Puis vint le tour de "Teeth". Un long métrage que je
voulais voir a-b-s-o-l-u-m-e-n-t. Mon intérêt s'est développé tout au long de ces dernières semaines. Maintenant que c'est chose faite, je peux dire que l'attente valait le coup. A l'image d'un
"Black
Sheep", "Teeth" mélange la comédie et l'horreur avec bonheur, avec un message assez fort en toile de
fond.
Dawn (Jess
Weixler) est une adolescente américaine qui se bat jour après jour pour conserver sa virginité jusqu'au
mariage. Elle attend de rencontrer l'homme de sa vie, le père de ses futurs enfants. C'est son cheval de bataille. Elle essaye d'entraîner dans son sillage des jeunes de son âge. Son message se
heurte au système scolaire hypocrite et abêtissant.
Mais un jour Dawn fait une horrible découverte : elle a une dentition vaginale.
La première réussite du film est d'être son époque et d'ancrer le scénario dans une réalité quotidienne incontestable . "Teeth" nous plonge au coeur d'une Amérique puritaine et qui cultive la
paranoïa ambiante. Le système scolaire américain de nos jours n'aborde pas la sexualité des adolescents avec bon sens et intelligence.
Dans le film les organes féminins sont, en salle de cours, masqués par des autocollants et les termes "techniques" sont remplacés par des synonymes. A l'inverse Dawn est affublé d'un frère
égocentrique, pervers (adepte de la sodomie), maléfique, symbole d'une contre-culture décadente. Dawn est la figure de proue des abstinents. Leurs mots d'ordre, leurs comportements font peur. On
est en plein sectarisme. "Teeth" cultive les extrêmes, deux amériques en un film.
Dawn est une adolescente coincée entre les mâchoires de cet étau. Elle ne connaît pas son corps et la découverte de la sexualité l'entraîne en plein drame. De ce tableau bien sombre de l'Amérique
de nos jours, nous basculons dans la douce horreur.
Le premier temps du film est lent, trop peut être. Nous avons le temps de faire connaissance avec les personnages. Mais la seconde partie du film est rythmée, drôle par moments, horrible pour la
gent masculine. Le gore est efficace, rapide, simple. L'une des meilleures idées du réalisateurMitchell Lichtensteinest de suggérer plus que de montrer. Le vagin denté est et restera un mystère pour le spectateur.
Le film n'est pas un plaidoyer féministe mais tristes figures masculines aperçues pendant 1h30. Un faux prince charmant fait basculer la vie de Dawn. Les hommes qui croisent sa route sont
délestés d'une partie de leur anatomie quand la paire de dents entre en action. Des scènes qui font rire mais messieurs un conseil : croisez les jambes.
Dawn est un personnage attachant. Sa force de conviction nous étonne dans un premier temps. Son désarroi ensuite nous touche et enfin sa froide détermination nous glace d'effroi.
Jess Weixter porte à elle seule le film sur ses frêles épaules. Son joli minois nous charme. Sa prestation est remarquable.John Hensleyest parfait dans le rôle du frère dépravé. Comme les autres il subit les fureurs de la femme castratrice.
"Teeth" est une comédie d'horreur qui pointe du doigt une certaine Amérique bien pensante. Au sein de ce monde assez particulier évoluent de jeunes gens perdus et en proie à de nombreux doutes.
Une génération qui se pose des questions sur sa sexualité. Dawn n'est pas un monstre avec son "vagina dentata" mais cristallise bien des
maux.
"Teeth" a de la forme et du fond. Un long métrage bien réalisé, interprété avec bonheur par une jeune comédienne pleine de talent...
J'aurais bien eu envie de le voir, jusqu'à ta référence à Black Sheep mdr! Le gore drole, j'ai donné, je crois juste que c'est pas pour moi lol Bon, et puis maintenant j'ai une image de vagin denté dans la tête, c'est ... étrange! lol Bisous!!
merci pour la correction pénélope j'avais un doute et parfois au premier jet je dérape il faut souvent une relecture pour corriger certaines petites choses plus ps : je lirai demain ou mercredi ton billet sur ce film, là je suis claqué.
commentaire n° : 4 posté par : samom (site web) le: 26/05/2008 22:29:45
Bonjour ! Moi aussi j'ai bien aimé ce film, même s'il m'a semblé bien moins 'politiquement incorrect' que l'affiche et certaines critiques le laissaient croire. D'ailleurs ce n'est pas un reproche, juste une constatation. J'en dis plus dans ma petite critique ! Bisous, Pénélope. PS : on dit la "gent" masculine (ou féminine, d'ailleurs) et pas la "gente"^^