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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 10:00

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Rares sont les cinéphiles qui peuvent garder un œil neuf. La publicité, déclinée sous toutes les formes et imaginables, fabriquée autour d’un long métrage finit par intoxiquer notre manière d’appréhender les choses.


La substance réelle d’une œuvre souffre aussi des légendes, des rumeurs, du bouche à oreilles faits autour d’un long métrage estampillé "événement cinématographique".


"Monsters" a du décevoir plus d’un spectateur. Le premier film de Gareth Edwards a été exposé de façon malhonnête. Un nouveau "District 9" nous disait on. Quelle honte. Établir des passerelles, des similitudes entre deux concepts qui s’avèrent radicalement différents est un crime de lèse cinéma. Si le procédé était exceptionnel un avocat pourrait plaider l’égarement passager ou l’erreur de parcours mais malheureusement la technique pollue le 7ème art contemporain.


A quoi ressemble "Monsters" au final ?


A un long métrage original, iconoclaste, surprenant à bien des égards.


Nous sommes confrontés d’emblée à un sujet qui ferait le bonheur des fanatiques de la science fiction. Une sonde de la NASA envoyée dans l’espace s’écrase aux confins du Mexique en répandant dans l’atmosphère des particules d’une vie extra-terrestre. Plus tard des créatures gigantesques font leur apparition et répandent la mort autour d’elles. Une zone interdite, située à la frontière américano-mexicaine, est contrôlée par les militaires qui y contiennent tant bien que mal cette nouvelle forme de vie.


Au beau milieu de ce chaos nous faisons connaissance avec Andrew Kaulder (Scott McNairy) photographe de son état, employé d’un grand journal, et de Samantha Wynden (Whitney Able) fille du propriétaire dudit journal, obligés d’emprunter la seule route encore disponible pour rejoindre la frontière des Etats-Unis en plein cœur de la zone interdite.


L’entame habile nous amène à penser que le spectateur va être plongé au cœur d’une énième (et utile ?) nouvelle guerre des mondes mais le réalisateur met à peine cinq minutes pour nous renvoyer à nos chères études et à nos certitudes.


Le film prend à virage à 180° et se révèle génial sur le fond et sur la forme.


Les monstres ne sont qu’une toile de fond lointaine et accessoire. A une exception près (une séquence d’une beauté exceptionnelle, mais j’y reviendrai) les créatures ne se dévoilent pas dans leur globalité, leur être, leur puissance destructrice.


Seules les conséquences de leur présence sur terre (la zone neutre, des paysages entièrement ravagés, les zones quadrillées par les armées mexicaines et américaines) constituent une réalité tangible.


Le tour de force du metteur en scène est de provoquer la suggestion plus que de montrer. La part de mystère et les fantasmes demeurent entiers. Le cerveau fabrique ses propres images et ses propres chimères. Mais l’essentiel est ailleurs.


La trouvaille de génie, l’idée lumineuse du long métrage est de bâtir, d’arc bouter un propos sur une relation, celle de deux êtres humains que tout oppose. Ce road movie improvisé par les circonstances est le point de départ à une touchante histoire d’amour qui croit au fil des minutes. A aucun moment Gareth Edwards ne tombe dans la facilité et le pathos gratuit. Le réalisateur évite avec succès bien des écueils et des clichés.


Nous faisons corps avec un homme et une femme qui se découvrent, qui s’apprivoisent comme deux bêtes blessées par la vie. L’incertitude de leurs pérégrinations sur un chemin semé d’embûches fait que leurs destins se retrouvent immanquablement liés. Nous voyageons à leurs côtés dans l’intimité d’une union de circonstance.


La naissance de cette relation originale, entière, vraie donne au film un cachet particulier. Alors que la présence des monstres évoque plutôt le danger, l’urgence, l’amour naissant prive l’œuvre de tout emballement et de toute frénésie forcément mal à propos.


Certains pourraient reprocher au film des longueurs, des passages où le temps semble suspendre son vol mais je pense plutôt que ces scènes contribuent à la réussite de "Monsters". Le réalisateur prend la peine de poser son intrigue, de donner du corps, de la moelle à une relation touchante de véracité plutôt que d’expédier le tout en deux coups de cuillère à pot. 

