombre incroyable de possibilités et des développements envisageables. Chris Nahon n’a visiblement pas pris possession du matériau d’origine avec suffisamment d’autorité. Il n’a pas su imprimer sa marque sur le film.  

 

Je ne vais pas passer chaque élément en revue avec des "si" en guise d’introduction mais l’œuvre aurait gagné en lisibilité avec des choix tranchés, des effets spéciaux dignes de ce nom et un casting plus judicieux. La réussite dans ce domaine est Gianna Jun qui joue juste et qui impose sa froide détermination tout au long du film.

 

"Blood : The Last Vampire" aurait du être un long métrage de qualité.

 

Aurait du…

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 18:00



"Citius, Altius, Fortius". "Plus vite, plus haut, plus fort"

La devise des Jeux Olympiques s’applique parfaitement à "Transformers 2 la revanche". Cette fois ci la barre a été placée très haut, trop haut peut être.

Le long métrage de Michael Bay a ouvert la saison estivale des blockbusters. Comme chaque année, nous entrons dans une période où un certain nombre de films nord américains envahissent les salles de cinéma du monde entier. Leur mission première est de divertir les masses et jusqu’à preuve du contraire d’engranger un maximum d’argent.

Les recettes sont immuables et prouvent d’années en années que la formule marche à coup sûr.

Le plus grand reproche fait à Michael Bay il y a deux ans, à la sortie du premier opus de la saga des Autobots et des Decepticons, est d’avoir été économe dans le nombre de robots proposés. Les fans, les purs et durs admirateurs des créatures venues de Cybertron, en voulaient plus. Le cinéaste américain a exaucé leurs vœux.

Dans "Transformers 2 la revanche", 48 robots ont été recensés. Rassurez vous : je ne me suis pas amusé à compter, je fais entièrement confiance au dossier de presse.

Cela fait des semaines que je constate qu’une partie de notre très chère presse nationale fracasse le second opus. Vous pourriez penser que je suis vacciné et que j’ai tort de m’emporter contre ces gens à la plume assassine, mais à chaque fois je suis obligé de le dire : ces individus me gonflent.

Michael Bay, les scénaristes, les spécialistes des effets spéciaux prennent des risques financiers, artistiques et surtout, créent quelque chose. Nous autres, humbles blogueurs, nous chroniquons et critiquons à volonté mais la seule différence est que mon avis par exemple n’est pas universel à l’inverse de ces hommes et de ces femmes qui voudraient établir des vérités premières en 300 ou 400 mots.

"Transformers 2 la revanche" est un pur divertissement, une plongée dans l’action de 150 minutes qui coupe le souffle plus d’une fois. Le long métrage est un pur concentré de bonheur cinématographique pour peu qu’on adhère sans retenue au postulat de départ qui sous entend que le spectateur prenne place dans la salle pour être estomaqué et en recevoir plein la gueule (désolé) et les yeux.

Et en plus nous sommes largement prévenus. Depuis des mois nous savons ce qui nous attend. Pas la peine de dire de manière hypocrite : "je ne savais pas".

Le film va à cent à l’heure. Il y a du mouvement en permanence. Les séquences sont vertigineuses, incroyables, irréelles. Les scènes d’action s’enchaînent sans véritable temps mort. L’humain est pour ainsi dire relégué au second plan.

Les combats entre Decepticons et Autobots sont nombreux, riches, diversifiés, démesurés. L’attaque du Devastator est l’un des moments phares du film. Un passage vraiment intense.

Le film regorge de petites trouvailles bigrement intéressantes (les Decepticons "ménagers" formés à partir de d’appareils et ustensiles de cuisine, les jumeaux autobots auxquels il manque un troisième larron pour former les "3 Stooges").

Le spectateur ne s’ennuie pas une seconde. Il n’y aucune honte à dire que le plaisir est jouissif.

Derrière ce déchaînement et cette profusion d’effets spéciaux en tout genre il y a le phénoménal travail des maîtres d’œuvre d’ILM. Leur savoir faire, leur implication m’impressionne toujours autant. A chaque fois on se dit que les limites sont désormais atteintes mais la technique d’un nouveau film enterre irrémédiablement une œuvre qui date de 6 mois ou un an.

Côté interprétation, je peux dire que le casting largement reconduit est à la hauteur de ce qu'on lui demandait. Shia LaBeouf fait son "job" et c’est tout. La bonne surprise concerne en fait Megan Fox. Michael Bay a eu l’intelligence de ne pas jouer à fond et de manière immodérée la carte de la bombe sexuelle. Les différentes bandes annonces étaient plus que trompeuses dans ce domaine. John Turturro apporte son grain de folie habituel.

Mais il y a toujours un revers à la médaille. Le premier reproche qu’on pourrait faire à ce long métrage est sa quasi absence de scénario solide et élaboré. Le premier film se tenait avec un fil conducteur relativement simple (la recherche du "allspark"). Dans ce second opus, l’ensemble donne l’impression de naviguer à vue. Les ahurissantes et excellentes scènes d’action manquent de liant. Chaque séquence pourrait très bien se concevoir de manière autonome.

Je vous épargnerais les manques de Michael Bay sur la topographie parisienne et Egyptienne (merci Niko06) car à mon sens il y a plus grave.

Les dialogues sont désespérants plats et prévisibles. Mais bon nous ne sommes pas dans un drame shakespearien non plus.

Mais le plus énervant avec Michael Bay est qu’il reproduit à l’infini les mêmes schémas. Ses longs métrages ressemblent par moments à d’immenses spots de publicité pour l’armée américaine. Gloire aux infrastructures, aux moyens mis en œuvre et à la capacité de réaction de la super puissance qu’est l’amérique.

Il va falloir aussi que l’histoire et les personnages évoluent dans un troisième volet qui était déjà annoncé avant la sortie du second. Nous avons assisté à la rencontre de deux tourtereaux il y a deux ans. Dans "Transformers 2 la revanche" ils se retrouvent malgré la distance qui les sépare et des méchants robots venus de l’espace. Nous allons finir par tourner en rond. Dans le 3ème film ils se marieront peut être sous l’œil larmoyant de parents attendris et auront des enfants dans un 4ème film. La saga ressemblera alors à un "Transformers Pie".

Mais le défaut majeur du long métrage est son envie de trop bien faire. C’est un peu paradoxal. Les séquences d’action sont tellement nombreuses qu’à la fin des deux heures trente, nous sommes au bord de l’indigestion de robots. Nous finissons par perdre le fil. Au lieu de nous attacher à quelques Autobots et Decepticons, nous sommes noyés sous un déluge de métal et de feu. Le final egyptien en est le plus bel exemple.

Personnellement j’aurai préféré que Michael Bay soit audacieux et modéré à la fois. Sa démesure finit par lui jouer de (mauvais) tours. Dans les affrontements de machines, on a parfois du mal à distinguer qui est qui.

Ces éléments empêchent à mon sens "Transformers 2 la revanche" d’être un long métrage mythique. Je ne dis pas que je n’ai pas pris mon pied, bien au contraire mais la tendance à vouloir absolument nous clouer au mur provoque un sentiment étrange, un ressenti mitigé même si le simple plaisir du cinéphile est assurément au rendez vous.

Il y a peut être un juste équilibre à trouver entre le sens et la forme.

Je sais que mon vœu est pieux. Surtout tant que nous parlerons d’industrie cinématographique et non plus d’art cinématographique.

Mais je ne fais pas la fine bouche. Je suis l’un des rouages du système. Et je reverrai "Transformers 2 la revanche" avec plaisir !!!

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 13:45


Pour la première fois en plus de deux ans et demi de blog j'ai eu envie de ne pas rédiger la chronique d'un long métrage vu au cinéma.

Mais par honnêteté intellectuelle et par respect pour vous ami(e)s lecteurs et lectrices, je prends la plume pour vous donner mon sentiment.

J'ai vu "Lascars" et je me suis emmerdé. Pardonnez moi cet écart de langage mais je ne peux pas décrire mon sentiment autrement.

J'ai trouvé l'histoire inintéressante, les personnages mal dégrossis. Le graphisme est beau mais le soi-disant humour n'a pas réussi à me décrocher le moindre sourire.

C'est la première fois que je perds mon temps ainsi. J'en avais la rage au ventre.

J'ai lu des critiques dythirambiques sur ce long métrage. Je les respecte mais je ne les partage pas.

A oublier.

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 18:45



Je me suis replongé dans mon adolescence hier matin. J’ai pris un énorme plaisir en assistant à la projection du long métrage de Riad Sattouf, "Les beaux gosses". Depuis plusieurs semaines mon intérêt avait été aiguisé par des teasers et une bande annonce diablement efficaces.