 

Nous sommes plus dans le domaine de la contemplation que de l'action. Pas de rythme effréné, pas de tension dramatique exacerbée et artificielle, et alors.

 

Même si le parti pris s’avère difficile, la cap est maintenu.


"Monsters" peut être lu aussi sous un angle politique. Le propos général nous parle de frontières, de zones d’exclusion, d’enclos, de forces armées. La répression de l’immigration clandestine est clairement pointée du doigt. Sans en faire des tonnes Gareth Edwards est efficace dans sa démonstration.


La peur de l’autre, de celui qui est différent (dans ses traditions, sa langue) semble être un arrière plan plus que véridique.


L’urgence de la situation agît comme un formidable révélateur. Quand l’être humain dans sa globalité est confronté à un péril qui le menace dans son existence même, il est intéressant d’observer les comportements en situation de crise. La cupidité des uns (le prix d’un billet de bateau) voisine avec la générosité des autres (des paysans pauvres qui dotent nos héros de vivres et de vêtements). Les épreuves font tomber les masques.


Au final le spectateur se demande qui sont les véritables monstres dans cette histoire.


Le film est servi par des images à couper leur souffle. Les panoramas des zones de destruction, sont enrichis par un travail admirable sur la photographie et la lumière.


L’une des dernières séquences du film voit les monstres éclater dans leur réalité. Leur essence éclabousse l’écran. La juxtaposition entre la profondeur des tonalités sombres de la nuit et des couleurs d’un éclat phénoménal nous donne l’occasion d’en prendre plein les mirettes. Des minutes enchanteresses d'une rare poésie. Une émotion palpable aussi.


"Monsters" tire sa réussite enfin d’un duo d’acteurs dont l’alchimie fonctionne formidablement bien. Scott McNairy et Whitney Able se donnent à fond et leur investissement trouve un formidable écho pendant près de deux heures.


Pour la petite histoire, les deux comédiens sont mariés depuis peu.


"Monsters" est inclassable. La science fiction n’est qu’une habile mise en bouche. L’amour véritable, entier, sans concession est le réel ciment et sel du film. L’œuvre agit aussi comme un révélateur de vie. L’une des très bonnes surprises de l’année.

 

Sans nul doute.

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commentaires

P
<br /> <br /> qu'ajoutez à ça ! je crois que tu as tout très bien dit, et je me retrouve parfaitement dans ta chronique... un film finalement assez subtil, philosophique et poétique...<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> <br /> une perle rapidement passée à la trappe<br /> <br /> <br /> mais bienheureux ceux qui l'ont vu<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> <br /> Je me la joue journaliste, je donne mon avis sans avoir vu le film <br /> <br /> <br /> Mais je recherche ce genre de film, ou la SF, l'horreur, le fantastique n'est qu'accessoire au thème du film pour mieux le transcender.<br /> <br /> <br /> Donc Monsters à voir d'urgence.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> A mon humble avis<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> oui :)<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> et merci pour les éloges<br /> <br /> <br /> ça fait plaisir<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Très belle plume Samom, comme d'hab. Tu donnes envie de voir le film sans rien révéler.<br /> <br /> <br /> Je n'ai pas vu le film (il est sur ma liste) mais comme il a une dimension politique, ne peut-on pas le comparer à District 9 qui à mon sens est un film politique qui utilise la SF pour dénoncer<br /> ?<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> <br /> salut<br /> <br /> <br /> on est absolument pas dans le même registre<br /> <br /> <br /> dans "District 9" la politique, la dénonciation de l'Apartheid sont au coeur du film<br /> <br /> <br /> dans "Monsters", le fait reste à distance puisque le réalisateur nous amène à nous intéresser au matériau humain si j'ose dire. Les monstres restent et demeurent à distance<br /> <br /> <br /> nous sommes au coeur d'un road movie original, entier et touchant, pas au coeur d'un système à dénoncer ou à pourfendre<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> j'ai du mal à mieux le dire mais tu t'en rendras compte par toi même si tu vas le voir par toi même<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> et le rythme du film, assez lent, est à contrario de toute frénésie<br /> <br /> <br /> <br />

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