J’ai pu lire ici ou là que la critique avait couvert ce film de louanges et je peux vous affirmer que la première réalisation de Riad Sattouf mérite très largement les plus beaux compliments.

Hervé (Vincent Lacoste) est un adolescent au physique peu avenant et à l’intelligence moyenne. Il vit avec une mère célibataire, dépressive et envahissante (Noémie Lvovsky). Son parcours scolaire est on ne peut plus banal.

Entouré de son meilleur ami Camel (Anthony Sonigo), Hervé connaît les premiers émois de l’amour. Il est dingue d’Aurore (Alice Tremolières).

Hervé et Camel pratiquent aussi une masturbation assidue en "s’aidant" des catalogues de vente par correspondance. Les pages consacrées à la lingerie féminine ont tous leurs suffrages.

La première chose à dire concernant "Les beaux gosses" est que nous sommes aux antipodes d’un long métrage faits de clichés. Certes ces jeunes sont de notre temps mais ils ne passent pas leur temps sur le net ou au téléphone portable. Ces êtres ne sont surtout pas enfermés dans des cases médiatiquement correctes.

Ces jeunes sont entiers, généreux, drôles, pathétiques par moment, maladroits, très durs entre eux, violents parfois. Riad Sattouf les saisit au beau milieu de morceaux de vie.

Même s’il s’agit d’une comédie sur les amours naissantes d’un jeune homme, le metteur en scène n’hésite pas à mettre en toile de fond des problématiques très actuelles. Le racket scolaire est ainsi évoqué et la dépression nerveuse qui pousse un professeur à se suicider est évoquée avec délicatesse et pudeur.

Mais comme nous sommes au cinéma et que la tonalité générale est enjouée, le réalisateur n’hésite jamais à faire rebondir son œuvre avec des répliques qui font mouche.

C’est aussi un long métrage qui est très réaliste et qui n’hésite pas à appeler un chat un chat. On y parle de sexe sans retenue mais sans aucune vulgarité. A aucun moment le long métrage ne sombre dans le graveleux ou le lourd. Riad Sattouf évite de nous servir les idées reçues habituelles. Ces phrases sonnent justes et suffisent aux plus savantes démonstrations.

Son angle d’attaque est très bon et le réalisateur garde le cap. Son choix s’est porté sur un jeune homme ordinaire et ce fil conducteur lui sert à nous proposer des moments très drôles, des dialogues savoureux et des tranches de vie intéressantes à plus d’un titre.

Le passage, toujours délicat, de l’enfance à l’âge adulte est abordé ici avec une pertinence dans la manière. Son Hervé est un adolescent looser, introverti, désinvolte qui prend de l’assurance au fil du temps et qui trouve sa place dans ce monde ci.

L’histoire fonctionne et passionne aussi car elle agit comme un miroir qui refléterait nos propres souvenirs de ce temps-là. L’histoire de ces jeunes collégiens nous renvoie à nos propres errances, nos premiers élans amoureux, au temps où nous avons compris que la vie était loin d’être un conte de fée.

Du film "Les beaux gosses" se dégage une énergie débordante. Le spectateur tombe immanquablement sous le charme de ces héros bien ordinaires. Des adolescents qui constituent une incroyable et rafraîchissante galerie de personnages plus qu’attachants.

Vincent Lacoste et Anthony Sonigo sont de jeunes acteurs très convaincants. Ils marquent le long métrage de leur présence. Alice Tremolières bénéficie d’un personnage parfaitement dessiné.

Côté adultes Noémie Lviovsky est absolument irrésistible dans son rôle de cette mère dépressive. Il y a aussi quelques caméos opportuns mais je vous laisse les découvrir par vous-même.

Quand nous ferons le bilan de cette année 2009, je suis sûr que "les beaux gosses" auront marqué pas mal de monde. Le propos est intéressant, la réalisation est pleine d’énergie et les interprètes sont irrésistibles. A cela vous ajoutez une bande son dynamique et vous obtenez un long métrage très réussi, un film qui nous replonge dans nos années collège avec passion et nostalgie.

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 07:00




Je ne vais pas tourner autour du pot : je suis un fan de Sam Raimi mais pas de tout ce que le cinéaste réalise. Je préfère quand le bonhomme se lâche et assume des projets personnels plutôt que d’assurer la simple mise en scène de longs métrages de studio. La saga Evil Dead figure en bonne place dans ma filmographie personnelle.

Avec "Jusqu’en enfer" j’ai retrouvé quelque peu l’atmosphère de cette trilogie d’horreur. Le dernier né de Sam Raimi est un film assez réussi, mené tambour battant, aux effets qui fonctionnent et qui fout la pétoche à deux ou trois reprises.

Christine Brown (Alison Lohman) gère les prêts immobiliers d’une banque de Los Angeles. Elle est en concurrence avec l’un de ses collègues pour une importante promotion. Pour marquer sa fermeté et impressionner le directeur de l’établissement, elle refuse une troisième prolongation de prêt à Madame Ganush (Lorna Raver).

La décision de Christine met Madame Ganush à la rue. La vieille femme lance la terrible malédiction du Lamia sur Christine. La vie de la jeune femme devient un véritable cauchemar.

Elle a trois jours pour réagir avant d’être damnée éternellement.

"Jusqu’en enfer" est avant tout un film d’ambiance. Sam Raimi nous met la tête sous l’eau et ne nous lâche plus. Sa fable horrifique se vit pleinement si le spectateur plonge à pieds joints dans cet univers ténébreux.

Je ne vais pas jouer le spectateur blasé mais j’ai vu tellement de longs métrages avec des histoires de possession ou de démons, que je suis en partie vacciné. Cependant Sam Raimi utilise des recettes vieilles comme le cinéma d’horreur (des portes et des fenêtres qui grincent ou claquent, des murmures ici ou là) mais qui sont toujours aussi efficaces.

Le metteur en scène tire le maximum sans déployer d’énormes moyens. Les meilleures séquences sont celles qui mettent aux prises Christine Brown et le démon qui la harcèle. Une chambre, un salon ou une cuisine sont des terrains de prédilection pour des passages bien amenés qui pèsent sur la santé mentale de l’héroïne. Ces faces à face sont étourdissants et vraiment inquiétants.

La séquence qui m’a le plus perturbé se déroule dans le parking souterrain de la banque quand la vieille femme, gitane de son état, agresse Christine. Des minutes bien flippantes.

L’histoire en elle-même reste classique. Le twist final s’anticipe allégrement mais le réalisateur achève son film par une conclusion digne de ces meilleures réalisations. La touche finale relève indiscutablement le déjà très bon niveau de "Jusqu’en enfer".

Sam Raimi montre aussi qu’il a le chic pour se démarquer des cinéastes qui ont pillé ses œuvres depuis 25 ans. Dans sa démarche il y a comme une manière de dire "eh ho je suis toujours là". Sa mise en scène est efficace.

Le cinéaste est aussi joueur. Il s’amuse à glisser ici ou là des références à "Evil Dead". Je ne vais pas m’amuser à pointer les renvois mais le plus étonnant est la voiture de Madame Ganush, une Oldsmobile Delta 88, que conduisait Ash (Bruce Campbell) dans "Evil Dead"

La chose la plus surprenante pour un film de cette trempe, mais au combien habituelle avec Raimi, est la propension à voir naître des choses assez drôles au beau milieu de l’horreur la plus sombre. "Jusqu’en enfer" n’échappe pas cette immuable tradition. A deux ou trois reprises le trait est volontairement forcé que le spectateur est pris d’une envie irrésistible de sourire malgré le drame qui se déroule sous ses yeux.

Ne pensez pas que je sois blessant ou insultant mais parfois nous tombons au beau milieu d’une frénésie grand guignolesque. Je dirais tout simplement que Sam Raimi ne se prend pas au sérieux et qu’il met en scène un long métrage avec beaucoup de respect pour ses fans (qui connaissant quelque peu ses trucs) mais qu’il souhaite également attirer un nouveau (et jeune) public plus impressionnable.

Il y aussi à l’inverse des moments gore assez écœurants. On presque envie de tourner la tête.

Le long métrage repose exclusivement sur l’étonnante prestation d’Alison Lohman. Sa détresse fait peine à voir et sa chute nous glace d’effroi. L’actrice impose son joli minois mais aussi un jeu d’une classe folle. Seule Lorna Raver parvient à tirer son épingle du jeu. Justin Long, plus au fait lorsqu’il s’agit de sauver le monde, manque cruellement de charisme ici et d’épaisseur.

"Jusqu’en enfer" est un long métrage impressionnant par la justesse de sa réalisation et le propos divertissant. Mais c’est avant tout un honnête film d’horreur aux accents bien gore. A voir par les amoureux du genre.

Et ils sont nombreux.
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